Other people’s money : mais que font donc les banques ?

John Kay, ancien administrateur d’une grande banque britannique, analyse ce qu’est devenue la finance.

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Marchés financier bourse (Crédits : Rafael Matsunaga, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

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Other people’s money : mais que font donc les banques ?

Publié le 12 décembre 2015
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Par Thierry Godefridi.

Marchés financier bourse (Crédits : Rafael Matsunaga, licence CC-BY 2.0), via Flickr.
Marchés financier bourse (Crédits : Rafael Matsunaga, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

 

« Prêter à des entreprises et à des particuliers engagés dans la production de biens et services, ce que la plupart des gens imaginent être l’occupation des banques, ne représente qu’environ 3% du total de leurs engagements. » Mais que font les banques alors ? À un point qui défie l’imagination, elles traitent entre elles ! Dès l’introduction de Other People’s Money : Masters of the Universe or Servants of the People ?, le ton est donné. Et qui donc pourrait mieux exposer, analyser et expliquer le sujet que John Kay, ancien administrateur d’une grande banque britannique avant qu’elle ne verse dans l’hubris, professeur invité à la London School of Economics et chroniqueur au Financial Times ?

Dans ce remarquable ouvrage au style vif, incisif et empreint d’humour, John Kay démontre ce qu’il appelle la « financialisation » du système financier. Certes, nous avons besoin de la finance. Mais, aujourd’hui, nous en avons bien plus qu’il ne nous en faut ! L’auteur en veut pour preuve le fait que les transactions quotidiennes en devises étrangères représentent une centaine de fois l’échange journalier de produits et services ou encore le fait que le volume annuel des paiements effectués au Royaume Uni corresponde à quarante fois son revenu national. La finance est devenue une industrie qui commerce avec elle-même, parle avec elle-même et se juge sur base de critères de performance qu’elle a elle-même instaurés.

Other People's MoneyDans le monde financier et ailleurs, la culture du bonus, loin d’aligner les intérêts des managers et des traders sur ceux des propriétaires et autres parties concernées, produit des effets diamétralement opposés à ceux recherchés, comme l’apparition de cadres supérieurs de grandes entreprises dans les rangs des super-riches. Pourtant, dans le monde bancaire, les profits sont souvent illusoires. Une grande partie de la croissance du secteur financier ne représente pas une création de richesses, accuse John Kay, mais résulte de l’appropriation de richesses créées ailleurs dans l’économie, une appropriation qui se fait au profit d’un certain nombre d’acteurs privilégiés du secteur financier.

Or, aussi ingénieux soient-ils, constate l’auteur, lesdits acteurs du secteur financier ne le sont jamais autant qu’ils ne le croient ou, en tout cas, ils le sont insuffisamment pour gérer la complexité de l’univers qu’ils ont créé. Quand, par exemple, il est laissé à des ordinateurs d’exécuter des transactions entre eux sur base d’algorithmes, personne ne peut plus entièrement comprendre ce qui se passe. Qu’importe pour les bénéficiaires du système puisqu’ils s’en partagent les profits mais n’en supportent pas les pertes !

Dans le milieu de la finance d’aujourd’hui, le respect de l’intérêt des clients et la loyauté envers les institutions ont été remplacés par la poursuite acharnée d’intérêts personnels égoïstes imprégnés d’une culture du court-terme (« I’ll be gone, you’ll be gone », « je serai loin, tu seras loin »). Une illusion de profitabilité sous-tend toute cette agitation dans la croyance que l’ingénierie financière ajouterait de la valeur et assurerait des rendements exceptionnels bien qu’elle ne serve qu’à remplir les poches de quelques-uns en hypothéquant l’avenir de tous. À titre d’exemple, l’exposition de la Deutsche Bank aux produits dérivés est estimée à 55.000 milliards €. Ce chiffre astronomique (55.000.000.000.000 €) dépasse l’entendement des politiciens et des régulateurs ainsi que celui des dirigeants de la banque dont le total de bilan ne s’élève qu’à environ 2.000 milliards € tandis que le PIB de l’Allemagne est de 3.000 milliards €. Et, précise l’auteur, l’Europe regorge de banques zombies, des banques fondamentalement insolvables qui ne doivent leur survie qu’à l’assistance de la banque centrale.

