La technologie ne tuera pas la destruction créatrice

Publié Par Charles Bwele, le dans Technologies

Par Charles Bwele.

Dalek credits Zoomar (licence creative commons)

Dalek credits Zoomar (licence creative commons)

Depuis quelques années, les économistes, les technologistes, les industriels et les chercheurs chantent l’apocalypse du travail à l’unisson. La troisième révolution industrielle détruira plus de la moitié des emplois en Europe et en Amérique du nord. Le marché du travail sera d’autant plus polarisé entre des métiers très qualifiés et des jobs précaires et mal payés. Les classes moyennes ne seront plus que les ombres d’elles-mêmes, pataugeant dans des cauchemars dystopiques et plébiscitant des tribuns populistes ou extrémistes… sans compter les Cassandre versés dans des scénarios à la Terminator/Matrix : des machines hyper-intelligentes se répliquent et s’améliorent toutes seules comme des grandes, et confinent l’humanité à l’errance, à la survie ou à l’esclavage. Pilule bleue ou pilule rouge ?

L’inexorable convergence des TIC, des intelligences artificielles et des robots est effectivement un véritable massacre pour les cols blancs et les cols bleus dans les pays industrialisés ou émergents. Au-delà de cette tragique réalité et en deçà des perspectives alarmantes ou hyperboliques – à l’image des maux de l’Internet et des merveilles de la « nouvelle économie » dans les années 1990-2000, les futurs économiques seront nettement plus nuancés.

Moderato. De nombreux emplois échapperont à l’automatisation pour des raisons économiques, techniques, culturelles et/ou sociales.

Malgré l’intelligence constamment améliorée des systèmes de navigation aérienne/routière, l’immense majorité des voyageurs refuseront d’embarquer dans un avion ou un bus piloté par une intelligence artificielle et/ou par un « télé-opérateur ». La présence du conducteur ou des pilotes à bord est un facteur à la fois réconfortant et sécurisant qui pèse de tout son poids dans maintes industries du transport. Aussi mécanique soit-elle, la réparation d’un vélo, d’une moto ou d’une voiture relève d’une activité complexe et sera très difficile et donc très onéreuse à automatiser. Les serveurs et les cuisiniers robotisés font déjà de la restauration rapide mais resteront une horreur dans la restauration classique. Les imprimeries en ligne (Vistaprint, CustomInk, CafePress) et les CMS (Content Management Systems : WordPress, Wix, Jimdo) transforment la PAO (Publication Assistée par Ordinateur) et le design Web en activités très conviviales et quasi ludiques à la portée de tous. D’où la reconversion/extension professionnelle des designers Web et des infographistes dans la programmation-développement, l’édition, la publicité, la vidéo, la conception d’interfaces (UI) ou d’expériences utilisateurs (UX), la création de contenus multimédia, etc.

Hypothèses. La « société automatisée » (merci Bernard Stiegler !) suscitera une demande d’autant plus forte et étendue de « société humanisée ou réhumanisée ». Dans quelques décennies, la disponibilité/visibilité d’opérateurs humains pourrait devenir un atout technique/mercatique pour plusieurs commerces/industries et, consécutivement, engendrer d’inédites créations d’emplois primaires ou complémentaires. En outre, plus les machines intelligentes (virtuelles ou matérielles) deviendront légion, plus des myriades d’opérateurs humains seront nécessaires à leur conception, à leur maintenance, à leur amélioration et au débogage permanent de leurs systèmes toujours plus complexes… à l’instar des incontournables cols bleus / blancs à l’ère industrielle.

Ainsi, les cols bleus / blancs de « l’ère robomatique » seront plus profondément orientés vers les métiers de l’informatique, de l’automatisation, de la robotique et de l’intelligence artificielle (programmation-développement, analyse des données, interfaces/expérience utilisateur, contrôle/supervision en ligne, gestion de flotte automatique, assistance/conseil, technomarketing, etc) et donc très différents de leurs « ancêtres » de l’ère industrielle.

N.B. : Son labeur quotidien sera-t-il moins pénible ? Ses compétences multiples seront-elles « nivelées par le haut » par rapport à celles de ces prédécesseurs ?

