Comment forcer Google à vous oublier ?

Google - Credits : Carlos Luna via Flickr (CC BY 2.0)

Depuis janvier 2015, Google a rendu disponible le téléchargement de l’historique de recherche et son effacement partiel ou total. L’opération est particulièrement simple

Par Thierry Berthier.

Google - Credits : Carlos Luna via Flickr (CC BY 2.0)
Google – Credits : Carlos Luna via Flickr (CC BY 2.0)

On lit souvent que « Google sait tout de nous », en oubliant un peu vite que si Google détient effectivement de l’information sur ses utilisateurs, c’est avant tout parce que ces derniers se confient à lui quotidiennement et sans retenue, par l’intermédiaire des requêtes effectuées. Dans les faits, Google apprend et n’oublie rien de nos interactions avec lui. Notre projection algorithmique    googlienne rassemble alors une partie importante de notre vécu numérique. Les requêtes que nous lançons sur le moteur traduisent immédiatement nos centres d’intérêts, nos questionnements, nos affinités, nos peurs, nos croyances, nos faiblesses, nos tropismes. Google sait beaucoup de nous grâce aux questions que nous lui posons. Une fois croisées, ces questions définissent une partie importante de la projection algorithmique individuelle et permettent de déduire de nouvelles informations qui ne figuraient pas explicitement dans la recherche initiale.  Lorsque nous effectuons une requête sur le moteur de recherche, celle-ci est systématiquement archivée dans l’historique de recherche, en local sur l’historique du navigateur mais également sur l’historique associé au compte utilisateur Google et sur celui associé à l’IP de la machine utilisée. Il est inutile de rappeler que vider régulièrement l’historique du navigateur n’a aucun effet sur l’historique global de recherche détenu par Google et stocké sur ses serveurs.

Toutefois, depuis janvier 2015, Google a rendu disponible le téléchargement de l’historique de recherche et son effacement partiel ou total. L’opération est particulièrement simple :

Il suffit de suivre le lien suivant  https://history.google.com, de se connecter à son compte puis  de cliquer sur le bouton d’engrenage en haut à droite de la page qui offre alors 4 sous-menus :

  • 1- Paramètres,
  • 2- Télécharger,
  • 3- Aide,
  • 4- Supprimer des éléments.

Si vous ne cherchez qu’à nettoyer l’historique des recherches, il suffit de choisir le quatrième menu puis de sélectionner la période de suppression : de l’heure passée, de la journée passée, de la semaine passée, des quatre dernières semaines, ou depuis toujours. Le « Depuis toujours » laisse entendre que l’historique des recherches est supprimé depuis la date d’activation du compte mais qu’en est-t-il réellement ? L’utilisateur n’a en effet aucune assurance que son historique n’a pas fait l’objet d’une archive non accessible stockée quelque part chez Google… D’autre part, l’historique de navigation associé à l’IP de la machine utilisée n’est pas concerné par cette fonctionnalité.  Pourtant, l’intérêt d’un tel nettoyage existe bien. Il réside essentiellement dans la minimisation du risque de collecte des données de recherche réalisé à partir d’un piratage du compte personnel. C’est un  argument important car si les requêtes personnelles sont parlantes pour Google, elle le sont aussi pour une cellule de hacking dans le cadre d’une opération de Ransomware ou d’ingénierie sociale ciblée en phase de pré-attaque. Moralité : Nettoyons régulièrement notre historique de recherche car il peut être hacké et servir à des fins malveillantes.

On peut aussi souhaiter conserver son historique de requêtes, le consulter et le télécharger. Dans ce cas, l’opération est très simple. Il suffit de choisir l’option 2-Télécharger. Google prépare alors généreusement un fichier d’archive zip contenant l’ensemble des recherches. C’est l’occasion d’observer l’étendue de sa projection algorithmique googlienne à travers les questions posées au moteur. Sur une longue période, on retrouve la chronologie des événements qui ont suscité des requêtes. Le volume des requêtes révèle aussi notre degré de dépendance à Google et la place qu’il occupe désormais dans nos mécanismes cognitifs.

Liens :