L’Occident se trompe sur la Chine

L’admiration béate devant la Chine paralyse l’Occident et l’aveugle sur les ambitions inquiétantes.

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L’Occident se trompe sur la Chine

Publié le 7 novembre 2015
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Par Guy Sorman.

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Les communistes chinois seraient-ils devenus tolérants ? L’autorisation accordée aux parents chinois par le gouvernement de Xi Jinping d’avoir deux enfants au lieu d’un, a été saluée en Occident comme un progrès démocratique. Étrange approbation : ne devrait-on pas s’étonner qu’un gouvernement, quel qu’il soit, décide du nombre d’enfants par famille ? Accepterait-on d’un autre pays pareille réglementation ? Bien sûr que non : la Chine seule bénéficie d’une sorte d’exceptionnalisme culturel, comme si les Chinois n’étaient pas comme vous et moi, épris de liberté et désireux de décider par eux-mêmes de la taille de leur famille. Cette sinolâtrie en Occident est une maladie de l’esprit ancienne et profonde : l’indifférence envers Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix, incarcéré pour onze ans, parce qu’écrivain démocrate, en témoigne. Aucun intellectuel européen ou américain de renom ne demande sa libération, nos gouvernements non plus.

Cette nouvelle politique familiale chinoise n’est en rien libérale. Elle prend acte de l’erreur commise par Deng Xiaoping qui imposa l’enfant unique, en 1979. La principale conséquence, aujourd’hui, est de laisser les vieux parents sans soutien de famille, alors qu’il n’existe en Chine aucun système de retraite en dehors des grandes villes. Naguère, les enfants se répartissaient la charge de leurs parents âgés. Deuxième conséquence tragique : quitte à n’avoir qu’un enfant, la préférence pour les garçons a conduit à un immense déséquilibre entre les sexes. Il « manque » à présent, en Chine, cinquante millions de femmes, ce qui rend le mariage impossible pour un nombre d’hommes équivalent. Ce déséquilibre conduit à une concurrence violente entre les hommes et à la prostitution massive.

Je n’ai pas évoqué les raisons économiques qui auraient conduit à la politique de l’enfant unique et aujourd’hui, à celle de deux enfants. La version officielle est que Deng Xiaoping aurait craint que trop d’enfants ne freinent le développement de la Chine : un calcul stupide, parce que le développement conduit toujours et partout, spontanément, à la réduction volontaire du nombre de leurs enfants par les parents, sans contrainte d’État. C’était déjà la tendance en Chine dans les années 70 et c’est à présent le cas en Inde. Deng Xiaoping était mauvais économiste, ou bien sa politique avait une autre finalité inavouée : contrôler la population, jusque dans la chambre à coucher. La preuve en est qu’au nom de l’enfant unique, le gouvernement a créé une gigantesque Police de la famille, plus redoutée et haïe que toutes les autres formes d’oppression du Parti. Cette police kidnappe des femmes enceintes et les avorte de force. Or, le passage de un à deux enfants ne démantèle pas cette Police : son pouvoir d’intrusion et de contrôle reste intact. Xi Jinping n’est, à cet égard, pas plus libéral que Deng Xiaoping. Ses motifs économiques me laissent tout aussi perplexe. Il prétend que le passage à deux enfants va relancer la croissance économique languissante. Mais pourquoi les parents obéiraient-ils aux injonctions du Parti, sachant que l’éducation des enfants est onéreuse, tout en Chine étant payant, y compris les écoles et la santé ? Annoncer que ce second enfant augmentera la force de travail est aussi peu persuasif : il y faudra vingt ans et dans l’attente, la Chine dispose encore d’immenses réserves de main-d’œuvre, le quart de la nation restant constitué de paysans pauvres, disposés à migrer vers les villes quand on leur en donne le droit : ce qui n’est pas le cas, car le « passeport intérieur » (Hukou) existe toujours qui fait du migrant un citoyen de seconde zone.