Les montants considérables d’argent public qui ont été injectés dans le système financier n’ont guère contribué à la reprise économique dans la mesure où cet argent a été englouti par le secteur financier lui-même ou a servi à payer les rémunérations exorbitantes de ses senior managers. Pour être prospère, un pays a besoin d’un système financier qui fonctionne bien et remplisse la mission qui lui est normalement assignée : gérer nos paiements, conserver notre épargne et la canaliser vers des investissements productifs tels que la construction d’habitations ou d’infrastructures ainsi que le développement de nouvelles activités économiques, nous assister dans la gestion de nos finances personnelles sur le cours d’une vie ou entre générations. À défaut de réformer en profondeur la structure du système financier et de corriger les comportements de ses principaux agents, prévient John Kay, les économies occidentales s’exposent inévitablement à de nouvelles crises successives.

La promiscuité entre la sphère financière et le pouvoir politique et l’incompétence des uns et des autres à cerner le système dans toute son inextricabilité n’incitent pas à l’optimisme. Du moins cet ouvrage, solidement étayé sur l’érudition financière et historique de son auteur, ses observations personnelles et des références aux déclarations et agissements des protagonistes de la planète financière, décortique-t-il l’activité bancaire dans ce qu’elle était à l’origine, ce qu’elle est devenue et ce qu’elle devrait être et aidera-t-il ses lecteurs à se prémunir des multiples dérives du système en attendant qu’il n’y soit, un jour, remédié, non par une réglementation toujours plus lourde mais par une réglementation plus appropriée. Car – Other People’s Money de John Kay le met judicieusement en lumière – c’est, notamment, aussi à cette condition que l’on relancera l’économie et garantira le bien-être social.

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  • Finalement notre vie ne serait qu’une illusion.

  • incompétence et avidité d’une poignée d’individus qui font que le monde ne tourne pas rond…..quelle tristesse ;

    • C’est une étrange fractale: tout ce que vous voyez sur ce sommet se retrouve aussi bien dans toute institution qui dépend de l’argent des autres. Vous verriez la gabegie aux sommets des pyramides organigrammiques, basée sur l’égoïsme et le culte du foutre-rien dans les institutions dites publiques…

      • Sans transparence, sans responsabilité des actions, tout système collectivisme centralisé est vulnérable à une exploitation opportuniste.

  • « ils le sont insuffisamment pour gérer la complexité de l’univers qu’ils ont créé. … personne ne peut plus entièrement comprendre ce qui se passe. Qu’importe pour les bénéficiaires du système puisqu’ils s’en partagent les profits mais n’en supportent pas les pertes »

    A la limite, on s’en fout qu’ils comprennent ou non le systeme, que le systeme soit automatise ou non…
    Le vrai probleme est qu’ils n’en supportent pas les pertes eventuelles.
    Un peu comme un charlatan qui vendrait des tickets de lotto, qui empoche tous les paris et qui disparait quand quelqu’un vient reclamer ses gains.

  • Toutes ces descriptions me semblent plus relever du niveau du café du commerce que d’une argumentation sérieuse.

    Essayons de faire preuve d’un minimum de sérieux pendant quelques secondes au moins : si la phrase suivante était vraie :
    « Prêter à des entreprises et à des particuliers engagés dans la production de biens et services, ce que la plupart des gens imaginent être l’occupation des banques, ne représente qu’environ 3% du total de leurs engagements. » ,
    on se demanderait alors d’où pourraient provenir les profits des banques.

    En vérité je le dis : l’activité bancaire est une activité de service, et les banques se font rémunérer pour le service qu’elles fournissent. Tout autre discours n’est qu’un ensemble d’hallucinations malsaines, et ce même si ce discours vient d’un homme qui a travaillé dans la banque.

