L’engrenage de la vidéosurveillance à Paris

surveillance credits jonathan McIntosh (licence creative commons)

À Paris, les caméras de surveillance sont inefficaces pour lutter contre la délinquance mais performantes pour verbaliser les citoyens honnêtes.

Par le Parisien libéral

surveillance credits jonathan McIntosh (licence creative commons)
surveillance credits jonathan McIntosh (licence creative commons)

Décidément, à chaque fois que l’État nous annonce quelque chose de nouveau « pour notre sécurité », on peut s’attendre à ne pas être déçu. Prenez les caméras de vidéosurveillance qui ont transformé depuis des années la ville de Paris, en dépit du fait que ce soit une ville « de gauche ».

À la base, on nous avait dit que la vidéosurveillance devait servir à faire baisser la délinquance, et ce depuis 2009. Notons que l’ancienne première adjointe socialiste Anne Hidalgo était pour le projet tandis que Sylvain Garel (EELV) et Ian Brossat (PCF) étaient contre. Que le PS, EELV et le PCF aient quand même été alliés lors des dernières municipales alors qu’il ne sont d’accord sur rien, c’est secondaire. Passons.

Est-ce que la délinquance et l’insécurité ont baissé à Paris depuis 2009 ? Ne nous focalisons pas sur les incidents du Trocadéro liés au PSG, sur le décès d’Antoine, 20 ans, décédé à la dernière Saint-Sylvestre ou sur l’attaque de l’HyperCasher Porte de Vincennes. Prenons simplement la délinquance ordinaire : ces milliers d’actes qui pourrissent la vie des citoyens, comment évoluent-ils ?

Apparemment, ils explosent ! Et encore, on ne parle que des actes qui peuvent être recensés et faire l’objet de l’enregistrement d’une plainte. Mais quid des incivilités subie par les jeunes femmes dans le métro, quid des nombreuses atteintes à la propriété privée que l’on ne prend même plus la peine de relever, et enfin quid des libertés prises avec la loi par les agents mandatés par l’État lui-même ?

Bref, l’insécurité ne diminue pas, et ce n’est certainement pas avec des images de vidéosurveillance que l’on fera baisser les incivilités qui impactent la vie quotidienne des Parisiens. Ce n’est d’ailleurs même pas avec la vidéosurveillance qu’on arrivera à combattre des événements exceptionnels tels que la fusillade de Charlie Hebdo (en plein XIème arrondissement, un jour de semaine avec ses embouteillages habituels…).

Alors, à quoi vont servir toutes ces caméras ? Réponse : à vidéo-verbaliser ! Les caméras de vidéosurveillance, pour faire oublier leur inutilité dans la lutte contre le terrorisme aussi bien que contre les incivilités, auront au moins une utilité : ramener de l’argent dans les caisses de la ville de Paris. Et désormais, la vidéoverbalisation s’étendra à tout Paris. Comme le note Aurélien Véron, du Parti Libéral Démocrate, les caméras de surveillance devaient assurer notre sécurité, pas nous racketter. Au final, devinez ce qui l’emporte…

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