François Hollande au Maroc : la liberté de la presse grande absente

Alors que François Hollande visite le pays, Reporters sans Frontières dénonce les menaces pesant sur la liberté de la presse dans la monarchie marocaine.

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Mohammed VI, roi du Maroc, en novembre 2013 (Crédits US State Department, image libre de droits)

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François Hollande au Maroc : la liberté de la presse grande absente

Publié le 19 septembre 2015
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Par Alexis Vintray.

Mohammed VI, roi du Maroc, en novembre 2013 (Crédits US State Department, image libre de droits)
Mohammed VI, roi du Maroc, en novembre 2013 (Crédits US State Department, image libre de droits)

François Hollande se rend ce samedi au Maroc pour une visite d’État de deux jours. Le Président de la République se rendra à Tanger « à l’invitation de sa majesté le roi Mohammed VI, pour une visite de travail qui sera aussi une visite d’amitié », selon un communiqué de presse de l’Élysée. Selon l’Élysée toujours, « elle permettra aux deux chefs d’État d’avoir un très large échange de vues et de faire progresser la coopération bilatérale dans plusieurs domaines, notamment la lutte contre la radicalisation, le développement économique, la préparation de la présidence française de la COP21 et de la présidence marocaine de la COP22 ».

Un sujet restera pourtant absent de l’agenda officiel, la situation de la liberté d’information et de la liberté de la presse dans le pays, comme vient le souligner l’ONG Reporters sans Frontières (RSF). De nombreux tabous sont en effet tabous dans la monarchie chérifienne, en premier lieu desquels la critique de la monarchie elle-même ou encore la remise en cause des frontières officielles du royaume. Comme le résume RSF : « au Maroc, les journalistes sont toujours confrontés aux mêmes lignes rouges : l’islam, l’intégrité territoriale (Sahara occidental) et la monarchie, sujets hautement sensibles. »

Pire encore, la situation semble loin de s’améliorer puisque l’ONG dit avoir « recensé depuis le début de l’année de nombreuses exactions envers les journalistes, objets de pressions diverses, souvent accusés de diffamation ou d’allégations mensongères dès lors qu’ils critiquent la politique du palais ou des affaires en lien avec des membres du gouvernement. Certains sont dans le collimateur des autorités depuis des années. »

Et l’ONG de lister différents exemples (texte RSF) :

  • Condamné en 2005 pour diffamation à 10 ans d’interdiction de son métier, Ali Lmrabet a entamé fin juin 2015 une grève de la faim devant les Nations unies à Genève pendant plus d’un mois, pour protester contre l’administration marocaine qui refuse de lui délivrer ses papiers d’identité, documents essentiels à la reprise de son activité professionnelle. Harcelé par les autorités depuis l’an 2000, cet ancien directeur de publication de magazines satiriques avait également été condamné à trois ans de prison ferme en 2003 pour “outrage à la personne du roi”, “atteinte à l’intégrité territoriale” et “atteinte au régime monarchique”.
  • Le cas d’Ali Anouzla est également symptomatique de la pression judiciaire qui s’abat sur les journalistes qui osent aborder des sujets considérés comme tabous par la monarchie. Anouzla avait été placé en détention préventive pendant cinq semaines et inculpé pour « terrorisme » en 2013 pour avoir publié un lien qui renvoyait à un article d’El Paìs montrant une vidéo d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). L’affaire est toujours en cours. Anouzla a récemment lancé un site Lakome2, suite à la fermeture de son premier site d’information Lakome il y a deux ans.
  • Parmi d’autres cas, celui du jeune blogueur et journaliste pour la chaîne du Front Polisario Mahmoud Al-Haissan. Libéré en février dernier après huit mois de détention, il est toujours poursuivi par la justice pour « attroupement armé », « obstruction de la voie publique », « agression sur des fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions » et « dégradation de biens publics ». Ce journaliste avait couvert des manifestations pacifiques, organisées à Laâyoune par des Sahraouis lors de la Coupe du monde de football au Brésil en juin 2014. Ces manifestations ont été dispersées violemment par les forces de l’ordre suite à des slogans politiques lancés en faveur de l’indépendance du Sahara occidental. Le journaliste a été arrêté après avoir filmé ces violences.