On a donc tort de croire en Occident que l’économie est le seul moteur du Parti communiste chinois. Sa préoccupation première reste le contrôle de la société, surtout lorsque l’économie ralentit. Nous en avons pour preuve la censure quasi totale d’internet qui interdit à la plupart des Chinois d’accéder à un site étranger. Les arrestations d’avocats des libertés civiles sont, en ce moment, massives : il n’en restera bientôt plus un seul en mesure de plaider. La pratique maoïste de la dénonciation vient d’être rétablie : les bons citoyens sont invités à téléphoner au 12339 s’ils repèrent un espion. Sont soupçonnés d’espionnage « les riches dont l’activité n’est pas claire, ceux qui tiennent des propos subversifs et critiquent le Parti, les missionnaires, les journalistes qui travaillent pour des médias étrangers et les employés des organisations non gouvernementales ».

Risquons-nous à une hypothèse qui définirait le régime du Président Xi Jinping. Celui-ci sait qu’il ne pourra pas inverser le ralentissement économique : il est dû à l’épuisement du modèle Deng Xiaoping d’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché et pauvre en innovation. Xi Jinping n’a pas, jusqu’à présent, proposé un modèle autre qui ne pourrait que donner plus de pouvoir aux entrepreneurs et moins à l’État. Craignant des révoltes de la population et au sein du Parti, Xi Jinping élimine ses concurrents sous couvert de la lutte contre la corruption, il renforce le contrôle de la société et de l’information, et il attise un nationalisme agressif contre le Japon et les États-Unis, en étendant la zone maritime chinoise. Seule la sinolâtrie béate paralyse l’Occident toujours disposé à apaiser les dirigeants chinois plutôt que d’ouvrir les yeux sur leurs ambitions inquiétantes.

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  • Je doute que les USA soient dupes en tout cas, ils défient la Chine en Mer de Chine depuis un moment et ont le soutien de pays comme le Japon, le Vietnam et même la Malaisie, le TPP va aussi dans ce sens.

    Concernant la Chine depuis l’été ses faiblesses économiques ont fait surface et affectent non seulement toute l’Asie mais aussi l’Amérique du Sud et l’Allemagne…du coup une bonne partie de cette admiration semble avoir disparu, un retour à la réalité qui ne sera pas un mal.
    La Russie elle a perdu tout prestige économique vu la grave crise économique qui la touche et les prévisions de très faible croissance pour les années à venir, un marché qui n’a plus rien d’émergent.
    Le Brésil aussi…

    Bref je ne m’inquièterais pas outre mesure, et je pense que l’Inde sera la grande bénéficiaire et deviendra la nouvelle frontière économique.

    • « Bref je ne m’inquièterais pas outre mesure,… »

      Pourriez vous préciser ce qui ne vous inquiète pas « outre mesure » ?
      L’Inde est « riche » de sa population, mais pour le reste, je ne vois pas trop en quoi elle peut influer sur le reste du Monde tant ses besoins internes sont criants. La Chine ou la Russie sont en phase de changement économiques. Et au fait, ce que vous appelez une grave crise économique russe est le contre coup de la chute du cours du pétrole qui servait à alimenter le budget de l’Etat. Mais l’état russe occupe une part beaucoup moins importante que pour un pays comme la France. Si l’économie russe s’adapte à un pétrole peu chere et abondant, plutôt que de le vendre, elle peut l’utiliser comme source d’énergie.

  • chez nous les espions à dénoncer sont  » ceux qui tiennent des propos subversifs et critiquent la sécurité sociale, l’état providence, ou le GIEC »

  • La comparaison des PIB par habitant, dans les 13000$ par habitant pour la Chine et 5800$ pour l’Inde, est loin de confirmer l’affirmation de l’absence de justification économique de la politique anti-nataliste chinoise, et l’assomption que d’autres arguments qu’économiques auraient prévalu dans le choix de Deng. Mais même en admettant que Deng ait été bon dictateur et mauvais économiste — pour les besoins du raisonnement car j’attends toujours d’un dirigeant plus démocratique qu’il s’écrie « Enrichissez-vous ! » à son peuple –, il est quand même paradoxal de voir condamner l’assouplissement des contraintes au nom du libéralisme.

    La comparaison que j’aurais aimé voir dans cet article est celle avec la France, dont la politique nataliste ne révèle ni expansionnisme, ni compétence économique, et dont l’incitation à faire des enfants pour des parents qui n’ont pas les moyens de les assumer n’a absolument rien de libéral non plus.

