En 2016, les sprinklers à pognon seront toujours grands ouverts

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En 2016, les sprinklers à pognon seront toujours grands ouverts

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 22 décembre 2015
- A +

Par H16.

La fin d’année approche, et certains pourraient croire que l’année prochaine se profile sous de bien tristes auspices : croissance en berne, chômage en hausse, la politique française toujours bloquée dans les années 90, tout semble s’agglutiner mollement pour une année 2016 au contenu pauvre en amusement. Eh bien en réalité, il n’en est rien.

Bien sûr, si l’on s’arrête bêtement aux données macro et micro-économiques, la dépression guette avant même l’arrivée de la dinde et du foie gras. En revanche, si on épluche un peu les petites nouvelles de la semaine et qu’on passe en revue les bonnes idées des élites qui nous gouvernent, on est immédiatement pris d’un agréable sentiment que rien n’est jamais allé aussi bien.

S’il y a bien un moment de se réjouir, c’est maintenant : jamais les sprinklers à pognon n’ont été aussi grands ouverts. Alors qu’à entendre toutes les personnalités politiques parler d’un air grave d’austérité, de crise et de difficultés budgétaires, on pourrait naïvement croire que l’État français traverse actuellement une passe difficile, en réalité les nouvelles fraîches nous démontrent tous les jours qu’il n’en est rien.

Prenez le ministère de l’Éducation Nationale.

Dans le combat qui occupe tous les jours Najat Vallaud-Belkacem, son actuelle responsable, on pourrait croire que pas un centime ne peut être consacré à une dépense dont on s’est très bien passé depuis sa création, sur les quatre-vingt années précédentes. On pourrait croire en tout cas que toutes les sommes sont directement employées pour amener toujours plus de petites têtes blondes et brunes vers un niveau scolaire toujours plus élevé, au prix évident de sacrifices inouïs de la part d’un corps enseignant et d’une administration toujours prêts à se mettre en quatre, que dis-je, en huit voire en seize pour y parvenir.

D’ailleurs, les motivations des grèves (régulières) et les explications des nombreux tracts syndicaux de cette institution ne laissent aucun doute : l’Éducation Nationale manque tant de moyens qu’on voit mal débloquer (par exemple) 500.000 euros, entre deux couloirs d’antichambres ministérielles, pour indemniser des parents d’élèves.

Et pourtant, si : l’institution a les moyens. À partir de la prochaine rentrée scolaire, les parents d’élèves élus aux instances départementales, académiques et nationales seront indemnisés à hauteur de 7,10 euros net par heure pour la participation aux réunions et à leur préparation.

Implied Facepalm

Et pour que tout ceci soit bien carré, bien propre, bien légal comme il faut dans cette République des Mille Et Un Articles de Lois, cette indemnisation interviendra dans le cadre d’un décret sur le statut des parents délégués. Enfin ! Il était temps ! Les parents d’élèves vont avoir un Statut ! Et lorsqu’il sera à un niveau important, il sera en plus rémunéré ! Youpi !

On oscille quelque peu entre la joie d’apprendre que finalement, la vénérable institution républicaine dispose d’encore assez de moyens pour ce genre de galipettes budgétaires, et la consternation de se rendre compte qu’on a encore une fois trouvé un expédient honteux à une désorganisation profonde du système.

En effet, cette trouvaille valaubelkacémienne répond à une demande de syndicats de parents d’élèves (toujours dans les bons coups, apparemment) dont les membres se plaignent (évidemment) que le temps consacré à préparer les réunions et à y participer finit par leur coûter en RTT ou en frais divers et variés. Il semble qu’on ait généreusement oublié l’organisation qui prévalait il y a encore quelques décennies, qui ne rémunérait aucun parent d’élève mais ne les faisait certainement pas intervenir à tout propos et hors de propos, et qui parvenait malgré tout à distribuer un savoir qui permit à tant de fils et filles de classes laborieuses d’atteindre les sommets républicains. De nos jours, on a semble-t-il tendrement préféré l’immixtion quasi-permanente de ces parents, quitte à les payer, plutôt que se concentrer sur le niveau d’apprentissage, devenu déplorable et qui semble n’interpeller personne, ou seulement lorsqu’une enquête PISA aux résultats catastrophiques vient mettre dans le caca le nez de tous les intervenants de ce référentiel éducationnel bondissant.

