Des terroristes moins traqués que des exilés fiscaux ?

Damien Roué-traque(CC BY-NC 2.0)

L’Europe sait pourtant faire appliquer de nombreuses lois concernant des situations moins graves que le terrorisme.

Par Nicolas Lecaussin

Damien Roué-traque(CC BY-NC 2.0)
Damien Roué-traque(CC BY-NC 2.0)

 

Quelques jours seulement après les terribles attentats qui ont secoué la France, on commence à comprendre comment ces sept ou huit personnes ont pu agir en toute impunité sur le territoire. Au-delà de la solidarité nationale et des marches pour la paix, il faut se rendre à l’évidence : ces attentats sont aussi la conséquence d’un terrible laxisme de la part de l’État français et aussi de l’Europe.

En découvrant l’identité des terroristes, on apprend d’abord que certains d’entre eux étaient sous contrôle judiciaire et même fichés par la Sous-direction antiterroriste. D’autres avaient été arrêtés, voire condamnés plusieurs fois à des petites peines suivant la théorie victimaire selon laquelle celui qui est coupable de petits larcins ne pourrait être que « victime de la société ». Or, le profil des terroristes montre exactement le contraire. La plupart proviennent de familles de classe moyenne, sans problèmes particuliers. Certains possédaient même des biens et habitaient des pavillons. Ce n’est pas la première fois qu’on découvre que la pauvreté n’est pas forcément facteur de terrorisme sinon toutes les banlieues misérables de la Roumanie jusqu’au Cambodge devraient se transformer en foyers terroristes.

Mais le plus inquiétant est le fait que ces individus ont pu se promener en France, à travers l’Europe et même partir en Syrie sans qu’ils soient inquiétés. Un peu comme si l’on partait en vacances. On nous parle de manque de moyens mais là il s’agit de véritable laxisme ou même d’incompétence. Déjà, en janvier dernier, on découvre que les frères Kouachi étaient interdits de territoire aux États-Unis mais pouvaient se promener librement en France et en Europe ! Un individu est plus terroriste de l’autre côté de l’océan qu’ici ? De même, on nous rebat les oreilles avec l’Europe à longueur de journée mais on découvre qu’il n’existait pas vraiment une coopération au niveau des fichiers entre les pays membres. Un individu fiché en France ne l’était pas forcément en Belgique.

Lorsqu’il s’agit de chasser les contribuables qui ne supportent plus la pression fiscale ou les entreprises qui en ont marre des réglementations stupides, les technocrates français et européens sont les premiers à dégainer. Quitte à faire partir les contribuables sous d’autres cieux plus cléments fiscalement ou même à faire couler l’entreprise. Mettre en place une taxe sur les transactions financières ou taxer Google est plus simple que traquer des terroristes. L’Europe a réussi à imposer une taille réglementaire pour les cerises et les tomates mais n’est pas parvenue à contrôler ses frontières ou à créer un fichier commun d’individus dangereux. Elle est capable de punir les agriculteurs qui ne respectent pas les normes agricoles mais pas de suivre les potentiels terroristes.

De même, nos politiques et une grande partie des médias donnent des leçons de morale aux Américains sur le port d’arme qui est interdit en France. Vu l’arsenal dont disposent les terroristes, cette interdiction semble complètement superflue. Il est aussi incroyable que les vigiles d’une salle de 1 500 personnes comme le Bataclan n’aient même pas le droit d’avoir sur eux des tasers !

En France, après le deuil, il faudra nommer les responsables, depuis les politiques inconscients jusqu’aux fonctionnaires qui n’ont pas fait leur travail. On nous ressort le même cliché sur le manque de moyens mais peut-être faudrait-il travailler plus et plus sérieusement en se concentrant sur les vrais ennemis du pays.

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