Hillary Clinton : une présidence dans le sac pour 2016 ? Pas du tout

Mais si les primaires peuvent sembler dans la poche, remporter l’élection présidentielle est une autre histoire.

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Hillary Clinton : une présidence dans le sac pour 2016 ? Pas du tout

Publié le 12 mars 2015
- A +

Par Daniel Girard.

Hillary Clinton credits Mike Mozart  (CC BY 2.0)
Hillary Clinton credits Mike Mozart (CC BY 2.0)

 

Boston. À en croire certains commentateurs, Hillary Clinton peut déjà commencer à préparer à son discours de victoire à l’élection présidentielle de 2016. Ces experts devraient prendre le temps d’écouter David Axelrod, qui a été le grand stratège de la victoire de Barack Obama contre Hillary Clinton en 2008. Il estime que ce qui avait causé la défaite de Hillary Clinton reviendra la hanter dans une élection présidentielle : Hillary Clinton n’est pas une femme de vision. Tout son talent réside dans l’art de la politique.

Ce talent en politique, on le voit lorsque l’ex-Secrétaire d’État compose avec l’adversité. Même s’il reste des zones grises dans sa gestion de l’attentat de Benghazi, Hillary Clinton s’en est sortie peu amoindrie. La dernière polémique en date, celle des courriels envoyés hors du système sécurisé du gouvernement, ne devrait pas lui faire trop de dommages non plus. Seuls les républicains sont vraiment outrés. Les démocrates, eux, veulent donner la chance au coureur. Et comme 86% des électeurs aux primaires démocrates sont prêts à appuyer Hillary Clinton, elle dispose d’une marge d’erreur considérable. Forte de l’expérience d’une première course, elle a préparé minutieusement et inlassablement son deuxième essai. L’enthousiasme que suscitent son éventuelle candidature et sa capacité à lever des fonds feront d’elle une candidate dure à déloger.

Hillary Clinton incarne la continuité…

Mais si les primaires peuvent sembler dans la poche, remporter l’élection présidentielle est une autre histoire. Et c’est ici que l’analyse de David Axelrod est pleine de justesse. Lorsque Barack Obama a gagné les élections présidentielles en 2008, il incarnait le changement ; il soulevait les masses avec son Yes we Can. Si Hillary Clinton est la candidate présidentielle en 2016, elle sera le porte-étendard de la continuité.

Une continuité qui fait sa part de mécontents. La satisfaction des Américains envers Barack Obama continue de piétiner en économie. Elle est en chute libre pour la lutte au terrorisme et la politique étrangère. Six américains sur 10 affirment faire davantage confiance aux républicains qu’aux démocrates pour affronter la menace terroriste. La cote de confiance du président américain dans ce dossier ne cesse de décliner: elle est passée de 52% de à 39% en un an… Quand on connaît la préoccupation des Américains pour leur sécurité, ce dernier chiffre a tout pour inquiéter Hillary Clinton.

La candidate Hillary Clinton n’aurait pas seulement à vivre avec l’impopularité de Barack Obama. Elle serait aussi examinée de près pour les activités de son mari, Bill Clinton, qui gère la Fondation Clinton. L’organisme perçoit des millions en aide humanitaire. Déjà, des commentateurs se demandent si certains courriels confidentiels détruits par l’ex-Secrétaire d’État ne concernaient pas des versements à la fondation Clinton…

La menace terroriste va s’insérer dans la course présidentielle

On se retrouverait donc, du côté démocrate, avec une candidate qui aurait remporté son investiture pratiquement par défaut, sans idées nouvelles, à la tête d’un parti qui a semé le doute dans l’esprit de la population sur sa capacité d’affronter la menace terroriste. Une menace qui préoccupe un nombre croissant d’Américains. Selon un sondage Quinnipac du 4 mars, 60% des Américains appuient maintenant une intervention terrestre pour combattre l’État islamique. Ces chiffres surprenants révèlent quand même un clivage: 58% des démocrates auraient peur qu’une intervention américaine aille trop loin comparé à seulement 20% du côté républicain.

