Flakka, la nouvelle drogue qui affole la presse

Regard calme et rationnel sur Flakka, la nouvelle drogue tueuse dont raffolent les médias.

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Self Portrait As A Stressed-Out Bride To Be credits Brittney Bush Bollay via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))

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Flakka, la nouvelle drogue qui affole la presse

Publié le 3 juillet 2015
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Par Édouard H.

Self Portrait As A Stressed-Out Bride To Be credits Brittney Bush Bollay via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))
Self Portrait As A Stressed-Out Bride To Be credits Brittney Bush Bollay via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))

Les médias raffolent d’histoires effrayantes, ici rien de nouveau. Et quand cette histoire peut nourrir le biais anti-drogue des Français et contenir des faits divers sordides, c’est jackpot. C’est ainsi que ces deux derniers mois, on a vu fleurir dans la plupart des journaux des articles alarmistes à propos d’une nouvelle drogue venue des États-Unis, appelée « flakka ». « États-Unis : la drogue bon marché flakka fait des ravages en Floride », lit-on dans 20 Minutes. « «Flakka», la nouvelle drogue de synthèse qui rend fou en Floride », titre encore Le Parisien. On raconte que cette drogue aurait entraîné des attaques diverses et variées, ou encore qu’elle pousserait certains à courir nu, ou à violer les arbres. Mais quelle est cette drogue au nom mystérieux, et est-elle réellement coupable de tous les maux dont on l’accuse ? Prenons un peu de recul.

Flakka est le nom à la mode de l’Alpha-PVP, une drogue stimulante synthétique de la classe des cathinones. Dans divers articles américains sur cette drogue, on dit qu’elle donne une force surhumaine. Sur Atlantico, on peut lire qu’elle permettrait un « décuplement des forces physiques des sujets ». Or, comme le rappelle le docteur Carl Hart, Neuropsychopharmacologiste à la Columbia University qui étudie les effets des drogues stimulantes, « l’idée que des drogues produisent une force surhumaine n’est simplement pas vraie. Ça n’a jamais été démontré. C’est juste une continuation du thème [NDLR : on a attribué cet effet à diverses drogues par le passé]. Cela devrait constituer un avertissement pour les gens quand ils lisent force surhumaine ».

Le Dr Carl Hart note que « on ne peut pas dire de quelqu’un qu’il acquiert une force surhumaine avec l’alcool parce que personne ne vous croira ». De même, « on ne peut plus raconter d’histoires sur le cannabis, parce que trop de gens dans notre société en ont consommé, donc si vous dites ça, vous perdez tout de suite toute crédibilité auprès d’eux ». À l’opposé, « vous pouvez le dire pour les nouvelles drogues synthétiques parce que les gens ne les connaissent pas. Et s’ils ne savent pas, c’est peut-être vrai. Ils veulent y croire. C’est une super histoire. »
Mais la réalité est toute autre. « Quand vous observez les effets des cathinones en laboratoire, elles ressemblent à n’importe quel autre stimulant ». Si des problèmes et des délires psychotiques peuvent se produire à des hautes doses, « c’est une chose rare », et on peut se douter que les effets sont liés à d’autres facteurs, comme le manque de sommeil ou des problèmes psychologiques existants. Des réactions fatales comme des arrêts cardiaques ou une hypothermie sont « possibles dans des situations limitées et extrêmes, peu probables ».

Les journalistes avides d’histoires sordides prennent les faits divers à la lettre : s’il y a eu un très grave incident, il est nécessairement lié à cette terrible drogue. Des recherches rapides permettent cependant de mettre en évidence les causes réelles de ces incidents. Par exemple, on a imputé à flakka l’accident d’un homme coincé et empalé sur un grillage. Dans le Sun-Sentinel, on apprend qu’il a confié à la police être diagnostiqué schizophrène. On raconte aussi qu’un dealer sous l’emprise de cette drogue a tiré accidentellement dans la tête d’un ami. Mais dans un reportage de NBC Miami, on découvre qu’il n’avait pas dormi depuis 3 jours et avait bu un cocktail à base de vodka, MDMA  et Alpha-PVP. Blâmer une substance au nom exotique est plus simple que faire un réel travail d’investigation, et ce d’autant plus quand cela nourrit la peur des drogues, à la base de la prohibition.

Si on souhaite des informations plus sereines et rationnelles des effets d’une drogue, il est toujours pertinent de chercher sur les forums de discussion d’utilisateurs. Ainsi sur le forum Psychonaut peut-on lire d’une personne ayant testé l’Alpha-PVP : « J’ai bien apprécié l’expérience, tout en y allant mollo avec ce produit que je ne connaissais pas. Un des seuls inconvénients est que ça m’a fichu une nausée pas possible. Difficile de manger quoi que ce soit, voire par moment de boire tellement j’avais envie de vomir. » Un autre utilisateur dénommé PaRaLLeL raconte sa mauvaise expérience en détails, et conclut pour sa part « c’est un produit que j’éviterai à l’avenir ». Sur Reddit, la substance a au moins un fan : « Je trouve que cette substance est assez incroyable si utilisée à bon escient. Je pourrais l’imaginer utile comme soutien pour travailler ou étudier avec des doses adéquates. C’est aussi génial pour l’excitation sexuelle. »

En fin de compte, aucun des témoignages ne relate de près ou de loin des effets similaires à ceux détaillés dans les articles de presse alarmistes. Si l’Alpha-PVP causait réellement et systématiquement autant d’effets négatifs que ceux décrits par des journalistes en mal de sensations, les américains auraient cessé d’en prendre ; et elle ne serait jamais devenue populaire.

Attention, il ne s’agit en aucun cas de prétendre que cette drogue ne comporte aucun risque. Comme le rappelle le Dr Carl Hart, à l’instar des autres stimulants, elle peut entraîner des problèmes cardiaques en cas d’abus. Par ailleurs, subsiste toujours le risque d’acheter de la flakka coupée à d’autres produits toxiques. C’est un des effets nocifs bien documentés de la prohibition des drogues : les utilisateurs achètent un produit dont la composition n’est pas indiquée sur une étiquette, créant ainsi un risque réel d’acquérir une substance autre que prévue. Ce risque est exacerbé quand les doses diffèrent sensiblement d’un produit à l’autre : une dose appropriée pour une drogue peut être extrêmement dangereuse pour une autre. Légaliser les drogues permettrait d’effectuer un contrôle de leur qualité, en réduisant ainsi grandement leurs risques pour les consommateurs.

