Corruption : Comment prévenir la faillibilité morale ?

L’intégrité douteuse est-elle une caractéristique des affaires ou des personnes en général ? Est-elle plus fréquente dans le capitalisme ou dans le socialisme ?

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Corruption : Comment prévenir la faillibilité morale ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 décembre 2014
- A +

Par Leon Louw.
corruption credits Kmillard92 (licence creative commons)

« Lorsque la morale se heurte au profit, il est rare que le profit perde », a déclaré la députée afro-américaine Shirley Chisholm, une critique véhémente de la cupidité des entreprises. Les scandales, les escroqueries, les combines à la Ponzi et la crise financière amènent à s’interroger : la malhonnêteté, la corruption, la fraude et la cupidité ne seraient-elles pas les mauvais côtés du capitalisme ?

Adam Smith, le doyen du capitalisme – qu’il appelle « liberté naturelle » – aurait été d’accord avec Chisholm. Dans son ouvrage fondateur, il avait d’ailleurs écrit « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils portent à leur intérêt ».

Les arnaques, réelles et présumées sont partout, de même que les fraudes. Par exemple, j’ai intenté un procès, pour fraude et vol contre une des plus grandes entreprises en Afrique du Sud et je vais exposer une de ses escroqueries dans un prochain article.

L’intégrité douteuse est-elle une caractéristique des affaires ou des personnes en général ? Est-elle plus fréquente dans le capitalisme (affaires) ou dans le socialisme (gouvernement) ? Les ambitieuses et coûteuses politiques sont mises en œuvre par le gouvernement pour lutter contre les pratiques commerciales contraires à l’éthique. Est-ce que ce n’est pas l’hôpital qui se moque de la charité ?

Si l’on se fie aux médias, dans tous les pays, la corruption est plus répandue au sein du gouvernement que dans les entreprises. C’est pourquoi des termes tels que « dépravation » et « corruption » impliquent habituellement le gouvernement comme le dénominateur commun.
L’Afrique du Sud est classée dans la moitié inférieure de l’indice de perception de la corruption élaborée par l’ONG Transparency International. Le Président Sud-Africain Jacob Zuma a ordonné des enquêtes anticorruption dans divers ministères, y compris les travaux publics, les arts et la culture, l’éducation (le Cap-Oriental), le développement social, et même nos présumés protecteurs, la police. Le philanthrope anti-corruption, Bob Glenister, estime que nous sommes deux fois moins prospères que nous aurions pu l’être sans corruption. Les pertes directes, souligne-t-il, ne sont que la partie visible de l’iceberg. À cela nous devons ajouter le coût caché du départ de gens vertueux.

Lequel est plus coupable lorsque des entreprises payent des pots-de-vin aux hauts fonctionnaires ou aux politiciens ? Est-ce que c’est important de le savoir ? Lorsque le pouvoir discrétionnaire est monnaie courante, ceux qui le détiennent sont tentés de réclamer et les gens sont tentés d’offrir des pots-de-vin. Une caractéristique frappante de l’indice de la corruption et de l’indice de liberté économique est que les deux sont totalement liés. Le fait que les pays avec des gouvernements de petite taille subissent moins de corruption suggère que les gouvernements ont tendance à être plus corrompus que les entreprises. Mais la corrélation pourrait s’expliquer par d’autres facteurs, tels que des définitions biaisées ou encore des entrepreneurs habiles dans la dissimilation de la corruption.

L’entrepreneur Nic Frangos soutient de manière convaincante que « la corruption est agnostique », que c’est une « menace omniprésente » et qu’elle « s’amplifie lorsque certaines conditions sont réunies ». L’indice de la corruption définit la corruption comme « l’abus de pouvoir à des fins personnelles ». Il établit une distinction entre la « grande » corruption de haut niveau, la « petite » corruption impliquant les citoyens, et la manipulation « politique » pour le pouvoir, le statut et la richesse.

En combinant les enseignements d’Adam Smith, de l’indice de perception de la corruption et de Frangos, la solution devient évidente. Adam Smith a fait remarquer il y a 300 ans que les gens favorisent leurs propres intérêts plutôt que ceux des autres. Il est impossible pour eux de faire autrement. Ils ne poursuivent les intérêts des autres que s’ils coïncident avec les leurs, ce qui se passe en l’absence de « circonstances » auxquelles se réfère Frangos. Le leadership éthique – une boussole morale – aide, mais parce que les gens sont faillibles, le plus important est de mettre en place les bons freins et les contrepouvoirs : l’État de droit, la séparation des pouvoirs et des fonctions, des règles de jeu objectives au lieu du pouvoir discrétionnaire, des objectifs clairement définis et quantifiés, la transparence, la responsabilité, le contrôle de l’efficacité, etc.

Un problème caractéristique du gouvernement, c’est que ceux qui font et appliquent des politiques publiques n’endossent aucune responsabilité en cas d’erreur. Platon, comme Smith, nous ont mis en garde contre la bienveillance affichée en politique : « Elle est la racine à partir de laquelle un tyran s’impose : quand il se présente, il le fait toujours en tant que protecteur ».


