Temps glaciaires, de Fred Vargas

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Temps glaciaires, de Fred Vargas

Publié le 17 juillet 2015
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Par Francis Richard.

Fred Vargas temps glaciairesIl fait une chaleur estivale. C’est la nuit du 13 au 14 juillet. J’aime les polars. Autant de bonnes raisons pour lire en nocturne le dernier roman policier commis par Fred Vargas, qui porte bien son nom, Temps glaciaires… Car l’histoire se passe pour partie en Islande et a, entre autres, pour protagonistes des membres de l’Association d’Étude des Écrits de Maximilien Robespierre… De quoi glacer le sang, au propre et au figuré…

Une femme, Alice Gauthier, est retrouvée, les veines ouvertes, « suicidée » dans sa baignoire. Or, une semaine plus tôt, elle a voulu elle-même poster une lettre destinée à un certain Amédée Masfauré, mais elle a fait un malaise en cours de route. La lettre a tout de même été postée par la passante qui lui a porté secours ce jour-là et qui a enregistré l’adresse dans sa mémoire.

Le commissaire Bourlin parle de cette mort à son collègue le commissaire Adamsberg. En effet, un des acolytes de ce commissaire, le commandant Danglard, doit pouvoir l’éclairer sur un signe mystérieux qui a été tracé sur le bord de la baignoire de la défunte : il est composé de deux traits verticaux, et, entre ces deux traits, transversalement, d’un trait concave et d’un trait oblique.

Les deux commissaires, accompagnés de Danglard, rendent visite à Amédée Masfauré, destinataire de la lettre d’Alice Gauthier. Il habite le Haras de la Madeleine, au Creux, sur la commune de Sombrevert, dans les Yvelines. Son père, Henri Masfauré, a justement été retrouvé « suicidé » lui aussi quelques jours plus tôt : il s’est tiré une balle de fusil dans la bouche. Et le même signe que celui trouvé chez Mme Gauthier a été entaillé dans le cuir de son bureau.

Amédée Masfauré a rencontré Alice Gauthier chez elle, la veille de sa mort. Il a ainsi appris les circonstances de la mort de sa mère en Islande dix ans plus tôt. En effet Alice Gauthier faisait partie d’un voyage là-bas auquel participaient sa mère, Marie-Adelaïde, son père, Henri, et le secrétaire de ce dernier, Victor, dont le patronyme est fortuitement le même, Masfauré…

Lors de ce voyage, un légionnaire, Eric Courtelin, puis Marie-Adelaïde Masfauré auraient été assassinés par un inconnu, qui aurait terrorisé les autres participants. Au point qu’ils se tairaient sur ce qui s’est passé pendant le voyage, sur un îlot islandais, au large de l’île de Grimsey, où ils auraient survécu grâce aux produits de la chasse au phoque menée par l’inconnu…

Un troisième « suicidé », Jean Breuguel, est retrouvé dans son appartement du 15ème arrondissement de Paris. Le commissaire Bourlin en informe aussitôt le commissaire Adamsberg. Il s’est tué à la japonaise, en s’enfonçant un couteau dans le ventre. Dans sa bibliothèque, trois livres neufs sur l’Islande… et sur une plinthe, dans la cuisine, gravé à la pointe du couteau, le signe mystérieux… qui pourrait être une guillotine symbolisée…

À la suite d’un communiqué enjoignant les six survivants du groupe islandais de le contacter, le commissaire Adamsberg est déçu qu’aucun d’entre eux ne se manifeste, mais reçoit une lettre du président de l’Association d’Étude des Écrits de Maximilien Robespierre, François Château, comptable dans un hôtel, l’invitant à le rencontrer en catimini.

En effet, François Château a reçu des menaces et a reconnu les trois personnes « suicidées » du communiqué : elles appartenaient toutes trois à son association, qui comprend sept cents membres anonymes – leurs paumes seules ont été scannées -, et qui organise des réunions costumées où sont reconstituées les séances les plus mémorables de l’Assemblée constituante et de la Convention, dans une ambiance… révolutionnaire.

Aux trois personnes « suicidées », il faut ajouter, résultat de la recherche de cas analogues en France, la mort « accidentelle » d’un dénommé Angelino Gonzalez, membre lui aussi de l’association d’étude robespierriste, mort quatre jours avant Alice Gauthier, des suites d’une chute dans l’escalier de sa cave, sur un mur de laquelle a été retrouvé le signe mystérieux, tracé cette fois à la craie bleue…

Voilà comment se présente la pelote d’algues dont le commissaire Adamsberg doit démêler les fils qui passent par l’Islande, Le Creux et l’Association d’Étude des Écrits de Maximilien Robespierre. Sans bien savoir si les meurtres ont des liens entre eux, s’il y a un ou deux tueurs en série et s’il faut enquêter ici plutôt que là. Pour les démêler le commissaire suivra des cheminements de pensée muets la plupart du temps, et indéchiffrables pour les autres.

L’intérêt de cette intrigue policière ne se dément pas, de la première à la dernière page. Et, ce qui ne gâte rien, bien des personnages sont hauts en couleurs, tels que Céleste Grignon, au service des Masfauré depuis vingt-et-un ans et Marc, son sanglier ; les reconstitutions des séances parlementaires de la Révolution sont criantes de vérité – c’est le cas de le dire ; les scènes islandaises sont enveloppées de brumes et de légendes ; les repas pris à l’Auberge du Creux font monter l’eau à la bouche…


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  • Une ode à fred vargas!

    On ne sait pas à contrepoint que vargas est la fer de lance du mouvement de defense de l’assassin » cesare battisti « ??? (le révolutionnaire)
    Condamné en italie par contumace pour plusieurs crimes crapuleux ,il a ete protege par la mitte en france puis par lula (actuellement en difficulté au bresil , puis par dilma roussef ex trotskiste(personne d’autre qu’elle n’a acheté à ce point sa propre election ) .
    Rien que du beau monde de gauche .
    Ca dérive sérieusement à conterpointes
    Réveillez vous
    Au secours h16

  • Bref, heureusement que j’ai déjà lu l’ouvrage car vous en dites beaucoup trop.
    En tant que futur lecteur vous en dévoilez tant que j’aurais été plus qu’exaspéré.

  • Les commentaires sont fermés.

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