Davantage de détails sur le site de RSF

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  • Il me plairait mieux de lire un article similaire pondu par l’ONG « RSF », article relatif à la situation en l’Arabie saoudite (wahhabite) ou RSF ne peut mettre les pieds, ainsi qu’en divers autres régimes (d’une dictature feutrée, tous marqués par l’islam et ses lois d’un autre temps) ! Je ne pense pas qu’ils (RSF) s’y hasarderont de sitôt…

    Deux régimes m’apparaissent plus souples que d’autres au milieu de ce douteux magma islamisé : la Jordanie et la Maroc.

    Peut-être RSF pourraient-ils admettre qu’une culture n’est pas l’autre, et que la leur -occidentalisée- ne colle pas facilement avec d’autres … ancestrales, aux rites et croyances figés, peu adaptées à notre modernité.
    L’accès à une modernité alternative peut se faire, par petites touches, vainquant la corruption de tous les systèmes. Ceci mieux que de dits « printemps arabes » dont nous mesurons l’actuelle évolution. L’Egypte tend à redresser la situation établie par les FM. Voir ailleurs ?

    Un autre (triste) exemple de manque d’évolution s’observe sur le terrain français ; ici « RDF » (Reporters Dans la Frontière) auraient autant à en critiquer … mais nos médias « subsidiés, à la solde de gauches pensées » ne s’y hasardent que fort modérément ! Paradoxal ?

    Rappelons-nous que la révolution brutale de 1789 se fit dans le sang et que son bilan ne comporte pas que des plus … Acceptons peut-être que le Maroc « vire sa cuti » avec lenteur. La démographie entre Islam et Occident pose aussi de profonds dilemme. Comment les deux « contextes » s’y adaptent-ils ?

    • Tout est dit, bravo. Cela relève du bon sens mais le bon sens est la chose du monde la moins partagée en particulier par notre « élite » stéréotypée et bien pensante. Vous ne jouez pas le jeu : Tout le monde doit penser la même chose en même temps. Cest tellement plus simple et ça évite d’avoir à réfléchir.

  • bonjour

    cet article est un pot pourri d’événements dont la véracité est douteuse et dont on ne sait qui a tort qui a raison.
    L’auteur se cache derrière RSF qui, comme chacun sait défend tout et n’importe quoi, sans vérifier la légitimité de la revendication du journaliste en question. Dès qu’un journaliste est partie, il a forcément raison. Non ce n’est pas comme ça que cela doit marcher.
    Ainsi pour la grève de la faim de monsieur lemrabet, qui a été largement et bêtement soutenue par RSF, on peut dire qu’elle a fait pschitt puisque la revendication de ce journaliste était tout simplement illégale, dans la mesure où il n’était plus résident au Maroc depuis longtemps, et qu’il souhaitait obtenir des pièces administratives de résident marocain. Finalement, la queue entre les jambes, il s’est rabattu sur le consulat du Maroc à Barcelone où il réside, qui lui a fourni les pièces qu’il demandait. Mais ça c’est trop demander à RSF et à tous ses followers de rectifier les mensonges qui ont été proférés contre le Maroc.
    Quant à l’affaire Anouzla, c’est du réchauffé. et pour El hassain, c’est une affaire de droit commun.
    Dès que le Maroc est au centre de l’actualité internationale RSF, le monde, les bobo strotkistes et tutti quanti agitent leurs réseuax et veulent jouer les justiciers mais ce n’est pas avec ce genre de mensonges grossiers colportés par des beni oui oui, et qui ne peuvent berner que les convertis, qu’ils viendront à bout de ce pays.
    A bon entendeur salut.

    • Je ne connais rien à toutes ces affaires, et je ne discuterai donc pas les points que vous soulevez, qui sont peut-être parfaitement fondés.

      Mais cela ne suffit pas à prouver que le Maroc n’est pas un état autoritaire, qui surveille et restreint de très près certaines choses comme… la liberté de la presse, ne vous déplaise, ou la liberté de culte, pour ne citer que ces 2 exemples.

      Le cas marocain n’est pas du niveau de celui de l’Arabie Saoudite, on est bien d’accord, et on y est sans aucun doute bien plus libre, et la France n’est pas aussi libre qu’elle le prétend, etc, oui , d’accord, ok, c’est bon, fermons cela! Mais tout cela n’enlève rien au caractère tyrannique du régime marocain, point!

