Obsolescence programmée : solutions possibles

Faut-il un label indiquant la durée de vie d’un appareil ?

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Obsolescence programmée : solutions possibles

Publié le 1 novembre 2015
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Par Patrick Coquart

L’obsolescence programmée ne serait donc qu’un « mythe » ? Les deux ingénieurs des Mines qui ont travaillé sur l’idée d’obsolescence programmée se demandent s’il n’existe pas des solutions pour « aller vers des cycles de vie des produits plus vertueux au plan environnemental ». Quelles seraient ces solutions ?Pour Lombès et Poubeau, la première erreur serait d’imaginer la possibilité « d’une solution universelle applicable à tous les produits ». En effet, chaque secteur a ses logiques techniques, économiques et marketing propres. Par exemple, « il est inutile de fabriquer des produits très durables s’ils sont fortement soumis à des effets de mode ».

Un deuxième écueil, selon les deux ingénieurs, serait, comme on est en train de le faire, de créer un délit d’obsolescence programmée, qu’il serait très difficile de prouver. De plus, la législation actuelle, entre la garantie contre les vices cachés et la nouvelle action de groupe, ou class action, permet déjà au consommateur de se défendre. Ainsi, « la création d’un délit ne serait donc qu’un affichage politique clivant ».

Autre solution souvent mise en avant : la garantie à 10 ans. Celle-ci, simple en apparence, aurait beaucoup d’effets pervers. Par exemple, « les entreprises peuvent très bien choisir de ne pas modifier la conception des produits et de remplacer à l’identique ceux qui sont défectueux pendant la période de garantie. Dans ce cas, la garantie serait une simple assurance obligatoire n’ayant aucun impact environnemental. » Par ailleurs, le prix des produits serait, de facto, augmenté, au détriment des plus modestes.

Plus efficace semble être le concept de remanufacturing qui commence à s’étendre dans l’industrie automobile et l’électroménager. Il s’agit de « concevoir des objets modulaires composés de sous-ensembles aisément démontables » et réparables avec des coûts raisonnables.

De même, le réemploi et la réutilisation sont des pistes prometteuses. Ainsi, « certains produits sont prévus dès leur conception pour avoir plusieurs vies. Par exemple, les batteries des véhicules électriques pourront être utilisées dans des centres de stockage fixes de l’électricité après avoir servi dans plusieurs véhicules. » Citons également, sans nous étendre, l’économie du partage et de la fonctionnalité.

En revanche, la solution proposée par les deux auteurs et consistant à créer un label, à l’instar de l’étiquette énergie que l’on trouve sur les produits électroménagers ou les appartements, ne nous apparaît pas comme pertinente. En effet, cela ajouterait encore de la contrainte aux entreprises qui n’en ont guère besoin en ce moment. Et apposer une étiquette « durée de vie » à côté de l’étiquette énergie déjà présente risque de brouiller les messages. Enfin, n’oublions pas que sur les produits électriques et électroniques s’applique une taxe pour le recyclage, l’eco-contribution. Ne devrait-elle pas alors être modulée pour les appareils plus durables ?

Certes, Thomas Lombès et Bastien Poubeau plaident pour un étiquetage volontaire. Mais si c’est vraiment la solution, permettant en plus de se démarquer de la concurrence, pourquoi des entreprises ne s’en sont-elles pas emparée ? L’idée ne leur est pas venue à l’esprit.

Une autre proposition, plus réaliste, « consiste à tirer parti du développement des objets connectés ». Leur idée est de « faciliter la remontée de données » des produits vendus « à l’aide des technologies de la communication  » afin de permettre le diagnostic voire la réparation à distance, le suivi du parc et des pièces détachées, le recyclage… Une technique déjà utilisée pour « les produits les plus connectés (télévision, ordinateurs personnels…) ».

Et si les deux ingénieurs des Mines créaient leur entreprise et mettaient en œuvre leurs deux solutions, étiquetage volontaire sur la durée de vie, et connexion des produits.

Car, plutôt que par l’État, la réglementation et les normes, c’est bien des entrepreneurs, des créateurs et des innovateurs que viendront les solutions.

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  • vilains industriels , ils osent vendre des produits périssables… et heureusement sinon le marché de l’occasion se porterait trés mal . rendez vous compte , un voiture d’occase aurait la même valeur qu’un produit neuf et donc prendrait de la valeur chaque année et ferait s’écrouler le marché du neuf ..que deviendraient les millions de véhicules produits chaque année et s’accumulant au fil des ans !
    déjà que la medecine fout le chaos dans nos caisses de retraite….

  • Et un mandat électif étant de l’obsolescence programmée, les élus le seront dorénavant à vie (surtout les socialistes, hein !).

  • « Car, plutôt que par l’État, la réglementation et les normes, c’est bien des entrepreneurs, des créateurs et des innovateurs que viendront les solutions. »

    Personnellement, je me demande comment une norme « objet réparable » peut être mise en oeuvre ?

    Les PC étaient démontables, mais il s’agissait – d’abord – de pouvoir étendre leurs capacités plutôt que de les réparer. A l’inverse, une voiture est vraiment réparable car elle peut être confronté à des accidents et qu’il est hors de question de la ramener à l’usine de sa naissance. De fait, l’entretien d’un véhicule est prévu au départ, et lorsqu’une pièce atteint une certaine limite d’usage et non de rupture, on la remplace : On n’attend pas qu’un pneu éclate, où qu’une courroie lâche, on substitue.

