Thomas Piketty, le pape anti-inégalités s’excommunie lui-même

L’assourdissant retournement dont la presse française ne parle pas !

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Thomas Piketty (Crédits : PS du Loiret, licence Creative Commons)

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Thomas Piketty, le pape anti-inégalités s’excommunie lui-même

Publié le 25 mars 2015
- A +

Par Daniel Girard.

Thomas Piketty (Crédits : PS du Loiret, licence Creative Commons)
Thomas Piketty (Crédits : PS du Loiret, licence Creative Commons)

On comprend mieux pourquoi l’économiste français Thomas Piketty a refusé de recevoir la Légion d’Honneur à la suite du succès international de son livre Le Capital au XXIe siècle. L’économiste n’a jamais pensé que son ouvrage était à la hauteur des éloges dithyrambiques reçus depuis sa parution en anglais. Il n’a pas seulement reçu une pluie de compliments ; il a été l’objet d’une canonisation. Pour le Nobel Paul Krugman, il s’agissait du livre le plus important de l’année, voire de la décennie.

L’ouvrage avait valu à l’économiste une rencontre avec le secrétaire au Trésor des États-Unis Jacob Lew et avec les conseillers économiques de Barack Obama. La raison du buzz ? Dans son ouvrage Thomas Piketty concluait que le capitalisme menait inexorablement à une hausse du rendement du capital supérieure à la croissance économique (r>g). Une dynamique causant des inégalités éliminant les classes moyennes. L’ouvrage a interpelé Barack Obama en lutte contre l’inégalité. La gauche américaine ne jure que par cette analyse.

Coup de théâtre

Mais voilà que, coup de théâtre, Thomas Piketty reproche aux experts d’extrapoler en lisant son livre. Dans un article qui sera publié en mai dans le magazine American Economic Review, déjà disponible en ligne, il précise qu’il a analysé les inégalités jusqu’à la Première Guerre mondiale, et n’a pas abordé les cent dernières années. « Je ne considère même pas que le modèle que j’ai utilisé pour analyser les inégalités jusqu’à la première guerre mondiale est l’instrument principal pour expliquer le développement des inégalités au XXIe siècle » écrit-il. L’économiste pense qu’il faut plutôt examiner de près les chocs politiques et les changements institutionnels.

L’économiste précise que sa formule (r>g) ne s’applique pas à l’analyse des inégalités salariales entre les employés et les pdg… et ni, non plus, aux inégalités entre les revenus des travailleurs. Il souligne que les qualifications, le niveau de scolarité et les mécanismes de l’offre et de la demande sont plus pertinents que (r>g) comme instruments d’analyse. En fait, ajoute-t-il, l’inégalité des richesses est devenue moins extrême qu’il y a 100 ans.

Toute une volte-face… et une claque en pleine figure pour les économistes de gauche. Surtout considérant qu’en mai dernier, Paul Krugman avait qualifié le livre de Thomas Piketty de méditation magnifique sur les inégalités, prouvant hors de tout doute que l’Amérique était de retour aux niveaux d’inégalités du XIXe siècle, au capitalisme de patrimoine, dans lesquels les dynasties familiales priment sur les individus talentueux.

Un silence assourdissant

Comment réagit la gauche américaine (démocrate) à ce revirement ? Par un assourdissant silence. Robert Rosenkranz est le seul économiste ayant évoqué les mises au point de Thomas Piketty dans une tribune du Wall Street Journal. Pas un mot des chroniqueurs économiques du New York Times. Surtout pas de Paul Krugman. Il a délaissé l’analyse économique équilibrée depuis longtemps. Pour défendre ses vues de gauche, comme l’a remarqué le magazine britannique The Economist. N’était-il pas le seul économiste de renom à trouver que le président François Hollande gérait l’économie française avec brio ?

Comme l’inégalité sera un cheval de bataille des démocrates aux présidentielles, et comme l’œuvre de Thomas Piketty continue de faire le bonheur des départements de science économique des grandes universités américaines, on entendra à peine une mouche voler dans ce dossier. Mais au moins, Thomas Piketty aura eu le courage de s’élever contre ceux qui poussaient ses conclusions économiques trop loin. Il ne sera pas entendu. Pour bien des gens, ignorer la vérité leur permettra d’éviter la douleur de reconnaître avoir investi dans ce qui n’était pas vrai.

