Le design Web est mort. Vive le design UX !

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The Web Everywhere Multi-Device Web Design - Luke via Flickr ( (CC BY-SA 2.0) Wroblewski credits Jeffrey Zeldman

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Le design Web est mort. Vive le design UX !

Publié le 11 septembre 2015
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Par Charles Bwele.

The Web Everywhere Multi-Device Web Design - Luke via Flickr ( (CC BY-SA 2.0) Wroblewski credits Jeffrey Zeldman
The Web Everywhere Multi-Device Web Design – Luke via Flickr ( (CC BY-SA 2.0) Wroblewski credits Jeffrey Zeldman

Dix ou quinze ans plus tôt, le profil de webdesigner faisait fureur auprès des agences de recrutement et « en bouchait un coin » auprès des camarades de party. Autrefois, la conception d’un site Internet relevait d’un artisanat geek et nécessitait de réinventer la roue pour chaque client. (Mal)heureusement, une combinaison de facteurs disruptifs pousse ce métier vers la préhistoire technologique à la vitesse TGV…

La maturité des standards Web repose sur l’universalité ou la standardisation des interfaces : solutions CMS, sites mobiles, formulaires de connexion/d’inscription, paniers d’achats, widgets, apps, etc. Consécutivement, la créativité dans le design Web a autant de poids que l’innovation dans l’industrie des réfrigérateurs ou des lave-linges et laisse donc très peu de place à la surprise.

La monarchie quasi absolue du CMS. Les succès fracassants de WordPress, de Drupal, de Joomla et compagnie ont rapidement érodé le design Web. Entre généralisation et dérivation, ces plate-formes CMS (Content Management System) donnent la priorité à la création et à la mise en forme des contenus et amoindrissent considérablement le casse-tête de la conception et du développement. Quelques clics suffisent pour créer et mettre à jour un site Web au style très professionnel / commercial. Aujourd’hui, le webdesigner télécharge ou dérive des templates (dans la myriade des thèmes WordPress/Drupal/HTML5 disponibles), installe des plugins (Woocommerce, Paypal, SEO, WP Better Security, etc) et retouche la photographie commerciale (vive les banques d’images à gogo !) avec Photoshop/Lightroom ou The Gimp. Moins de code, plus d’infographie.

En voiture, à vélo, en randonnée, à la gare, à l’aéroport ou au bar/restaurant, je photographie régulièrement et spontanément des objets, des perspectives ou des scènes qui grossiront ma banque personnelle d’images, subiront mes délires à la sauce Adobe et finiront dans le thème WordPress d’un client. Quelle déveine !

De l’internaute au mobinaute. À l’ère où les tablettes et les smartphones constituent plus de 75% des terminaux connectés, la version mobile d’un site Web devient incontournable et doit offrir une interface nettement plus épurée que la version PC. Dans ce paysage, les animations Flash sont aussi lourdes que superflues : ce n’est guère un hasard si Google, Apple, Facebook et Mozilla bannissent le fameux plugin Adobe de leurs applications. Sur iPhone ou sur Galaxy Tab, l’instantanéité et l’essentialisme sont de mise : cont@ct, horaires, achats, réservations, commande, paiement, Google Maps… et l’app Android/iOS/Windows qui va avec. Un bonheur ne venant jamais seul, de plus en plus de templates WordPress/Drupal/HTML5 sont nativement adaptatifs (responsive) aux écrans PC/tablette/smartphone ou assortis de leurs versions mobiles.

Facebook. Facebook. Facebook. L’ogre du Web ne cesse d’élargir sa panoplie de solutions virales comme l’abonnement aux mises à jour, le partage d’agendas événementiels, l’intégration de vidéos et les boutons d’appel à l’action qui font concurrence aux pages Web a fortiori lorsqu’un community manager optimise la visibilité ou l’impact d’une marque sur Facebook, Twitter, Linkedin et Google+.