Le « col bleu blanc » de demain sera peut-être un salarié ou un indépendant au croisement de l’informatique cloud, des applications collaboratives, de la robotique/domotique, de l’impression 3D, exerçant au sein d’une industrie ou d’un service de proximité trop révolutionnaire pour nos projections actuelles. Son centre de formation (agréé), son corps de métier n’existent pas encore ; et ce, pour une simple et bonne raison : les paradigmes industriels, les catégories socio-professionnelles et les systèmes d’éducation et de formation sont des usines à gaz lentes, lourdes, plus soucieuses du présent que de l’avenir.

Par ailleurs, la protection et le maintien de métiers existants sont de loin plus intuitives et plus sûres que la formation et la préparation de métiers futurs, aux formes et fonctions indistinctes.

Révolutions, évolutions. Selon les professeurs américains d’économie et d’histoire Joel Mokyr, Chris Vickers et Nicolas L. Ziebarth dans « The History of Technological Anxiety and the Future of Economic Growth: Is This Time Different ? », les débats et les analyses concernant les impacts de la technologie sur le marché du travail focalisent trop souvent sur les emplois existants – potentiellement victimes d’une disruption, d’une transformation ou d’une disparition – et éludent grandement les emplois futurs ou possibles.

« En fin de compte, les craintes des Luddites selon lesquelles les machines appauvriraient les travailleurs ne se réalisèrent pas. […] La mécanisation du début du 19ème siècle ne pouvait remplacer qu’un nombre limité d’activités humaines. Dans le même temps, l’évolution technologique a augmenté la demande de nouveaux métiers complémentaires aux biens d’équipement intégrés aux nouvelles technologies. Cette demande accrue de main-d’œuvre incluait des métiers évidents comme la mécanique pour maintenir les nouvelles machines, mais s’étendait à des emplois tels que les superviseurs pour surveiller les nouveaux systèmes industriels, et les comptables pour gérer des entreprises opérant sur une échelle sans précédent. Plus important encore, le progrès technologique a également pris la forme d’innovations et créé de nouveaux secteurs entiers dans l’économie. Cette évolution a été grandement oubliée dans les discussions entre économistes de cette époque. »

Selon l’excellent blog Robotenomics – Tracking The Evolution of Robots, certaines données réelles méritent notre attention car elles contredisent amplement la bienpensance techno-pessimiste. Aux États-Unis, les entreprises qui recourent massivement aux robots sont aussi celles qui embauchent massivement des opérateurs humains et ont créé plus de 1,25 million d’emplois en 2009-2014. La preuve par Amazon, Tesla Motors, Chrysler, Daimler, Philips, Audi, BMW, ABB, Hitachi, Volkswagen, Bosch et compagnie. Qu’en est-il côté Europe et Asie ?

Contre-choc du futur. L’obsession très contemporaine du « présentisme » ou du court terme – étroitement associée aux maux de l’Internet – ne doit pas éclipser les capacités de résilience et d’évolution des économies. Aujourd’hui, tout semble indiquer que les pays riches/émergents soient à mi-chemin de l’ère industrielle et de « l’ère robomatique ». Les systèmes d’éducation et de formation, les entreprises, les industries, les institutions et les sociétés dans leur ensemble devront et sauront très probablement s’adapter sur le temps long, avec leurs lots de réussites et d’échecs qui font aussi partie d’expérimentations instructives ou salvatrices.

En réalité, le fantôme de Joseph Schumpeter n’a pas disparu : il a simplement transformé sa destruction créatrice en application mobile mais peine à conquérir de nouveaux utilisateurs…

Sur le web

  1. Voila une excellente analyse. Les technophobe ont souvent plusieurs points en commun:
    -Ce sont des des cliniques et souvent des adeptes du « c’était mieux avant »
    -Ils ont un complexe de supériorité et se croient plus avisés qu’autrui (ce stupide autrui qui croit que que des machines qui font le boulot à sa place lui rendent service)
    -Ils n’ont pas de recul historique. Ces gens vous soutiendraient presque que l’invention des tracteurs qui permettent à des fermiers de nourrir 100 personnes au lieu de 1,5, est une malédiction qui a créée du chômage.
    -Ces gens lia ont souvent l’impression d’être originaux et novateurs quand ils vous soutiennent des thèses proches de celles de Francois Quesnay et des physiocrates.

    1. Cela dit, il faut qu’il y ait l’environnement économique pour absorber les chômeurs technologiques.

      En Afrique, les progrès technologiques dans l’agriculture ont envoyé des jeunes vers la ville mais ceux-ci ne trouvent pas de boulot, certes il y a une bureaucratie qui empêche mais pas que …

    2. D’autre part, au nom d’une incertitude sur l’avenir, il prétendent bloquer cet avenir. Comme si une opinion même partagée était capable de changer une évolution millénaire. Et comme leur influence est au mieux nationale, ils ne peuvent qu’empêcher l’adaptation locale aux nouvelles réalités du monde.