    • @ Stéphane Lallement

      En disant: « En vérité je le dis : l’activité bancaire … », croyez-vous l’argument suffisant???

    • Stéphane, qu’est-ce qu’on aimerait que vous ayez raison. Vraiment.

      Il n’y a rien qui empêche la finance de se financer elle-même, aussi bizarre que cela puisse paraître.

      Il y a plein d’argent à se faire dans la spéculation et ce à travers l’effet de levier par exemple.

      Le marché des changes de monnaie par exemple c’est $5 milles milliards qui s’échangent chaque jour. Le marché des dérivés serait estimé à plus de $1 quadrillion.

      Pourquoi s’impliquer dans des activités d’entreprise qui comportent des risques pour un bien moindre gain?

      Est-ce que tout cet argent correspond à une vraie richesse? C’est une autre question.

      Vous pouvez vous renseigner sur la création monétaire par le crédit sur Wikipedia. L’essentiel de l’argent en circulation en est issu.

      Si de l’argent neuf est introduit alors que les produits et services ne varient pas, c’est une inflation monétaire qui dilue la valeur d’une monnaie et fait augmenter les prix.

      Il serait assez consternant de se dire que plus d’argent a été créé que de richesses ces trente dernières années. Dans un royaume des nains les homme normaux sont des géants.

  • Mince, ce serait donc vrai, il existerait finalement une affreuse finance apatride qui affame le panda et mouline du chaton à la tonne?

    • Il faut faire attention à ne pas tomber dans l’excès. La position constituant à dire que tout va bien dans la finance, que c’est merveilleux, qu’il n’a pas de dérives est absurde mais la position tout à fait inverse est tout aussi fausse, celle consistant à faire de la finance le responsable de tous nos maux, celle consistant à utiliser la finance comme bouc émissaire. La vérité c’est que l’on a besoin de la finance mais qu’elle a pris une place trop importante aujourd’hui. Il y a des dérives dans la finance aujourd’hui. Le problème c’est que la plupart des gens critiquant la finance sont soit des démagogues soit des idéologues.

  • Le système bancaire est le système sanguin de l’économie. L’économie a besoin des banques. Cependant, on ne peut pas nier qu’il y a aujourd’hui un problème avec les banques. Il y a des dérives au sein de ce système bancaire. En tant que libéral, il faut montrer aux gens que contrairement à ce que l’on entends dire, ce n’est pas le libéralisme ou la déréglementation qui sont responsables des problèmes et des dérives dans le monde banquaire mais l’état. C’est lui le principal responsable. Il faut montrer le rôle qu’a joué les banques centrales dans la création de ses problèmes.

    la finance est un élément consubstantiel à tout système capitaliste, il n’en reste pas moins que le secteur financier a pris aujourd’hui une importance particulièrement grande par rapport à ce qu’il était dans le passé, en particulier au niveau de l’importance des profits des banques dans le profit total. Contrairement à ce que disent les gauchistes ce n’est pas à cause du libéralisme.
    On peut avancer les raisons suivantes à cette hausse :
    pour l’École autrichienne d’économie, la création monétaire ex nihilo peut expliquer une déconnexion de la finance et de « l’économie réelle ». La nouvelle monnaie émise par la banque centrale devient le jouet de la spéculation et alimente des bulles dans certains marchés (actions, matières premières, etc.), sans forcément impacter le niveau général des prix (contrairement à ce qu’affirme la théorie quantitative de la monnaie). Certains accusent les banques centrales de soutenir artificiellement les marchés de cette façon. Antal E. Fekete indique que la nouvelle monnaie créée par la banque centrale s’épand sur le marché obligataire sans risque de « fuite vers les biens réels », ce qui explique le décrochage entre « économie réelle » et « économie financière ». La banque centrale étant un monopole d’émission monétaire combattu par les économistes autrichiens, on voit que la mise en accusation du libéralisme relativement au « capitalisme financier » est absurde ;
    l’endettement général (des entreprises, des particuliers, des états via la dette publique) accroît les flux financiers et les volumes gérés par le secteur financier (la dette d’un acteur économique étant toujours un placement financier d’un autre acteur), encore plus dans un contexte mondialisé. C’est moins le libéralisme qui est ici en cause que le comportement de chacun des acteurs économiques, états compris.
    la technique financière elle-même progresse et offre des opportunités d’échanges qui n’existaient pas auparavant, à travers des produits sophistiqués (produits dérivés, CDS, …).