 

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  • Picketty avait-il mentionné cette précision dans son livre ?

  • « Dans un article qui sera publié en mai dans le magazine American Economic Review, déjà disponible en ligne »

    Un lien ?

  • Très intéressant !
    Concernant Paul Krugman c’est un clown, je comprends pas pourquoi un tel gars reçoit une telle tribune..

    • Question d’idéologie, évidemment. Paul Krugman défend la « bonne » idéologie. Piketty aussi. « Les inégalités, c’est MAAAL ». Piketty s’est peut-être rendu compte que les vrais économistes le prenaient pour un clown…

    • Prendre Krugman pour un clown est une grosse erreur. Il écrit bien, et pas des conneries (sauf exception, une fois de temps en temps comme tout le monde). La connerie, elle est dans ce qu’il ne dit pas alors qu’il devrait … mais ça ne plairait pas à son public.
      En fait, pour conserver sa tribune il a fallu qu’il apprenne à NE PLUS écrire ce genre de tribune (à diffuser très largement) qui est une terrible charge contre le la régulation étatique dans l’immobilier :
      http://www.nytimes.com/2000/06/07/opinion/reckonings-a-rent-affair.html

      • Je pense que vous n’avez lu son bouquin sur la crise de 2008, ou vous ne diriez pas cela. Depuis qu’il est devenu la voix des socialistes, il écrit connerie sur connerie. Il a clairement vendu son âme.

        • Jeff84 : « Je pense que vous n’avez lu son bouquin sur la crise de 2008, ou vous ne diriez pas cela. »

          Donc, ça veut dire que vous l’avez lu ? Si cela est vrai, vous pourriez peut-être me fournir les idées et arguments majeurs du livre ?

          • Pourquoi l’exiger de Jeff84 et pas de P, qui ne le fait pas plus?

          • Parce que mr « P » n’a jamais mentionné aucun livre de Krugman dans son commentaire, contrairement à Jeff84 qui a attaqué (et non défendu) Krugman. Mais aussi parce qu’il est probablement très rare (genre, de l’ordre de 1/1000) qu’un détracteur prendra la peine de lire les bouquins d’un auteur qu’il n’appréciait déjà pas. Les libertariens ne lisent pas les livres écrits par des socialistes, pour la même raison que les socialistes ne lisent pas les livres écrits par les libertariens. C’est pourquoi j’étais surpris du fait que Jeff84 parle comme s’il avait lu le livre de Krugman sur la crise de 2008.

            •  » Les libertariens ne lisent pas les livres écrits par des socialistes, pour la même raison que les socialistes ne lisent pas les livres écrits par les libertariens. »

              Encore un qui prend son cas pour une généralité…

              • Si les socialistes arrivaient déjà à comprendre les livres écrits par des socialistes…

                • Parce que les crétins comme Théo31 et Ph11 et autres diablotins qui sévissent sur Contrepoints comprennent quelque chose de la théorie autrichienne du capital ? Qu’ils vont me faire croire peut-être qu’ils ont lu Hayek et Mises sur la théorie des cycles économiques ?

                  Quelle blague…

                  Et quelle caricature, de façon générale. Je connais beaucoup de commentateurs socialistes que vous feriez bien de prendre au sérieux. Ils ont des arguments souvent solides, dans le sens où beaucoup de libertariens sont incapables d’y répondre.

                  Qu’est-ce que vous y connaissez par exemple de la théorie des coûts de transaction, d’information asymétrique, du monopsone, des paniques bancaires Diamond-Dybvib, et j’en passe ? Probablement rien, n’est-ce pas ?

                  Et si ce n’est pas sur un terrain théorique, ils vont vous poser une colle sur des événements délicats comme le scandale de Enron, ou encore l’échec de la privatisation de l’eau à Cochabamba (et les émeutes qui en ont suivi), etc. Généralement, de toutes les nombreuses discussions trouvées, j’ai compris que ce ne sont pas des questions que les libéraux parviennent à répondre suffisamment bien, et le plus souvent, c’est le silence complet.

                  Les socialistes ne sont pas aussi ignares que vous prétendez. J’en connais beaucoup qui ont un niveau que vous n’aurez jamais. Oh bien sûr, je pourrais citer des noms, mais j’ai souvent de mauvaises expériences avec ces gens là (très ou trop souvent des néo-keynésiens), et leur mauvaise foi légendaire fait que je ne souhaite pas donner de lien vers leur blog, de sorte qu’ils enregistrent des « hits » qu’ils ne méritent pas.

