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Le gâchis français, de Jean-Marc Daniel

Publié le 12 décembre 2015
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Par Johan Rivalland

Gâchis françaisÀ travers Le gâchis français, Jean-Marc Daniel décrit les quarante années durant lesquelles nos dirigeants, mus avant tout par leur carrière, n’ont cessé d’alourdir la dette publique en accroissant la demande publique, créant ainsi les conditions du déclin que nous connaissons. Déclin que ne connaissent pas tous les pays développés, même si leur croissance a également ralenti après 1975.

Keynésianisme vs libéral-monétarisme

Selon lui, les gouvernements se sont égarés en établissant que leur priorité était l’emploi. L’enjeu aurait dû être le pouvoir d’achat, qui dépend de la croissance, donc du progrès technique et de l’acceptation des mutations économiques, ainsi que des destructions d’emplois qui les accompagnent nécessairement.

Importées des États-Unis, les recettes keynésiennes de court-terme recourant aux déficits budgétaires, à l’endettement et à l’inflation, n’ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés.

Les Allemands, à l’inverse, ont marqué leur refus du déficit budgétaire sur longues périodes et privilégié la stabilité monétaire, ne voyant dans le keynésianisme « qu’un moyen de différer les problèmes », l’inflation ayant par ailleurs pour effet de baisser le pouvoir d’achat, sans pour autant que l’on constate d’effets réellement positifs en termes de diminution du chômage.

D’où l’idée du premier prix Nobel d’Économie, Jan Timbergen, que Jean-Marc Daniel nous rappelle en substance : mieux vaut ne pas « « sacrifier la prochaine génération à la prochaine élection ».

Les politiques économiques de la France depuis la fin des années 1960

Louvoyant entre ces deux modèles, la France n’a cessé d’alterner entre des périodes de facilité budgétaire et d’autres de correction brutale, perdant progressivement toute vision de long terme.

C’est donc à une histoire de ces quarante années de dérives que nous convie Jean-Marc Daniel, dont les enseignements doivent, selon lui, nous inviter au sursaut salutaire.

Avec des passages étonnants, comme celui-ci, dont je vous laisse dans un premier temps chercher qui peut en être l’auteur :

« […] Je veux maintenir la charge totale du prélèvement obligatoire à 42%. Le septennat précédent avait commencé à 36,3 et il s’est achevé à 42,9, pour ne pas dire 43% à peu près. Nous en sommes à 44,7% […] C’est trop, pourquoi ? Parce que trop d’impôt pas d’impôt. On asphyxie l’économie, on limite la production, on limite les énergies et je veux absolument, tout le temps où j’aurai cette responsabilité, revenir à des chiffres plus raisonnables. »

Il s’agit de François Mitterrand, dans une interview sur TF1 en septembre 1983, manifestement inspiré de Ronald Reagan, s’appuyant lui-même sur les travaux d’Arthur Laffer.

Le même dira : « […] je ne suis nullement l’ennemi du profit ».

Et, on l’a oublié, mais c’est aussi François Mitterrand qui sera à l’origine de la règle (largement baffouée) des 3% de déficit budgétaire à ne pas dépasser.

Une narration passionnante qui nous remémore bon nombre de faits un peu oubliés

Hors de question pour moi, bien sûr, de vous résumer l’ouvrage, qui est riche en faits, chiffres et rappels des différentes périodes et gouvernements que nous avons connus. Mais une lecture que l’on peut conseiller à tous ceux qui veulent retrouver l’ensemble des grandes étapes et politiques économiques qui ont mené à la situation actuelle.

Avec tout le talent, la verve et la connaissance de l’auteur, en excellent spécialiste de l’Histoire économique, un ouvrage essentiel, bien écrit, passionnant et stimulant, en forme de signal d’alarme, dans l’espoir d’une réaction collective qui, seule, pourra nous sortir du marasme dans lequel nous nous sommes plongés.

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  • « sortir du marasme dans lequel nous nous sommes plongés. »

    Une mesure anti-escrocs : 3% d’excédent budgétaire obligatoire. En cas d’échec, saisie sur leur salaire.

  • perdant toute vision de long terme…..et pour cause , le long terme n’intérresse pas ces gens là , peu leur chaud l’avenir d’un pays et de ces citoyens , vu qu’ils s’occupent de leur propre avenir avec un acharnement sans failles et aux détriment de tout ceux qui ne font pas partie de leur caste ;

  • Oui, enfin, il faut comprendre 40ans comme un point de départ d’analyse. Par exemple, de 1976 à 1981, les efforts de Barre pour éviter le keynésianisme ont été limité et par un appareil étatique hérité des années 60 et une adversité politique toute socialiste, entre Mitterrand et Chirac.
    40ans de gâchis, 40ans de Chirac, même si les débuts et fins respectifs sont légèrement décalées.

    On peut noter qu’un certain DSK a connu la période où le prix du de pétrole à devise constante était inférieure à 20€…

    • 40 ans de Chirac, en effet : L’auteur rappelle bien que Jacques Chirac est à l’origine du premier grand plan de relance de la période, d’inspiration purement keynésienne, finalement désavoué par un Valéry Giscard d’Estaing qui n’y a jamais cru (mais l’a laissé l’engager). C’était en 1975.
      C’est le même qui, en 1986, tentera de rebondir sur l’engouement de l’époque pour des politiques d’inspiration libérale (Ronald Reagan, Margaret Thatcher), mais avec un libéralisme qui n’avait que le nom (rappelons-nous les fameux « noyaux durs » lors des privatisations de cette période). Et le même qui, par pur opportunisme et « sens politique » naviguait ensuite à vue au gré des pures considérations électorales, n’ayant aucun état d’âme à exécrer le libéralisme lorsque celui-ci était, plus que jamais, devenu une sorte d’injure à la mode et à proposer tout et son contraire en fonction de ce qui était susceptible d’assurer son élection ou sa réélection…

  • Ne pouvant dévaluer notre monnaie il faut donc emprunter , les nombreuses dévaluations du Franc permettaient de masquer la mauvaise gestion ce n’ est plus possible , et comme cela s’est aggravé …..
    s’il y a un pays qui pourrait se vanter « de 30 glorieuses  » certains pitres écrivent Trente Glorieuses , c’ est bien la RFA ! 4em paragra du texte

  • Les commentaires sont fermés.

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