    C’est l’interventionnisme étatique qui est le vrai coupable de la dérive de la finance . Je vais essayer d’être simple et conçis
    Dans les années 70 Nixon aux US (et l’Europe qui bien sûr a suivi) a destandardisé le dollar de l’or (en gros avant on ne pouvait pas créer plus d’argent qu’il n’y avait de réserve d’or, permettant ainsi une monnaie stable). Conséquence, l’état, dès qu’il en a besoin (pour se rendre plus important /légitime et/ou par opportunisme court_termiste électoraliste), crée de l’argent (Fiat money en anglais) sorti de nulle part (un faux monnayeur légal) et le diffuse dans l’économie. Cette création monétaire a plusieurs conséquences lourdes qui expliquent les dérives du système financier. Trois exemples :
    1) Toutes les Crises financières depuis 1929 ont toujours été précédées d’une politique de relance étatique par création monétaire directe(depuis la déstandardisation sur l’or) ou indirecte. cette offre monétaire fictivement augmentée envoie de faux signals aux investisseurs qui croient à tort qu’il est propice d’investir. Une offre se crée sans la demande qui va avec. Des bulles se créent et quand la demande ne suit pas, ces bulles éclatent et la crise se diffuse.
    2) En créant cet argent, l’état créé une offre inadéquate de monnaie et fausse le marché, les prix augmentent (inflation) et la monnaie perd de sa valeur. Du coup, un travailleur, par exemple, qui économise toute sa vie, s’il ne fait rien voit ses économies perdent en valeur chaque année, il va donc le placer dans les marchés financiers , chose qu’il n’aurait jamais pris le risque si l’état laissait la monnaie tranquille .
    3)Quand l’état créé cet argent, ou va t il en premier, les banques. Fortes de cette priorité elles achètent en premier à bon prix dans l’économie réelle et augmentent les prix pour nous les prochains acheteurs. Et Bien sûr elles spéculent et sont plus irresponsables avec un argent qui ne leur appartient pas. Le plus gros scandale, une loi bancaire de l’état appelé réserves fractionnaires : pour faire très simple, pour un million donné à une banque (par un état ou par un particulier) , celle ci peut en créer dix millions, en simplement quelques clics . Comme disait Ronald Reagan, l’état n’est pas la solution, il est le problème. Ce n’est ni le marché libre ou le capitalisme qu’il faut blâmer.

    Le système financier a son utilité mais l’état l’a perverti et rendu plus important que le marché libre ne l’aurai fait.

    • « Le système bancaire est le système sanguin de l’économie. »

      Si le sang c’est la monnaie, les banques serait plutôt un cœur et l’accumulation de monnaie un caillot sanguin.

  • Si la monnaie c’est de la dette, la propriété privé est une illusion.

  • La finance est l’un des secteurs les plus réglementés au monde après le nucléaire. Ce qui rends encore plus absurde les gens accusant la déréglementation. Normal dans ces circonstances que Kay ne veuille pas plus de réglementation.