      Si encore ils raisonnaient en terme d’adaptation, cela aurait un sens – mis à part le fait qu’on ne peut pas s’adapter à l’inconnu mais au mieux s’y préparer, et sans présuppositions sur les conditions réelles et leur échéance.

      Comment les Égyptiens ont-ils pu mobiliser les ressources nécessaires à la construction de leurs pyramides ? Vraisemblablement, les progrès de l’agriculture, la maîtrise de l’irrigation et des conditions climatiques favorables ont permis un gain de productivité et des surplus de ressources. Mais pensez vous qu’un intellectuel ait planifié la construction de pyramides des centaines d’années au préalable afin de lutter contre le chômage ? Dilapider ses ressources se fait naturellement. Inutile de s’en inquiéter et de le planifier.

      1. @Pragmat: Il faut faire attantion à un point: La construction des pyramides a engendré une crise économique majeure et des dettes colossales pour l’Etat egyptien. C’est l’exemple type de la dépense somptuaure etatique qui met tout le monde dans la mouise.

  2. ha ha ha , gardons espoir , on aura toujours besoin d’un garçon de restaurant….enfin , si on a les moyens d’aller au restaurant.
    sérieusement , depuis le début l’homme a tout fait pour diminuer la quantité de son travail (sueur)et la remplacé par de la qualité (technicité) . il n’y a aucune raison pour arrêter ce mouvement , un jour , l’homme ne travaillera plus , nous seront tous des artistes..dans le besoin car nous n’aurons plus rien a échanger.
    pour connaitre l’avenir , il suffit de consulter les œuvres de science fiction , je n’en connais aucune donnant un avenir joyeux pour l’humanité , l’avenir ressemble toujours a notre lointain passé , une élite intouchable et des millions de pauvres en haillons , le château entouré d’un mur et derrière le mur , l’humanité .

    1. « il suffit de consulter les œuvres de science fiction , je n’en connais aucune donnant un avenir joyeux pour l’humanité »

      Mais si, il en existe au moins un : le cycle de la Culture de Iain M. Banks. La plupart des auteurs de SF imaginent des mondes violents, asservis, médiévaux pour donner un cadre aux aventures héroïque du personnage, et transposer les questionnements et les peurs du présent dans le futur.

      Banks a résolu le problème : l’humanité est devenue oisive et heureuse grâce à l’émergence d’une IA humaniste totalement intégrée et qui se charge de tout. Les récits (car il en faut bien) concernent des lieus en marge de la civilisation, quelques rares humains ayant choisi de s’impliquer, et essentiellement des IA. Les humains sont des faire-valoir comiques ou au mieux des personnages secondaires attendrissant. En atteignant le Graal de la technologie ultime, ils ont perdu tout intérêt. Les vrais personnages intéressants sont des IA.

    2. Hum star trek.
      En dehors de ça…

  3. @reactitude :  » un jour , l’homme ne travaillera plus , nous seront tous des artistes..dans le besoin car nous n’aurons plus rien a échanger.  »
    Les sociétés crééront sans cesse de nouveaux besoins, le manque de travail est inévitable, mais ce n’est pas une fin en soi. On peut toujours consommer mieux, peut être que les sociétés se mettront à fabriquer des produits durables ? Le jour où on sera 10milliards d’homme il faudra bien produire des choses durables, on pollue la planète bien assez vite. Une formatrice m’a parlé d’un « jour du dépassement » je ne sais pas si c’est vraiment réel. Mais la surpopulation est un des premiers problèmes de mon point de vue et personne ne semble s’en rendre compte.

    1. « nous seront tous des artistes..dans le besoin car nous n’aurons plus rien a échanger »

      Pourquoi ? Vous rêvez d’être un artiste improductif ?

      « Les sociétés crééront sans cesse de nouveaux besoins, le manque de travail est inévitable »

      Pourquoi ? Les besoins génèreraient un manque de travail ?!?

      « Le jour où on sera 10milliards d’homme il faudra bien produire des choses durables »

      Pourquoi ? On ne peut pas recycler ?

