Bataclan, mon amour

Bataclan by Kmeron(CC BY-NC-ND 2.0)

Le Bataclan est un lieu festif et culturel : un symbole de notre identité.

Par Lucien Oulahbib 

Bataclan by Kmeron(CC BY-NC-ND 2.0)
Bataclan by Kmeron(CC BY-NC-ND 2.0)

Est-ce un hasard ? Peut-être, mais pas sûr du tout, à vrai dire, tant toucher le rock et son univers fait suite à ces attentats aveugles dans les boîtes de nuit, cafés, centres commerciaux en Israël, en Inde, au Kenya, afin de toucher au coeur, au plus profond de l’esprit urbain, le mode de vie occidental qui se diffuse un peu partout aujourd’hui pour le meilleur et pour le pire. Ces morts-vivants, bras zombifiés de l’islam nourri du logiciel rouge-brun voient le pire et prétendent ne pas en avoir un, eux, alors que leur pire est pire que tout porté par des robots posthumains.

Ce ne sont en effet pas des terroristes, mais des soldats aguerris et disciplinés recrutés moins sur le malheur supposé de leur jeunesse que sur le ressentiment de ne pas voir leur idéologie triompher sauf dans la mort.

Il faut nous débrancher de cette idée fausse prétendant que leur « réaction » (la vraie) serait le produit d’un impair et manque toujours venu d’Occident alors qu’il s’agit plutôt d’un énervement voyant que depuis la chute du Califat en 1923 l’idéocratie musulmane est en perte de vitesse, partout.

Certes, elle peut se réclamer encore d’une masse critique ; sauf que celle-ci fond, contrairement aux apparences, telle une banquise spirituelle qui voit ses parties peu à peu se détacher, s’en aller, sur la pointe des pieds, à l’instar de la grande masse de ces migrants qui fuient l’islam réel. Avec l’illusion cependant d’en échapper en la gardant encore enfouie en eux comme ferment alors qu’il s’agit d’un poison qui les consume de l’intérieur s’ils ne s’en détachent pas pour de bon. Il n’existe pas de nazisme ou de léninisme modéré.

Il serait donc plus judicieux de ne pas chercher un compromis avec cette idéologie du ressentiment et tenter plutôt de la contenir avant de la combattre de toutes nos forces en refusant qu’elle se répande avec notre aide, ce qui est absurde au nom d’un esprit supposé de réparation qui n’a pas lieu d’être surtout après soixante ans de décolonisation.

Notre Dame a mis cent ans pour se construire. La grande synagogue de Turin n’a pu être achevée aussi a-t-elle été transformée en musée du cinéma. Il est en fait inconcevable de croire que les dix années d’échec qui nous séparent des émeutes de 2005 peuvent être rattrapées par la multiplication de construction de lieux islamiques car cela n’a rien à voir, la Grande Mosquée de Paris est aussi vide que le sont nos églises parce que la foi se vit ailleurs et en tout cas certainement pas dans les endroits paraphés par l’État.

Bataclan, mon amour, je me rappelle de cette salle où il y a longtemps, des rencontres s’organisaient le dimanche après-midi dans des goûters artistiques par lesquels la danse, vitale aux âmes urbaines, se mêlait à des performances et des représentations picturales pas toutes prisonnières de l’art contemporain ordinaire ; autant de symboles de notre civilisation que les nouveaux totalitaires (et leurs alliés objectifs) veulent détruire comme ils le font à Palmyre et ailleurs. Ne les laissons pas faire, déjà en pensant juste.