L’économie collaborative peut-elle faire revenir la confiance en France ?

Frédéric Mazzella, président de BlaBlaCar, revient sur l’opportunité que représente l’économie collaborative pour restaurer la confiance en France.

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L’économie collaborative peut-elle faire revenir la confiance en France ?

Publié le 29 juillet 2016
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Par Frédéric Mazzella, président de BlaBlaCar.

L'économie collaborative peut-elle faire revenir la confiance en France ?
BlaBlaCar By: Automobile ItaliaCC BY 2.0

Plus confiance en VOUS qu’en mon voisin ?

N’y voyez rien contre mes voisins. Ils semblent charmants! Mais est-ce que je leur ferais assez confiance pour partager un trajet longue-distance dans leur voiture? Pas forcément. Je les croise souvent, mais au final je sais très peu de choses sur eux. Grâce aux outils de confiance développés par des plateformes collaboratives, je pourrais potentiellement avoir davantage confiance en vous, que je ne connais pas, qu’en quelqu’un que je vois chaque jour. Et ça, c’est révolutionnaire! Car grâce à cette confiance, un immense potentiel de collaboration inexploité peut être libéré à grande échelle, tissant au passage de nombreux liens sociaux, et nous rapprochant les uns des autres.

La confiance est fondamentale à toute vie humaine. Tout commence alors que vous n’êtes qu’un enfant, avec votre famille, votre premier cercle de confiance innée. A l’école, la confiance vous permet d’interagir avec d’autres enfants, de jouer, de développer un esprit d’équipe dans le sport et de vous faire des amis. Lorsque vous grandissez, la confiance devient le lien omniprésent et pourtant invisible qui sous-tend toutes vos interactions avec la société.

La collaboration humaine a d’abord été fondée sur la confiance interpersonnelle, le type de confiance entre deux personnes  (relations avec sa famille, ses amis, ou peut-être même ses voisins). Mais, comme l’a démontré l’anthropologue anglais Robin Dunbar, les êtres humains ne peuvent entretenir confortablement que 150 relations humaines. Ce type de confiance s’étend donc difficilement au-delà d’un village ou d’une communauté. Son échelle est limitée. En conséquence, les êtres humains ont créé des intermédiaires de confiance. L’Etat et les institutions légales et financières sont des “proxys” de confiance qui centralisent certains des systèmes permettant d’organiser la société. Grâce à ceux-ci, les êtres humains ont pu échanger au delà de leur cercle de confiance immédiat, et ainsi permettre le développement économique. Des échoppes sont devenus des entreprises, et ces dernières des multinationales, à leur tour offrant une promesse de qualité au travers de leur marque qui constituent un autre exemple de proxi de confiance. Mais au travers des siècles, la confiance interpersonnelle, celle qui habilite les être humains à coopérer directement entre eux, n’a pas changé d’échelle. Elle est restée limitée aux personnes directement impliquées dans une relation, et au temps requis pour la construire. Jusqu’à aujourd’hui.

La connectivité permise par Internet, et les nouveaux outils de confiance digitale, permettent une rupture dans la confiance interpersonnelle, en terme d’échelle et de temps, la propulsant à une échelle jusqu’ici inimaginable et ouvrant les vannes d’une coopération sans limite !

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