La menace terroriste déborde dans la course à l’investiture républicaine. Beaucoup de républicains veulent que leur prochain candidat à la présidence ait une approche Reaganesque de la politique étrangère. Les candidats républicains devront se démarquer par leur expérience et leurs positions dans ce domaine. Hillary Clinton, pour sa part, devra convaincre des démocrates qui favorisent une approche plus timide du besoin d’agir plus vigoureusement tout en tentant de rassurer l’électorat plus conservateur sur sa capacité à défendre l’Amérique.

À moins que, comme en 2008, un autre candidat à l’investiture démocrate surgisse de manière inopinée…

S’il y a donc une certitude, pour la prochaine course à la présidence américaine, c’est qu’elle sera pleine d’imprévus.

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  • « On se retrouverait donc, du côté démocrate, avec une candidate qui aurait remporté son investiture pratiquement par défaut, sans idées nouvelles, »
    Tiens, ça nous rappelle quelqu’un !

  • il serait intéressant de s’intéresser de plus près à l’attaque du consulat en Libye et de la mort de l’ambassadeur. comme par hasard, Hillary Clinton est parti peu de temps après. sans parlé du directeur de la cia qui a démissionné (soi disant à cause de sa liaison alors que même aux usa, on ne démissionne plus pour ce genre de choses). il est fort probable qu’Hillary Clinton ait une part de responsabilité dans la mort de cet ambassadeur. je ne partage pas du tout l’optimisme de l’auteur. je pense que malheureusement, Clinton va gagné (au moins, elle sera plus compétente qu’Obama et Bush). comme je l’ai déja dit: Hilary Clinton a bien compris qu’Obama était un boulot pour elle c’est d’ailleurs pour cela qu’elle le critique. récemment, elle l’a même traité d’enfoiré

  • pour moi, le plus grande chance d’empêcher que Clinton gagne, ce serait qu’un scandale la concernant éclate ce qui n’est pas impossible: cette femme est plus que louche

  • Il manque des éléments importants à cette analyse.

    -Hillary a son sexe pour elle.
    Les femmes voteront massivement pour elle, comme les noirs ont voté massivement pour Obama.
    Une femme à la maison blanche, après un noir : le story telling est parfait.
    Un vrai conte de fées (pour les gogos bien entendu) à l’américaine.

    -Hillary a le support inconditionnel du 4ème pouvoir : comme Obama à l’époque. Ca compte.

    -Un candidat se mesure par ses qualités propres, mais également par rapport à ses opposants.
    Or côté démocrate et côté républicain… il n’y a personne d’envergure.
    Obama, the « Black Jesus », a surtout remporté l’élection (la 1ère) parce qu’en face il y avait des années de Bush. Le côté folklorique « Yes We Can » était surtout une sauce médiatique pour les gogos (souvenez vous l’hystérie provoquée en Europe).

    -Vous dites « continuité ». C’est vrai, mais dans le contexte actuel, de violence, de crise (géopolitique et économique) c’est une grande qualité !
    Qui oserait confier les rênes du pays à un jeune, sans expérience ?

    -Vous dites « la menace terroriste ». Justement pour Hillary c’est un levier car elle incarne l’expérience et surtout un côté brutal, qui rassurera Monsieur et (surtout) madame John.

    -Hillary est plus que jamais la candidat de l’establishment. Or aux USA, plus que partout ailleurs, ça compte.

    • Mais que c’est bête une femme ou un noir ça vote en fonction du sexe ou de la couleur de peau alors qu’un raciste ou un misogyne (souvent Républicain) c’est plus objectif.

