Attentats à Paris : et si on posait les vraies questions ?

Question-Bilal Kamoon(CC BY 2.0)

Les questions que l’on n’a pas envie d’entendre.

Par Charles Bwele

Question-Bilal Kamoon(CC BY 2.0)
Question-Bilal Kamoon(CC BY 2.0)

L’état d’urgence ? Jusqu’à quand et jusqu’où ? Y-a-t-il un risque de dérive néo-conservatrice à la française ? Que peut-on apprendre des impacts politiques, sécuritaires et stratégiques des attentats du 11 septembre aux États-Unis ?

Quels enseignements peut-on tirer de l’Espagne, du Royaume-Uni et d’Israël dans la résilience anti-terroriste ?

La perception des attentats parisiens du 13 novembre 2015 et de « l’état de guerre » est-elle la même entre Paris, les grandes/moyennes villes de « province » et l’arrière-pays ?

Comment freiner l’appauvrissement graduel et amoindrir le dysfonctionnement avéré des fonctions régaliennes notamment face à une menace terroriste « de proximité » ?

L’autorité politique aurait-elle fermé les yeux sur les avertissements du renseignement intérieur/extérieur et ceux de services étrangers ?

Les services de renseignement et de police, mêmes pourvus de ressources colossales tous azimuts (techniques, humaines, financières, etc), peuvent-ils pour autant anticiper et déjouer le moindre attentat terroriste ? Ont-ils obligation de moyens et/ou de résultat ?

Quel est le degré de contrôle d’un État européen sur sa gestion budgétaire à l’ère de la souveraineté partagée et des critères de convergence ?

Pourquoi les amis, camarades de promo ou collègues Arabes / Beurs sont-ils devenus « Musulmans » dans le langage courant et dans le jargon médiatique ? Auront-ils enfin droit à l’indifférence ?

Comment assécher « les marais du djihadisme » en France/Belgique ? Au-delà des solutions sécuritaires, quelles solutions créatives en profondeur (enseignement, laïcité, civisme, immigration, mode de vie, culture, économie, etc) peut-on envisager sur le terrain social ?

Comment démanteler cette French Connection imbriquant étroitement trafic de drogue, trafic d’armes et recrutement pour le djihad, notamment dans les « quartiers » ?

Schengen 1.0 est mort. Vive Schengen 2.0 ?

Quel sort sera réservé à la vague de migrants syriens aux portes de l’Union Européenne ? Seraient-ils peu ou prou facteurs de risques/crises aggravés au regard de la conjoncture économique, sociale et sécuritaire ?

Comment gérer cette explosive contradiction stratégique consistant à combattre Daesh à l’intérieur et à l’extérieur d’une main, et à caresser ses logisticiens turcs et ses trésoriers saoudiens/qataris de l’autre ? Cette ligne diplomatique sera-t-elle maintenue ?

Arte  (28 Minutes) : « Qui achète le pétrole de Daesh ? » Dominique Moïsi (IFRI) : « Beaucoup de monde. »

Question à 100 barils de brut : « beaucoup de monde » a-t-il un visage, un nom… ou des logos ?
Le tyran Bachar El-Assad est-il une menace pour la France/l’Europe ? Que deviendra la Syrie après son éventuel départ forcé ?

Quel est le statut de la France sur « le théâtre des perceptions » opposant chiites et sunnites ou Iran et pays arabes ? Doit-elle s’impliquer davantage dans le conflit syrien ?

La Russie est-elle une menace pour la France/l’Europe ? Serait-elle l’incontournable et première puissance militaire « européenne » ? Vladimir Poutine est-il plus ou moins fréquentable que d’autres dirigeants de régimes durs ? Sa figure controversée et sa politique syrienne auraient-elles suscité quelque aveuglante obsession au sein des chancelleries occidentales ?

Pourquoi la Russie est-elle passée, en 48 heures, du statut d’ennemi à celui d’allié de la France (et des États-Unis ?) sur le dossier syrien, dans la lutte anti-terroriste et dans la conduite des opérations militaires en Syrie ?

La nouvelle coalition militaire ad hoc (Russie, États-Unis, France, Royaume-Uni) peut-elle « contenir, endiguer ou dégrader » significativement et durablement l’État islamique en Syrie et/ou en Irak ?

Quelle est la responsabilité directe ou indirecte des États-Unis et/ou de ses alliés européens dans les désastres (États faillis, vagues migratoires, terrorisme) de l’Irak, de la Libye et de la Syrie ? Peut-on espérer des révisions stratégiques ?

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