PokemonGo : les médias paniquent déjà !

PokemonGo, le jeu qui fait fureur en ce moment, suscite déjà des commentaires alarmistes dénués de fondement.

Par Robbie Soave.
Un article de Reason

PokemonGo by Penn State (CC BY-NC-ND 2.0)
PokemonGo by Penn State (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Accidents de voiture, cadavres, pédophiles : les sceptiques de Pokémon s’inquiètent pour tout et n’importe quoi.

PokémonGo est une merveille : quelques jours après le lancement du jeu, des millions de personnes l’ont déjà téléchargé et font la course dehors dans les hautes herbes de leur quartier à la recherche de monstre virtuels à capturer (Tiens ! Michelle Obama !).

L’application, une version smartphone de la franchise populaire de Nintendo, est un exemple parfait de la raison pour laquelle nous devrions tous applaudir la progression de la réalité virtuelle, technologie qui donne à nos vies plus de sens en nous offrant davantage de choix. PokémonGo propose un type d’expérience de plus en plus divertissante et épanouissante à mesure que les technologies s’améliorent et que d’autres entreprises rivalisent pour offrir une meilleure expérience.

Ce qui veut dire, bien sûr, qu’il est déjà temps pour les nounous de s’inquiéter du danger de PokémonGo. D’où la panique mentale et l’arrivée des alarmistes sur le mode « quelqu’un va-t-il s’intéresser aux enfants ? » Laissez tomber les articles hystériques de faits divers.

« La folie PokémonGo cause de vraies blessures et dangers » avertit today.com. Des dizaines de milliers de personnes meurent au volant chaque année, mais quelques éraflures et bleus résultant du télescopage de quelques de joueurs représentent un danger.

« Jouer à PokémonGo devient dangereux » suggère The New York Post. Même si à son démarrage, le jeu ne présentait pas de risques pour la sécurité, maintenant c’est le cas, c’est certain. Regardez donc ces images ; les entorses aux chevilles ne sont que le début. « Je ne pense pas que l’entreprise soit réellement fautive » confie une victime naïvement.

« Police : PokémonGo présente de nombreux risques pour les joueurs dont des vols et des accidents » dit CBS New York. Si la police pense que c’est alarmant, c’est que cela doit être réellement risqué. Une femme a découvert un cadavre alors qu’elle jouait. PokémonGo n’avait bien entendu rien à voir avec cette mort, seulement liée fortuitement par la découverte du corps, mais bon, et si ?

« Voici pourquoi l’internet n’arrête pas de parler de PokémonGo, et pourquoi c’est si dangereux » explique E News. Le jeu n’est pas juste dangereux, il est si dangereux. Parce que certaines personnes se sont fait détrousser en y jouant. Juste quelques-unes.

« La nouvelle folie PokémonGo pourrait être utilisée par les pédophiles pour appâter de jeunes joueurs insouciants » prévient The Daily Mail, dans un article qui attaque directement la jugulaire. « Certains affirment maintenant que l’application pourrait être utilisée pour des projets beaucoup plus sinistres ; par exemple des pédophiles utilisant le jeu comme un appât pour piéger des enfants hagards. » Et qui est à l’origine de ces affirmations ? Des personnes sans aucune expertise ou la moindre preuve, mais peu importe.

Angoissée à l’idée des dérives potentielles de PokémonGo, une femme a mené une expérience, en plaçant des appâts visant à vérifier combien de personnes seraient attirées. En quelques instants, plusieurs enfants se sont présentés, le plus souvent sans leurs parents, ayant ignoré leur habituel radar inconnu = menace durant la poursuite des créatures. « Je pense que quelqu’un pourrait utiliser cela à de mauvaises fins », écrit l’utilisatrice au pseudonyme de Robin.

N’importe qui peut utiliser n’importe quoi pour de mauvaises fins, et bien sûr, un potentiel violeur d’enfants aurait plein d’autres outils à sa disposition. Appâter dans un lieu public un grand nombre de personnes, y compris des adultes adeptes du jeu, ne me semble pas constituer particulièrement un plan d’enlèvement d’enfant à toute épreuve. Et, comme l’argumente de façon détaillée Lenore Skenazy, la peur de la menace inconnue est exagérée : la plupart des enlèvements sont perpétrés par un proche de la victime, ils sont la conséquence de litiges autour de la garde de l’enfant, qu’il joue à Pokémon, ou pas.

« Attention : PokémonGo est une condamnation à mort si vous êtes noir » affirme un auteur de Medium, faisant de son mieux pour surpasser The Daily Mail. L’auteur pense que les policiers vont plus facilement arrêter une personne noire, qui déambule en essayant de capturer des Pokémons, qu’une personne blanche. Il continue son raisonnement en indiquant que l’escalade de violence policière serait plus probable si l’entraîneur, comme est nommé celui qui attrape des Pokémons, était noir. Pourquoi pas, mais cela ne fait pas de PokémonGo une sentence de mort pour les noirs. Il n’existe aucune preuve étayant que le jeu a été, ou sera, un contributeur significatif à la violence anti-noir.

Que peut-on tirer de cette panique mentale déjà détectable au sujet de PokémonGo ? Elle pourrait susciter la curiosité de ceux qui sont peu familiers avec la série télévisée, basée sur le jeu vidéo original, qui raconte l’histoire d’Ash Ketchum, un enfant de 10 ans, quittant le foyer familial pour errer dans des forêts, des cavernes, des paysages montagneux, des îles, des jungles et des volcans où fourmillent des monstres. Ash part tout seul. Ce qui est normal dans le monde de Pokémon.

Les gens qui téléchargent PokemonGo ont juste besoin d’un peu du courage de Ash. Si les joueurs suivent les précautions de sécurité basiques et évidentes pour toute activité de plein air, comme regarder des deux côtés avant de traverser, être plusieurs etc., alors la quête de Pokémons virtuels ne sera pas plus dangereuse qu’une autre activité.

Traduction par Antoine Dornstetter pour Contrepoints de PokemonGo Is Already Making Authorities Freak Out About Danger.