La Fed ne monte pas les taux : le spectre de la déflation en Europe

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_%C3%89tats-Unis#/media/File:US-FederalReserveSystem-Seal.svg

La Fed a finalement annoncé qu’elle ne relevait pas ses taux qui sont au plus bas depuis plusieurs années.

Par Charles Sannat

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_%C3%89tats-Unis#/media/File:US-FederalReserveSystem-Seal.svg
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_%C3%89tats-Unis#/media/File:US-FederalReserveSystem-Seal.svg

Je le répète depuis plusieurs mois inlassablement, la Fed ne peut pas monter les taux. Enfin si. Elle peut et en le faisant elle va créer une crise économique d’anthologie.

Vendredi soir, la logique économique prévaut, quoi qu’en disent les tenants de la forte croissance mondiale et du plein emploi aux États-Unis, il est évident que ce n’est pas le cas.

À tel point que la banque centrale américaine, qui prépare les marchés depuis des mois à une hausse de taux, ne « haussera » rien du tout… en tout cas pas ce mois-ci car sachez-le bien d’après la Fed « tout est encore possible pour octobre », petite phrase destinée uniquement à calmer les ardeurs des investisseurs qui sinon pourraient se jeter sur les actions et les obligations.

La Fed, comme toutes les banques centrales, est tombée dans le piège des taux à zéro. En sortir est impossible sans une croissance économique forte, saine et autonome c’est-à-dire ne nécessitant pas chaque fois plus de nouvelles dettes. Les États sont tellement endettés qu’une hausse sensible des taux étoufferait le peu de croissance économique et conduirait certains pays vers l’insolvabilité.

Alors la Fed ne pouvait logiquement, économiquement pas augmenter les taux. La question maintenant est de savoir si l’histoire racontée aux médias, aux masses, va changer un peu et comment la Fed va faire pour expliquer qu’elle est impuissante.

Soit la Fed poursuit sa course en avant dans la création monétaire et la monnaie perdra de la valeur mais on gagne du temps, soit la Fed sauve la monnaie mais tue l’économie et c’est l’effondrement généralisé et mondialisé !

N’oublions pas que l’une des principales raisons pour augmenter les taux réside dans le fait qu’avec des rendements à zéro il est difficile pour les fonds de pension de servir des retraites… mais sous prétexte de servir des retraites ou d’améliorer les marges des banques, on ne peut pas mettre toute l’économie mondiale à genou car cela de toutes les façons s’avèrerait contre-productif.

Alors que faire ? Rien !

Exactement ce qu’a décidé la Fed. Cela ne règle aucun problème mais au moins cela n’en crée pas de nouveau. « Primum non nocere », d’abord ne pas nuire comme disait le médecin de Molière !

Pendant ce temps-là en Europe…

Zone euro : le spectre de la déflation se matérialise

C’est le titre de cet article de La Tribune qui revient sur le fait que malgré les injections monétaires de la BCE et ses 1100 milliards injectés pour le moment, l’inflation reste désespérément basse.

« L’inflation s’est établie à 0,1% en Allemagne comme en France en août. Eurostat a révisé à la baisse ses estimations pour le mois d’août. L’inflation n’a pas été de 0,2%, stable par rapport au mois précédent, comme initialement prévu, mais de 0,1%. »

Dans cet article, le passage le plus drôle est quand un « expert » interrogé explique qu’une « douce déflation est même possible »

Conclusion ?

Je maintiens mon analyse. Soit la mort « douce » par l’hyperinflation, création monétaire et plans de rachats d’actifs successifs… soit la mort nette, rapide, par l’insolvabilité généralisée si les taux montaient.

Dans tous les cas, le système actuel est condamné. C’est pour cette raison-là que vous devez poursuivre sans relâche votre réflexion sur votre résilience patrimoniale, personnelle ou professionnelle.

Sur le web