Contre les effets négatifs alarmistes des drogues tels que rapportés par les médias, le meilleur remède est de conserver un esprit rationnel et sceptique, et d’effectuer des recherches appropriées. Contre les effets négatifs avérés des drogues, le meilleur remède ne peut pas être cette prohibition qui a causé tant de mal. La légalisation, si elle est loin d’être une réponse parfaite, permettrait de réduire grandement les risques.

 

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  • @l’auteur , tout à fait d’accord avec vous sur le fait que le rationnel plutôt que le sensationnel est ce qui devrait être appliqué au traitement médiatique des drogues . Ceci étant dit , cette évidence serait à appliquer à tous les sujets et pas seulement celui des drogues. Bon maintenant , je vous lis régulièrement et vous prônez dans ces lignes l’arrêt de la prohibition des drogues . Supposons qu’on le fasse, quel mode de distribution proposeriez vous ? Pour moi , les drogues sont des médicaments ayant des effets psychiques , pensez vous qu’elles passeraient les dures lois de la sélection des médicaments autorisés ?
    Maintenant , si vous considérez qu’elle ne sont pas un médicament, mais un récréatif , vendu au coin de la rue , cela promet des procès amusants dans le futur ….

    • De véritable drogueries avec des produits scellés, ce qui permet de poursuivre la contrebande.
      dans les années 1800-1900, les gens avalaient bien n’importe quoi …

    • Fait-on des procès aux fabricants d’alcools quand quelqu’un fait un comas éthylique ? Non, il s’agit d’une responsabilité individuelle.

      Dans l’absolu, je suis pour une ventre libre : à chaque magasin de choisir son mode de distribution. Mais je suis prêt à faire des compromis pour avancer vers un monde post-prohibition. Une alternative intéressante pourrait être de vendre ces produits de manière encadrée, en pharmacie.

      • @Edouard: Je pense que dans tous les cas on pourrait largement mettre d’accord les prohibitionnistes et les pro légalisation sur l’utilité de l’interdiction de la vente aux mineurs. Les modalités de cette interdiction seraient ensuite à discuter.

        La vente en pharmacie me semble assez pernicieuse: Cette corporation bénéficie déjà de monopole assez questionnables et leur numérus closus par zone aboutirait à une espèce d’oligopole de la drogue. Je trouve le système de coffeshops ou des liquor shops américains qui payent une patente et sont des établissements purement interdits aux mineurs plus intéressant. D’ailleurs je pense sérieusement que l’on devrait réfléchir à séparer la vente d’alcool du reste. Je ne trouverai pas choquant que les super marchés aient une section interdite aux mineurs ou ils vendraient l’alcool, le porno, les clopes, et le redbull. Aucun de ces produits ne devrait etre accessible aux mineurs. Or à l’heure actuelle, un gamin de 14 ans qui se pointe à la caisse avec du Clan Campbell (beuark!) et un magasine porno (et encore qui en achète encore de nos jours?) ne se fait pas poser la moindre question.

  • Si un utilisateur achète de la drogue coupée ou non avec des toxiques, je me fous totalement de ce qui peut arriver à cette personne. C’est son choix, qu’elle assume.

    • J’ai mis mon pull sur le dos…

    • les drogués n’achètent pas de la drogue coupé par choix.
      enfin bon, j’imagine que c’est un troll…

      • S’il ne le font pas par choix, c’est qu’ils sont dépendants,

        Si le produit crée une dépendance et peut être toxique, il devient dangereux (par cette simple conjonction de fait). Du coup, difficile de voir le côté récréatif de ce produit surtout avec un regard calme, rationnel mais pas enfumé).

        De là, sa distribution est nécessairement réglementée et il ne peut pas être rangé au rayon des produits récréatifs de chez Toysrus… ni distribué sans mettre en place des freins sévères.

        Bref, difficile de se sentir concerné par ces débats quand on est pas en manque… (bande de drogués).

    • Diriez vous la meme chose pour quelqu’un qui meurre d’avoir mangé de la viande avariée? Après tout c’était son choix de manger de la viande. Ce n’est pas sans risque non plus…

    • Dites simplement que vous êtes prohibitionniste, comme ça nous sauront que vous n’avez aucune éthique.

  • Il y a donc d’un coté le biais anti-drogue, forcément irrationnel, des Français, de l’autre l’avis, forcément juste, des drogués.

    Concernant la prohibition, et son effet sur l’usage des drogues et donc aussi sur la santé publique (pardon de ce mot je n’en vois pas d’autre pour l’idée), ne faut-il pas prendre en compte l’effet dissuasif de la prohibition sur la consommation ?

    – Abandonner la prohibition serait aussi une affirmation de l’acceptabilité de la consommation de drogues.
    – Ce serait aussi une baisse des prix, et de ce fait, une augmentation des quantités vendues.

    Bref, une société avec plus de drogués, et donc, si les drogues sont nocives, une hausse des maux. La prohibition n’est peut-être pas une bonne chose, mais c’est peut-être un moindre mal.

    • Ce serait aussi une baisse des prix, et de ce fait, une augmentation des quantités vendues.

      L’exemple du Portugal montre que non, la consommation n’a pas augmenté. La drogue n’est pas vraiment en libre circulation, mais les petites quantités sont dépénalisées.

      • L’affaire de la baisse des prix entrainant une hausse des quantités demandées (ceteris paribus bien sûr), c’est une simple évocation de la courbe de demande, qui baisse vers la droite avec la baisse des prix. Une loi de base de l’économie si je ne me trompe.

        • Oui vous vous trompez. Quand on fait VRAIMENT de l’économie on apprend aussi le concept d’ELASTICITE de la demande par rapport au prix.

