La Chine décroche-t-elle vraiment ?

Il faut analyser la situation chinoise et relativiser ce qui s’est passé.

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La Chine décroche-t-elle vraiment ?

Publié le 7 septembre 2015
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Par Régis Yancovici

Codelco-Shangai(CC BY-NC-ND 2.0)
Codelco-Shangai(CC BY-NC-ND 2.0)

Au mois d’août les investisseurs ont eu des sueurs froides. Pas seulement parce que la liste des personnes inscrites sur le site Ashley Madison a été volée et publiée. Le décrochage des marchés d’actions a été d’une rare violence qui s’apparente à celle d’un titre vif.

La bourse est la rencontre des analyses et des émotions des investisseurs. Leur état émotionnel, comme leurs analyses, ne se construisent pas en 24 heures. Les marchés étaient fragiles depuis plusieurs mois, malgré les records de quelques indices, comme nous l’expliquions dans nos précédentes publications PRISM’Marchés (juillet n°24 et juin n°23). Nous ne sommes donc pas surpris de leurs réactions au « choc chinois ». Pour voir plus clair sur la stratégie des prochains mois, il faut d’abord analyser la situation chinoise et relativiser ce qui s’est passé.

Compte tenu de son poids dans l’économie mondiale, la santé de la Chine importe. Elle contribue en moyenne à environ 25% de la croissance mondiale (contre 17% pour les États-Unis et 5% pour la zone euro). Sa croissance ralentit. C’est un fait. Mais ce n’est pas nouveau. Il est connu de tous que le rythme de croisière de l’économie chinoise va en se réduisant. Mais il y a peu d’indicateurs pour confirmer un effondrement de la croissance. Les bénéfices des entreprises sont attendus en hausse de 16% par rapport au 1er semestre. Au niveau macro-économique, la croissance des salaires progresse encore sur un rythme de 10% l’an, la création d’emplois dans les secteurs industriels et des services est au plus haut, la consommation des ménages se porte bien. Par exemple, le nombre de passagers en avion, les ventes de téléphones mobiles ou encore les entrées dans les salles de cinéma progressent fortement.

Il faut tenir compte du fait que la Chine n’a plus le même modèle économique. Ce n’est plus l’usine du monde qui a soif de matières premières. Le secteur tertiaire est plus important. Ainsi, la production d’électricité, considérée comme une donnée fondamentale pour évaluer l’état de l’économie, perd de son intérêt. Il faut moins de gigawatt pour ouvrir une chaine de restaurants, que pour une usine de production d’acier. Rajoutons que si la situation avait été si terrible, la dévaluation du Renminbi n’aurait pas été de 4%, mais plutôt de 20% ou 30%.

Quant au marché chinois des actions, il était boursouflé et sa valorisation était déconnectée de la réalité. 150% de hausse pour l’indice CSI300 entre juin 2014 et juin 2015 méritait bien une correction. Après la chute de 37% en deux mois, la progression demeure de 56% contre 0% pour l’EuroStoxx50 !

Nous avons recommandé de vendre les ETF chinois (Shanghai) les mois passés dans de bonnes conditions. Nous surveillons patiemment le moment pour racheter.

Les perspectives à long terme de la Chine demeurent très attractives dans la mesure où les autorités poursuivent leur agenda de réformes. Ces réformes vont de pair avec la volatilité des marchés. C’est une politique préférable à celle qui viserait à acheter le calme et qui finirait dans la douleur.

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Créer un compte Tous les commentaires (12)
  • Erreur : les ventes de telephone mobile sont en stagnation negative.
    La bourseva integre que les chiffres officiels de croissance sont tout simplement faux

    • En Europe de l’ouest, les ventes de mobiles sont passées de 183.7 M en 2013 à 174.1 M en 2014. Ca n’est plus un indicateur de croissance fiable.

  • Bonjour,

    vous avez fait une plus value avec vos ETF ?

  • « la dévaluation du Renminbi n’aurait pas été de 4%, mais plutôt de 20% » : m’enfin, cette dévaluation est faite au doigt mouillé par une coterie d’apprentis sorciers qui se prennent pour des économistes. Elle n’est d’ailleurs pas totalement innocente, car le timing de la dévaluation marque le début de la grande braderie pékinoise des milliards de titres US en « réserves », parce que les dictateurs chinois n’ont plus qu’une obsession en tête, s’en débarrasser le plus rapidement possible, sans faire de vagues. Si jamais d’autres pays décident de les imiter dans un mouvement d’ampleur, il n’est pas impossible que la Fed se retrouve dans une course éperdue à la remontée de ses taux « directeurs », ahanant derrière des taux réels remontant en flèche, histoire que l’écart ne devienne pas définitivement tragi-comique.

    Si vraiment l’économie chinoise était tournée vers la consommation et qu’elle tenait la forme que cet article lui prête, c’est à une réévaluation que les dictateurs auraient dû procéder, et non à une dévaluation, histoire de laisser la population se payer les produits locaux ou importés pour une bouchée de pain. Il faut arrêter de nous raconter des histoires avec le yuan ou le niveau de vie moyen des Chinois. S’il était librement coté comme il se doit, nul ne peut dire à combien il serait coté par rapport au dollar, mais certainement pas à 6,4 contre 1 environ. Ce taux de change est une vaste fumisterie. La répression monétaire est éminemment inflationniste pour les Chinois, alors que l’inflation officielle est maintenue à des niveaux outrageusement faibles pour faire croire à la croissance du PIB. Qui peut croire une seconde que dans une économie soi-disant orientée services et consommation, 10% d’augmentation des salaires par an se traduirait par 3% d’inflation ? C’est tout simplement ridicule. Qui paye ?

    Lorsque les marchés entrent dans les phases baissières de long terme comme c’est le cas aujourd’hui, il est commun d’entendre les professionnels multiplier les conseils d’achats sur repli aux béotiens, en leur faisant miroiter de prétendues bonnes affaires. Pour les particuliers dotés d’un minimum de concentration sur leur sujet, l’afflux de conseils aussi monomaniaques que pressants est évidemment un signal fort de vente à tout prix. Fuyez, pauvres fous !

    • Cher Monsieur,

      Afin d’utiliser utilement votre art affûté de la critique, je vous suggère de nous lire plus régulièrement ou plus attentivement sur jinvestismoinscher.fr

    • qui dit dans cette article, que la chine EST une économie orienté services et consommation ? la chine est encore un pays majoritairement rural en pourcentage de la population et les agriculteurs chinois se mécanisent à vitesse grand V, achetant tracteur, semoirs, planteuse à riz … ce qui est une des causes de la baisse des prix agricoles depuis un ans, les chinois achètent moins de maïs car ils en produisent de plus en plus !
      mais vous etes tellement pressé de voir la chine s’effondrer, que vous allez bientôt nous dire qu’une étoile filante en apporte la preuve irréfutable ?

  • La bourse chinoise n’est pas comme les bourses européennes, c’est plutôt un énorme casino. Il n’y as de transparences des entreprises cotés en bourse.

    Le problème c’est qu’aujourd’hui, trop de gens idéalisent la Chine. Je pense qu’il est important de faire preuve de réalisme cela ne sert à rien de l’idéaliser mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse qui consiste à dramatiser la situation chinoise. La Chine est confronté à une série de difficultés. Maintenant, le ralentissement chinois est totalement normal. Avant, elle était dans une phase de rattrapage

  • Les commentaires sont fermés.

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