      « Une formatrice m’a parlé d’un « jour du dépassement » … »

      Le jour du dépassement est le premier janvier : le soleil, la rotation de la terre, probablement le champ magnétique indispensable à la vie, tout s’use et pour ça on est en dépassement le premier janvier. Pour le reste, tant qu’on n’a pas épuisé les possibilités d’adaptation (encore inconnues) il est difficile de dire que l’on dépasse.

      « Mais la surpopulation est un des premiers problèmes … »

      En quoi ? Parce que cela oblige à partager une production qui elle même augmente ? La où je vois un problème, c’est que l’augmentation de la population rend les problèmes plus complexes et accélère tout (consommation de ressources mais aussi idées nouvelles et élaboration de solutions nouvelles, donc changements accélérés). La question que je me poserais est : « est-on en mesure de maitriser ou digérer le changement). Sinon quand quelque chose augmente sans cesse, comment fixez vous le seuil de dépassement à part par les pseudo-calculs à budget fixe de votre formatrice en écologie simplifiée ? Et qu’est-ce qui prouve que la croissance de la population n’aura pas de limites « naturelles » ? (Vaudrait mieux car pour la régulation, c’est pas gagné …)

      1. @ pragmat

        « Pour le reste, tant qu’on n’a pas épuisé les possibilités d’adaptation (encore inconnues) il est difficile de dire que l’on dépasse. »

        « Les possibilités d’adaptation (encore inconnues) »: excellente raison pour que TOUT devienne difficile à dire: méfions-nous des prophètes de tout poil!

        Nous ne connaissons pas l’avenir! Demain non plus!

        Les métiers de demain n’existent pas encore; certains d’hier ont pourtant disparu ou sont devenus artisanaux.

        Tous les métiers d’internet, des GSM, de l’informatique, de la domotique, de sociétés de Google, Apple, Microsoft, Amazon, et autre FaceBook ont créé des emplois.

        Pas de panique! Sauf pour l’enseignement qui ne prépare pas les jeunes, à cette « révolution ».

    2. « Mais la surpopulation est un des premiers problèmes de mon point de vue et personne ne semble s’en rendre compte. »

      Achetez une corde, réutilisable, recyclable et biodégradable !

    3. Si. Moi.

      1. Moi, je me rend bien compte, que la surpopulation est en parti en cause.
        Mais les dangereux fanatiques de l’humanité, ne veulent pas que l’humanité diminue, car habitué à mettre l’humain sur un piédestal, estimerait injuste et injustifié, que celui-ci diminue pour quelque raison que ce soit, même si cette raison est tout bonne et pourrait sauver plus d’un humain à l’avenir. Histoire de freiner la fin de l’humanité ne serait-ce qu’un peu, pour que cette dernière puisse durer un peu plus.

        1. Après vous, je vous en prie.

  4. Bonjour
    On critique les robots, mais ils font des travaux dangereux toxiques(peintures des voitures) ou ennuyeux (caissière), ou les deux (péages des autoroutes).

  5. L’auteur rêve les yeux ouverts et se trompe complètement ; trois exemples :
    1. Les avions et les bus sans pilotes : quand leur taux d’accidents sera inférieur à ceux qui sont pilotés, il n’y aura plus le choix parce qu’il n’y aura plus de pilotes ou de conducteurs
    2. La réparation et la maintenance : les produits vendus, voiture, électroménager, etc, deviennent suffisamment fiables et bon marché pour que leur réparation ne soit plus justifiée. Quand ça ne marche plus, c’est que c’est complètement usé et bon à remplacer. Qui fait réparer un aspirateur vieux de 10 ans qui vaut neul 80 € ?

    3. La disponibilité des humains sera un atout. Quelle blague, la plupart des opérations courantes dans une banque aujourd’hui – retraits, dépôts, consultation, etc..- se font sur des automates ou par Internet. On ne voit son conseiller bancaire qu’une fois tous les 3 ans

    Même la chirurgie est en train de s’automatiser. Ce n’est pas que je sois favorable à cette automatisation à outrance, mais il faut voir les choses comme elles sont alors que l’auteur les voit comme il voudrait qu’elles soient. Il sera déçu.

    Bien sûr, il restera des emplois humains, mais combien ? Une dizaine pour chaque centaine d’habitants en âge de travailler ? Le vrai challenge sociétal et politique d’aujourd’hui c’est comment prévoir et s’adapter à cette nouvelle donne et malheureusement, ce ne sont pas nos politiciens démagogues surtout préoccupés de leur réélection qui vont nous y mener en douceur.