          Je cite wiki:

          « 1- Quand l’élasticité est nulle, les variations des « grandeurs causes » sont réputées ne pas avoir de conséquences sur les « grandeurs effets ».
          Concrètement cela signifie que la demande ne varie pas à la hausse ou à la baisse quand le prix varie. La demande reste inchangée quel que soit le prix.
          C’est notamment le cas des produits de première nécessité : bien que le prix augmente, la consommation se maintient car il existe peu de produits de substitution. À court terme, c’est aussi le cas des « dépenses pré-engagées » : loyers, contrats d’assurance, abonnements5 de téléphone, télévision, Internet, de fourniture d’eau, d’électricité, etc. De même, lorsque le prix baisse, la demande n’augmente pas nécessairement. L’effet peut être accentué s’il n’existe pas de produit de substitution (exemple : les pâtes remplacées par le riz ou la pomme de terre). Une élasticité nulle à court terme peut toutefois s’avérer non nulle à long terme, car l’augmentation des prix peut pousser à la recherche de nouveaux produits de substitution. Le pétrole, par exemple, est un bien non substituable à court terme mais, sur le long terme, l’augmentation de son prix peut favoriser l’exploitation de nouvelles sources d’énergie et l’achat de voitures consommant moins et/ou des carburants moins chers. »

          Onpeut largement appliquer le meme raisonnement à la drogue.Pour un drogué, la drogue devient un produit de première nécéssité. Pour le non drogué qui essaye, le prix n’a que peu d’importance parce qu’il considère les premières prises comme des dépenses exceptionnelles qu’il peut largement se permettre pour une soirée. Au contraire, payer cher peut même l’inciter à croire que ca vaut le coup. On parle alors de prix psychologique, comme Reebok qui avait augmenté ses ventes en devenant les chaussures de sport les plus chères du marché et donc les meilleures dans l’esprit du consommateur.

        • Au pire, si vous voulez rester dans une conception étatiste, demandez un taux de TVA élevé 😉

        • Ca c’est pour un bien sur un marché libre.
          Une grosse part de la demande pour la drogue provient justement du coté interdit et de conformisme social. Choses qui pour un truc vendu librement par des officines publiques disparaît assez rapidement.

          Dans le même temps bien sûr la baisse des prix peut introduire une hausse de la demande, mais cette hausse n’est pas nécessairement pour une consommation continue. Quand bien même la choucroute serait gratuite, je doute que beaucoup en mangeraient tous les jours, surtout en été.

      • On peut ajouter qu’en France, malgré la prohibition, la moitié des jeunes adultes a déjà essayé une ou plusieurs drogues illégales. L’effet dissuasif n’existe pas.

        • J’ai soulevé ce point assez souvent mais les Hildebrand et compagnie vous répondent que sans la prohibition, il y en aurait encore plus. Si vous leur demandez pourquoi ils pensent ça ils vous répondront avec de la condescendance déguisée en bon sens:

          « Mais c’est évident voyons. Les jeunes d’aujourd’hui n’ont aucune limite. » Et hop avec du mépris pour toute une catégorie de la population et du « vieuxconnisme », plus besoin d’étayer ses positions intellectuelles! C’est pas formidable ça?

          Quand les arguments des prohibitionnistes sont les mêmes que ceux du père de « Gérard » on ne sait jamais si un argument pourtant rationnel comme le votre ne va pas être retourné dans une pirouette de mauvaise foi…

    • « La prohibition n’est peut-être pas une bonne chose, mais c’est peut-être un moindre mal. »
      fausse alternative. Entre la prohibition et l’anarchie, il y a l’information et la responsabilité.

      • Je ne voulais pas parler en terme d’alternative. Ce que je voulais souligner, c’est qu’au delà de l’idéologie, il faut réfléchir et que la solution d’une simple légalisation n’est pas forcément, et d’avance, la meilleure. D’ailleurs, dans la prohibition, il y a aussi énormément de possibilités différentes.

        Le problème, quand un auteur se présente fièrement comme anarchiste, c’est que la meilleure solution est trouvée d’avance. Ensuite on rationalise.

        Quant à l’information, je sais hélas personnellement, que dans ces affaires de drogues, on croit ce qu’on veut croire, et on cherche toujours sur le net la bonne page qui nous dit que ce n’est pas nocif, ni physiquement ni psychologiquement. C’est le cas de mon gamin de 17 ans qui fume depuis 5 ans, presque tous les jours, des fois le matin au réveil avant d’aller en classe. C’était le cas de mon frère quant adolescent il nous dissertait sur les bienfaits du tabac.

        • « Quant à l’information, je sais hélas personnellement, que dans ces affaires de drogues, on croit ce qu’on veut croire, et on cherche toujours sur le net la bonne page qui nous dit que ce n’est pas nocif, ni physiquement ni psychologiquement. C’est le cas de mon gamin de 17 ans qui fume depuis 5 ans, presque tous les jours, des fois le matin au réveil avant d’aller en classe. C’était le cas de mon frère quant adolescent il nous dissertait sur les bienfaits du tabac. »

          Le déni de nocivité de vos proches, bien qu’il soit parfaitement intellectuellement malhonnête, ne vaut pas mieux que les délires de prohibitionnistes qui promettent l’enfer à tous les drogués. Certes se droguer est nocif, mais la prison l’est bien plus encore. Par ailleurs je tiens à vous faire remarquer que votre fils de 17 ans aurait bien plus de difficulté à se procurer de la drogue si celle ci était légale uniquement pour les adultes. La demande des mineurs (plus pauvre) ne permettrait pas aux dealers de vivre. A L’heure actuelle il est plus compliqué à un lycéen d’acheter d’acheter de l’alcool parce que les dealers ne demandent pas de pièce d’identité contrairement aux commerçants (qui ne le font malheureusement pas toujours et pas assez). Les jeunes néerlandais mineurs fument mois que leur homologue français pour la simple raison qu’ils ne peuvent pas entrer dans les coffeshops: Ils se feraient refouler. Quand la vente est interdite aux mineurs uniquement il devient bien plus facile et moral de mettre en taule les gens qui abusent de leur naïveté en leur vendant des produits certes récréatifs mais toxiques et qui impliquent une modération dont leurs parents doivent avoir le contrôle.

          Je pense sérieusement que votre mauvaise expérience familiale de la chose vous pousse à un raisonnement affectif qui brouille votre discernement sur ce sujet.