    Je ne suis pas convaincu par sa solution d’une meilleure réglementation. Des tas de gens très intelligents ont réfléchi à améliorer la réglementation, à avoir une meilleure réglementation, ils ont échoué. Ceux qui proposent une meilleure réglementation devrait montrer comment avoir une meilleure réglementation.
    Comme dit l’auteur, le monde de la finance est extrêmement complexe. C’est cette extrême complexité qui rends quasiment impossible une réglementation adéquate. Il y aussi le fait que la finance est quelque chose de très mondialisé. Autrement dit, une réglementation au niveau national n’a pas de grande utilité, il faut faire cela au niveau international. Allez y pour prendre une telle réglementation au niveau international. De plus, la finance n’est pas figé c’est quelque chose qui évolue (et parfois très vite) ce qui rend difficile d’avoir une réglementation adéquate vu qu’elle tombe facilement en désuétude. Le monde de la finance est composé de gens intelligents qui savent très bien s’adapter à une réglementation. Une réglementation considéré comme bonne au départ peut être mauvaise car elle a des effets inattendues impossible à prévoir, elle produit des effets pervers du fait de l’adaptation des gens de la finance à cette réglementation. Un exemple: le THF( trading haute fréquence) est une conséquence de la réglementation débile aux Etats Unis apparu dans les années 2000 suite à un problème avec les specialists.
    En effet, et sans rentrer dans les détails, la loi impose aux courtiers de fournir un prix officiel à leur client s’ils traitent sur plusieurs bourses. Hors ce prix est diffusé tellement lentement que l’on peut sans problème arbitrer sans risque le flux du client par rapport au cours réel.
    De plus, si le volume du TFH est si important, c’est d’abord qu’il n’y a plus aucun volume « naturel » sur les bourses. Ceci est notamment du aux nouvelles réglementations ubuesques qui permettent d’avoir un levier infini face à un emprunt grec et un levier de 2 au maximum face à une action liquide.

  • Le problème primordial de la finance c’est la deresponsabilisation des acteurs de la finance. Il faut les responsabiliser. La liberté va de pair avec la responsabilité.
    Il faut changer le système mais cela implique que les Etats changent d’attitudes.
    Je suis pour revenir à l’étalon or.

  • un conseil: lisez « Les Marchés font-ils la loi ? » de Pascale-Marie Deschamps. c’est un bon livre mais il est incomplet car une bonne partie des arguments contre les « dérives » ou contre le régulateur sont atténués, formulés timidement. Cela tient probablement au fait qu’il est impossible pour des praticiens, juges et parties, de critiquer fondamentalement le système. Ainsi de la politique de taux accommodants qui a créé de nombreuses bulles financières à travers le monde, et à peine évoquée. De même (et surtout) de l’aléa moral et du Too big to fail. Cette garantie implicite de sauvetage par l’État est une cause majeure des dysfonctionnements bancaires actuels.
    les petits producteurs, les entrepreneurs,……….. ont besoin de la « finance » pour :
    – démarrer une activité : emprunt bancaire
    – financer leur croissance : prêts, solutions de gestion de trésorerie
    – garantir leurs prix de vente (dans certaines activités seulement) : achat de produits financiers pour se garantir le prix d’achat de la matière première
    – placer leur trésorerie : produits financiers (actions, obligations), placements à terme (rémunérés).
    Bref, cracher sur la finance est absurde, on en a besoin, sauf si bien sûr on est « producteur » de son petit potager pour vivre en autarcie.
    Ceci dit, je ne considère pas la finance comme un monde exempt de tout défaut, il y a pas mal de dérives mais de grâce il faut de croire aux discours faciles.

    la finance crée de la richesse:
    http://minarchiste.wordpress.com/2013/06/21/comment-les-marches-financiers-creent-de-la-richesse/

  • la finance regroupe les institutions et autres moyens qui assurent le transfert des ressources des épargnants vers les emprunteurs. Donc la finance c’est tout le monde

    D’une part, il y a des gens qui souhaitent épargner pour financer une consommation future. Ceux qui détiennent des régimes de retraite, privés ou publics, font partie de ces épargnants. Ce fait confirme que «la finance» ce n’est pas «eux» (les financiers) par opposition à «nous» car à peu près tout le monde, par le biais de ces régimes de retraites, fait partie de cette interaction.

    Et, d’autre part, il y a des gens qui souhaitent emprunter, soit pour consommer maintenant et payer plus tard, soit pour investir. Plusieurs épargnants préfèrent, pour des raisons bien compréhensibles, confier leur épargne à une institution financière qui se chargera de la placer à profit. Ces transferts d’épargne constituent ce que l’on appelle les marchés financiers.

