Laissons travailler les paysans !

chaines par fredfuncky(CC BY-NC-ND 2.0)

Il est temps de libérer nos agriculteurs des carcans politiques nationaux et européens pour qu’ils puissent vivre de leur travail.

Par Didier Vanderbiest, depuis la Belgique

agriculture  matthias ripp(CC BY 2.0)
agriculture matthias ripp(CC BY 2.0)

 

Aujourd’hui s’ouvre la foire de Libramont et, comme en France, nos éleveurs sont en colère. Et cela est fort logique étant donné le prix actuel du lait au producteur, qui est loin de couvrir ses frais. Le secteur laitier est en grande souffrance mais ceux du bovin, du porc, des fruits et d’autres productions ne sont pas mieux lotis.

Afin de tempérer l’ardeur de certains, René Collin, le ministre de l’Agriculture, a déjà annoncé quelques mesures telles la suppression cette année de la cotisation APAQ-W pour la promotion des produits. Néanmoins, il y a fort à parier que les syndicats agricoles, en totale connivence avec le politique, vont encore exiger plus de subventions, plus d’aides en tout genre et donc plus d’interventionnisme politique afin « d’aider nos agriculteurs ».

La colère de nos producteurs sera donc instrumentalisée afin d’obtenir davantage de régulation et d’argent aux politiques. Il est pourtant urgent qu’ils comprennent que ce sont les régulations diverses, les subventions et les réglementations multiples qui ont totalement perverti notre agriculture.

chaines par fredfuncky(CC BY-NC-ND 2.0)
chaines par fredfuncky(CC BY-NC-ND 2.0)

Au premier rang, la PAC, qui a totalement déréglé le marché en instaurant des outils de réglementation de l’offre tels que les quotas laitiers (que l’Europe a fait payer très cher aux jeunes producteurs après les avoir offerts à son instauration en 1985.) ; quotas qui ne valent maintenant plus rien puisqu’ils n’existent plus. Citons aussi Natura 2000 qui a dévalué et empêché la pleine exploitation de milliers d’hectares par leurs propriétaires. Enfin, n’oublions pas de mentionner également la responsabilité de l’Europe dans la fermeture l’an dernier du marché russe à nos produits. Par ses multiples manipulations et par l’instauration de prix minimum, l’Europe a maintenu une offre excédentaire et poussé les exploitants à s’endetter afin de produire des marchandises pour lesquelles il n’existe pas de demande.

Laissons travailler les paysans René Le HonzecLes producteurs ne demandent pas mieux d’avoir « un prix juste » pour leurs produits et cela sans aucune subvention ! Mais le prix « juste » n’existe plus, le marché de l’offre et de la demande étant totalement perverti par cet interventionnisme qui dure depuis les années 1960, à l’instauration de la PAC.

En tant que vétérinaire et par solidarité avec le reste du monde paysan, je serai à Libramont, car en cas de grabuge je veux être présent pour dire, non pas « Donnez-nous plus de sous » mais bien au contraire « Vous êtes les responsables du merdier dans lequel se trouve l’agriculture depuis 30 ans. »

Il est temps de libérer nos agriculteurs des carcans politiques nationaux, et les laisser travailler, produire et vendre afin qu’ils puissent vivre décemment de leur travail.

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