                  Une chose est certaine néanmoins. Si vous souhaitez trouver des adversaires robustes du côté des socialistes, lisez des sites/blogs anglais. Pas français. Je ne suis pas loin de la vérité quand je dis ça.

                  • des paniques bancaires Diamond-Dybvib, et j’en passe ?

                    Pas besoin d’être de l’ENA pour comprendre. Un excellent article a été publié sur Contrepoint.

              • Vous êtes un Bouffon c’est ça ? Votre pseudo vous va si bien. Je ne suis pas de ceux qui prennent leur cas pour une généralité, d’autant que je passe mon temps tirer sur tous ceux qui commettent le sophisme de croire qu’une anecdote est une donnée (c’est d’ailleurs le slogan de mon blog au passage).

                Ce que j’ai dit, c’est que je soupçonne la probabilité que vous trouveriez de tel cas ne serait pas très loin de l’ordre de 1/1000. Mon interrogation fut la suivante : posez la question à tous les libertariens que vous connaissez, et demandez leur de faire un résumé du livre de Piketty, chapitre par chapitre. Et comptez combien de personnes en sont capables. Et posez vous la question ensuite de savoir si d’autres personnes auront plus de chances que vous. Mon avis, c’est que les résultats seront infructueux.

                La raison est pourtant simple. Aucun idéologue ne souhaite lire un livre qui essaie de réfuter ses thèses favorites, dans la mesure où quelques uns des arguments étayés pourraient s’avérer juste. On préfère lire un auteur qui est de notre côté; au moins comme ça, on est certain de passer un bon moment de lecture. Qui voudrait « se faire chier » à lire un livre, après tout ? C’est pourquoi les anti-keynésiens ne lisent pas Keynes, et les anti-autrichiens ne lisent pas Hayek, Mises et Rothbard, ou encore George Selgin, Huerta de Soto, ou plus globablement le site Mises.org.

            • Heuu les libéraux connaissent mieux les socialistes et leurs arguments que la majorité des socialistes eux-mêmes. Je suis désolé, mais la règle est one-way. On est baigné dans le socialiste dès le plus jeune âge et on devient libéraux p-e ensuite, pas l’inverse.

              • Et il faut sacrément résister, par la force hélas parfois…

              • One-way ? Vous exagérez là. Au contraire, ça va dans les deux sens. Lisez ma réponse à « gameover ».

                Néanmoins, j’accepte l’idée que l’éducation forme les enfants à devenir des socialistes modèles. Et que de façon générale, le fonctionnement du socialisme (comparé au libertarianisme) semble reposer davantage sur l’émotion et le sophisme moralisateur.

                Les libéraux sont certainement des fanatiques, mais les socialistes, en plus d’être fanatiques, font des crises d’hystérie dès qu’on remet en cause les principes égalitaristes. Ces derniers, par conséquent, sont des adultes parfaitement fiers de leur immaturité.

                Pour autant, ça ne veut pas dire que j’accepte l’idée que la plupart des libéraux soient des intellectuels honnêtes. Nombreux ne le sont probablement pas.

                Les libéraux et socialistes ont une caractéristique en commun : avant de mettre en avant les principes et lois économiques comme guide intellectuel, ils mettent d’abord en avant les principes libéraux pour les premiers et les principes égalitaires pour les seconds. En d’autres termes, ils sont d’abord concernés par l’idéologie, pas par l’économie.

      • Krugman est très compétent pour ses travaux sur la mondialisation (c’est d’ailleurs pour cela qu’il a recu le prix nobel) mais pas pour le reste. depuis qu’il a recu le prix nobel, il s’est idéologisé. je ne le considère pas comme un économiste mais comme un idéologue. je ne dis pas que tout ce qu’il dit est faux, cela lui arrive de dire certaines choses intelligentes mais il raconte bcp de conneries, il est totalement pris dans son idéologie. il n’hésite pas comme piketty à prendre les chiffres qui l’arrange et à rejeter les chiffres qui contredisent son idéologie.

      • « qui est une terrible charge contre le la régulation étatique dans l’immobilier »

        On rappel qui a bien soutenu l’idée lumineuse de Bush au début de ce siècle, dans ce même secteur, et qui a provoqué les subprimes?