    Un objet réparable, c’est finalement un objet dont les parties les plus fragiles sont facilement démontables et remplaçables. De retour chez le fabricant, il est bien évident que réparable devient … recyclable : un pneu peut être rechappé ou brulé, une batterie peut être démontée et réutilisée ou revendue à un recycleur de batterie.

    Le mot réparable fait partie de ces mots dont la réalité n’a rien avoir avec l’image fantasmée qu’on a de suite en tête. L’exemple de la batterie de voiture électrique, récupérée pour stocker l’énergie des éoliennes est une pure idiocitude de propos de bar, après la lecture d’un magazine !

    • un ordinateur était construit par module pour permettre son adaptabilité , il se voulait universel et durable..aucun rapport avec sa maintenance hors un gain de temps mais au prix de l’ingenieur et de indisponibilité on change un ensemble complet.
      pour la batterie , c’est simplement pour en diminuer le prix de vente et l’étaler dans le temps…mais cela ne durera pas , les couts de transport et de stockage feront que les batteries faibles finiront à la broyeuse lorsque le parc sera devenu trop important pour en déléguer la gestion au garagiste gratuitement

      • Batterie: Oui. Même si un objet peut avoir une « seconde vie », cela ne peut être qu’un pis aller, genre mission-apollo-13-qui-foire-et-le-drugstore-est-à-300’000kms. La rentabilité de la remise en oeuvre d’un objet usagé a plus à voir avec l’art contemporain…

  • Yana marre de ces considérations sur la prétendue « obsolescence programmée ». Toute technologie et donc par truchement, tout objet découlant de ces technologies est voué à devenir obsolète. Bien qu’indispensables aux yeus des nostalgiques, les objets qui nous entourent ne sont qu’éphémères et voués à devenir un jour témoins de leur époque.

    Vos TV monochromes, portables, radiocassettes, minitels et Telex SONT DEVENUS obsolètes. L’obsolescence, ça a du bon parce que sans cela vous seriez dans un monde qui rappellerait un univers rétro-futuriste.
    Mais ils ne le sont pas devenus car tout d’un coup on a décidé qu’ils le seraient: ils le sont devenus par usage.

    Vous ne connaîtrez JAMAIS la durée de vie d’un produit. JAMAIS. Pour la simple et bonne raison que tout est améliorable, qu’une technique viendra toujours améliorer ou remplacer une autre.
    L’ingéniosité humaine et la compétition entre les personnes qui conçoivent de telles technologies font que ces produits matériels ne sont que l’émanation éphémère de leurs cogitations effrénées.

    • L’ampoule qui a fété ses 100 ans, vous connaissez? Le cartel des ampoules s’est engagé à fabriquer des ampoules dont la durée de vie étaient fortement diminuée. C’est documenté.

  • oups, gros doigts. Je reprend « Faut-il un label indiquant la durée de vie d’un appareil ? » Ce label ne se nomme-t-il pas garantie??

  • Une solution ( que je pratique ) est d’acheter des appareils avec le moins d’électronique possible ( car c’est la partie la plus fragile ) . Il y en a encore !

    • C’est quand même de moins en moins vrai: Les équipements électroniques sont de plus en plus fiables. Par ailleurs réparer l’électronique est POSSIBLE. Il faut savoir comment faire. Moi je ne sais pas mais j’ai vu des amis très bien réussir.

      • Bjr , c’est exact , il existe de très bon sites qui expliquent bien !

      • Malheureusement l’électronique est de moins en moins réparable (composant plus petit, chip programmée etc..). Souvent cela oblige à carrément acheter un nouveau board qui vaut parfois aussi cher que la machine 🙁

  • J’ai une meilleure idée, un label indiquant si l’appareil est susceptible d’attirer les vampires.

  • Programmer la durée de vie des appareils c’est le rêve de l’ingénieur. C’est impossible. L’obsolescence programmée est un fantasme, mais si elle existait, ce serait un succès formidable, pas une catastrophe ou un crime.
    Et pourtant c’est comme ça qu’on la présente. Pourquoi ?
    Sans doute parce que le crime, le péché originel, c’est l’ingénierie elle-même. L’intelligence.

  • Tous les mythes ont la peau dure. Parmi les gens superstitieux autant que chez les environnementalistes qui inventèrent le concept d’obsolescence programmée (et les auteurs qui ne cessent de postillonner dessus).
    Il se trouvera toujours quelqu’ingénieur (sic ?) ou activiste pour nous démontrer que le diable vit parmi tous les produits. Tous ceux-là ignore les normes de qualité en conception & fabrication, ainsi que la notion de SIX-Sigma qui s’y lie, sinon le MTBF des anglo-saxons … 😉

    Le « label » suggéré constituera alors une présomption d’interventions d’EXORCISTES industriels « Made in the Green Fields » qui offrirait la solution réparatrice à tout le VLEK qui est commercialisé depuis la Chine ou les produits low-cost dont raffolent certains.
    ( NB : VLEK étant synonyme de JUNK , me dit un ami bruxellois).

    Un vieux proverbe dit « On en a pour son argent ».
    Seuls les collectifs masqués sous label d’associations de con-sommateurs tendront à nous démontrer l’inverse.

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