L’intelligence artificielle. Le principe : l’utilisateur « uploade » ses contenus texte, images et vidéos (via l’app Android/iOS/Windows ou l’extension Google Chrome) vers cette plate-forme qui publie ensuite un site Web adaptatif en 3 minutes avec la palette de couleurs adéquate et les images savamment retouchées. La prise en main de l’application s’effectue avec des sliders. Créé pendant l’été 2015, The Grid sonne le glas du design Web et fera certainement des émules. Cette IA dédiée au design Web en apprend chaque jour un peu plus sur les préférences de ses abonnés (plus d’une centaine de milliers à ce jour) afin de suggérer ou d’implémenter les plus recommandables modifications/améliorations (couleurs, mise en page, retouche d’images, etc) sur leurs sites Web et de standardiser les mises en page en fonction des secteurs d’activités, des thèmes, des codes couleurs et divers paramètres. Tarif mensuel : 7 €, tarif annuel : 85 €.

En réalité, The Grid est autant une killer app férocement disruptive pour le design Web qu’une expérience utilisateur conviviale et immédiate. Ce n’est qu’un début. Demain, les PME et les particuliers créeront de superbes sites Web comme nous publions sur WordPress, Facebook ou Twitter. Le design Web dans sa splendeur d’antan sera une niche réservée à de (très) gros clients généralistes ou spécialisés (grande distribution, industrie, recherche scientifique, gouvernements, banque/finance, assurances, B2B, gestion en ligne, etc), mus par des besoins très particuliers et donc soumis à des cahiers de charges très spécifiques et faisant appel à une armada de développeurs et de designers.

Designer UX

Le design Web est certes mort mais le webdesigner a de beaux jours devant lui, pour peu qu’il analyse sereinement la situation pour mieux se réinventer ou élargir ses compétences.

En effet, le design Web a considérablement influencé l’impression, le conditionnement (ou packaging), les interfaces logicielles et matérielles. Il suffit de jeter un œil aux brochures infomerciales, à la signalétique des centres commerciaux, aux emballages, aux smartphones/tablettes et aux apps pour se faire une idée de cet héritage… et de toutes ces routes qui mènent à Rome. À l’ère des systèmes d’exploitation mobiles et des objets connectés, les pages Web ne sont plus le cœur mais les éléments parmi tant d’autres d’écosystèmes incluant les applications mobiles, les API, les menus interactifs, la géolocalisation augmentée, les moteurs de recherche, les services numériques à la clientèle, la datavisualisation, les indications infommerciales dans le monde réel, etc.

Dès lors, la créativité n’est plus confinée au design Web mais s’étend à l’expérience utilisateur (UXdesign : User Experience Design) d’une marque, d’un produit, d’un service, d’un point de vente et peut-être d’un ouvrage (livre, ebook, brochure, manuel, etc). Au final, il revient au webdesigner de muer en UXdesigner (ou designer d’expérience utilisateur ?), profil qui sera abordé dans mon prochain article.

Entretemps, découvrez ce métier en regardant cette vidéo des UXdesigner Jose Caballier & Chris Do et en lisant l’ouvrage gratuit Interaction Design Best Practices: Mastering the Tangibles. Francophones pur jus s’abstenir.

Sur le web

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  • ridicule

    et faux.

    Le design web est plus vivant que jamais. Un WordPress n’est rien sans themes, et les themes sur etageres, tout comme WordPress, ne repondent qu’a une toute petite part des besoins, des besoins sans budget.
    Le designer web est une valeur ajoutée, donc elle a un cout. Quand on veut la valeur ajoutee, on n’a meme pas le choix: on utilise un designer web.

    Facebook n’est un ogre que dans la bouche des journalistes socialistes anti-americains habituellement.
    Qu’une page Facebook ou un compte Twitter puisse avoir autant d’importance qu’une page web, c’est souvent le signe que le site web ne savait pas gerer la dimension sociale alors qu’elle etait importante: dans ce cas FB ne fait que completer le site web. Un site « brochure » n’apporte en revanche rien a personne. Mais le web, ce n’est pas des brochures en ligne !

    Enfin The Grid est une experience interessante, mais ultra marginale a l’echelle du web, pour concevoir des sites brochures.

    Concevez AirBnB ou Blablacar sans designer web, avec WordPress, et on en reparle.

    Enfin, l’UX ne se substitue en rien au web design, et n’a pas grand chose a voir avec ce qui est décrit dans l’article. Mais comme cet article ne parle que de site web « brochure », c’est clair que l’interet de l’ux est limité.
    Le User Experience (UX) c’est le design de l’interaction de l’utilisateur avec le site web. C’est l’utilisabilité, en quelque sorte. Donc ca necessite une interaction, qu’on ne trouve pas dans un site « Notre entreprise, nous contacter ».