        Non, Krugman est un baltringue, comme tous les gens de son espèce, comme Piketty aussi. A force de changer de sens en fonction du vent, ils finissent toujours à un moment donné par toucher un peu de vérité, mais ce n’est que par hasard et sans s’en rendre compte.

        Quant à l’article, sur Piketty donc, après tout le foin qu’il a lui même fait, il prend vraiment les gens pour des cons. Il a fait des dizaines de plateaux télés sans jamais préciser ça, ça vient de tomber, c’est tout nouveau, c’est pourtant pas faute d’avoir été questionné à n’en plus finir dans tous les médias sur sa fameuse équation.

    • Parce qu’il est prix Nobel d’économie et qu’il a par ailleurs fait des travaux sérieux à un moment, ce qui lui a permis d’atteindre le statut d’éditorialiste pour lequel il est connu aujourd’hui. Il ne faut pas confondre les deux.

      • Justement, un type reconnu comme très compétent dans un domaine très précis (quel que soit le domaine) ne devrait JAMAIS devenir un référent universel pour les journaleux au carnet d’adresses réduit, encore moins un éditonobel.

    • Il a reçu un prix Nobel d’économie. Pas pour sa vision socialiste du monde, non. Mais pour ses travaux sur les échanges commerciaux. Cf. Son ouvrage intitulé »la mondialisation n’est pas coupable »

    • Krugman n’est pas un clown mais un idéologue qui n’hésite pas à prendre les chiffres qui l’arrange et à rejeter les chiffres qui contredisent son idéologie. voilà pourquoi il faut se méfier de ce qu’il dit. à noter qu’il est très compétent dans le domaine pour lequel il a recu le prix nobel c’est à dire sur la mondialisation.

  • « EH BIEN SUR PERSONNE N4EN PARLE BORDEL DE ZUT DE FLUTE!  »

    « Dans un article qui sera publié en mai dans le magazine American Economic Review, déjà disponible en ligne »

    On peut considérer que l’auteur nous prend pour des gros débiles ou qu’il nous troll ? ou les deux ?

    • « On peut considérer que l’auteur nous prend pour des gros débiles »

      Dans votre cas, il aurait probablement raison…

      • « On peut considérer que l’auteur nous prend pour des gros débiles » :Dans votre cas, il aurait probablement raison…

        ph11, vous m’enlevez les mots du clavier…

  • Un lien svp? J’arrive pas à trouver l’article ..

  • Ceux qui ont VRAIMENT lu le livre de Piketty, savent que ce dernier n’a jamais mis en avant le moindre précepte égalitaire (du moins dans ce livre), c’est un très bon ouvrage, Piketty est particulièrement modeste et prudent dans son approche, la première partie anéantie toutes les critiques que j’ai pu lire à son sujet. Encore, fallait-il avoir lu le livre.
    L’auteur du présent article étaye de quelle manière son titre : « Thomas Piketty, le pape anti-inégalités » ? En contraste avec l’auteur, Piketty ose apporter des solutions dans les derniers chapitres de l’ouvrage, avec lesquelles il est parfaitement admis de ne pas être d’accord, faut-il encore dire pourquoi. En quoi le fait de refuser d’^tre décoré de la légion d’honneur permet au même auteur le ton ironique qu’il emploi ? Libéral ? de façade…

    • RayCharles, je dois dire que vous avez parfaitement bien choisi votre pseudo.

      Car il faut vraiment être aveugle au dernier degré pour affirmer que « Piketty n’a jamais mis en avant le moindre précepte égalitaire dans son livre »

      • Citez moi un passage, un, un seul et après nous pousserons le débat.

        • « Ceux qui ont VRAIMENT lu le livre de Piketty, savent que ce dernier n’a jamais mis en avant le moindre précepte égalitaire « . Sacré RayCharles !

          En additionnant IR à 80% + ISF à 10%, on en arrive à un taux annuel de taxation d’environ 330% pour les plus riches. Vous gagnez 100 en année n, l’Etat vous confisque 330 en année n+1.

          Et encore, il ne s’agit là que d’une moyenne. Dans certaines circonstances, la note s’avère un poil plus salée. Prenez Larry Ellison, le fondateur d’Oracle. En 2013, ses revenus ont été de 107 millions de dollars et il aurait du s’acquitter d’une facture fiscale de… 5 milliards de dollars.

