Bières : leçons de dégustation

Quelques suggestions en période de coupe du monde où la consommation de bière bat son plein.

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Bières : leçons de dégustation

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 5 octobre 2015
- A +

Par Jean-Baptiste Noé

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Je ne connais que deux biérologues en France : Hervé Marziou, le premier, et Élisabeth Pierre. Tous les deux dégustent, conseillent et font connaître la bière en France et à l’étranger. Si les sommeliers et les œnologues sont nombreux, les descripteurs de la bière sont en revanche très restreints. Peut-être que l’on pensait que cette boisson ne mérite pas d’analyses ou de commentaires, ou bien qu’on ne la prenne pas au sérieux. Il est vrai que la bière souffre d’un déficit de notoriété. Comme c’est une boisson peu chère, associée aux pizzas et aux frites, ainsi qu’aux terrasses d’été des bistrots, on n’imagine mal qu’il puisse y avoir des bières de garde et des types de très grande qualité. Face au vin, la bière souffrira toujours d’un complexe d’infériorité. Jules César, au temps de la guerre des Gaules, a tracé la ligne : d’un côté la civilisation, de l’autre la barbarie. D’un côté le pays où l’on boit du vin, de l’autre celui de la bière. Chez les Romains, la vigne est le symbole de la civilisation, de la culture, de l’aristocratie. La bière, boisson fermentée de céréales, demeure la petite boisson. Et c’est le vin que le Christ a choisi pour la transsubstantiation, non la bière. Même les bières d’abbayes n’ont pas réussi à élever cette boisson au niveau culturel du vin. Demandez aux Chinois et aux Japonais : ils rêvent de vin, non de bière. Quand il faut fêter un événement important, on débouche une bouteille de vin, on ne décapsule pas une canette de bière. La frontière culturelle, alimentaire et psychologique semble tracée de façon définitive.

51IDomaBswL._SX362_BO1,204,203,200_Pour autant, la bière a ses chemins, ses histoires, et ses paysages. Lisez donc ces Leçons de dégustation d’Élisabeth Pierre. Le livre est admirablement bien fait. Les photos sont magnifiques, des paysages somptueux et des artisans au travail. On s’immerge dans l’art du brasseur et dans la beauté profonde des céréales fermentées et du houblon en fleur. On y découvre l’histoire de la bière, les secrets de la fermentation, les sagas familiales et des noms de grandes bières. Quelques adresses utiles pour découvrir de belles brasseries, à Paris et en province. Des mots justes pour s’initier au breuvage. Un parcours pédagogique pour s’immerger dans cette boisson.

Oubliez les mauvaises bières de supermarché, les fausses bières d’abbaye et les eaux houblonnées. Oubliez les boissons amères et infectes, les goûts de caramel et les colorants artificiels. Avec ce livre, vous entrerez dans le monde riche et passionnant des bières ; et c’est un amateur de vin qui en fait la promotion. Avec ce livre, la bière se dote d’un langage, d’une réflexion et d’une systématisation qui permet à cette boisson de gagner quelques lettres de noblesse. Il manque encore la littérature à la bière, les lettres et les arts, quelques tableaux, quelques chansons paillardes et frivoles, quelques bons mots et des livres décrivant les terroirs et les paysages brassicoles. Il manque encore beaucoup à cette boisson pour atteindre le niveau de profondeur et de densité du vin. Mais la bière vous surprendra, et vous pourrez découvrir les somptueuses différences entre les brunes, les blondes et les ambrées, les bières de Belgique, d’Angleterre, d’Irlande et de France.

bières rené le honzecNous sommes en période de coupe du monde de rugby. Si la France gagne, on débouchera le champagne. En attendant, devant les matchs, abandonnez les mauvaises bières, ces boissons qui, d’ailleurs, ne méritent pas le nom de bière. Ouvrez une Westvleteren, une Karmeliet, une Paix de Dieu, une Orval, une Bombardier…

Le monde des bières est immense. Merci à ces passionnés de nous aider à y entrer.

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  • Je suis en Australie et me rend souvent en Asie. Vous seriez étonné du prix des bières. Genre la Heinekein.

    Je ne comprend vraiment pas comment cette « bière », symbole même de la beaufitude en France, puisse est vue comme un produit de luxe en Asie ou dans le pacifique, vendue ultra chère avec une pub digne des grands whisky…

  • Dans les pays de l’est on aime la bière ! Peut-être plus que le vin.

  • Oui, surtout UN pays de l’Est. Je suis d’origine tchèque et nous sommes les plus grand buveurs de bières au monde. Parce que, justement, nous n’avons pas les bières de mauvaises qualité comme on constate en France.
    Je pense même que la qualité de la bière, son gout amère, est donné par la qualité et quantité du houblon. Et là, pareille, la Rép. tchèque est le champion en plantation et les étrangers se bousculent au marché… à cette période là justement. La Pilsner Urguell est excellante. Ou la Budweiser, vous allez être surpris, c’est une ville tchèque à l’origine de cette marque de bière et les Américains ont volé, d’ailleurs, ils ne peuvent plus l’utiliser et elle est devenu la Bud, rien à voir avec une bonne bière.

  • On dit un Orval, si je ne m’abuse … ( un val d’or dixit Mathilde)

  • Les commentaires sont fermés.

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