    1. La seule conclusion que j’en tirerais pour ma part, c’est que le niveau de vie doit augmenter en proportion de la productivité afin :
      – de générer de nouveaux besoins et de nouveaux emplois pour les satisfaire,
      – de permettre à tous de toucher un salaire qui lui permette d’acheter ces nouveaux produits.

      Le prix d’un aspirateur – qui ne justifie plus sa réparation – peut sembler dérisoire. Mais si vous avez les moyens vous achetez un aspirateur robot ou un système d’aspiration centralisé, ce qui coutera 10 à 100 fois plus cher et générera 10 à 100 fois plus d’emploi. Il faut donc plutôt se poser la question de la stagnation du niveau de vie qui ne permet plus de créer de nouveaux emplois. Et la, il faut se demander pourquoi l’augmentation de la productivité ne génère plus d’augmentation de richesses. Et sur Contrepoints, il y a une dizaine d’articles par jour qui donnent une explication. On est d’accord ou pas, mais il faut reconnaitre qu’avec Hollande, les socialistes et les Kynésiens, on a comme un problème d’inversion de courbes …

      1. Le niveau de vie augment mécaniquement avec la mécanisation. C’est parce que l’état intervient pour tout renchérir à cout de réglementation abusive et de droits illégitimes que nous ne percevons pas ce gains de productivité. Il ne faut pas non plus juste se regarder le nombril, c’est l’enrichissement de toute la société mondiale qui importe et cet enrichissement est bien là. Si, en europe nous ne sommes plus capable de progresser, engoncer que nous sommes dans la certitude de nos droits « acquits » d’autre on encore la liberté d’aller de l’avant.
        c’est parce nos sociétés sont figer que nous stagnons.

        1. Ne pas confondre enrichissement mondiale et enrichissement généralisé.
          Au niveau répartition, tout le monde n’en profite pas.

      2. @pragmat
         »
        Mais si vous avez les moyens vous achetez un aspirateur robot ou un système d’aspiration centralisé, ce qui coûtera 10 à 100 fois plus cher et générera 10 à 100 fois plus d’emploi
         »

        je ne vois pas pourquoi, il n’y a pas de rapport. surtout pour un aspirateur centralisé, je ne vois pas pourquoi cela provoquerait l’embauche de plus de personne.

        Peugeot : 185k employés, 55 milliards de CA
        BMW : 106k employés, 77 milliards de CA

        avec le numérique, il n’y a plus de corrélation entre CA et nombre d’employés.

        1. Peugeot et BMW : Et alors, je ne vois pas ce qui vous étonne ?

          Aspirateur centralisé : centralisé veut dire faire des trous partout pour passer des tuyaux. Ils ne vont pas se faire tout seuls.

          Corrélation : j’ai bien peur que l’économie d’une entreprise soit un peu plus complexes qu’un proportionnalité entre un CA et un nombre d’employés …

          1. Les trous en question ne sont pas fait par la société qui fabrique des aspirateurs, et ils sont mêmes fait à la construction, la plupart du temps.

            Les différences entre BMW et Peugeot ne m’étonnent absolument pas. C’est un contre argument à l’assertion suivante :

             »
            Mais si vous avez les moyens vous achetez un aspirateur robot ou un système d’aspiration centralisé, ce qui coûtera 10 à 100 fois plus cher et générera 10 à 100 fois plus d’emploi
             »

            qui elle est fausse, bien entendu.

    2. Bonjour Jsimian

      De nouveaux produits arriveront, qui aurait prévu au début du XX° le développement du divertissement avec le cinéma puis maintenant les jeux vidéo.
      Nous ne sommes plus dans une économie de subsistance, mais dans un monde de divertissement (voir le litre de lait vs CC)

      1. Tout à fait, les besoins humains sont sans limite, même les robots ne seront pas capables de tous les assouvir…

    3.  » Les avions et les bus sans pilotes : quand leur taux d’accidents sera inférieur à ceux qui sont pilotés, il n’y aura plus le choix parce qu’il n’y aura plus de pilotes ou de conducteurs  »

      Depuis que tout est informatisé dans le domaine des transport collectifs, il y a plein de personnelles derrières des écrans de contrôle et d’ordinateurs pour s’assurer que tout va bien. Ce qui n’était pas le cas dans les années 50 quand il y a avait juste un chauffeur dans chaque bus ou train.

