Migrants de Méditerranée ? Halte à l’hypocrisie !

Quelques vérités que certains à l’extrême droite ne veulent pas entendre sur l’immigration.

Par le Parisien libéral.

immigration credits icars (CC BY-NC 2.0)
immigration credits icars (CC BY-NC 2.0)

 

Un bateau d’immigrés qui chavire, la médiatisation qui s’en suit, et ça y est, la planète politique s’émeut. Enfin, la planète politique… toute ? Non. Car un village peuplé d’irréductibles individus d’extrême droite résiste encore et toujours en restant fidèles à ses principes.

Mais au moins, quand les nationaux-socialistes disent « coulez les bateaux », ont-ils le mérite de ne pas tomber dans l’insupportable hypocrisie dont le Parti socialiste nous abreuve.

Déjà, un petit rappel : non, il n’y a pas de vague migratoire qui nous submergerait. Quand bien même un million d’Arabes et d’Africains débarqueraient sur les côtes européennes (nous sommes 500 millions au sein de l’UE…), cela ne représenterait que 0,09% du milliard et quelques d’Africains.

Les Africains, comme la plupart des personnes sur cette planète, ne rêvent pas tous de migrer. Ils rêvent de vivre en paix et avec un minimum, chez eux. Et quand ils migrent, ils ne se dirigent pas tous vers l’Europe. Ils vont d’abord vers des pays africains voisins ou vers le Golfe, en dehors du cas du Maghreb qui, lui, a des liens avec la France.

Ensuite, sur le cas spécifique des migrants de Méditerranée, dont la traversée signifie le plus souvent la mort, qui peut vraiment dire, parmi les responsables politiques des pays européens, que nous avons réellement envie de les sauver ? Qu’ils se noient dans un cas sur deux arrange bien tout le monde, à commencer par les autorités italiennes qui, elles, pour le coup, sont submergées par le phénomène, et ce alors que l’Italie n’est souvent pas la destination finale de ces migrants.

La plupart des États européens, à commencer par la France et les États membres de l’UE les plus socialistes, sont dans un dilemme.

Citons Serge Federbusch, qui a parfaitement résumé la situation, on ne saurait mieux dire :

« Cette triste situation nous renvoie à l’incohérence fondamentale des politiques migratoires. Si l’on prétend, comme la gauche française et une partie de la droite, défendre un modèle social fondé sur la solidarité nationale, avec des lois protectrices, des transferts et des aides en tout genre, alors l’immigration doit être strictement et sévèrement contrôlée. Il faut en finir avec le regroupement familial et tout ce qui permet l’entrée sur nos territoires autrement qu’au compte-goutte.

L’alternative que peu envisagent mais qui est pourtant cohérente serait de laisser l’Europe ouverte aux mouvements de population. Ceux qui veulent tenter leur chance peuvent s’y installer. Que le meilleur et le plus travailleur gagne ! Mais il faut alors être logique : cela implique la fin de l’État-providence et de tous les systèmes de législation protectrice de la main d’œuvre puisque, bien évidemment, de très nombreux migrants seront prêts à travailler sans salaire minimum ni droits sociaux et qu’il sera vite impossible de réprimer leurs employeurs. De même, il ne doit y avoir aucun système d’assistanat qui puisse créer une incitation à l’émigration. La logique de « gauche », libérale en matière migratoire, implique en réalité un ultra libéralisme économique que la gauche, incohérente, vomit. »

La France socialiste de Nicolas Hollande et de François Sarkozy n’a pas envie de voir débarquer des migrants prêts à bosser pour moins que le SMIC, voilà la réalité ! Et elle ne peut pas non plus supporter plus de gens qui ne travaillent pas, étant donné l’état des comptes sociaux du pays.

Alors, quand remettra-t-on en cause le modèle social à la française ?

Et quand cessera-t-on de donner une prime aux passeurs, en autorisant tout simplement les migrations ?

Quand les Anglais, les Français, les Allemands ou les Hollandais ont débarqué du Mayflower et des bateaux suivants, il n’y avait ni service de l’immigration pour les accueillir, ni service de la sécurité sociale pour leur garantir une vie sans travail. Ils ont bâti ce que sont devenus les États-Unis avec leur travail (volontaire pour les Européens mais aussi forcé pour les esclaves africains). Alors pourquoi, en Europe en 2015, ne pas également autoriser chacun à avoir sa chance ?

Reste, disent les identitaires, le problème de la compatibilité culturelle. En effet, a priori, nous sommes peu nombreux à souhaiter voir s’installer une république islamique en France. Mais est-ce qu’un pays où seulement 4% des habitants pratiquent la religion qui a un historique de plus de 1000 ans sur le territoire peut se plaindre de la progression d’autres religions ? Si les catholiques « non pratiquants » désertent les églises, pourquoi regrettent-ils ensuite l’installation de mosquées ? Tout en disant très clairement aux migrants quelles sont les règles en vigueur dans ce pays, et notamment la laïcité, héritage du christianisme, ce qui implique que ceux qui ne sont pas prêts à les accepter ne sont pas forcés de rester, peut être pouvons-nous ouvrir le dossier de notre propre rapport au sacré ?

Quelles que soient les décisions que nous prendrons pour régler ce problème de migrations trans-Méditerranée, il faudra qu’elles soient marquées du sceau de la cohérence. Soit nous voulons être une Corée du Nord, ultra-socialiste, où personne ne migre, soit nous voulons être une Suisse, libérale. Le fait que nos voisins supportent un taux d’étrangers bien plus élevé que chez nous montre que, manifestement, nos problèmes proviennent peut-être non pas de Lampedusa mais de Bercy.

Oh, one last thing. Puisque le sujet du racisme est connexe, quand cessera-t-on d’idéaliser les pays de transit des migrants, pour enfin dénoncer les violences dont sont victimes les immigrés au Maroc ou en Libye ? Pas politiquement correct ? C’est toute cette question de gestion de l’immigration qui ne l’est pas. Mais tant que la France refusera d’amender son système social, mais aussi ses lois anti-racistes (qui génèrent en fait davantage de racisme), les non-dits de l’immigration continueront à générer de la frustration chez les citoyens !


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