Chine, le marché contre le Parti

Les lois du marché sont en train de l’emporter sur les décrets du Parti.

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Chine, le marché contre le Parti

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 août 2015
- A +

Par Guy Sorman.

Lights on East Nanjing Road by night(CC BY-NC-ND 2.0)
Lights on East Nanjing Road by night-Loïc Lagarde(CC BY-NC-ND 2.0)

Que la Bourse de Shanghai ait baissé de 14% en juillet paraîtra un événement technique, local, voire sans conséquence sur l’économie mondiale. À moins que cette baisse de la Bourse ne signale un virage historique dans l’histoire de la Chine : la fin de l’ère de la croissance « miraculeuse » à 10% l’an et l’aube d’une nouvelle ère, celle de l’incertitude. Expliquons cela en termes simples en commençant par le rôle de la Bourse pour les Chinois, pas équivalent à ce qu’il est en Occident. La nouvelle classe moyenne chinoise, environ deux cents millions de personnes, née de la croissance de ces trente dernières années, ne bénéficie pas, au contraire de l’Occident, d’assurances-maladies collectives, de retraites publiques, d’hôpitaux ni d’écoles gratuites : en Chine, chacun paye pour lui-même, tandis qu’en Occident, l’État épargne pour vous et redistribue. La nouvelle classe moyenne et les plus modestes, s’ils disposent d’un revenu régulier, épargnent donc environ la moitié de leurs gains pour financer soins, écoles et retraite. Les Chinois ont peu de choix pour placer leur épargne : les banques offrent des rémunérations inférieures à l’inflation, investir à l’étranger est interdit sauf à l’aristocratie communiste.

Les Chinois honnêtes, de fait, n’ont le choix qu’entre la Bourse (Shanghai et Shenzhen) et l’immobilier. Les nouvelles villes chinoises, les vastes quartiers inhabités de bureaux et logements, sont comme des tirelires où s’entasse l’épargne. Que l’immobilier s’effondre et la classe moyenne chinoise sera ruinée. Depuis dix ans, on annonce l’éclatement de cette bulle immobilière, mais elle ne s’est pas produite, l’exode rural et la croissance forte ayant permis jusqu’ici de rentabiliser ces immeubles et villes nouvelles. Que la croissance ralentisse et l’exode rural cesse – ce qui s’annonce – ces immeubles resteront vides, leur valeur nulle : les épargnants seront incapables de payer pour leur santé, l’école de leurs enfants et adieu à la retraite. Il en va de même à la Bourse, où seuls les Chinois ont le droit et la témérité d’investir. Que les cours continuent à baisser, un risque identique à la bulle immobilière, le peuple des épargnants en sera également déstabilisé. Voici pourquoi le gouvernement de Pékin se démène pour stabiliser les cours de la Bourse, obligeant les Banques d’État à acheter des actions et interdisant aux entreprises publiques d’en vendre. Peine perdue : la baisse se poursuit, illustrant combien le capitalisme en Chine a fini par échapper aux décrets du Pouvoir.

Le marché financier comme le marché immobilier ont enregistré que la croissance à 10% l’an était définitivement terminée. Rappelons que cette croissance s’expliquait par le fait que la Chine partait de zéro (en 1979, Deng Xiaoping restitua aux Chinois le droit de s’enrichir) et disposait d’une réserve de main-d’œuvre prête à passer du champ à l’usine. De plus, cette transition du communisme à un capitalisme d’État coïncida avec la mondialisation et la demande occidentale pour de nouveaux biens de consommation du type téléphone portable.

Cette époque est terminée : la demande mondiale a ralenti, la Chine est en concurrence avec d’autres sous-traitants, comme le Vietnam, le Bangladesh, le Mexique ; les robots permettent une ré-industrialisation de l’Occident ; le réservoir de main-d’œuvre en Chine s’épuise en raison de la diminution de la population due à la politique de l’enfant unique. Des scénarios similaires se jouèrent naguère au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan ; mais gouvernements et entrepreneurs prévoyants mirent à profit l’ère de la croissance rapide, pour monter en gamme, créer des marques reconnues, passer du quantitatif au qualitatif. Rien de comparable en Chine où le gouvernement de Xi Jiping atteint par la folie des grandeurs, gaspille ses profits dans des projets mirifiques, aéroports vides, autoroutes désertes, création d’une marine de guerre, jeux olympiques à répétition. Les plus entreprenants, ceux qui auraient pu créer les équivalents chinois de Samsung ou Toshiba, filent vers les États-Unis, où seront protégés leurs brevets et leur liberté d’expression.