          Autre cas intéressant, celui de Mark Zuckerberg. En 2013, son entrée en bourse lui a permis de gagner 15 milliards de dollars. 80 % d’IR sur 15 milliards de revenus + 10 % d’ISF sur son patrimoine de 22 milliards (après IR) = 14,2 milliards de prélèvements obligatoires. Le pikettysme se serait emparé de 42% de sa fortune confisquée en une seule fois.

          Mais à part ça, aucun précepte égalitaire chez Piketty, bien sûr.

        • Ah… le livre n’est pas encore sorti en braille ?

          Je te passe le paragraphe sur les fortunes méritées.

          « Le problème est que l’inégalité r > g,
          doublée de l’inégalité des rendements en fonction de la
          taille du capital initial, conduit souvent à une concentration
          excessive et pérenne du patrimoine : si justifiées soient-elles
          au départ, les fortunes se multiplient et se perpétuent parfois
          au-delà de toute limite et de toute justification rationnelle
          possible en termes d’utilité sociale.
          Les entrepreneurs tendent ainsi à se transformer en rentiers,
          non seulement lors du passage des générations, mais
          également au cours d’une même vie, d’autant plus que les
          existences individuelles s’allongent sans cesse : le fait d’avoir
          eu de bonnes idées à l’âge de 40 ans n’implique pas que
          l’on en ait encore à l’âge de 90 ans, pas plus bien sûr qu’à
          la génération suivante. Et pourtant la fortune est toujours
          là, parfois multipliée par plus de dix en vingt ans, comme
          le montrent les cas de Bill Gates et de Liliane Bettencourt.
          Il s’agit là de la raison centrale justifiant l’introduction d’un
          impôt progressif annuel sur les plus grandes fortunes mondiales,
          seule façon de permettre un contrôle démocratique

          de ce processus potentiellement explosif, tout en préservant
          le dynamisme entrepreneurial et l’ouverture économique
          internationale. Cette idée et ses limites seront étudiées dans
          la quatrième partie de ce livre.
          À ce stade, notons simplement que cette approche fiscale
          permet également de dépasser le débat sans issue sur la hié-
          rarchie morale des fortunes. Toute fortune est à la fois en
          partie justifiée et potentiellement excessive. Le vol pur et
          simple n’existe que rarement, de même que le mérite absolu. »
          _____________
          Piketty, étalon moral de la fortune.
          On notera que même celui qui a fait fortune à 40 ans ne mérite pas de la conserver à 90 ans !

          • « Le fait d’avoir eu de bonnes idées à l’âge de 40 ans n’implique pas que l’on en ait encore à l’âge de 90 ans » :

            Merci pour ce joyau, Gameover ! Il y a tellement d’énormités dans le livre de Piketty que j’étais passé à coté de celle ci…

            Qu’elle est belle, pourtant… Partant de ce principe, il y a aussi un gros pb avec l’argent gagné par les sportifs. Ce qu’il faudrait, c’est leur faire passer un test annuel une fois leur carrière terminée. Tant qu’ils conservent le même niveau dans leur sport que lorsqu’ils étaient des champions, ils ont droit de garder l’argent gagné au sommet de leur art. Mais dès qu’ils ne sont plus au niveau, ils doivent tout rendre.
            Bah oui, quoi ! Sans ça, c’est trop facile 🙂

    • Avant de pondre un livre bon ou mauvais, Piketty devrait apprendre à faire la différence entre un rendement et un taux de croissance.

  • Tout ça c’est du foutage de gueule: les Picketty et autres Krugman écrivent ce qui fait vendre. L’air du temps est à la lutte contre les inégalités et autres thèmes idéalistes du pays de Socialie, ça se vend bien, alors par ici la bonne soupe. Ils ont juste compris comment fonctionne la politique de nos jours, que le libéralisme est conspué, alors ils écrivent sur le marxisme, le keynésianisme, et ils explosent les ventes, reçoivent tribunes, fauteuils et indemnités.

    Personne ne me fera avaler qu’en fait, Picketty est au fond un libéral, et que son livre n’a pas été écrit contre le capitalisme et les inégalités. C’est un opportuniste, point barre. Il retourne sa veste pour garder un semblant de crédibilité.