Mais je suis mauvaise langue. Oublions cette froide réalité, et repartons plutôt à l’assaut des possibles qui nous permettra, une fois dégagé des basses contingences matérielles, de tutoyer l’univers en oubliant ces histoires budgétaires si terriblement futiles.

Après tout, si l’Ednat peut se permettre de claquer un demi-million d’euros pour payer des gens à faire le travail du corps enseignant qu’elle paye aussi en parallèle, il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

Et c’est d’ailleurs sans la moindre inquiétude que nos élites, toujours résolument placées sous le signe zodiacal du Ranafout et du Célétakipaye, se sont lancées dans la candidature de Paris au prochains jeux olympiques de 2024.

gifa partying

Et apparemment, on en a les moyens, mes petits amis ! Et non seulement on a les moyens d’accueillir ces JO, mais on a même les moyens de candidater. Il faut en effet se rappeler que si l’installation et la préparation d’une saison de Jeux Olympiques est particulièrement coûteuse au pays qui les accueille (on parle en milliards d’euros gros et gras), l’acte de candidature lui-même n’est pas non plus à la portée de la première bourse et se compte aussi en dizaines de millions d’euros. Ça, c’est du dossier !

Pour que la fête soit totale, la mairie de Paris et le comité national olympique français se sont donc lancés dans une petite campagne histoire de rassembler 60 millions d’euros (en dessous de ça, de nos jours, t’as plus rien) histoire de rivaliser avec les autres candidatures comme celles de Los Angeles ou Rome. Les calculs sont simples : trente millions devront provenir de sponsors privés, d’entreprises diverses et variées, et le reste sera abondé par les Français volontaires au moyen d’une campagne de dons, lancée – pour sacrifier à la mode du moment – en crowdfunding.

Las. Après quelques semaines, l’enthousiasme délirant des organisateurs n’a pas réussi à mobiliser les Français. Sur les 30 millions attendus, même pas un de récolté : 629.000€ de dons, on est vraiment trop loin.

Faudrait-il renoncer ? Faudrait-il admettre, comme Anne Hidalgo le faisait elle-même l’an dernier lorsqu’on évoquait la question, que « les JO, c’est très joli, mais il n’y a pas une seule ville qui s’y soit retrouvée sur le plan financier » et qu’en conséquence, tout ceci ressemblait à un nouveau gouffre financier absurde pour une nation déjà catastrophiquement endettée et qu’on allait faire peser sur des générations futures dont le sort ne semble intéresser que lorsqu’il s’agit de créer des taxes et autres ponctions contraignantes ?

Oh là, surtout pas !

On ne se laissera pas gagner par la grisaille. 2016 sera joyeuse et placée sous le signe de la dépense. Encore.

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Et encore une fois, tout comme l’EdNat qui dégotte de l’argent pour suppléer à ses manquements, la mairie de Paris trouvera les ressources qui manqueront. Il suffira… d’un nouvel impôt, pardi ! Par exemple, instaurons une taxe sur les licences sportives annuelles, parce que, bien sûr, si vous êtes licencié, c’est forcément que vous voulez de ces superbes jeux dans la Capitale française !

Et tant pis si on sait déjà que ces jeux seront un gouffre. Tant pis si on sait que les budgets ne seront pas respectés. Tant pis si les Parisiens, déjà perclus d’impôts et de taxes, n’en peuvent plus. Tant pis si l’appel aux dons fut un bide qui démontre qu’en définitive, peu sont ceux qui veulent de ces jeux. Tant pis : tout le monde y aura droit.