imgscan contrepoints 122 Chine MaoCette analyse critique, les dirigeants chinois la connaissent : le gouvernement en a partiellement pris acte en annonçant au début de cette année que la croissance serait désormais ramenée à 7%. Début juillet, ce gouvernement annonçait que la croissance au premier semestre était de… 7%, ce qui laisse sceptique sur les statistiques officielles. Dans le même temps, comme on l’a vu, les cours de Bourse sont dopés pour démontrer que le Parti communiste reste maître du marché et pas le contraire. Mais c’est le contraire qui se produit : les lois du marché l’emportent sur les décrets du Parti. Un Parti qui, confronté à une situation qui lui échappe, a choisi de réprimer plutôt que de s’adapter : dissidents, internautes et avocats peuplent les prisons comme jamais vu depuis la mort de Mao Tsétung.

« Le peuple chinois, dit l’économiste Mao Yushi, accepte de renoncer à la liberté, mais il n’acceptera jamais de perdre ses économies ». À la Bourse et dans l’immobilier, n’est-il pas sur le point de les perdre ? Qu’en conclure ? Au risque de décevoir le lecteur, on ne prévoira rien. Ce serait présomptueux d’annoncer que la fin de la croissance forte, voire la dissipation de l’épargne entraîneront nécessairement l’effondrement du Parti communiste. Celui-ci contrôle le pays sans partage et il garantit la paix civile. Or, ce que les Chinois craignent le plus, c’est le désordre.

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  • Très bon article Monsieur Sorman.
    Je ne ferais pas de prévisions politiques non plus car rien à espérer de ce côté.

    Cependant vous faites très bien d’exprimer vos doutes sur la croissance annoncée à 7% au 1er trimestre car comme l’a déjà fait remarquer Business Insider et autres sites depuis 2012 la Chine trafique ses statistiques qui sont clairement fausses donc. Résumons : Baisse du secteur immobilier, baisse des ventes de voitures, baisse des exportations et importations, baisse des ventes au détail..etc…et le pays croitrait de 7% ??? La bonne blague !
    La croissance réelle chinoise se situerait entre 0 et 2% selon ceux remettant ces chiffres en doute..et encore, croissance obtenue seulement à coups de dépense publique et donc de dettes.

    Bref on ne peut se fier à rien concernant ce pays, et il est à peu près certain que les USA ont désormais une économie plus dynamique que la Chine, quel beau retournement de situation.

    • Très bien dit, y en a marre de ces chiffres bidons qui traînent sur le net sans remise en cause, même si c’est de plus en plus contesté..Enfin devrais-je dire. Si j’étais en charge d’un magazine économique je ne diffuserais même pas ces statistiques par respect pour mes lecteurs tant que des chiffres indépendants ne seront pas donnés. En réalité le pays pèserait quelques trillions de moins que ce qu’il pèse vraiment, c’est pour dire..

      • Mais de toute façon, j’ai envie de dire qu il n’y a pas que les chiffres éco concernant la Chine qui sont bidons.
        Quand on t’annonce un faible taux de chômage aux USA (alors que le taux d’emploi n’a jamais été aussi faible) tu y crois ?
        De toute façon, vu qu’on est entré dans une ère de stagnation de la croissance (avec parfois de la récession) pour les pays industrialisés, les « chers dirigeants » sont bel et bien obligés de camoufler certains chiffres.
        Faudra bien s’habituer à cette période de stagnation/faible croissance.

