L’élection de Trump est-elle vraiment une catastrophe ?

Donald Trump By: Marc Nozell - CC BY 2.0

Une petite mise en perspective permet de se rendre compte que la victoire de Donald Trump n’est pas forcément aussi catastrophique qu’on le dit.

Par Kamel Lama.

Trump
Donald Trump By: Marc NozellCC BY 2.0

Trump affole beaucoup ces jours-ci, il n’affole cependant plus les marchés financiers qui ont peut-être plus de mémoire qu’on le prétend généralement.

Donald Trump, le pire de tous les présidents ?

En effet, est-ce que Trump sera pire que le président Nixon (poursuite de la guerre du Vietnam et Watergate) ? Que Reagan (acteur médiocre et idéologue dur mais qui, au final, a laissé le souvenir d’un bon président alors qu’il déclencha en France les mêmes peurs qu’aujourd’hui lors de son élection) ? Que Bush fils (personnalité faible, diplômé de Harvard parce que papa payait très cher, sous la coupe du complet militaro-industriel américain) ? Ou même Jackson (déportation des peuples autochtones) ?

Les États-Unis nous ont habitué à l’émergence de candidats que personne n’attendait. C’est aussi le pays où un Clinton ou un Obama, politiciens obscurs avant leurs primaires respectives, peuvent arriver au pouvoir. Donc des surprises, impossibles en France, mais pas vraiment une nouveauté en soi.

Que va pouvoir faire Trump ?

Tout d’abord, remarquons qu’il ne doit pas le savoir lui-même tant il a dit tout et son contraire ! Mais il est important de se rappeler que le Président américain n’est pas le Président français : là-bas, la stricte séparation des pouvoirs n’est pas qu’un principe, le Congrès joue son rôle. Le fait qu’il soit contrôlé par les Républicains ne change rien : nombre d’entre eux n’ont pas soutenu Trump, il va donc avoir fort à faire, d’autant plus qu’une partie de son programme économique est d’inspiration keynésienne, comme les grands travaux par exemple.

S’agissant de la politique étrangère : considérons, par exemple, le fait que Trump a annoncé son intention de réduire le rôle des USA dans l’OTAN (et il est possible qu’il dise le contraire lors de son premier voyage en Europe !). En fait, cela peut être une bonne nouvelle du point de vue de l’Union Européenne. En effet, cette dernière est à un tournant en matière de défense. Avec le retrait du Royaume-Uni, c’est la perspective d’une défense européenne qui se profile, et qui sera encouragée par l’attitude américaine si les Américains exigent une participation plus importante au budget de l’OTAN.

Gageons que si Trump avait été élu il y a quelques semaines, le gouvernement polonais aurait regardé à deux fois avant d’opter pour des hélicos américains contre ceux d’Airbus. Les pays d’Europe centrale, qui jouaient un double jeu entre USA et UE vont peut-être se rapprocher encore plus de l’Union Européenne, ce qui renforcerait la cohésion de cette dernière.

Une personnalité typique des hommes de pouvoir

Enfin, s’agissant de la personnalité de Trump, il est tout simplement représentatif des hommes de pouvoir. Lorsqu’il peut coucher avec une femme, à cause de son argent ou de l’attraction qu’exerce son pouvoir, eh bien il le fait ! Même feu Michel Rocard disait : « c’est facile quand on a la notoriété et c’est difficile de résister ».

On peut être choqué par le fait que 53% des femmes blanches américaines qui ont voté, ont voté pour Trump, ce « mâle alpha » misogyne. Mais c’est ainsi, et ce n’est pas si surprenant. Trump va cependant découvrir que le Président des USA est autrement plus surveillé et contraint que le chef d’entreprise lambda. Il est fort probable qu’il se calme au cours des 4 à 8 années à venir…