       » La réparation et la maintenance : les produits vendus, voiture, électroménager, etc, deviennent suffisamment fiables et bon marché pour que leur réparation ne soit plus justifiée. Quand ça ne marche plus, c’est que c’est complètement usé et bon à remplacer. Qui fait réparer un aspirateur vieux de 10 ans qui vaut neul 80 € ?  »

      On a juste un transfère d’emploi. Les gens achètent au lieu de faire réparer? C’est moins de réparateurs et plus de vendeurs.

       » Bien sûr, il restera des emplois humains, mais combien ? Une dizaine pour chaque centaine d’habitants en âge de travailler ? Le vrai challenge sociétal et politique d’aujourd’hui c’est comment prévoir et s’adapter à cette nouvelle donne  »

      Vous ne savez pas de quoi sera fait dans 20 ans? Vous ne connaissez pas ce que seront les innovations de demains qui n’existe pas aujourd’hui et les nouveaux métiers qui iront avec. Au 19ème siècle il y avait déjà ce genre de polémique sur la fin des emplois avec l’industrialisation des machines en usine sans que personne imagina les futurs nouveaux emplois lié à l’innovation comme informaticien, opérateur téléphonique ou pilote de ligne.

      D.J

    4. « Qui fait réparer un aspirateur vieux de 10 ans qui vaut neul 80 € ? »

      Les engins industriels, ne sont pas des aspirateur de 80 euros. Daignez savoir faire la part des choses, hein !

      Par conséquent, 10 ans ou plus, il en vaudra toujours plus le coup de les réparer, plutôt que de réparer un aspirateur.

  6. Les mécanisations intervenues au 19 et au 20 ième siècles ont supprimer beaucoup plus d’emploi que ne le feront jamais la robotisation futur. Il fallait combien de tisserands pour fabriquer ce que produit une usine textile? 1000, 10000, 100000? la mécanisation du secteur agricole à supprimé 95% des paysans, aucune robotisation ne pourra faire mieux. Des robots 100% autonomes sont encore de la sciences fiction et même si ils existent un jour eux aussi auront des besoins à satisfaire (énergie, entretien, amélioration…) donc il s’inséreront naturellement dans le tissu économique.

    1. Raison de plus pour penser que l’emploi d’humains bien en chairs exerçant la profession de technicien de maintenance, restera et existera encore très probablement (et heureusement).

  7. Je suis un pro -science, et un pro techno. J’attend avec impatience la généralisation des robots.

    Seulement , je ne suis absolument pas d’accord avec ce texte. Je n’ai pas envie de m’étendre des heures à argumenter, alors je vais être bref :

    – avec les chiffres insee, on peut constater (compter) que les nouveaux métiers apparus depuis 100 ans représente moins de 25% des emplois.
    – la fable des « reclasser pour faire des métiers plus valorisant » a déjà été chanté il y a 40 ans avec les ouvriers et les machines dans les industries : combien d’entre eux ont été reclassés dans des travaux plus valorisants ? un très faible pourcentage. les autres ont finis avec des boulots de merde, ou au chômage. aujourd’hui, on ne fera pas mieux.
    – que certains nouveaux métiers sont déjà sur le déclin, comme webmaster
    – que l’open source et le collaboratif va monter en puissance
    – que l’outil informatique devient « power user », et « user friendly », les besoins en développement diminuent petit à petit, même en prenant en compte les nouveaux outils et nouveaux besoins.
    – que ce qui n’est pas exploitable par l’informatique aujourd’hui car trop complexe, le deviendra quelques années plus tard
    – que tout travail porté sur la connaissance sera profondément, voir totalement investit par les big data, et les IA
    – que tout un tas de services seront dédiés aux robots, car plus fiables. Ce n’est pas qu’il est plus intelligent, non, c’est qu’il a un tas de biais en moins, ce qui représente un énorme avantage.
    – que les entreprises ont besoin de clients à qui vendre leurs produits. chaque pourcentage de salariés perdus seront des clients de perdus, accélérant le processus à chaque tour
    – et que si ce n’est pas dans 10 ans, alors ça le sera dans 20, ou dans 30. mais c’est juste une évolution logique.

