Fonction publique : touchez pas au grisbi !

tampons administration bureaucratie credits frederic bisson (licence creative commons)

Le statut de la fonction publique est-il toujours d’actualité ?

Par Jacques Garello.

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C’est évident, le postier, l’aide soignante, le percepteur, le cheminot, la secrétaire, le cantonnier, le douanier se sont investis pour la vie dans leur mission de service public et ne peuvent s’en évader sans faire courir de graves risques aux citoyens : courrier en retard, absentéisme hospitalier, erreurs dans les avis d’imposition, trains immobilisés, etc.. Toutes choses impensables aujourd’hui. Ajoutons que le personnel de certains services « privatisés » depuis quelques années a gardé le statut de fonctionnaires, comme les électriciens gaziers, employés de France Télécom, et… postiers.

Fort heureusement Manuel Valls a réparé la bourde d’Emmanuel Macron. François Hollande n’a même pas pris la peine de donner la moindre explication, il a balayé d’un revers de main tout changement : c’est lui qui se charge de recoller les morceaux avec la gauche de son électorat. Mais le Premier Ministre a tenu un langage d’une pertinence remarquable. Il nous a invité à réfléchir à ce qu’est un service public et aux particularités qui le caractérisent.

Le concept de service public, inventé par les publicistes de Bordeaux (Hauriou, Duguit, Jèze) s’accompagnait de trois caractéristiques vertueuses : gratuité, continuité, égalité. Gratuité : on sait que le train et le courrier sont gratuits, que police et justice ne coûtent rien à leur clientèle. Continuité : leur statut interdit aux fonctionnaires de se mettre en grève, ils assurent en tout cas un service minimum, comme on le sait. Les grèves des enseignants, des cheminots appartiennent à un passé révolu. Égalité : s’il y a des zones de non droit, si certaines communes voient disparaître leur école, leur poste ou leur maternité, ce n’est que pour améliorer la qualité des services.

Si on peut admettre que l’on est militaire, policier, ou magistrat par vocation (ce n’est pas toujours le cas), si l’on estime que la guerre ne peut être faite que par des soldats, la justice ne peut être rendue que par des juges professionnels, bref si le statut peut se légitimer pour ceux qui assument les fonctions régaliennes, on comprend mal qu’un tiers de la population adulte bénéficie du statut.

Car loin d’être une nécessité, le statut est un privilège. Privilège jadis accordé en contrepartie d’une situation précaire, salaires inférieurs et résidence imposée. Mais privilège choquant quand les salaires sont confortables, les retraites plus avantageuses, et l’emploi garanti à vie. Certes le respect dû aux maîtres et aux forces de l’ordre a disparu, mais la France demeure un pays où il fait bon être fonctionnaire. Les autres Français paient chèrement le prix des privilèges car comme le  disait Clemenceau, « semez des fonctionnaires, il pousse des impôts ».

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