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  • la corruption est a la base de toute société ,elle est le liant indispensable , elle est morale !

  • Vous oubliez de parler des ONG.
    Les gens qui ont navigué entre entreprises, ONG, politiques savent que c’est tout aussi corrompu.

    la vrai différence c’est « l’impunité.
    une ONG populaire, comme un politicien populaire sera toujours plus corrompue qu’une entreprise suspectée de corruption, ou qu’un politicien détesté, sauf si un réseau de protection ou de lois les protège.

    regardez donc ces ONG intouchables qui peuvent détruire des sites historiques, mentire éfrontément , insulter impunément sans fondement réel, frauder, détoruner des fonds publics ou recéler des détournements… ceux qui manipulent des publication scientifiques bidonées, des expériences assimilable a de la torture animale, des fraudes statistiques…

    personne n’osera les critqiue de peut de se faire traiter de monstre… ni politique, ni journaliste, ni scientifiques.

    dans les pays religieux, les pédophiles les plus inatacquables sont les religieux, et pas que les catholiques n’en déplaise à certains (je tiens ca de ressortissants étrangers qui m’on expliqué que c’est général quand les réligieux sont intouchables)…

    il faut libérer la presse, non pas du gouvernement ou des entreprises, mais avant tout de l’opinion publqiue, du politiquement correct.

    même en physique, on en arrive a accused des dissidetns de fraude sans la moindre preuve, tout en couvrant des cas avérés de fraudes par ceux qui se drappent de la morale scientifique et du consensus
    (je ne parle pas de climat, mais de physique).

    les faits sont publics, certains, mais wikipedia refuse encore de le dire, soutenue par tout ce qui se fait de journaliste scientifique.

    non a l’impunité.

  • Un homme d’affaire (un producteur audiovisuel) avec lequel j’ai travaillé me disait qu’on ne pouvait pas obtenir de « budgets » (des clients) sans corruption, sans corrompre les décisionnaires, de tout type (fonctionnaires, cadres ou chefs d’entreprise). Il pratiquait la corruption sans complexe et en toute transparence. A chaque dossier qui nécessitait chez son client une décision favorable, il y allait de voyages offerts, au VTT pour les enfants, à l’invitation dans une soirée chic avec la femme de celui-ci (excellent vecteur de décision, la femme du décisionnaire, quand elle est bien et judicieusement arrosée), le repas dans un grand restaurant étant le classique pour augmenter la chance de signature d’un prospect.

    C’était sous Mitterrand… La pratique devait être généralisée. Je n’ai jamais touché à la corruption, de près ou de loin. Peut-être que les non corrompus font peur à ceux qui ont été baptisés !

    Je ne crois pas à la nécessité de la corruption. Je suis persuadé que c’est un critère significatif supplémentaire pour montrer l’état de déliquescence d’une société, d’une organisation, d’un pays. Plus l’indice de corruption d’un pays est élevé, plus il va mal. Dans mon expérience personnelle, les entreprises avec lesquelles j’ai travaillé avaient toutes cette attitude sur le marché tendu qu’était la France depuis 1981. Elles ont toutes fini par faire faillite. Je pense que c’était l’une des causes de leur chute. Pas la seule compte tenu de la conjoncture, des lois immondes anti entreprises, aussi de la concurrence féroce profondément déloyale du marché mondial aujourd’hui. Il n’y a pas de hasard, quand tout est corrompu, jusqu’à l’argent du système de Ponzi généralisé en 2014, la corruption est à son maximum, l’état de délabrement de la finance mondiale aussi.

    Cette construction est un château de sable, nous le savons tous.
    La prochaine marée ou vague plus forte va lui être fatale.
    C’est nécessaire vu l’état des écuries d’Augias.

    La durabilité dans un domaine ou une profession est lié à la compétence, au savoir-faire, à l’écoute, à la gentillesse, à la fidélité, à la vertu, à la réputation. Toute personne qui ne fonde pas son entreprise ou son travail sur ces vertus et la bonne réputation est condamné à disparaître à court terme.

    http://www.obs-reputation.org

    • « Philippe Askenazy : Grosso modo, si l’on appliquait les conventions comptables germaniques, l’industrie manufacturière française serait un cinquième plus vaste. Surtout, depuis le début du siècle, son déclin relatif à l’Allemagne serait divisé par deux. »
      Peut-être mais en DECLIN tout de même, minée par les corrompus « bien parlant »
      Qui les chassera ? Qui osera les changer « même pour aussi mauvais » mais on aura (ceux qui auront osé voter) l’excuse du « nouveau… je ne savais pas » au lieu de mettre des crapules avérées….
      Là est la limite de la démocratie.
      « Cette construction est un château de sable, nous le savons tous.
      La prochaine marée ou vague plus forte va lui être fatale.
      C’est nécessaire vu l’état des écuries d’Augias.  »
      C’est pour bientôt si le GIEC dit vrai… mais on a forgé plusieurs générations à la gauchocité qui font de la fumée pour que l’on ne puisse pas voir les vagues arriver… et attendent tranquillement en sirotant leurs cocktails.

  • Les commentaires sont fermés.

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