    1. Il vaut mieux – dans la mesure du possible – analyser les problèmes de façon générale que en compilant des détails. Certaines de vos affirmations sont probablement vraies et d’autres fausses ou sans influence.
      – les 25% de nouveaux métiers entrés dans une nomenclature approximative ne donne que peu de visibilité sur l’évolution de près de 100% des métiers pour s’adapter à l’informatique, aux télécoms, aux normes, à l’Europe, etc …
      – « valorisant » est subjectif. Je pense cependant effectivement que l’on est plutôt perdant à devenir le simple exécutant au sein d’un système alors qu’avant on pouvait avoir plus de responsabilité personnelle dans l’ancien. Mais il est difficile de porter un jugement sur les préférences de la génération qui précède ou qui suit …
      – Je suppose que l’artisan « webmaster » finit par être remplacé par des outils qui permettent de se concentrer sur le contenu. Il y a hélas des métiers qui génèrent une forte demande pour disparaitre aussi rapidement. Il faut en avoir conscience quand on veut faire carrière dans l’informatique : l’immobilisme est fatal.
      – L’open source (dont je suis le premier supporter) n’a pas vraiment de modèle économique bien qu’il ait une logique technique implacable : résultante inconnue
      – les besoins en développement diminuent. En France ou dans le monde ? Quelles sont vos sources ? Entre la complexité qui augmente les besoins et l’utilisation de framework qui les réduit, quel est l’avenir. Il faut pourtant bien s’attendre que les entreprises cherchent à stabiliser leurs couts IT.
      – ce qui n’est pas exploitable par l’informatique le deviendra. Surement à examiner au cas par cas quant à l’échéance et la nécessité.
      – la connaissance investie par les big data et les IA. Oui mais cela transforme le métier des analystes sans les remplacer. Le nombre d’analystes nécessaire va-t’il baisser à cause de la productivité ou augmenter à cause de l’extension du domaine ? Et n’oubliez pas que les entreprises ouvrent leur portemonnaie pour embaucher dans les postes stratégiques comme celui-ci. Dans ce cas la productivité servira à affiner les analyses et non à diminuer le personnel.
      – Le principal biais « en moins » du robot est de ne pas faire grève. A part ça un robot d’aujourd’hui est effectivement parfaitement stupide. Mais s’il n’y a plus de consommateurs, il n’y a plus de marché donc plus d’investissement productif dans la robotisation. Il va donc forcément s’instaurer un équilibre.
      – les emplois perdus sont effectivement des consommateurs perdus. Si les emplois de sont pas créés ailleurs, il n’y aura tout simplement pas d’investissement pour robotiser. S’il n’y a pas d’investissement pour robotiser, il n’y aura pas d’investissement pour développer des robots et donc des progrès très lents. Mais ceci à l’échelle mondiale : ceux qui ne sont pas capables de maintenir l’économie et l’emploi dans leur pays risquent d’être pris dans le tourbillon s’il y a reprise économique. Avis au capitaine du pédalo.
      – ce qui est logique, c’est qu’on ne peut pas durablement vivre au dessus de ses moyens et que les décisions foireuses au niveau économique se paieront très cher avec la redistribution des cartes. Continuons donc à normaliser en dépit du bon sens, à planter des moulins à vent, à augmenter le cout du travail en passant aux 30 heures hebdomadaires. Les Chinois rigolent : désormais en matière de technologie, la destruction se fait chez nous et la création chez eux.

      1.  »
        Oui mais cela transforme le métier des analystes sans les remplacer
         »

        Il va falloir que tu m’expliques comment. a partir du moment ou tu as une machine meilleure (par rapport à une tache précise) que les hommes tu ne gardes pas les hommes.
        simple logique économique.

        La ou je bosse, des analystes sont arrivés à leur limites d’analyses des chiffres. Ils avaient demandés un ensemble de rapports, mais bien vite, ils se sont trouvés dans la difficulté d’exploiter pleinement ces nouveaux rapports, de par leurs étendues et leurs complexités. Il est même fort probable que certains de ces rapports sont bidons, sans réelle influence: mais ils ne sont plus capables de faire le discernement.

        Que va t il se passer pour que l’entreprise continue d’évoluer ? elle ajoutera une IA, qui sera capable d’analyser bien davantage que l’humain (au moins quantitativement dans un premier temps) Et tu penses que la boite va conserver son équipe, alors qu’une machine ferait mieux ?