        • Oui j’y crois, vu que les chiffres des créations d’emplois sont pas bidon eux. Au Texas par exemple il y a de nombreuses difficultés (chômage à 4,3% selon les mêmes calculs) à trouver les travailleurs nécessaires dans de nombreux domaines, il a été documenté que les entreprises ont donc eu à proposer des salaires plus élevés, des avantages en termes de congé ou chercher à l’étranger pour trouver la main d’oeuvre qui se fait rare. ça c »est la réalité sur le terrain. Le taux d’emploi comme tu dis n’a rien à voir avec ce que tu penses : la crise a changé, au moins temporairement, certaines habitudes ou projets : des travailleurs ont décidé de partir en retraite plus tôt au lieu de continuer à travailler comme prévu au départ car des années à rechercher un emploi leur a fait perdre l’habitude et la motivation de travailler, les jeunes travaillent beaucoup durant l’été et préfèrent profiter des vacances même avec moins d’argent. Bref si les gens n’ont plus la même envie de travailler le taux d’emploi restera forcément bas même si le chômage est bas..Sauf que là il s’agit de gens ne voulant pas être actifs. Bref rien de bidon dans les statistiques US, il faut juste avoir une vue d’ensemble de l’économie qui est plutôt complexe de par sa taille plutôt que faire preuve d’un scepticisme mal placé. L’économie US va bien, très bien même comparé au reste du monde.

          • Si l’économie US va si bien que ça, comment ça se fait alors que la FED n’a pas remonté le taux ?
            Puisque tu parles de création d’emplois, pourquoi on ne nous annonce pas en même temps le nombre de personnes qui rentrent sur le marché du travail ?

            La crise a sûrement découragé bon nombre de personnes comme tu dis mais il faut dire également que la période de croissance faible/stagnation actuelle ne permet pas de créer les emplois qui permettraient d’absorber les personnes qui rentrent sur le marché du travail, ceux qui sont au chômage longue durée ou ceux qui cherchent autre chose qu’un temps partiel.

            Et pour revenir à l’économie US, malgré le QE, l’économie est en train de ralentir.
            C’est (en train de) retombé (r) aussi vite qu’un soufflé j’ai envie de dire.
            A un moment, faudra bien dire aux gens qu’on est entré dans une période de faible croissance, qu’il est de plus en plus dur de faire de la croissance durable et que par conséquent il y en aura qui resteront sur le carreau.

    • « La croissance réelle chinoise se situerait entre 0 et 2% selon ceux remettant ces chiffres en doute.. » avez-vous de bonnes sources? ça me plairait bien de balancer ça à quelques contacts que j’ai, avec du lourd à l’appui 🙂

        • Et ça c’était en Avril, ça s’est dégradé depuis, avec notamment la chute de la Bourse et le déclin des ventes de voitures.

      • C’est simple, les chiffres de la croissance sont contrôlés par le parti et ne sont pas révisés par après.
        De plus, il est difficile de croire en une croissance de 8% alors que la croissance de la consommation énergétique est de 0…

        • Je me pose egalement des questions sur la croissance a 7% en Chine. Mais bon, a cause des politiques d’economie d’energie qui ont lieu un peu partout dans le monde, la consommation d’electricite n’est plus revelatrice de la croissance economique. A titre d’exemple, la consommation d’electricite en France a chute de 6% en 2014 pour une croissance d’environ 0,2 ou 0,5%, soit un ecart de 6 points.

          • Ce qui confirme que la croissance réelle en France, comme en Chine, est à une demi-douzaine de points sous le chiffre officiel…

            • Tu veux dire que la croissance en France en 2014 etait en realite une recession de -6%?

            • Non. On parle là de croissance chinoise globale (publique + privée), à ce niveau là les chiffres français sont corrects, à un dixième de point près en général, il n’y a pas de tromperie à ce niveau, rien à voir les stats chinoises. Cependant, si l’on décide de calculer seulement la croissance du secteur privé il est clair que France et Chine sont en récession.

              • C’est curieux quand meme que la consommation d’electricite en France ait diminue de 6% en 2014. Soit le chiffre de la croissance francaise est truque, soit il est correct. Et dans le 2e cas, la consommation d’electricite n’a plus de rapport avec les chiffres de la croissance. Pareille reflexion devrait etre menee concernant la Chine.

                • Il a été très clair, arrêter de feindre l’incompréhension.
                  Comparer France et Chine à ce niveau là est inutile et grotesque. La Chine truque totalement ses stars, la France fait de légers ajustements sans réelles conséquences au pire.
                  Les 2 ne jouent pas dans la même cours, c’est comme comparer un voleur de dentifrice avec un tueur en série !

                  • Très bon argumentaire, comparer les 2 sur ce terrain n’est pas du tout pertinent, c’est même un spectacle comique.