    Aussi longtemps qu’il y aura des épargnants et des emprunteurs, il y aura des marchés financiers – à moins qu’ils ne soient interdits par la force. C’est notamment ce que les pays communistes essayaient de faire (certains essaient encore, tels la Corée du Nord et Cuba). Le résultat : l’État monopolisait et dilapidait l’épargne, et plusieurs individus, pour se protéger, devaient cacher leur épargne sous leur matelas, de préférence en devises étrangères. D’autre part, sous ces régimes communistes, les investisseurs ne pouvaient faire appel à l’épargne publique et devaient compter sur les bureaucrates du Plan. Le développement et la prospérité n’étaient pas tout simplement au rendez-vous.

    L’un des slogans naïfs des occupants de Wall Street disait : «Emprunter, c’est de l’esclavage». Évidemment, si on interdisait aux gens d’emprunter, personne ne pourrait épargner et obtenir un rendement sur son épargne. Ceci dit, je suis néanmoins d’accord avec les protestataires pour dire que nous avons eu au fil des ans des politiques monétaires (fixées par des entités étatiques) qui ont favorisé l’endettement excessif et, inversement, qui ont découragées l’épargne. Mais il est difficile de blâmer le «capitalisme» ou la «finance» pour cet état de fait.

    Le plus grand emprunteur par les temps qui courent est… l’État lui-même. Quand l’État emprunte, les épargnants lui confie une partie de leur épargne, et il y en a d’autant moins à emprunter pour les projets productifs des entreprises ou des particuliers. Comme Pierre Lemieux le fait remarquer, c’est justement la voracité des États emprunteurs qui provoque actuellement une nouvelle crise.

    Les intermédiaires financiers essaient d’offrir aux emprunteurs et aux investisseurs des produits financiers adaptés à leurs besoins. Ceux-ci comprennent notamment les credit default swap et d’autres techniques de hedging – qui permettent notamment aux administrateurs de votre fonds de retraite, aux transporteurs aériens et aux agriculteurs de minimiser les risques.

    Que l’on s’oppose aux firmes financières subventionnées par l’État ou trop copain-copain avec lui, je veux bien. Que l’on affirme que certains acteurs privés actifs dans le monde de la finance ont commis des erreurs de jugement et/ou des manquements éthiques, je veux bien. Mais il est par contre absurde de s’opposer à «la finance» comme telle, sauf si l’on favorise le sous-développement et la pauvreté ou si l’on est illettré économique.

    • « L’un des slogans naïfs des occupants de Wall Street disait : «Emprunter, c’est de l’esclavage». »

      Est-il si naïf que cela? Si on va sur Wikipedia on lit ceci:

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ation_mon%C3%A9taire

      « Dans le monde contemporain, l’essentiel de la monnaie est scripturale, créée par le crédit (émission de dette échangeable) dans les limites qui sont imposées aux établissements de crédits (réserves obligatoires etc.) et détruite par extinction des dettes sous-jacentes (par remboursement ou autre) ; la masse monétaire évolue constamment. »

      Donc, l’essentiel de l’argent provient d’un crédit? Ben voyons. En plus il est détruit alors qu’il représentait une valeur de travail. C’est magnifique ! Donc il faut que des ploucs prennent régulièrement des crédits pour alimenter la masse monétaire?

      « Mais il est difficile de blâmer le «capitalisme» ou la «finance» pour cet état de fait. »

      Le capitalisme se base sur le capital. Si l’essentiel de l’argent est du crédit ne devrait-on pas plutôt parler de créditisme? La « mécanique » n’est en rien la même.

      « Le plus grand emprunteur par les temps qui courent est… l’État lui-même. »

      Mouais. Toutefois, si l’on doit croire cet article le secteur privé dans son ensemble l’emporte.

      http://www.mckinsey.com/insights/economic_studies/debt_and_not_much_deleveraging

      (Graphique)

      – Ménages: $40 milles milliards
      – Entreprises: $56 milles milliards
      – Gouvernements: $58 milles milliards
      – Finance: $45 milles milliards

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