        Sauf que si les analystes sont limités dans cette boite, ils seront limites dans toutes les autres. Quand à toutes les boites dans lesquelles ils ont encore des compétences à apportés, j’imagine que leurs besoins sont déjà globalement pourvus.

        http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-3276604/Artificial-intelligence-breakthrough-intuition-algorithm-beats-humans-data-test.html

        Ce n’est plus un simple mouvement musculaire que l’on remplace aujourd’hui.

  8. Pour l’instant ceux qui privent de travail à des millions gens ont les connait. Ce sont les socialistes. Et ce sont souvent ces socialistes ( tel les verts ) qui sont hostiles au progrès.

    D.J

    1. Des mecs qui veulent trouver un équilibre entre technologie et nature terrestre, sont contre le progrès ?
      Sachez que sans la nature, nous n’existerions pas. Par conséquent, nos créations n’auraient jamais existé elles non plus. Autrement dit, si on force trop sur la technologie pour mieux signer le déclin de la nature, alors la technologie ne durera pas, pas plus que leurs créateurs. Car leurs créateurs, dépendent de la nature avant tout (on bouffe pas des boulons, et mieux vaut avoir de l’air frais que de l’air pollué. Mieux vaut lire via l’informatique, plutôt que sur des bouquins, sachant combien d’arbres ça revient à abattre, tout en sachant que l’arbre, contribue à la pureté de l’atmosphère). Alors parler des verts… Faut savoir faire la part des choses quand-même.

      1.  » Des mecs qui veulent trouver un équilibre entre technologie et nature terrestre, sont contre le progrès ?  »

        Avec des slogans sur la décroissance et de dépassement du capitalisme difficile de faire mieux pour s’opposer au progrès.

        D.J

      2. « sans la nature, nous n’existerions pas »

        Et sans la nature, les dinosaures n’auraient pas disparu. De même que toutes les espèces d’hominidés qui nous ont précédé ou croisé. Vous pouvez donc aussi bien dire que nous existons malgré la nature.

        Pourquoi les écologistes ne voient-ils toujours qu’un côté des choses ? La nature est autant notre amie que notre ennemie. On la fuit autant qu’on la recherche. On en a besoin autant qu’on a besoin de s’en protéger.

        Quant à la technologie, ce n’est pas une fin en soi : elle propose et l’ensemble des humains disposent. Et vous ne pouvez pas choisir à la place de l’ensemble des humains. Alors inutile de vouloir mettre des bâtons dans les roues des autres pour promouvoir la marche à pieds.

  9. Stéphane Boulots

    Franchement ? Non !

    La valeur travail est un piège à gogos, fait pour manipuler les masses : personne ne travaille pour « rien » : les gens travaillent soit pour se permettre de faire des choses, pour un statut social, soit encore pour certains, pour passer le temps.

    L’économie ne va pas s’effondrer parce que les choses vont devenir … gratuites (au sens valeur travail), cela signifie juste que nos descendants vont trouver un autre modèle économique, qui ne sera plus basé sur la pénurie et l’esclavage, plus basé sur la valeur travail, ce qui est d’ailleurs déjà en grande partie le cas.

    Quand à la destruction créatrice, c’est avant tout une conséquence plutôt qu’un principe : dire que les gens préféreront des avions avec pilote est ridicule, c’est prendre la psychologie des humains de 2016 pour asserter celle des humains de 5016

    De la même façon que l’aspirateur, la télé et la machine à laver ont complétement changé la mode, la condition des femmes, la structure familiale etc.. les robots, IA et autres machins du futur changeront d’abord le mode de vie, changeront d’abord la façon dont les humains décideront de l’adopter et de l’adapter et c’est cette adaptation/adoption qui aura des conséquences … totalement imprévisibles.

    L’économie basée sur le travail changera, comme les paysans dépendants des conditions climatiques sont devenus des ouvriers salariés bénéficiant d’une relative sécurité au XIX° et ont complétement modifié l’économie qui était avant en grande partie autarcique.

    L’économie est une conséquence, pas un principe. Elle se crée à partir de l’échange, pas à partir de la production ou de la consommation. C’est l’intermédiation des commerçants qui ont acheté les productions des paysans pour nourrir les ouvrier qui a permis la révolution industrielle, pas les histoires de capital, de technologie et de valeur travail.

    L’économie se ‘fabrique » en fonction des choix que font les gens et le travail n’est pas un choix prioritaire…

    Enfin, si l’Etat et les politiciens veulent bien laisser les gens se dépatouiller avec le changement, et que les gens veulent bien refuser de croire que l’Etat et les politiciens vont soi-disant les protéger…

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