                    • En fait je pointais du doigt la pertinence de la correlation entre la consommation d’electricite et la croissance du PIB et non une comparaison entre les 2 pays. Mais bon, difficile de discuter sur ce forum vu que le debat n’est pas constructif mais se fonde sur des a prioris.

                  • En dessous de combien estimez-vous que la manipulation est acceptable ? Le PIB français est gonflé par l’utilisation d’un certain nombre d’artifices habiles, le chinois est asséné sans subtilités, mais il faut une bonne dose d’inconscience pour parler de légers ajustements. Le chiffre qu’on pourrait considérer comme ne souffrant que de légers ajustements est celui qu’on peut calculer en soustrayant du PIB les dépenses de l’état, et en rajoutant car ôtés à tort les services facturés par l’état. Sur 2008-2013, on est passé de 1000 et quelques milliards à 900. Je ne serais pas étonné qu’en 2014 on ait encore chuté violemment.

          • Sauf qu’en termes d’économies d’énergie la Chine c’est pas encore ça, on reste dans une optique de gaspillage, l’isolation des logements pour économiser l’énergie n’est pas non plus une mode comme en Europe et aux USA.

            • Concernant les economies d’energie, il faudrait etudier la question. Je me demande meme si les economies d’energie en France sont simplement des effets d’annonce car je ne vois aucune nouvelle construction et le quartier dans lequel j’ai vecu (Rue des ecoles) n’a pas change depuis pres d’un siecle. Alors je me pose parfois des questions.

              En Chine, on construit par contre enormement -meme aujourd’hui- mais je n’ai pas etudie les materieux utilises en question pour savoir s’ils sont efficaces en matiere d’environnement.

              • 1 siècle comme vous y allez ! Allez faire un tour sur Google image pour voir la France en 1915.
                Quand à la Chine, je rejoint SweepingWave, il n’y a absolument aucune culture de l’économie d’énergie ici.

              • pas que des économies d’energie une mutation économique

  • Il y a quelques erreurs factuelles dans l’article de Guy Sorman :

    il existe un systeme de retraite publique en Chine, de l’ordre de 200 a 300 euros par mois et par personne, ce qui est bien plus faible qu’en Europe, mais comparable, je pense, a des pays emergents comme le Mexique etc. (a verifier). Cette somme de 200 ou 300 euros, bien que faible, permet de vivre convenablement. Idem pour le systeme de sante.

    Quant a la montee en gamme et a l’innovation ou la Chine est en retard, c’est juste une question de temps : la Coree du sud a mis 50 ans (1945-1995) avant de sortir des produits innovants. Le Japon, apres 50 ans de developpement Meiji, ne vendait que des stylos et des produits tres bas de gamme sur le marche international, et, a du attendre les annees 1970, pour pouvoir enfin sortir des produits innovants.

    La Chine est, d’apres les observations, tout juste aux balbutiements de l’ere de l’innovation : cigarette electronique (inventee en Chine).

    Une derniere chose, concernant la repression en Chine contre les dissidents, je suis toujours assez curieux de voir que certains opposants, meme tres virulents et tres anticommunistes, puissent s’exprimer librement, meme en place publique, alors que d’autres sont arretes. Je n’ai jamais etudie ce probleme vu que je n’ai pas le temps pour le faire, mais c’est une question qui me passionne.

    • « Quant a la montee en gamme et a l’innovation ou la Chine est en retard, c’est juste une question de temps : la Coree du sud a mis 50 ans (1945-1995) avant de sortir des produits innovants. Le Japon, apres 50 ans de developpement Meiji, ne vendait que des stylos et des produits tres bas de gamme sur le marche international, et, a du attendre les annees 1970, pour pouvoir enfin sortir des produits innovants. »

      Le Japon et la Corée du Sud étaient des démocraties quand ils ont commencé à innover, ce que la Chine n’est pas. Je ne dis pas que la Chine n’innovera pas car il est certain que cela arrivera, mais tant que la liberté sera réprimé et que le gouvernement chinois décidera lui-même de la façon dont l’argent doit être alloué ou investit, souvent mal, alors le pays ne pourra jamais atteindre son plein potentiel à ce niveau. Rien qu’interdire aux chinois de classe moyenne d’investir à l’étranger ou aux étrangers d’investir à la bourse chinoise fait perdre énormément d’opportunités et de capital, sans parler de l’environnement régulatoire protectionniste et imprévisible.
      A l’inverse aux USA les investissements chinois, coréens, japonais, français…etc..sont totalement autorisés dans la Silicon Valley et autres centres high-tech, ce qui apporte énormément en terme d’investissement et de financement, donnant au pays un avantage inégalé, sans même parler de tous les talents étrangers.

