[Replay] Journée des femmes libres !

Lane Paterson Rand

La place des femmes dans la pensée libérale.

Par Alain Laurent

Lane Paterson Rand
Rose Wilder Lane, Isabel Paterson et Ayn Rand (Credit photo montage : Cato Institute)

 

La sociologie électorale comme les sondages d’opinion tendent en tout pays à montrer que l’adhésion au libéralisme « en tout » est davantage masculine que féminine. Une explication parfois avancée serait que de par leurs tropismes « maternels » et une moindre appétence pour la rudesse compétitive qui en découlerait, les femmes sont majoritairement moins réceptives aux critiques libérales de la régulation étatique et de l’assistance généralisée que dispense l’État-providence. Il y aurait une certaine incompatibilité entre les « valeurs féminines » pour autant qu’elles existent réellement (harmonie, solidarité, pacifisme…) et principes du libéralisme.

Mais bien que le libéralisme ait été avant tout pensé par des hommes comme l’ont également été le socialisme, le nationalisme ou le conservatisme, quelques femmes lui ont cependant apporté des contributions théoriques ou politiques non négligeables. Si les apports de l’Anglaise Harriett Martineau (1826-1896) ou des Américaines Isabel Paterson (1886-1961) et Rose Wilder Lane (1886-1968) sont relativement marginaux, il en va tout autrement de Germaine de Staël (1766-1817), initiatrice d’un original « libéralisme du sujet » fondant son hostilité de principe à tout pouvoir autoritaire, et d’Ayn Rand (1905-1982), la passionaria américaine de la justification philosophique et morale du capitalisme de laissez-faire. Et bien qu’elle n’ait rien apporté à la pensée libérale, ses ennemis comme ses admirateurs ne sont pas près d’oublier les prises de position et l’action déterminée de Margaret Thatcher – la « Dame de fer » – en faveur du « libéralisme économique ».

Pourquoi ne pas rappeler, en outre, que plusieurs penseurs libéraux de sexe masculin ont été à la pointe du combat pour les droits des femmes à l’égalité avec les hommes et à une pleine liberté individuelle ? Ces « féministes » parfois précoces ont pour nom John Locke, Condorcet, John Suart Mill (De l’asservissement des femmes, 1869), mais aussi Herbert Spencer et Yves Guyot à la fin du XIXe siècle.


Article extrait de Alain Laurent et Vincent Valentin, Les penseurs libéraux, Les Belles Lettres, 2012, 928 pages.