          • Et donc dans le cas de figure que vous décrivez, il y a bien la permanance d’un marché parallèle destiné aux exclus du système controlé. C’est habituellement un des arguments fort de la dépénalisation que de conclure à la disparition du trafic par extinction du marché… Quant à l’argument de la plus forte répression du fait de la vente exclusive à des mineurs, ce n’est pas une question de contexte juridique mais de volonté. Hors celle-ci n’existe pas aujourd’hui. Pourquoi existerait-elle demain? Je voudais bien croire aux vertus de la dépénalisation, hélas cela retombe toujours à plat.

            • Dans le cas du marché parallèle issu du Pays-Bas, le problème ne vient-il pas surtout du fait que les pays voisins continuent de prohiber? Et il se trouve que la France, la Belgique, pas très loin de la frontière, font justement grosse consommation du tabac qui rigole. Je pense que si les pays voisins légalisaient aussi, il n’y aurait plus besoin de monter des go-fast pour ramener de la drogue de là-bas, et de même le tourisme de la drogue cesserait de manière significative.

              Quoi qu’il en soit, il semble plus aisé de réprimer un marché parallèle dans le cadre d’une légalisation, que de mener une prétendue guerre contre des cartels. On pourrait trancher la question en demandant aux néerlandais s’ils regrettent la prohibition, ou s’ils n’ont finalement pas plus avantage à subir une inévitable contrebande, qui existe aussi bien pour les voitures, les alcools, les cigarettes, etc.

            • @DA: Vos objections ont le mérite d’être des arguments réels.
              Pour ce qui est du marché parallèle, outre la remarque de Dr Slump qui note avec pertinence que la prohibition des pays voisins favorise la marché parallèle, des grossistes étrangers, je tiens à atirer l’attention sur un point: La vente de drogue aux mineurs porte (dieu soit loué) un stigmate social qui rend l’activité peu rentable en terme de profit risque. Dénoncez le dealer du coin à Marseille et ses clients ne seront pas contents. Dénoncez le dealer de beuh qui ne vend qu’aux lycéens à Amsterdam, et les parents viendront vous remercier.
              Par ailleurs en légalisant la vente aux adultes on crée un système légal qui accapre la demande SOLVABLE. Les lycéens dans l’ensemble, ils sont fauchés. C’est pas en vendant dans les highschools que Pablo Escobar a bâti son empire. Donc clairement, légaliser ne solutionnerait pas tout, et comme il y a encore de l’alcool de contrebande (la bouteille de vin au black sans étiquette ni capsule) il y aurait encore de la drogue de contrebande. Mais entre le vigneron du coin qui fait une cuve de 1000 litre au black et Al Capone qui abreuve l’Amérique, je pense qu’il est facile de voir lequel est le plus dangereux pour la société dans son ensemble et pour les individus pris séparément d’autre part.

              Ceci dit si des gens prétendent que légaliser arrêtera tous les trafics pour toujours, effectivement ils se trompent ou ils mentent. La dessus je vous rejoins.

        • @ Hildebrand
          « C’est le cas de mon gamin de 17 ans qui fume depuis 5 ans, presque tous les jours, des fois le matin au réveil avant d’aller en classe. »

          Zut alors… la prohibition ça ne marche pas. Alors il en faut encore plus, forcément au bout d’un moment ça va marcher. Vide tes poches, baisse ton slip.

    • « Il y a donc d’un coté le biais anti-drogue, forcément irrationnel, des Français, de l’autre l’avis, forcément juste, des drogués. »

      Les drogués sur les forums n’ont aucun intérêt à mentir ou à faire du sensationnalisme. les journaleux si. Rien que ça, ça doit inciter à plus de prudence quant aux propos des premiers.

      « Concernant la prohibition, et son effet sur l’usage des drogues et donc aussi sur la santé publique (pardon de ce mot je n’en vois pas d’autre pour l’idée), ne faut-il pas prendre en compte l’effet dissuasif de la prohibition sur la consommation ? »

      Cet effet dissuasif existe j’en suis certain, et pourtant il est aussi efficace qu’un radar automatique: Des qu’on sait qu’il n’y a pas de radar, on appuie sur le champignon… Par ailleurs, cette question de l’effet dissuasif est fondée sur l’idée qu’il faut que les gens se droguent moins. je vous le dis franchement, je hais ce présupposé fllatieux. Certes on peut raisonnablement penser que ces gens seraient en meilleure santé physique et mentale s’ils se droguaient moins. Et alors? Vous doivent ils d’être en bonne santé? Le doivent ils à l’Etat?
      Par ailleurs, tous les prohibitionnistes qui avancent cet argument sont au mieux incohérent, et au pire des menteurs. Si la santé était votre préoccupation, vous vous péoccuperiez de faire interdire l’alcool. Or je suis quai certain que non seulement vous n’etes pas un prohibitionniste de la bibine mais qu#en plus vous en consommez.

      « – Abandonner la prohibition serait aussi une affirmation de l’acceptabilité de la consommation de drogues. »

      Non! Ce qui est moral n’a pas à être confondu avec ce qui est légal. Tromper sa femme est immoral. On castre? Tromper son mari, aussi immoral que cela puisse être ne doit pas engendrer de lapidation. Pourquoi des lors l’immoralité de la prise de drogue devrait elle engendrer l’emprisonnement? Ce qui doit être poursuivi par la loi est ce qui cause un préjudice à autrui. En quoi le junkie déchet de la société vous porte il préjudice (sécurité sociale mise à part)?

      « – Ce serait aussi une baisse des prix, et de ce fait, une augmentation des quantités vendues. »

      Faux. Les expériences sur le tabac le confirment: La hausse du prix ne fait pas baisser la consommation, ou dans des quantités très marginales. L’élasticité de l demande par rapport au prix est quasi nulle sur les drogues. Ca se coprend facilement: Un toxico payera le prix qu’il faut payer pour satisfaire son manque de toute facon. Une personne qui essaye ne compte pas devenir accro et peut largement se payer une petite soirée drogue, même à 60EUR le gramme de coke quand on sait que des gens payent plus de 120EUR pour du mauvais whisky dans des boites de nuit pourries ou on passe de la musique de merde. Votre argument est donc très mauvais sur toute la ligne.

