L’arnaque de l’année : Vinci s’effrondre de 18% en bourse suite à un faux communiqué

Le cours de bourse de Vinci s’est effondré de 18% après un faux communiqué de presse de vrais escrocs. Décryptage.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

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Cela fait bien longtemps que tout le monde sait que désormais, pour faire un casse, il vaut mieux être expert en informatique qu’en chalumeau… L’aventure arrivée à Vinci la semaine dernière est très certainement une superbe histoire de casse informatique que nous retrouverons, j’en suis persuadé, dans les scénarii des prochains films d’Hollywood.

Un superbe scénario

Mardi dernier, un communiqué de presse mensonger « d’origine inconnue » annonce de prétendues irrégularités dans les comptes du groupe ayant entraîné le licenciement de son directeur financier…

C’est là que l’on voit le professionnalisme de ceux qui se vantent du titre pompeux de journalistes puisque personne ne semble avoir vérifié l’info et les agences de presse, en particulier celles spécialisées dans l’info boursière Bloomberg et Dow Jones, relaient in extenso ces allégations.

Que croyez vous qu’il se passe ? Immédiatement après la diffusion de l’info de la part de ces sources estampillées sûres, les opérateurs vendent au plus vite pour ne pas trop perdre. Comme vous le savez, la plupart des gérants fonctionnent avec des modèles informatiques qui, en cas de mouvement important des cours s’alignent immédiatement, en l’occurrence pour liquider les positions avant la débâcle. Les ordinateurs passent donc ordre de vente sur ordre de vente…

Ni une ni deux, le titre s’effondre de plus de 18% ! (Là, normalement, les braqueurs achètent…)

Vingt-deux minutes plus tard un faux démenti apparaît (histoire de faire remonter les cours…) .

Presque tout de suite après, un nouveau communiqué, authentique celui-là, de Vinci, dément formellement le contenu du communiqué frauduleux. Fin du casse, le titre a repris 15%, ne perdant au final que 3.76%. (Là les braqueurs revendent… et empochent quelques dizaines de millions d’euros en une demi heure)

L’AMF est très fâchée

Dès le lendemain, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé ouvrir une enquête afin de « déterminer toutes les responsabilités » après ce « grave dysfonctionnement du marché ».

Celui que les journalistes se plaisent à présenter comme « le gendarme de la  bourse » va notamment « vérifier qui pourrait avoir tiré profit » de cette affaire inédite pour la place financière parisienne, « via une possible manipulation de cours ». Comme tout cela est bien dit !

Vinci porte plainte

Le groupe Vinci a annoncé vendredi à l’AFP avoir déposé plainte au parquet national financier, probablement avec constitution de partie civile, pour « diffusion de fausses informations de nature à agir sur les cours », « escroquerie en bande organisée » et « contrefaçon d’œuvre de l’esprit ».

Gageons qu’un certain nombre d’opérateurs ayant perdu gros dans l’affaire se joindront à cette plainte, même si avouer à ses clients qu’on est tombé aussi facilement dans un piège aussi grossier n’est pas très glorieux…


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