L’année passée fut une année dépensière, dispendieuse et sans aucune espèce de restriction budgétaire. Rassurez-vous : à l’aune de ces deux exemples, pas de doute, 2016 saura surpasser 2015.
—-
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  • H16, vous devenez mesquin. Après tout, qu’est ce que l’argent sinon l’expression même de la communion du vivrensemble.

    Petit calcul: L’Etat engrange 2000 Milliards d’euros à l’année, et pourtant n’en depensera que 60 millions, soit en équivalence d’un français au salaire médian, à peine 0.0045 centimes de sa paie qu’il a pourtant eu de la peine à gagner.
    Vous voyez bien qu’à ce tarif là, on se paie ce qu’on veut, et donc SURTOUT les JO! En plus dois-je vous rappeler qu’on a au préalable grandement amélioré l’infrastructure pour la COP21, donc autant faire d’une pierre deux coups.

    Vous êtes une des plus mauvaises influences qui soit. Bref, honte à vous et a vos paires.

    • « L’Etat engrange 2000 Milliards d’euros à l’année »
      La France peut-être, l’Etat certainement pas. Il peine à ramasser 300 milliards.

    • « honte à vous et a vos paires. »

      Honte à vos paires de quoi ?

      L’état doit faire des économies. Mais les arbitrages me semblent particulièrement absurdes. Le tampon hygiénique reste un produit de luxe (je suis un homme mais cela me semble quand même douteux). Mais jamais une nouvelle dépense ne semble injustifiée malgré la situation économique.

    • Cool! Grâce aux JO, on va raser l’infrastructure acquise grâce à la COP21 qui avait elle-même rasé l’infrastructure précédente encore toute fraiche d’une précédente réfection. Je suis ravi de savoir que ma contribution sert à défaire et refaire pour qu’un politique gagne des voix électorales en faisant miroiter une illusion d’emplois et d’activité économique alors qu’il n’y a pas de retour sur investissement, ni amortissement.

  • Sur le site VO2.fr le Plan d’attaque de Mr le Président de la FFA est de s’accocier avec une société privée Belge Golazo pour s’attaquer au marché du Hors stade. Il nous précise :
    « A partir du moment où le mouvement n’est pas priorisé par nos acteurs, nous avons pensé qu’une société privée extérieure, très affiliée à la Fédé puisque nous avons 50% de parts, pouvait être une bonne entame, car aujourd’hui la course à pied est un marché et il faut avoir les mêmes outils que ceux qui sont dans le business  »

    Il rajoute :
     » Le ministère nous a demandés de définir un règlement pour les obstacles, la sécurité, tout çà » explique Bernard Amsalem. « Nous avons fait des réunions où nous avons associé des organisateurs de Mud Day. Sur la base de ces réunions, nous avons fait des propositions au ministère des sports et nous attendons son retour. Je pense que nous aurons la délégation fin janvier »

    Pour conclure que le projet est de taille et le prix d’inscription sur les courses va grimper. On parle aussi de financer les JO à Paris en taxant les licences et je pense aussi sur les dossards.

    Ce sujet avait été abordé par vos soins en mars 2015. http://www.contrepoints.org/2015/03/24/202089-aujourdhui-athletisme-et-lobbying
    Aussi, quelque chose me dit que les licences sportives à compter de la saison 2016/2017 vont augmenter pour financer la candidature. Vu le nombre de licenciés tout sports confondus, il est facile de récolter plusieurs millions d’euros.

  • L’Etat maîtrise à fond toutes kes façons d’asserivir: contraindre, taxer, subventionner.
    Des parents d’élèves rémunérés seront beaucoup plus dociles…

  • Il évident que pour Hidalgo et tous les politocards, les JO dans sa ville c’est une occasion d’être sous les projecteurs et de se faire mousser. Voire même de rentrer dans l’Histoire. Ils ne vont quand même pas se gêner !

  • « Après tout, si l’Ednat peut se permettre de claquer un demi-million d’euros pour payer des gens à faire le travail du corps enseignant qu’elle paye aussi en parallèle, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. »

    On ne risque pas de s’inquiéter, la plupart des parents d’élèves sont enseignants.

  • Les commentaires sont fermés.

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