USA : la reprise est là, mais pas grâce à Obama [Replay]

By: Marc Nozell - CC BY 2.0

Tout va bien aux États-Unis où les fondamentaux sont bons, mais pas pour les Américains disons moyens, qui sont inquiets.

Par Jean-Pierre Chevallier.

USA : la reprise est là, mais pas grâce à Obama
By: Marc NozellCC BY 2.0

Les Démocrates exultent : tout va bien aux États-Unis… grâce à eux ! En effet, les créations nettes d’emplois se poursuivent sans interruption depuis 70 mois consécutifs, ce qui ne s’était jamais vu dans l’Histoire des États-Unis !

Document 1 :
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En fait, Hillary Clinton est bien placée pour savoir qu’Obama n’est pour rien dans cette réussite car ce sont les gens de la Fed qui en sont les auteurs… après avoir fait un grand ménage avec Ben Bernanke,

Document 2 :
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Le nombre d’emplois est revenu dans sa tendance haussière longue après des dépassements intempestifs dus à la politique volontariste menée par Alan Greenspan,

Document 3 :
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Hillary Clinton est heureuse, comme tous les Américains diplômés des grandes universités, du fait de la pénurie de main d’œuvre hautement qualifiée (les bac + 4 et +) mais ce bonheur n’est pas partagé par tous les Américains qui perçoivent très bien la baisse de la croissance depuis le début de l’année 2015, ce qui n’a pas échappé à Donald Trump,

Document 4 :
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Le taux de croissance du PIB (d’une année sur l’autre) baisse inexorablement parce que les Américains n’ont pas confiance, parce qu’ils ressentent que quelque chose ne va pas quelque part.
En conséquence, ils réagissent en augmentant leur épargne, ce qui se voit dans l’augmentation de l’agrégat monétaire M2-M1

Document 5 :
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qui est largement supérieure à celle du PIB nominal,

Document 6 :
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La part de l’épargne des Américains par rapport au PIB annuel augmente inexorablement. Elle est nettement supérieure à sa bande de fluctuation normale qui est entre 40 et 45 % (du PIB) pour dépasser la ligne rouge des 50 %,

Document 7 :
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Plus de 2 000 milliards de dollars se trouvent donc en trop dans les caisses d’épargne des Américains (et qui ne circulent qu’en partie) qui auraient dû soit les dépenser, soit les investir en biens immobiliers (ce qui aurait stimulé la demande, donc la croissance dans ces deux cas) ou en valeurs mobilières, ce qui aurait renforcé la capacité de financement des entreprises, donc l’investissement et finalement la croissance,

Document 8 :
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Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, cette croissance du PIB continue à baisser,

Document 9 :
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Les derniers chiffres hebdomadaires des agrégats monétaires publiés par la Fed confirment cette tendance,

Document 10 :
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Tout va bien aux États-Unis où les fondamentaux sont bons, mais pas pour les Américains disons moyens, qui sont inquiets.

La politique menée par les Reaganomics dont Alan Greenspan a donné d’excellents résultats : l’inflation y a été jugulée, les communistes de l’URSS ont disparu (officiellement du moins), l’économie de la Chine a décollé mais il y a des limites à la libération des échanges mondiaux : s’il est profitable pour tout le monde que des activités à faible productivité soient stimulées dans des pays pauvres comme c’était le cas en Chine, et disparaissent des pays développés, il n’est pas admissible par exemple, que les industriels des États-Unis ferment des usines dans lesquelles sont fabriqués des produits à haute valeur ajoutée dans leur pays pour en construire au Mexique afin de vendre ces produits aux États-Unis, comme par exemple les automobiles.

L’Amérique a besoin de remettre un bon ordre dans les règles économiques.

Donald Trump l’a bien compris. Son projet de baisser le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 15 % stimulerait spectaculairement une croissance durable ainsi que d’autres mesures.

Beaucoup d’électeurs américains l’ont bien compris.


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