      • Je suis bien d’accord que les diverses interdictions -comme l’interdiction pour les investisseurs etrangers d’investir a la bourse de Chine -hormis Hong Kong- doivent paralyser l’activite.

        Par contre, il n’y a aucun lien entre democratie et innovation : il suffit de se rappeler l’Allemagne non democratique de Guillaume II a ete a la pointe du progres scientifique et technique. Je me demande d’ou vient cette idee saugrenue qui consiste a assimiler democratie et innovation car l’experience historique a demontre le contraire.

        • Pas d’accord.
          Oui la recherche publique permet de belles inventions, la DARPA aux USA l’a montré mieux que quiconque.

          Mais dire qu’il n’y a pas de lien entre démocratie et innovation est faux, Uber ou AirBnB par exemple sont de purs produits de la liberté et ont révolutionné nos modes de vie. Il y a des inventions créées par souci de rentabilité et de profits que seul un secteur privé non bridé et une imagination humaine non bailllonnée. Bref une démocratie peut exploiter 100% de son potentiel d’innovation (en théorie) mais une dictature ne peut le faire qu’à 75% au mieux car une dictature ne peut reproduire la Silicon Valley qui résulte de la liberté américaine, la Russie a lamentablement échoué avec Skolkovo c’est pas pour rien.
          Et même des démocraties trop peureuses du risque ou avec un Etat trop présent ne peuvent pas y arriver,expliquant l’échec français, allemand et japonais à reproduire ce paradis d’innovation, à l’inverse le Texas et la Caroline du Nord y arrivent bien au sein du pays

          • « Bref une démocratie peut exploiter 100% de son potentiel d’innovation (en théorie) mais une dictature ne peut le faire qu’à 75% au mieux car une dictature ne peut reproduire la Silicon Valley qui résulte de la liberté américaine, la Russie a lamentablement échoué avec Skolkovo c’est pas pour rien. »

            Je ne sais pas d’ou tu sors ces chiffres de 100% et de 75%.

            Meme si je les considere comme vrais, ce qui est peut etre le cas, comment expliquer que l’Allemagne non democratique de la fin du 19e siecle ait ete a la pointe de l’innovation et du progres technique?

            • On est plus au 19ème siècle je te signale mais en 2015.
              Le monde est totalement différent, les paramètres aussi.

              • Un parametre existe tout de meme, meme apres un siecle : c’est le temps qu’il faut pour que le pays soit a la pointe de l’innovation.

                50 ans pour la Coree d’aujourd’hui (democratique), une periode equivalente pour l’Allemagne du 19e siecle (non democratique).

                Dire que la Chine ne pourra pas innover est pour l’instant un peu premature surtout si l’on souhaite etre objectif. On n’a jamais vu un pays qui passe d’une economie d’agriculture de subistance a une economie high tech en l’espace de 30 ans.

                En ayant lu pas mal d’articles sur l’innovation en Chine, ce pays est aux balbutiements, ce qui correspond bien au temps qu’il faut avant que le pays soit a la tete de l’innovation.

                • Et puis certain pays ne seront jamais à la tête de l’innovation, question de mentalité, de culture. La France par exemple avec sont mépris endémique pour la réussite et son économie socialiste ne pourront jamais voir naitre des microsoft, google, IBM, amazon, tesla, samsung, sony… La chine pourrait très bien faire partie de ces pays qui « simule » l’inovation comme la France en jetant de l’argent sur des projets jusqu’à obtenir une illusion de succès (minitel, TGV, concorde…).