    Enfin, ce pas dans la bonne direction devrait être vu comme une raison de plus de commercer et d’échanger avec la Chine, un succès de l’intensification des échanges, et non comme une occasion de maintenir par l’hostilité de l’Occident la Chine dans ses errements.

    • « paradoxal de voir condamner l’assouplissement des contraintes au nom du libéralisme »
      ce n’est pas tout à fait ce que j’ai compris à la lecture de l’article.

      Par contre votre remarque sur la politique nataliste de la france est assez juste, surtout qu’elle est confisqué par la sécu sociale via les allocations familiales, et donc conduite par les syndicats patronaux et employés ce qui est un abus manifeste.

      Chirac en son temps avait dit qu’il supprimerait cette branche à la sécu pour la réintégrer au budget de l’état mais , comme toujours, ne l’a pas fait !

  • Merci pour ces éclairements et votre esprit critique.

    « Cette police kidnappe des femmes enceintes et les avorte de force. »

    C’est tout simplement monstrueux. Quand l’ont sait que la Chine est le pays ou le plus grand nombre de chrétiens sont persécutés, on se demande ce que font nos prétendus chrétiens conservateurs qui appellent sans cesse à un axe russo-chinois pour défendre les valeurs chrétiennes…

  • La Chine pays démocratique, bien sûr que non. Avec un peu de cynisme : et alors. Pourquoi la France veut elle que le monde soit en permanence à son image, pourquoi donne telle des leçons au monde entier. Plus dun milliards d’habitants ca ne se gère pas avec des bons sentiments. Ce qu’on demande a la chine, cest bien sûr de progresser sur le droits de l’homame, mais aussi detre un pôle de relative stabilité dans le grand désordre croissant dans le monde d’être un partenaire a peu pres fiable a côté de l’Europe des usa de la Russie … pour contenir un embrasement qui voudrait bien être mondial.

    • Le problème ce n’est pas de savoir ce que la France ou la Chine veut mais quelles sont les dynamiques dans la population chinoise, car allez contre les dynamiques de terrain n’aboutit en général à rien de bon.

      Le fait est que prospère deux forces revendiquant leur liberté dans le pays. Tout d’abord une intelligentsia de type « bobo », ressemblant à ce que l’ont appelle « progressistes » en occident, principalement chez la classe moyenne des grandes villes. Pendant ce temps la chez les gens modestes et dans les campagnes les chinois redécouvrent, après que le socialisme ai tout fait (et continue) pour le faire disparaitre, le christianisme.

      C’est quand même assez intéressant de voir que chez un peuple qui est pourtant si différent l’ouverture au monde a provoqué la naissance de deux mouvements opposés ressemblants curieusement plus ou moins aux progressistes et conservateurs occidentaux. C’est ce qui me fait penser que la civilisation occidentale est celle qui a découvert quelque-chose d’universel, pour le meilleur et pour le pire (je ne suis pas fan de certains cotés du progressisme), qui ne s’exprime pas tant dans la démocratie mais plutôt dans l’usage spontané que font les gens le leur liberté.

      Je pense qu’allez contre cela est une perte de temps, les grandes villes chinoises vont se « boboiser » pendants que les campagnes vont continuer de se christianiser. Ainsi, la Chine est très mal partie pour être une sorte « d’alternative à la civilisation occidentale », car elle lui ressemblera de plus en plus, aussi bien dans ses qualités que dans ses défauts. Cela va faire pousser des cris à tout un tas d’européens prétendument conservateurs qui se complaisent dans la haine qu’ils ont pour eux mêmes, mais cela rendra aussi le monde meilleur en rapprochant les peuples.

  • Nous aussi nous avons nos incitations à la délation : les « comité de citoyens vigilants …et associés ,  » crées par C.Guéant qui reviennent en force dans les communes et soutenus par La Gendarmerie pour « avoir du renseignement »…

  • Si j’ai qu’un enfant je peux lui consacrer plus de temps et d’argent a son éducation, par exemple en France je ne le mettrais dans une école de la république, je veux pas qu’il fréquente des malfaisants.