    • Pas d’accord avec votre analyse. Pas mal de femmes aux USA ne veulent justement pas voter pour elle qu’elles considèrent comme l’incarnation de « the war on women », beaucoup ne s’identifient pas à elle car elle la trouve manipulatrice et obscure.
      Par ailleurs du côté Républicain, même s’il est encore très tôt pour se faire une idée si ce sera le candidat de l’establishment comme Jed Bush our un outsider comme Scott Walker qui résiste assez bien aux obstacles qu’on lui tend, je ne pense pas qu’on puisse les éliminer. Les américains n’aiment pas Hillary, elle polarise plus qu’elle ne rassemble, comme Barack Obama d’ailleurs et je pense que beaucoup en ont assez après 8 ans de cet état d’esprit.

  • @Charles
    1. Sexe: il y a plus de femmes républicaines que vous ne le pensez. Les indécises vont voter selon le candidat et non le sexe. Obama était un meilleur candidat que John McCain en 2008 et que Mitt Romney en 2012. Le candidat défait a souvent causé sa défaite.
    2. Les médias conservateurs — Wall Street Journal, le principal quotidien — le Washington Times, Fox News ne feront pas la vie facile à Hillaty Clinton. Et c’est déjà commencé.
    3. Les républicains sont capables de produire d’excellents candidats. Comparativement à la brochette de 2012, les candidats potentiels pour 2016 sont plus prometteurs avec Jeb Bush, entre autres.
    La lutte s’annonce plus complex que prévu pour la présidentielle.

  • Moi je me dis qu’une femme qui ne sait pas gérer son ménage, ne saura pas mieux gérer un pays… Je suis assez d’accord avec Charles, elle a tout pour se faire élire. Ca donne pas envie de vivre aux USA, enfin pas plus qu’en France. En 2017, Ségolène se représente, et elles organiseront des goûters G2, pour balancer sur leurs hommes qui les trompent, cool !

    • « Moi je me dis qu’une femme qui ne sait pas gérer son ménage, ne saura pas mieux gérer un pays

      Ca donne pas envie de vivre aux USA »

      Qu’est-ce qu’il ne faut lire. S’il vous plait n’y allez pas; on n’en veut pas des beaufs pareils

  • Les dernières élections ont pourtant été plutôt rafraichissantes et semblaient montrer que les américains se réveillaient, ce sondage aussi:

    Record High in U.S. Say Big Government Greatest Threat
    http://www.gallup.com/poll/166535/record-high-say-big-government-greatest-threat.aspx

    Quand à une vision reganienne de la politique étrangère, c’est exactement ce qu’il nous faut. Obama a considérablement fait reculer le respect qu’a le monde pour l’Amérique à cause de sa faiblesse.

    • La politique light, sans panache d’Obama, aurait été bien vue du reste du monde si elle avait été honnête. Le problème est qu’Obama a continué à faire exploser les dépenses militaires, a lancé des attaques de drones en pagaille, a déclaré plusieurs guerres, et pour salaire a reçu un prix Nobel de la paix simplement pour être à moitié noir.

      Dans ce contexte, paraitre à la fois comme un bourreau sur le terrain et un moralisateur en chambre n’a pas beaucoup plus. Ajouter à cela une absence de charisme effarant et vous avez la recette du leader détesté partout dans le monde.

      • Vous parlez de quelle partie du monde exactement ? Obama a été faible sur tout les dossiers, il ne reconnait même plus à Israël le droit de se défendre… Avec Reagan, l’Amérique inspirerait le respect et la crainte dans le monde.

        • Je parle des attaques aux Pakistan.
          Des bombardements de Libye, sans lesquels le dirigeant en place serait peut être resté. Des soutiens aux rebelles syriens et ainsi, indirectement, au Califat. Tout cela parce qu’Assad est un grand méchant. Du maintien de cette occupation stérile et extrêmement onéreuse en Afghanistan.
          Des déclarations grandiloquentes lors du printemps arabe. Il aurait mieux fait de la fermer.
          Obama n’est pas en reste en matière de menaces verbales vis à vis de la Russie et de la Corée du Nord.