      « Bref, une société avec plus de drogués, et donc, si les drogues sont nocives, une hausse des maux. La prohibition n’est peut-être pas une bonne chose, mais c’est peut-être un moindre mal. »

      Sauf que le drogué choisit son mal, alors que le taulard ne choisit pas la taule. Comment osez vous prétendre que se faire mettre en prison est un moindre mal par rapport au fait d’être un toxicomane? Si c’était une meilleure situation, alors pourquoi les parents ne dénoncent ils pas leurs enfants? Pourquoi les toxicos ne vont ils pas d’eux même en prison? Non, la prohibition est une inquisition moderne digne de Torquemada. u devoir d’être un bon chrétien sous peine de torture, on a substitué le devoir d’être en bonne santé. La sécu a remplacé l’église. Je vomis vos propos monsieur. Si on vous écoute, un jeune qui vendait des barettes de shit à ses copains consentants mérite de se faire foutre en taule et de devenir l’anus public des gangsters qui vont le violer en prison.

      Votre propos est aussi logique que celui ci:

      « Bref, une société avec plus d’alcoliques, et donc, si les alcools son nocifs, une hausse des maux. La prohibition n’est peut-être pas une bonne chose, mais c’est peut-être un moindre mal. »

      Ou que celui ci:

      « Bref, une société avec plus de caféinomanes, et donc, si le café est nocif, une hausse des maux. La prohibition du café n’est peut-être pas une bonne chose, mais c’est peut-être un moindre mal. »

      Non ce n’est pas peut être un moindre mal. C’est le pire des deux maux, la source du trafic, la nourriture de la violence et une des racines de la criminalité endémique. Soutenir la prohibition c’est soutenir les cartels les gangs et la misère des toxicomanes. C’est aussi soutenir la criminalité des toxicos, qui dans le cadre d’une drogue légale et donc pas très chère pourraient subvenir à leurs besoin rien qu’avec le revenu de la mendicité. Tout votre commentaire est un gigantesque mensonge.

      Et comme d’hab vous ne répondrez que partiellement, ou à coté ou pas du tout. Les prohibitionnistes me débectent dans leur inaptitude à se remettre en question. Vous êtes un opprobre à l’idée même d’honnêteté intellectuelle monsieur.

      • Mais oui, monsieur, ceux qui ont un avis différents du vôtre ont forcément le discernement brouillé en plus d’être intellectuellement malhonnêtes.

        Je vous laisse donc à votre vomi.

        • Je l’avais prédit:

          « Et comme d’hab vous ne répondrez que partiellement, ou à coté ou pas du tout. Les prohibitionnistes me débectent dans leur inaptitude à se remettre en question. Vous êtes un opprobre à l’idée même d’honnêteté intellectuelle monsieur. »

          Vous n’avez aucun argument. Rien… Mais allez y, faites passer votre mépris et la vacuité de vos arguments pour de la superbe; tout le monde y croit!

          C’est toujours quand on leur met le nez dans leur contradictions et leurs nullité intellectuelle que les prohibitionnistes font voir leur vrai visage. Oui je juge vos arguents comme minables et je dis pourquoi. Si je suis autant une baudruche que ca expliquez moi pourquoi?

          TU M ETONNES QUE JE ME DROGUERAI AVEC UN PÈRE QUI SE COMPORTE COMME CA… Oui cette dernière phrase est bête et méchante. Mais pourquoi devrais-je servir autre chose? Puisque l’affectif de monsieur est une raison est une raison suffisante pour justifier la persécution et l’incarcération d’autrui, pourquoi devrais-je prendre des pincettes avec lui?

            • Ouais ca m’a pas non plus réjouit d’écrire ca… J’aurai préféré un débat mais il semble que ce monsieur soit juste venu débiter son laius sans plus de conviction. J’en ai rajouté sur la provoc, je l’admets, mais si on fait pas ca, on se prends des arguments paternalistes qui se prétendent « de bon sens ». Les prohibitionnistes sont en fait des lâches qui n’osent pas regarder la réalité en face et demandent à la police de « Cacher ce joint que je ne saurai voir. » C’est de la tartufferie tout ca…

              • +1 il y en a marre du paternalisme 😉

                • Ah ! Mais, Adèle, c’est Mitch qui parle de paternalisme. Ne le croyez pas sur parole avant de compter les points. Si vous avez lu les rares et courts commentaires que j’ai postés, vous ne m’avez pas vu décider d’une politique paternaliste. Je me suis borné, sur la base de l’article de l’auteur, à essayer de montrer que justement la question mérite discussion et que l’interdiction des drogues peut avoir des arguments en sa faveur.

                  Ensuite, dans ses longues diatribes, notre cher Mitch m’explique je que suis malhonnête, que mes capacités cognitives sont atteintes parce que des proches se droguent, que je le fais vomir, etc. Vous comprendrez que je n’ai pas envie de discuter avec lui.

                  Alors, certes, c’est cool de s’afficher contre le paternalisme et de donner des points.

                  Le plus drôle est que je trouve son opinion, sous le post de l’auteur, intéressante (mais parce qu’assez proche de ce que je peux penser).

                  • Heu Hildebrand… Notre conversation mise à part, je crois que vous interprêtez mal mes propos d’Adèle. Elle se fout de ma gueule en fait… C’est rapport à une autre discussion ou je lui reproche d’être obnubilée par ce qu’elle appelle le Patriarcat. Patriarcat- paternalisme… Elle m’envoie une vanne en fait.

                    Ceci dit, revenons à nos moutons:

                    « Ensuite, dans ses longues diatribes, notre cher Mitch m’explique je que suis malhonnête, que mes capacités cognitives sont atteintes parce que des proches se droguent, que je le fais vomir, etc. Vous comprendrez que je n’ai pas envie de discuter avec lui. »

                    Et c’est vachement commode de prendre ces petits points qui représentent même pas 5% de mes posts pour éviter de répondre au 95% ou je démonte méthodiquement et sans aucune attaque personelle, le moindre de vos propos…

                    En plus c’est vous qui avez reconnu que la situation de votre fils vous poussez à penser ce que vous écrivez. Si vous ne voulez pas qu’on parle de vous, ne parlez pas de vous…

            • Vous me peinez, Franz. Lisez ce que j’ai écrit, et lisez les propos de Mitch. Jugez donc si cela vaut la peine de répondre. Ce n’est pas parce qu’il hurle qu’il a raison.

              Au fait, comme l’autre, j’étais pour avant d’être contre, mais la réalité est cruelle.

