Il faut casser l’oligarchie bancaire française

Publié Par GenerationLibre, le dans Monnaie et finance

Un article de GenerationLibre

Il faut casser l'oligarchie bancaire française

Hammer By: Justin BaederCC BY 2.0

Alors que de nombreux pays se sont engagés dans une remise en question de la régulation financière, la France se distingue par un débat public quasi inexistant sur l’encadrement des banques et l’oligarchie bancaire. Les autorités et les banques ont réussi, malgré la crise, à convaincre l’opinion qu’une réforme du secteur bancaire n’était pas nécessaire. Mais ignorer ce débat est dangereux.

Qui sait en France que trois des six institutions financières les plus « systémiques » sont françaises ? Qui se soucie, dans le débat public, de la surveillance de ces mastodontes financiers ? Dans un rapport, GenerationLibre entend contribuer à une prise de conscience de l’opinion sur l’oligopole des banques et émet des propositions pour rendre le système bancaire français plus vertueux.

L’oligopole bancaire français est dominé par quatre grands groupes financiers (BNPP, SG, CA, BPCE) dont le total de bilan représente trois fois le PIB. Nos banques sont devenues des colosses n’ayant plus rien à voir avec les banques françaises privatisées dans les années 1980 et dont les pratiques anti-concurrentielles nuisent au consommateur et à la croissance d’ensemble.

Bénéficiant du soutien implicite de l’État, l’oligopole bancaire est assis sur deux rentes pérennes et considérables. La première est alimentée par la garantie publique implicite dont les grandes banques bénéficient sur leurs sources de financement. Cette subvention implicite permet aux banques d’échapper à un « repricing » du risque bancaire et fait porter le coût de ce « business model » aux contribuables. La seconde, directement préjudiciable pour le consommateur, relève des mécanismes de sur-tarification des clients captifs : en France, un panier de service moyen bancaire est supérieur de 14,5% à la moyenne européenne.

Quand les banques capturent le régulateur

Ce gigantisme bancaire, loin d’être le fruit du hasard, est celui de décisions publiques. La connivence entre les milieux bancaires et les autorités chargées de les surveiller est malsaine et porteuse de conflits d’intérêt. L’oligopole français a véritablement « capturé » et phagocyté le régulateur. Générateur de profits privés importants en haut de cycle, ce gigantisme peut, par ailleurs, induire des coûts collectifs énormes en cas de crises. Rien ne justifie la pérennité d’un tel système.

Dans ce rapport, GenerationLibre émet plusieurs propositions visant à casser les rentes dont bénéficie l’oligopole bancaire, et assainir le secteur bancaire français. Il est urgent d’introduire plus de concurrence dans le secteur, de permettre à de nouveaux acteurs d’émerger, de mener à terme le projet d’union bancaire européenne et de mettre en œuvre une vraie séparation bancaire.

Il est temps de remettre la question bancaire dans le débat public.

Sur le web

  1. les banques tiennent nos gouvernements par la barbichette: c’est eux qui prêtent l’argent permettant à ces derniers de vivre dans l’illusion d’une réussite socio-économique par le surendettement keynésien.

    1. C’est amusant, je n’aurais pas utilisé « barbichette » comme élément de prise. Je pensais à un organe un peu moins visible, qui fait cependant défaut à ces mêmes politiques… Curieux…

  2. Je pense qu’il serait intéressant que vous exposiez de façon EXPLICITE votre argument sur la garantie IMPLICITE dont bénéficie le secteur bancaire sur leurs sources de financement. La nébulosité de votre propos n’invite pas à partager votre propos.

    Quant à écrire que le système bancaire phagocyte le régulateur : illustrez à nouveau votre propos si vous voulez qu’on accorde du crédit à ce que vous écrivez.

    Merci

    1. tout a fait d’accord. c’est beaucoup TROP vague et imprécis.

      d’autant plus que je ne suis pas tout a fait d’accord, mais en l’absence d’argument, que répondre…

      1. Pour les détails, cliquer sur le lien pointant vers le rapport.

    2. Le rapport complet est en lien, que voulez-vous de plus?…

      1. Merci mais avant de me répondre, vous auriez pu vous apercevoir que quelqu’un avant vous m’avait renseigné et je l’en remercie. Comme quoi, je ne suis pas le seul à ne pas tout lire, que voulez vous de plus ?…

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