          Le fait que personne ne le prend au sérieux ne l’empêche pas d’avoir des velléités de gendarme du monde. Il est simplement mauvais dans ce rôle. Son revirement à propos d’Israël tient plus de sa politique ami-ami avec le monde musulman (« le futur n’appartient pas à ceux qui insultent le prophète ») que d’un isolationnisme.

          • « Je parle des attaques aux Pakistan. »

            Je ne suis pas convaincu de leur productivité, mais de la à y voir des « a lancé des attaques de drones en pagaille » il ne faut pas non plus en faire de trop. De plus rappelons que ceci ce fait avec l’accord du gouvernement pakistanais.

            « Des bombardements de Libye, sans lesquels le dirigeant en place serait peut être resté.  »

            Vous n’en savez rien, Ben Ali et Moubarak ne sont plus au pouvoir et Morsi non plus d’ailleurs. Je ne vois vraiment pas comment vous pouvez penser être capable d’imaginer ce que serait la situation politique actuellement sans ces frappes (qui sont surtout à l’initiative de la France et de l’UK) et encore moins comment vous pouvez en conclure que la situation serait meilleure (Syrie par exemple). Vous savez il y a un moment ou un régime a fait son temps et il ne sert à rien de le soutenir à bout de bras, il faut laisser les peuples faire leurs expérimentations politiques (l’Égypte en est un bon exemple).

            « Des soutiens aux rebelles syriens et ainsi, indirectement, au Califat. »

            Assad a justement frappé en priorité les rebelles pour qu’il soit la seule alternative au Califat, il fallait mieux suivre le conflit pour ne pas se laisser piéger dans cette propagande du type « moi ou le chaos » ou justement à la fin on a lui et le chaos, soit le pire des deux fausses solutions proposés…

            « Tout cela parce qu’Assad est un grand méchant »

            Ce n’est pas le cas ?

            « Du maintien de cette occupation stérile et extrêmement onéreuse en Afghanistan. »

            Même remarque que pour le Pakistan.

            « Des déclarations grandiloquentes lors du printemps arabe. »

            Avec cet état d’esprit qui vous pousse à souhaiter un monde complètement figé (ce qui est impossible, et n’est en aucun cas du conservatisme) l’occident ne serait jamais sorti du moyen age et ce site n’existerait pas, ni le libéralisme.
            Moi aussi j’étais optimiste quand à ce mouvement et je pense qu’il est trop tôt pour juger de ses résultats. Comme pour la Révolution française je regrette les exactions telles que le génocide des vendéens ou la terreur et je pense qu’elle n’étaient pas nécessaire et qu’il faut être critique envers notre histoire mais toutefois le bilan de cette révolution reste positif à mes yeux. Nous avons besoin de plus de recul, sinon nous ne pouvons exprimer une opinion qui n’est que politique.

            « Obama n’est pas en reste en matière de menaces verbales vis à vis de la Russie et de la Corée du Nord. »

            Vous êtes sur que ce n’est pas la Russie et la Corée du nord qui nous menacent perpétuellement ? Vous avez remarqué que ces pays sont ce qu’on fait de pire comme régime politique et ont des dirigeants pour qui le simple fait que nous existions est un affront ?

            « Le fait que personne ne le prend au sérieux ne l’empêche pas d’avoir des velléités de gendarme du monde »

            Avons nous un autre choix qu’avoir un gendarme du monde ? Qui d’autre que les USA ?

            « Il est simplement mauvais dans ce rôle »

            Je suis bien d’accord, Obama ne sait jamais ou il va et c’est ça le problème, il est incapable de prendre des décisions et de faire preuve de fermeté.

            « Son revirement à propos d’Israël tient plus de sa politique ami-ami avec le monde musulman (« le futur n’appartient pas à ceux qui insultent le prophète ») que d’un isolationnisme. »

            ça illustre ce que je disais un peu plus haut, je suis totalement pour le fait d’avoir des bonnes relations avec le monde musulman, sans pour autant accepter de lâcher Israël en échange.

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