Quand le Maroc bride Skype, WhatsApp & Viber

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Après l’Égypte, l’Inde, le Brésil, et plusieurs autres pays, c’est le tour du Maroc d’interdire le VoIP (Voice over IP).

Par Amer Benouda.

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Note du 10 février : le déblocage des services de VoIP a été mis en place début février 2016 au Maroc.

Après l’Égypte, l’Inde, le Brésil, et plusieurs autres pays, c’est le tour du Maroc d’interdire le VoIP (Voice over IP). Les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile du Maroc ont bloqué les services d’appels gratuits fournis par Skype, WhatsApp et Viber, laissant de nombreux utilisateurs mobiles mécontents.

C’est la première fois que les trois entreprises qui dominent le marché des télécommunications se sont regroupées pour bloquer les fonctions d’appels gratuits sur les trois applications populaires. Beaucoup d’utilisateurs sont en colère, confus et ont exprimé leurs frustrations face à la décision, tandis que les clients paient des frais mensuels pour se connecter à Internet de leurs appareils mobiles.

L’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), qui a d’ailleurs confirmé l’interruption de ces services gratuits de téléphonie sur IP, a expliqué que tout fournisseur de services de communications au public est tenu de se conformer aux obligations législatives et réglementaires régissant le secteur des télécommunications et aux dispositions de son cahier des charges. Ces réglementations, par définition, créent des rentiers en faveur de leur maintien. Ces obligations législatives et réglementaires qui régissent le secteur des télécommunications ne sont pas malheureusement au service du citoyen, mais souvent des lobbies.

Cette décision semble montrer les contradictions du gouvernement marocain, l’intervention de l’ANRT va donc à l’encontre à la fois du pouvoir d’achat et de la politique orientée vers l’innovation et développement de la nouvelle économie. Cette intervention est aujourd’hui perturbée par l’arrivée de nouveaux services. Mais il faut remarquer que le blocage de ces applications envoie un signal négatif indiquant que la technologie n’est pas la bienvenue dans ce pays.

Revenons aux trois acteurs ; que des entreprises privées défendent leurs intérêts n’a rien de répréhensible. C’est le soutien des agences gouvernementales à ces intérêts privés qui pose problème. C’est là le problème de l’interventionnisme : celui-ci ne défend pas l’intérêt du pays et du citoyen en particulier, mais les intérêts de ceux qui sont mieux introduits dans les sphères gouvernementales. Ce capitalisme de connivence inégalitaire et inefficace sur le plan économique, qui ne servit jamais les citoyens, doit s’arrêter.

Sans aborder le rapport qualité-prix des services des trois opérateurs, qui ne cessent de se dégrader. Le premier perdant dans cette affaire d’interdiction c’est le citoyen marocain, qu’il soit riche ou pauvre. Une chose est sûre : WhatsApp, Viber et Skype s’en vont, mais les jeunes Marocains innovants souhaitant entreprendre resteront ! Que le cauchemar de l’innovation dévastatrice commence et que la liberté triomphe !