              • Votre opinion n’est pas un argument.

                • On est pas sur RMC…

                • On dirait que vous ne savez pas ce que c’est qu’un argument. Ou peut-être croyez-vous que ce sont les opinions qui vont dans votre sens ?

                  • http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/argument/5210

                    Raisonnement, preuve destinés à appuyer une affirmation : Des arguments convaincants.

                    Aucun raisonnement de votre part sinon l’affirmation de vos opinions.
                    Le monsieur vous dit que, quelque soit votre opinion sur la drogue ou les fantasmatiques ravages qu’elle créerait dans la société si elle était légal (très loin d’être prouvé), vous n’avez pas le DROIT d’interdire au autres de se droguer.

                    • Dexter, je vois avec plaisir que vous avez fait des recherches sur la question de l’argumentation. Il ne vous reste plus qu’à appliquer la chose.

                      Tenez, en ce qui vous concerne : vous écrivez : « Aucun raisonnement de votre part sinon l’affirmation de vos opinions. » Personne ne verra la dedans autre chose qu’une affirmation de votre opinion. D’accord ?

                      Ensuite, vous résumez l’opinion de Mitch : « Le monsieur vous dit que, quelque soit votre opinion sur la drogue ou les fantasmatiques ravages qu’elle créerait dans la société si elle était légal (très loin d’être prouvé), vous n’avez pas le DROIT d’interdire au autres de se droguer. » Fort bien résumé, mais qu’y a-t-il là ? Rien d’autre que l’affirmation d’un droit de se droguer, quelles que soient les conséquences. Oui, une simple affirmation, aucun argument.

                      Quant à moi, qu’ai-je dis ?

                      1/ que si on admet que la drogue est nocive, la légaliser aura pour conséquence la baisse des prix (une affirmation certes, mais le raisonnement est tellement évident que j’estimais inutile de le produire : plus de risque d’être pris par la police, donc plus de prie de risque, et des coûts se rapprochant des coûts de production, pour peu qu’il y ait concurrence).

                      2/ Ensuite, s’il y a baisse des prix, toutes choses égales par ailleurs, la quantité demandée augmentera. C’est une règle fondamentale de la science économique. Ensuite, la mesure de l’augmentation dépendra bien sûr de l’élasticité de la courbe de demande, pas besoin du copié/collé de Mitch pour le savoir. Et que Mitch n’oublie pas que l’élasticité des courbes est différente à court et à long terme. A long terme elle est toujours plus élastique. Si Mitch connait si bien la forme des courbes, fort bien, qu’il se lance dans les affaires, il sera vite millionnaire.

                      3/ Enfin, que 1 et 2 aura pour conséquence plus de drogués, et donc de personnes malheureuses.

                      La conclusion de ceci, c’est que la question de la prohibition, des degrés de celle-ci, ou de la libéralisation, devrait se discuter. D’ailleurs Mitch est prohibitionniste puisqu’il veut interdire la chose aux mineurs.

                      Avez-vous compris ?

                    • @Hildebrand,

                      Votre hypothèse sur l’augmentation de la consommation est discutable, et votre objection à propos du long terme est peu étayée. En effet selon la science économique « académique », cette différence à long terme est plutôt observée dans la cas d’une augmentation du prix, et consécutive à la recherche de produits de substitution qui REDUISENT la demande du dit produit. Je trouve donc cet argument fort peu à propos. Par ailleurs vous dites qu’à long terme elle est toujours plus élastique, et malgré des études plutôt approfondies du sujet je n’ai jamais vu que des « parfois » sur ce sujet, et jamais des « toujours ». Si on reprend une fois de plus l’analogie de l’alcool, je ne connais pas beaucoup de gens qui boiraient plus, même à long terme, si l’alcool baissait de 25% en terme de prix. C’est d’ailleurs pour ca que l’Etat le taxe: Il sait qu’il peut augmenter le prix sans mettre en danger l’assiète fiscale…

                      Mais admettons tout de même votre hypothèse pour mieux explorer votre raisonnement.

                      Vous dites que si la consommation augmente il y aura plus de personnes malheureuses. Pourquoi croyez vous ça? Pensez vous vraiment que les toxicos soient tous malheureux? Pensez vous que personne ne peut être heureux ET drogué?

                      Mais une fois de plus, admettons. Je ne suis pas d’accord, mais admettons…

                      Est ce une obligation de rendre les gens heureux, et pensez vous que vous rendez les gens plus heureux en les mettant en prison quand ils se droguent? Ne percevez vous pas une contradiction entre le fait de punir autrui par l’incarcération et le fait de se soucier du bonheur d’autrui?

                      Veuillez pardonner le sarcasme, mais en gros c’est le bonheur ou la taule… Vous ne voyez pas poindre l’horreur derrière ce concept? N’avez vous pas l’impression de faire état ici de votre volonté d’imposer à autrui une vision du bonheur qui est franchement la votre et de ne pas vous soucier réellement du bonheur d’autrui? Qu’on se permette ce genre de chose avec un enfant, ca peut se comprendre, mais il me semble que votre conclusion révèle à quel vous vous faites peu de cas des désirs des individus.

                      Quant votre boutade de fin de commentaire pardonnez moi mais elle est risible tellement vous jouez sur les mots. Nul ne niera que la prohibition de l’alcool est finie aux USA alors qu’il est toujours strictement interdit d’en vendre à des personnes de moins de 21 ans. Des lors, il semble que vous faites une grave confusion entre la prohibition et la règlementation de la consommation des mineurs. La conduite automobile (interdite aux mineurs) est elle prohibée?

                      Je trouve que votre position intellectuelle est fondée sur des connaissances économiques très superficielles, des convictions en contradiction avec elle même et des termes galvaudés. Ca fait un peu beaucoup d’approximation de légèreté pour quelqu’un qui réclame une telle rigueur dans la forme de l’expression et l’aspect respectueux du discours. Pardonnez moi de le dire ainsi mais si vous avez tant à reprocher à mon agressivité, je dois avouer que j’ai l’impression d’avoir mis en lumière le fait que votre absence de rigueur intellectuelle ne manifeste pas non plus un grand respect pour vos interlocuteurs. Vous ne remplissez pas beaucoup la gamelle intellectuelle et le peu que vous y mettez est franchement fâde voire écoeurant.