    Bref, outre le fait que j’ignore ce que cet article fait sur Contrepoints, il est d’une qualité tres decevante.

    • En fait ca me rappelle une discussion avec une Web Designer, tres douée graphiquement, qui ignorait qu’un site web, ce n’était pas forcement un site wordpress ou drupal, qu’une Application Web n’avait rien a voir avec un CMS. En fait, elle ne connaissait pas le terme d’application web.

    • Je n’irais pas jusqu’a ridicule, mais sur le reste plutot d’accord.
      Pour The Grid, je ne connaissais pas, mais je ne vois pas trop l’intéret et surtout que l’on parle d’un projet qui n’existe pas… Moi aussi je peux lancer un site en disant que je vais révolutionner le monde…

      1) Les petites entreprises n’ont deja pas le temps et les connaissances pour utiliser des WordPress ou Prestashop très compliqué à appréhender. Ces systemes sont remplis de fonctions… ce qui fait qu’au final 80% ne leur serviront jamais, et ca en ergonomie c’est fondamental. Certains ont essayé de s’adresser à la cible finale en faisant des systemes qui permettaint au clients de faire des sites… au final ca n’a aucun resultat serieux, le client final a bien assez de son métier sans devoir construire un site entier, meme avec l’outil le plus simple au monde, Rajouter a cela le choix des photos et l’écriture des textes que les 3/4 des petites entreprises n’arrivent pas a faire… et vous obtenez un paquet de travail pour les agences web.

      2) Si on se concentre sur le webdesigner uniquement, il y a beau avoir pleins de templates superbes… la majorité est pitoyable. Donc tout d’abord il faut beaucoup de temps pour en trouver des biens, une fois qu’on en a trouver une bien, qu’on la place, il suffit que l’on est un CMS et ca devient tout de suite très compliqué. Mais imaginons qu’on y arrive, ou tout simplement qu’on utilise un dev maison… Le client arrive et dit « vous pouvez faire çà ? »… et votre réponse sera forcément « non », car allez fouiner dans le code d’un autre intégrateur. les ennuis commencent. Oui car un webdesigner travaille avec un intégrateur, il ne peut pas juste mettre sa template, comme çà… et l’intégrateur lui ne travail pas avec n’importe quel webdesigner, il faut une habitude de travail.

      Au final les templates collent a une cible, mais une cible très peu professionnel, les CMS, peuvent marcher pour des grosses structures a besoins classiques… Donc il reste du travail pour les webdesigners, intégrateurs, developpeurs… pour tout le reste, ce qui représente a peu près 90% du marché.

      De plus il faut de nouvelles compétences de jour en jour, dev mobile, html5,… et pour le webdesigner tout cela le fait évoluer sans cesse. J’ai plus peur (et encore pas du tout en réalité) de la disparition d’un webdesigner qui ne veut pas suivre la tendance, mais pas du tout des systemes tout fait. Les supports augmentent (demain télé et autoradio seront de nouveaux supports), les grands écrans sont désormais foison, fini de travailler en taille fixe,… bref la ou il y a du renouvellement, il y a du travail.

  • « Quelques clics suffisent pour créer et mettre à jour un site Web au style très professionnel / commercial. »

    Si on utilise un template Wordrpress tel quel, on a le même design que beaucoup d’autres sites web. Ce qui n’est ni original, ni professionnel. Cela montre plutôt qu’on a aucune compétence dans ces technologies. C’est peut-être acceptable pour une page personnelle, mais surement pas pour un site d’une entreprise.
    De plus les templates WordPress laissent souvent peu de manœuvres pour être customisés par les ‘non professionnels’. Donc pour conclure, il faut toujours des web designers et des développeurs pour modifier ces templates ou pour en créer de nouveaux.

    • Sans compter qu’un site WordPress qui met 5+ secondes a pondre une page, c’est pas raisonnable. La plupart des WP sont installés en hebergement partagé PHP/mySQL, sans cache, et sont lents a mourir.

      Donc les developpeurs, graphistes, web designers, et administrateurs ont de beaux jours devant eux.
      Et ils collaboreront a l’occasion avec des experts UX 🙂

  • Pour la vidéo, je n’ai pas eu le courage de la visionner jusqu’au bout 🙂 Rien que la forme, avec des rires hystériques au générique, et des types qui applaudissent au début (Pourquoi ?). Too much pour moi ! 😉

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