                  • La France l’était à une époque, il y a plus de 100 ans, un véritable lieu d’innovation et d’ambition. C’est loin tout ça…

    • pour que le Japon devienne la deuxième puissance économique mondiale en 1968, j’imagine que les ventes de stylo avaient dû sacrément exploser, sans parler de tous ces produits japonais qu’on trouvait dans les magasins « tout à dix balles » qui pullulaient en Europe et aux USA

      La cigarette électronique n’a pas été inventée en Chine, elle a été brévetée et commercialisée à partir de la Chine (2002 ou 2003). Le premier prototype était français (années 60s) mais non viable, idem pour son successeur américain et le premier ustensile ressemblant aux modèles actuels était japonais (2001) mais faute de financement et d’intérêt, flop.

      • Il faut encore bien lire un commentaire avant de repondre :

        50 ans apres le debut du developpement industriel fulgurant japonais durant l’ere Meiji, soit les annees 1920 1930, le Japon exportait encore des produits bas de gamme selon l’article de wikipedia sur le Japon Showa :

        « Les exportations japonaises augmentent de manière qui semble agressive à ses partenaires. Les produits « made in Japan » ont la même image de produits bas de gamme et bon marché que certains produits « made in China » aujourd’hui mais ils pénètrent les marchés occidentaux les mieux protégés. Le Japon arrive ainsi à exporter des montres en Suisse, des spaghetti en Italie, des vélos en Afrique, des stylos en Autriche, etc. Aussi, bien que la part des produits japonais dans le commerce mondial ne dépasse pas les 4 %, les pays européens prennent la décision de se protéger et de contingenter les importations nippones. »

        Il fallait attendre pres d’un siecle apres la montee en puissance Meiji pour que le Japon puisse proposer enfin des produits innovants.

        • on est bien d’accord, 50 ans après Meiji, ça fait 1917 … vous disiez « les annees 1920 1930 »

          100 ans après Meiji, ça fait…tadaaa…1968 : « et, a du attendre les annees 1970 » donc, plus ou moins d’un siècle?

          je ne sais pas lire, c’est avéré mais les maths élémentaires ça va. Ma remarque sur les stylos était juste un peu ironique :), je suis parfaitement au courant de l’image bas de gamme des produits nippons d’avant et d’après la WW2, ensuite ça a été le made in Taiwan, aujourd’hui le made in China, pas besoin de me sortir Wiki, je lis mal et lentement mais je suis assez documenté malgré tout. Je m’interrogeais sur la montée à la deuxième place mondiale (en l’espace de 23 ans, 1945 à 1968) sur la base d’exportations centrées sur du bas de gamme.

          • Je pense qu’on peut devenir la 2e puissance economique mondiale tout en exportant des produits qui ne sont pas encore a la pointe de la technologie. Exemple le Japon qui fut deja une grande puissance industrielle et economique au debut du 20e siecle.

            Il existe certes un lien entre puissance economique et innovation mais ce lien n’est pas decisif. Exemple l’Inde qui est l’une des 10 premieres puissances economiques mondiales et qui n’exporte pas grand chose.

          • « Je m’interrogeais sur la montée à la deuxième place mondiale (en l’espace de 23 ans, 1945 à 1968) sur la base d’exportations centrées sur du bas de gamme. »

            On peut devenir la 2e puissance economique mondiale tout en exportant des produits qui ne sont pas encore a la pointe de la technologie. Exemple le Japon qui fut deja une grande puissance industrielle et economique au debut du 20e siecle en exportant des stylos ou autre parapluies et spaghettis.

            Il existe certes un lien entre puissance economique et innovation mais ce lien n’est pas decisif. Exemple l’Inde qui est l’une des 10 premieres puissances economiques mondiales et qui n’exporte pas grand chose.

            •  » Il existe certes un lien entre puissance economique et innovation mais ce lien n’est pas decisif.  »

              Effectivement; La France et la 6éme puissance économique et la Suisse 20ème. Mais dans le classement des pays les plus innovants la Suisse surclasse la France.

              D.J

    • Le manque d’innovation en Chine vient dut fait que les crédits bancaires vont essentiellement aux entreprises publiques ou aux entreprises privées dont les dirigeants sont des apparatchik du parti et du pouvoir. Pour les entrepreneurs qui sont la source de l’innovation il ne leur reste rien.

      Le Japon et la Corée du sud se sont mieux développé que la Chine car dans ces pays on a mieux investit dans les ressources humaines de façon plus global au niveau de la population.. Education, formation professionnel, santé etc…

      D.J

  • En occident, l’Etat n’épargne pas : il prélève !

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Chine
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