                    • « 3/ Enfin, que 1 et 2 aura pour conséquence plus de drogués, et donc de personnes malheureuses. »

                      Celle là, fallait l’oser (le donc).
                      Laisser les gens libres de faire ce qu’ils veulent tant qu’il n’y a pas de victimes, ce n’est pas une opinion c’est le principe de la liberté. Mais les forcer à faire ou ne pas faire en sous-tendant cela par notre propre idée du bonheur c’est du totalitarisme : système politique dans lequel l’État, au nom d’une idéologie, exerce une mainmise sur la totalité des activités individuelles.
                      Outre le parallèle avec l’alcool déjà abordé ici, vous devriez donc prohiber la consommation excessive de nourritures (2000kcalories par personne?), l’utilisation de véhicules trop puissant (100CV?), les sports extrêmes, le SM… et toussa pour le bonheur des individus.

              • Mais oui, je hurle avec un clavier maintenant… J’imagine que c’est une license poetique?

                Sachez monsieur que ce n’est pas parce que vous êtes un papa en colère que vous avez raison non plus. J’admets, je n’ai pas été tendre, mais vous ne pouvez pas non plus dire que je ne vous ai pas adressé une réponse pertinente. La forme ne vous plait peut etre pas, mais j’ose dire sans rougir que que le fond de mon propos a bien plus de substance et de recul que le votre.

                Après si vous etes la pour qu’on vous fasse des ronds de jambe, il faut le dire plus clairement.

                Oui c’est vrai j’ai exprimé du dégoût pour vos idées éculées et martelées cent fois par des gens qui n’avaient pas réfléchi au problème et qui se rendent complice de la persécution d’autrui pour des prétextes futiles. La prohibition c’est la persécution des toxicos et de leurs fournisseurs. Que ce soit pour le cannabis l’alcool ou la coke, c’est toujours les mêmes arguments qui ressortent: Des gens savent ce qui est bon pour autrui et se permettent de les obliger à vivre selon leurs critères. C’est du despotisme. Si c’est ça que je pense de vos affirmations je devrai vous le dire avec des fleurs? Non. Je vous le dis crûment, franchement et avec des arguments. Par ailleurs je me suis relu et je peux vous dire que franchement vous faites un peu votre pucelle effarouchée, parce que dans le genre propos offensant, sur l’échelle du web, on peut pas dire que je tape très haut. Je crois surtout que vous ne trouvez pas grand chose à répondre et que ca vous fait bien trop mal de l’admettre.

    • En terme de santé publique, pardon, c’est peanuts, et tout à fait marginal par rapport à d’autres phénomènes tels que l’obésité, ou si vous préférez le tabagisme. Donc cette raison est pour le moins faible. En terme de criminalité, on est bien d’accord, c’est une toute autre échelle, et la prohibition est la complice hypocrite du trafic de drogue. Relisez l’histoire de la prohibition aux Etats-Unis… bien des membres de la haute société et de l’état, publiquement très à cheval sur la morale, étaient en fait corrompus, complices, et consommateurs de l’affreux-alcool-boisson-du-diable.

      Aujourd’hui on en est au même point avec « la drogue », fourre-tout commode dans lequel on met aussi bien des plantes qui soignent l’addiction, mais qui ont le malheur d’être « hallucinogènes », que des produits raffinés purs qui sont pour le coup dangereux. Et quand on tente d’opposer des faits, des points de vue rationnels et étayés, les prohibitionnistes vous brandissent l’image d’un junkie en état de défonce avancé, image forcément déplorable d’une loque, mais sûrement pas représentative de la réalité, qui est bien plus diverse et complexe.

      La vérité est que les prohibitionnistes sont surtout mus par des raisons morales: la défonce, le délire psychédélique, c’est pour eux une vision de déchéance immorale. Vous avez le droit de détester la drogue pour des raisons personnelles, mais pas le droit d’empêcher les autres d’en consommer, fût-ce pour se défoncer, et tant que leur défonce ne cause pas de tort à autrui. Si quelqu’un se détruit à cause de l’alcool, on a souvent tendance à lui trouver des excuses: les problèmes, les souffrances, la pauvreté, toussa… mais pour « la » drogue, c’est de toute façon impardonnable.

      Bien d’autres arguments dans l’ouvrage très documenté de Tom Verdier « Lucie dans le ciel ». Je vous le recommande.

    • « affirmation de l’acceptabilité de la consommation »

      de la QUOI?

  • ce qui est super avec les drogues c’est qu’il n’y a pas de gros investissements avant la mise sur le marché.

    Pour un médicament il faut souvent disposer d’au moins 1 milliard en R&D, dont une bonne partie dans des études de toxicologies(ce qui n’empêche pas toujours les drames sanitaires).

    En plus, pour en parler il faut faire appel à des médecins renommés ou des chercheurs qualifiés, quand pour les drogues un journaliste people ou un étudiant en science politique suffit ! 🙂

    • Merci d’avoir cité un fait, vous en dîtes plus en une ligne que Mitch et Slump réunis en 7 heures et 22 minutes.

    • Et c’est bien naturel: les médicaments mis sur le marché vont être utilisés par des millions de gens, encore heureux que les labos soient soumis à des règles draconiennes! Ce qui n’empêche pas des malversations avec le concours de l’état, l’affaire Servier ça vous dit quelque chose sans doute, oui?

      Tandis que les drogues vraiment dangereuses telles que l’héroïne, le crack, la cocaïne, ne sont consommées, quoi qu’on en dise, que par une minorité de gens, et n’ont qu’un impact marginal sur la santé publique. Voyez plutôt: 49.000 morts par an à cause de l’alcool, on évalue moins de 200 morts par an dus au cannabis et ce par accident de la circulation, et moins de 400 morts par an dus par overdose et sida pour les opiacés. Bref: you fail !

      http://www.ofdt.fr/produits-et-addictions/vue-d-ensemble/

      Il est très facile de brandir l’image d’un junkie en état de loque à cause de son état d’addiction avancée, et de faire de ce cas ridiculement minoritaire un exemple général et caricatural de « la » drogue comme mal absolu, et faire passer ainsi tous les consommateurs de plantes et drogues de synthèse diverses pour des dépravés qu’ils ne sont pas, comme ça, juste en quelques secondes d’antenne TV parfaitement démagogiques.