    Y’a que dans les pays communiste qu’on peux faire autant d’enfant qu’on veux, et les élever avec l’argent des autres.

    • Oui, pour votre retraite, vous avez 3 solutions :
      – vous accumulez du patrimoine, que vous dépenserez
      – vous faites des enfants et vous dépensez pour les éduquer, si bien qu’ils feront preuve de gratitude
      – vous faites des enfants, vous les confiez à l’état socialiste et vous faites confiance au même état pour vous prendre en charge

  • Actuellement en Chine je voyage avec des chinois et ils n’ont pas de passeport particulier. Un passeport ou plutôt un laisser passer leur est nécessaire pour se rendre uniquement dans certains territoires, Hong Kong, Macao, Taiwan et le Tibet. Il leur est par contre très difficile d’obtenir un passeport pour se rendre dans d’autres pays.
    La politique de l’enfant unique était de toute façon une politique à plusieurs vitesses, les minorités ethniques n’y étaient pas soumises, (ce qui représente environ 80 millions de personnes) et les personnes fortunées pouvaient se permettre de payer les fortes amendes. il se dit également qu’un certain nombre de naissances n’ont pas été déclarées du fait de cette politique et sont inconnus de l’administration.
    La morosité de l’économie chinoise est particulièrement visible au niveau de l’immobilier. Des projet sont abandonnés en cours de route, d’autres avancent lentement avec des effectifs réduits. Des quartiers entiers de plusieurs milliers de logements (parfois des villes) restent vides et cela dans différentes régions.

  • « ne devrait-on pas s’étonner qu’un gouvernement, quel qu’il soit, décide du nombre d’enfants par famille ? »

    C’est pourtant le but ultime (à défaut de solution finale) de tous les malthusiens de plus en plus nombreux qui nous prédisent la fin des ressources et la destruction de Gaïa.

    Et que la Chine s’aperçoive que c’était une fausse bonne idée ne les arrêtera surement pas.

  • Je suis assez d’accord avec le fait de se méfier du gouvernement chinois, qui en dépit de tous les gages d’assouplissement et de libéralisation qu’il a donné jusqu’à maintenant reste profondément une dictature communiste totalitaire, ce que beaucoup ici tendent à oublier et il est toujours bon de le rappeler.

    Ensuite je ne suis pas tout à fait d’accord avec certains détails. La « police » chargée de faire respecter le « planning familial » (traduction plus exacte que ce que l’on a pris l’habitude d’appeler ici « politique de l’enfant unique ») a certes sévi avec brutalité dans les années 80, et le souvenir de cette époque fait qu’elle est copieusement haïe par la population jusqu’à aujourd’hui. Néanmoins la dureté de la répression était comme toujours en Chine très inégale selon les régions et les couches sociales concernées, et aujourd’hui les enlèvements et avortements forcés n’ont plus cours, du moins à ma connaissance, ne reste que des amendes à payer (ce qui en soi est déjà totalement insupportable).

    Par ailleurs vous faites bien de rappeler que derrière le gouvernement chinois il y a un immense peuple qui aspire toujours à davantage de libertés et un meilleur niveau de vie, et qui dès les débuts de l’application du « planning familial » a travaillé à le contourner de toutes les façons possibles : outre les nombreuses exceptions (populations rurales, minorités ethniques etc), le nombre de familles qui ont réussi à avoir un 2e enfant dès les années 80 est étonnant, par complicité avec les autorités locales, en se cachant dans leur famille à la campagne jusqu’à l’accouchement, en faisant passer l’enfant pour celui d’une soeur ou d’une cousine etc.

    Quant à Xi Jinping et aux sinistres barons rouges qui tiennent les rênes du pays à Pékin, s’ils se préoccupent de contrôler la société, ce n’est guère qu’un moyen au service de leur unique ambition qui, en bons socialistes, est de rester au pouvoir. Et autant dire qu’avec le ralentissement économique qui se profile, et la longue tradition de révolutions du peuple chinois (je ne pense pas qu’il y ait dans le monde un peuple qui ait été aussi constamment impitoyable envers ses dirigeants tyranniques et incapables), le sommeil de certains camarades ne doit pas être très bon en ce moment.

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