  • Pour ceux qui connaissent, toute cette histoire de Piketti me fait penser au dessin animé Rick and Morty, l’épisode avec les plutoniens.

  • Pardon, mais avant tout, cela ressemble bigrement à un superbe rétropédalage face aux critiques universitaires qui ont laminé ses « analyses »…

    • +1.

      Le best-seller de Thomas Piketty a en effet été l’objet d’une remarquable et dense analyse critique de la part de ses pairs anglo-saxons et, globalement, bien plus de critiques négatives que positives, même de la part d’économistes connus pour être de gauche.

    • Il y a eu bcp de choses écrites, la plupart effectivement très critiques. Mais j’ai quand même trouvé quelques documents qui critiquent certaines critiques de Piketty et défendent sa thèse r>g. Il me semble qu’on ne parle pas assez de ces études qui défendent Piketty. J’ai pas encore fini de lire tous les pdf que j’ai trouvé, mais « laminé » est peut-être un peu exagéré. Surtout que c’est loin d’être un consensus. Même si je souscris à l’idée que la thèse de Piketty n’est pas crédible du tout. Personnellement, la plus fascinante critique est celle de la controverse du capital de Cambridge, un concept que les néoclassiques n’ont jamais su comment intégrer dans leur modèle à capital homogène, mais que les autrichiens parviennent sans aucun mal à le faire.

      • « Mais j’ai quand même trouvé quelques documents qui critiquent certaines critiques de Piketty et défendent sa thèse r>g. »

        Piketty n’a rien inventé avec cette formule. Il l’a juste enrobé dans du baratin populiste. Que les revenus du capital croissent plus vite que ceux du travail, c’est tout de même la base du capitalisme.

        • Base du capitalisme, peut-être pas, mais de la théorie financière moderne, bien sûr.

          Et c’est lié au niveau de risque. Le « travail » étant moins risqué que le capital (pas de revnus négatifs pour les salariés), il est moins rémunéré. g comprend travail et capital, donc par simple logique r>g. On peut aussi approcher ça par les primes de risque, par la décomposition des taux d’intérêts, etc.

          Bref, rien de surprenant, en effet, et surtout rien de choquant sauf pour les aveugles.

      • La critique la plus remarquable que j’ai pu lire : http://ejpe.org/pdf/7-2-art-4.pdf Wouah…

  • Thomas Piketty semble à l’économie ce que Mickaël Mann fut pour la climatologie : Un prétexte aux grandes manoeuvres.

  • Avec les revenus de son livre il est passé dans les 1%. Il découvre que les 1% des plus hauts revenus ne sont pas les mêmes chaque année. Ça doit faire drôle de devenir l’un des exemples de la personne a détester qu’il décrit dans son livre. Un sacrés problème existentiel

    • Au passage il a découvert toutes les facilités offertes par l’Etat français quand on gagne de l’argent mais pas suffisamment pour arroser les bonnes personnes…
      Une vrais chiasse pécuniaire. Visiblement le premier tier est mal passé. Attendons le second pour voir ce qui arrive (d’où la sortie prévue en mai… Eh eh eh).

  • Pour bien des gens, ignorer la vérité leur permettra d’éviter la douleur de reconnaître avoir investi dans ce qui n’était pas vrai.

    Eh oui, il n’y a pas d’âge pour croire au père Noel. Au moins Piketty aura-t-il eu l’audace d’apporter une correction, et cela est à son honneur.

    • Aucune audace, c’est simplement que c’est lui qui est sous les feux de la rampe et il n’a donc d’autre choix. S’il n’était pas à l’épicentre de tout ça, il aurait fait comme tous les autres.

      • Certes, mais il aurait pu alimenter le brouillard fort de sa notoriété qui lui vaut autorité (sur les simplets).

  • Il n’y a rien de « brillant » chez le Haineux Piquetout,
    George Reisman a déjà exposé son ignorance radicale de ce qu’est le capital, sujet présumé de son livre.
    Il est le produit d’un système corrompu qui autorise de parfaits incompétents à enseigner, pourvu qu’ils soient Esclavagistes de Gauche et/ou sachent manier les abracadabras mathématiques qui en imposent au profane.
    Dans ses lettres à « La Voix du Peuple », Frédéric Bastiat réfute successivement Proudhon, Hegel, Marx, Keynes… et Piquetout.
    http://bastiat.org/fr/gratuite_du_credit.html

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