  • J’aime assez comme tout ces exemples presque anodins ne parlent pas de la récente affaire qui a défrayé toutes les chroniques de France et de Navarre, et certainement aussi celles du Maroc, et dont les deux compères franco-marocains vont très certainement statuer à l’abri de la presse, hors de tout cadre démocratique.

    Je parle bien évidemment du cas de la corruption réussie de ces 2 journalistes français qui préparaient un livre sans doute assez gênant pour le régime de M6. Affaire qui est brutalement passée sous les radars médiatiques, et très probablement étouffée par on-sait-qui pour être négocié selon les petits arrangements inqualifiables de 2 états aussi attachés aux valeurs de transparence démocratique qu’un bulldog affamé rognant son os à moelle.

    Je ne m’intéresse pas vraiment au Maroc dans cette histoire, ce n’est pas mon pays, mais à la France, cette république quais-bananière.

    • Bonjour
      que le Maroc ne soit pas encore une démocratie, je vous l’accorde, même si les efforts qui sont faits par ce pays, pour y accéder ne sont pas du tout évoqués. Pire, le Maroc a trop souvent droit à un régime de faveur en matière de provocation. Certes, vous évoquez le cas de l’Arabie Saoudite pour montrer que le Maroc ne se situe pas dans la même catégorie. Merci pour votre sollicitude. J’aurais préféré une comparaison plus proche. Par exemple que le Maroc est plus démocratique que l’Egypte, ou que l’Algérie. Mais là, cela voudrait dire qu’une monarchie est plus démocratique que des républiques, et c’est là le noeud du problème.
      En fait, la presse française bobostrostkiste, de même que certains journalistes verreux ou paresseux, sont en retard d’un guerre. Ils en sont encore à la guerre froide et pensent bêtement que le monde est encore divisé en affreux capitalistes et en gentils socialistes ou pseudo-socialistes ou si vous voulez progessistes.
      Mais les temps ont changé et il faudrait que ces gens-là se mettent à niveau et réalisent que la guerre froide est finie.
      Donc comme chacun sait, le Maroc n’est pas un Etat démocratique mais de là à accepter que la presse française et certains journalistes inventent des mensonges, en se comportant comme des voyous, pour servir une idéologie quelconque ou des desseins inavouables, et salir un pays qui fait des efforts pour s’en sortir, les marocains ne le comprennent pas et ne l’acceptent pas. Et je pense que c’est aussi les Marocains qu’il faut convaincre et je ne crois pas que l’on en prend le chemin.
      En effet, dès qu’il s’agit du Maroc, une certaine presse française, qui est déjà connue pour n’être pas très respecteuse de la déontologie, perd les boules et dit n’importe quoi.
      Alors si le Maroc n’est pas un pays démocratique on peut dire la presse française ne représente pas ce que l’on pourrait qualifier comme étant une presse d’un Etat de droit démocratique.
      Pour votre gouverne, la liberté du culte est bel et bien reconnue au Maroc, c’est même un droit constitutionnel. Le Maroc n’est pas l’Arabie saoudite, il y a des églises et des synagogues qui fonctionnent. En revanche, il n’y a pas de liberté religieuse, autrement dit, les musulmans naissent musulmans, vivent comme des musulmans et meurent musulman, que ça leur plaise ou non.

      • J’entends très bien vos propos sur ces journalistes français qui sont de petites putes socialistes qui se vendent pour être remerciés par quelques bons points idéologiques, ou seulement pour avoir juste la « chance » de conserver leur misérable poste. Je vous suggère de diffuser le plus largement possible vos réflexions, ou même à proposer vos articles, parce que vous êtes pertinent et savez vous exprimer.

        Concernant ces 2 journalistes français, ils n’ont que ce qu’ils méritent, mais quel état démocratique emploie ces méthodes de barbouzes? Quel état envoie des hommes très en vue de son gouvernement corrompre ouvertement des journalistes?? Ces journalistes sont lamentables d’avoir accepté la proposition doublement malhonnête des hommes de Mohamed VI, mais ces derniers le sont tout autant d’avoir cherché à les corrompre, pour ensuite trahir leur accord et les exposer à la honte médiatique et judiciaire. C’est le genre de manipulations tout à fait dans le style des républiques bananières et des dictatures communistes.

        Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une monarchie puisse être plus démocratique qu’une démocratie, votre réflexion à ce sujet est hors de propos: l’UE compte en son sein plusieurs monarchies parlementaires, à commencer par la GB, qui sont à certains égards plus démocratiques que la France. Et d’ailleurs, en France on était probablement plus libres sous Louis XIV que maintenant, et être roturier ne vous empêchait pas de parvenir aux plus hautes fonctions, ou à la richesse matérielle.

        Je ne suis pas royaliste, mais il y a beaucoup de préjugés et de mensonges proférés à l’encontre de la monarchie, le socialisme français a bien oeuvré pour la diaboliser en la grimant des traits les plus faux.

        • je trouve que vous avez une opinion très arrêtée au sujet des ces 2 journalistes ripoux. Vous semblez prétendre que « les hommes de MVI » les aurait piégés. Cette version qui est celle des 2 ripoux n’est pas confirmée par les enregistrements, dont j’ai parcouru quelques extraits dans la presse française.
          Le Maroc, lui prétend le contraire et d’ailleurs Laurent reconnait lui-même, que c’est lui qui avait appelé le palais royal le 23 juillet.
          Aujourd’hui Le Monde et consorts se cassent la tête pour trouver une porte de sortie pour leur confrères, qui se sont fait prendre la main dans le sac et qui mettent en difficulté les autres journalistes, mais surtout la justice française qui évite, généralement et autant que faire se peut, de condamner les journalistes, sauf s’ils appartiennent à Minute.
          Si la justice condamne comme il se doit ces 2 ripoux, elle met en difficulté la plupart des journalistes français, qui ne l’oublions pas, les ont soutenu et les soutiennent encore. Savez-vous que seuls le Canard enchaîné et Ouest France ont clairement condamné les pratiques de ces 2 pseudo journalistes et que la plupart ont prétendu comme vous, qu’ils avaient été piégés, alors qu’une 3ème catégorie a préféré couper la poire en 2.
          Et si d’aventure, la justice ne les sanctionnait pas, elle montrerait alors son vrai visage, celui d’une institution qui rend la justice non pas selon le droit mais plutôt en fonction d’une idéologie. Mais je pense que ce serait aujourd’hui, trop hasardeux pour elle, surtout après les cafouillages de l’année précédentes.
          Quoi qu’il en soit, le mieux est d’attendre le très attendu verdict, qui fera certainement jurisprudence.
          Finalement les 2 ripoux auront fait plus de mal à la classe des journalistes qu’au Maroc.
          En ce qui concerne le 2nd point, je partage votre opinion, quant aux monarchies européennes ( GB, Pays Bas, Belgique etc…) mais dans le reste du monde c’était, et c’est parfois encore, des monarchies despotiques. Ce n’est plus le cas au Maroc depuis la mort de Hassan II qui n’est certes pas une démocratie mais qui fait des efforts dans ce sens. mais cela est toujours valable comme vous le dîtes, en Arabie saoudite et également par exemple, au Qatar ou dans les Emirats arabes, que l’on oublie généralement de citer .
          Enfin, pour votre proposition de rédaction d’articles, pourriez-vous être plus explicite en m’écrivant par l’intermédiaire de mon adresse mail ?

          • Mais je pense la même chose que vous à propos de ces 2 journaleux. Mais il me semble que le gouvernement marocain ne s’est pas comporté de manière moins vile dans cette affaire. Peut être que je me trompe, mais j’ai l’impression que c’est un coup de maître qui a été joué, et qui permet en effet au Maroc de s’en sortir sans inquiétude. Pas de publication du livre, pas de révélations gênantes, pas de conséquences, 2 gêneurs sont définitivement mis hors d’état de nuire, et donnent en plus au Maroc un moyen de pression diplomatique sur la France, le rêve! On peut espérer que la justice révèle la réalité de cette affaire, mais je n’y crois pas beaucoup!

            Pour la rédaction, je vous suggérais juste de proposer des articles à des sites comme celui-ci, Contrepoints, ou autres, je ne peux pas être plus explicite ou vous aider plus que ça.

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