Baltimore : ce qui serait arrivé dans le fourgon de Police où a été placé Freddie Gray

Baltimore Police - Credits : Maryland National Guard via Flickr (CC BY-ND 2.0

Le procureur de l’État de Baltimore a déposé une série d’accusations contre six policiers pour la mort de l’Afro-Américain Freddie Gray.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

Baltimore Police - Maryland National Guard CC BY-ND 2.0)
Baltimore Police – Credits : Maryland National Guard via Flickr (CC BY-ND 2.0)

 

Coup de tonnerre à Baltimore. À la stupéfaction générale, le procureur d’État de Baltimore, Marily Mosby, a déposé une série d’accusations contre six policiers pour la mort de l’Afro-Américain Freddie Gray. L’homme de 25 ans avait été arrêté et détenu par la police le 12 avril dernier. Il aurait péri le 19 avril des suites de blessures qui seraient survenues lors de son transport dans le fourgon de police. Les trois policiers qui patrouillaient en bicyclette et qui ont arrêté Freddie Gray sont accusés d’arrestation illégale. Ils avaient trouvé un canif dans les poches de l’homme, ce qui n’est pas une infraction criminelle au Maryland. Ces policiers ont menotté Freddie Gray, l’ont obligé à s’asseoir, et l’ont étendu face contre terre.


Deux autres policiers sont venus chercher Freddie Gray en fourgon. Selon le procureur, ils ont chargé l’homme dans le véhicule sans lui faire porter une ceinture de sécurité. Freddie Gray s’est retrouvé dans le fourgon, la tête au sol, les jambes et les chevilles attachées avec des courroies en plastiques.

La mort de Freddie Gray était évitable

D’après Marily Mosby c’est parce qu’il était menotté, avait les jambes entravées et ne portait pas de ceinture que Freddie Gray a subi une blessure grave qui a causé sa mort. Sa colonne vertébrale a été sectionnée à 80% à la hauteur du cou. Même si des policiers ont pu constater que l’état de Freddie Gray se détériorait pendant son transport en fourgon, aucun d’entre eux n’aurait fait un effort pour évaluer son état et lui fournir une assistance médicale. Des accusations de négligence criminelle, d’homicide involontaire et de non respect de la vie humaine en ont résulté.

Ces accusations contre des policiers sont non seulement d’une gravité inhabituelle mais elles ont été déposées à la vitesse de l’éclair. Il n’aura fallu qu’à peine deux semaines après la mort de Freddie Gray pour que la justice se fasse entendre. Cette célérité a-t-elle été causée par la fureur populaire ? C’est un facteur, nul doute. Mais le détail des accusations démontre une analyse exhaustive des circonstances de la mort de l’homme. Le procureur estimait avoir un dossier assez solide pour aller de l’avant.

Si le policier impliqué dans la mort de Michael Brown à Ferguson et ceux qui étaient en cause dans celle d’Eric Garner, à Staten Island, ont pu échapper à des condamnations, l’avenir s’annonce plus sombre pour ceux qui sont accusés dans l’affaire Freddie Gray.

Au final, le président Barack Obama a raison. Justice doit être rendue.