      • Je pense surtout que ce besoin de validation des médicaments par des autorités médicales est due au fait qu’il y a une notice d’utilisation qui se vante de traiter telle ou telle affection, ce qui ne reste que des promesses si elles ne sont pas vérifiées.
        La drogue n’a jamais rien promis.

      • Beaucoup des effet nocif de la drogue vienne des produits qui la coupe… Et donc de la prohibition.

  • Je regrette le biais libertaire de ce site libéral de qualité, notamment au sujet des drogues.
    Le libéralisme n’est pas forcément une idéologie totalitaire qui s’applique à tous les domaines, mais peut être cantonné à la vie économique.
    Ce libéralisme moral ou libertaire, c’est le libéralisme des forts qui résistent à tout et ne préocuppent pas des moins malins qui vont tomber dans tous les panneaux, notamment ceux de la drogue et de la pornographie. Il ne bénéficie pas à toute la société comme le libéralisme économique.
    Ironie et paradoxe, ce libéralisme libertaire est partagé avec les socialistes (avortement, PMA, GPA, salles de shoot etc…).
    Je l’analyse comme l’expression politique de l’individualisme, toute notion de société (famille, patrie) ayant été abolie.
    Néanmoins, les libéraux intégristes ou libertariens pourraient rendre service aux libéraux conservateurs car dans une société intégralement libérale il est possible que la vertu réussisse mieux que le vice et que ce dernier, bien que autorisé, se voit à terme marginalisé dans une société qui deviendrait de fait libérale-conservatrice.

    • « des forts qui résistent à tout et ne préocuppent pas des moins malins qui vont tomber dans tous les panneaux, notamment ceux de la drogue et de la pornographie »

      LOL

    • @T.Philippe:

      « Le libéralisme n’est pas forcément une idéologie totalitaire qui s’applique à tous les domaines, mais peut être cantonné à la vie économique. »

      Le libéralisme est une théorie du droit. Si vous vous limitez à du « libéralisme économique » vous ne pouvez pas être vraiment libéral. Tout au mieux, business friendly… Le libéralisme au départ c’est le principe de non agression. Il se trouve qu’appliqué à l’économie effectivement ca marche très bien aussi. Mais ce qui me choque c’est que votre conservatisme anti drogue c’est qu’il a abouti à une situation où on incarcère des gens qui n’ont eu pour seul tort que de vendre un produit à des gens qui voulaient l’acheter, d’avoir cultivé certaines plantes, ou d’avoir consommé certaines substances. Et après ce sont les libertarien les « totalitaires ». Mouais… votre prohibition ne tolère même pas qu’on présente la drogue sous un jour favorable et réduit donc la liberté d’expression d’opinions opposés au votre, mais les libertariens sont les totalitaires? C’te blague!

      La pornographie est une business c’est aussi de l’économie. L’alcool (une drogue) est un secteur économique, les armes également, la médecine obstétrique également, la médecine génétique aussi ainsi que la prostitution. Des lors vous voulez faire du libéralisme économique sauf la ou ca vous arrange. Le problème est que votre « sauf » il est complètement arbitraire. Une fois de plus nous faisons face ici à une personne qui sous couvert d’une attitude de bon père de famille de raisonnable, se comporte comme le père de Gérard: « oui ben le pinard c’est pas interdit que je sache! » et « A 40 and vous serez de loques humaines. »

      Les socialistes en partagent bien plus avec vous que vous ne le croyez. Prenons l’histoire de la répression anti drogue par exemple:

      Premiere interdiction des drogues sous la troisième république: 1916 Aristide brillant: Socialiste…

      « Ce libéralisme moral ou libertaire, c’est le libéralisme des forts qui résistent à tout et ne préocuppent pas des moins malins qui vont tomber dans tous les panneaux, notamment ceux de la drogue et de la pornographie. »

      Et voila, le bon vieux piège qui veut asservir tout le monde au nom de la protection des faibles… Mais vous savez que les socialistes vont vous ressortir exactement le MEME argument pour contredire votre libéralisme économique? Pourquoi est ce que cet argument serait plus valable pour la pornographie et moins pour les gens qui se font tondre par leur patron par exemple?

       » Il ne bénéficie pas à toute la société comme le libéralisme économique. »

      Oh le flagrant délit de constructivisme… Alors vous nous reprochez de ressembler aux socialistes mais vous recherchez des trucs qui « bénéficient à toute la société »… Gros malin va… Une fois de plus les socialos vous diront la même chose de la sécu, du smic du déficit budgétaire etc…

      Regardons maintenant votre si adorée prohibition. Le mec qui se prend des injonctions thérapeutiques voir de la prison ferme poiur avoir voulu cultiver du cannabis pour lui meme, il bénéficie vachement de la prohibition… Le type qui n’aurait pas fumé de toute facon parce que ca n’est pas ses valeurs et qui paye la brigade des stups à coup de TVA, il en profite vachement aussi de la prohibition. Il la finance et ne prend pas moins de drogue que si ca avait été légal… Le chef de gang mafieux, LUI il en profite bien de la prohibition. Et son pote le flic corrompu, il déteste pas ca non plus…

      « Je l’analyse comme l’expression politique de l’individualisme, toute notion de société (famille, patrie) ayant été abolie. »

      Moi j’analyse votre constructivisme comme l’expression du despotisme , toute notion d’individualité (subjectivité, gouts personnels choix de vie et de mort) ayant été aboli.

      Comme vous le notez vous même, le libéralisme n’empêche pas les gens de vivre comme des bons chrétiens conservateurs, soucieux de leur prochain prônant la modération dans le sexe l’abstinence de paradis artificiels, etc… Et c’est très bien comme ca. Si vous pensez que la société va naturellement évoluer vers le conservatisme par une espèce de sélection naturelle, et bien alors pourquoi ne faites vous pas confiance aux votre pour gagner cette bataille par la vertu de l’exemple au lieu de prôner l’incarcération de votre prochain sous des prétextes futiles? Pourquoi alors prôner la violence à l’encontre de ceux qui font des choix de vie différents du votre? Pourquoi vouloir les forcer à être heureux, au point de les menacer de prison s’ils ne le sont pas de la manière que vous avez choisi?

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