Les LGBT sur la voie de la concurrence victimaire ?

pleurs credits Robert Silmon de Monerri (licence creative commons)

Si le « vivre-ensemble » est un objectif de notre pays, que penser de l’escalade de revendications communautaristes et victimaires ?

Par Le Parisien Libéral.

pleurs credits Robert Silmon de Monerri (licence creative commons)

Il y a quelques jours, France 2 diffusait un reportage intitulé « Homos, la haine ». En effet, selon le dernier rapport de l’association SOS Homophobie, les actes homophobes ont augmenté de 78 % et les agressions physiques ont doublé en un an.

Comme toutes les atteintes à l’intégrité physique et morale de quiconque, les violences qui touchent les homosexuels sont à déplorer et à punir.

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Cependant, il semble que l’émission « Homos, la haine » n’ait pas su éviter un énorme cliché : penser que les agressions subies par les homosexuels sont forcément des actes homophobes. En effet, quand on lit que d’après Libération, « Homos, la haine » intègre le témoignage de Wilfried, dont la photo du visage tuméfié après une agression avait fait le tour des réseaux sociaux l’an dernier, on comprend que le reportage a une tonalité accusatrice et partisane qui l’éloigne d’un travail explicatif et pertinent.

Or, on le sait maintenant, Wilfried n’a pas été agressé parce qu’il est gay, mais parce qu’il était juste une personne bien portante, à l’air bobo, et de type européen, se promenant un soir porte de la Villette. Wilfried n’a pas été agressé par des « LMPT », mais par des racailles « ordinaires ». Il est à ce titre fort dommage que ce fact-checking soit uniquement réalisé par la droite de la droite.

Du reste, les téléspectateurs ont fait leur choix.

Est-ce que la prochaine étape de mobilisation sera, comme le suggère la socialiste parisienne Caroline Mecary, la comparaison entre l’homophobie et l’antisémitisme et l’escalade sur la route de la concurrence victimaire ?

#Homophobie la faute de @fhollande : ne pas appeler un chat un chat en revanche pour l’antisémitisme artillerie lourde http://t.co/ylJj8YVyE2
— caroline mecary (@carolinemecary) 10 Décembre 2014

Notez, il ne s’agirait pas d’un inédit.

D’autres groupes ont décidé de se mobiliser sur une base religieuse ou ethnique, à tel point que même le site web phare de la fachosphère a décidé de poser la question de l’organisation de la communauté blanche de France, en ligne avec les thèses de Zemmour et autres.

Bref, si le vivre-ensemble est encore un objectif de notre pays, alors peut-être serait-il temps que, d’une part, l’une des missions régaliennes de l’État, soit assurée correctement et avec justice, et que, d’autre part, le législateur abroge toutes les lois qui donnent lieu à une escalade de revendications communautaristes et victimaires.

À ce titre, il est comique d’entendre Manuel Valls et les socialistes de la génération SOS Racisme dénoncer les faits et gestes du comique Dieudonné, alors que ce dernier est le fruit des contradictions de cet environnement victimaire.

La balle est donc dans le camp du gouvernement socialiste, celui qui nous promettait une France apaisée. Évidemment, il est plus facile de faire des amalgames douteux que d’essayer d’analyser les choses rationnellement. Non, il n’y a pas de lien clair entre les manifs contre le mariage gay et la hausse de l’homophobie. Les millions de Français qui ont manifesté contre la loi Taubira ne sont pas tous prêts à se comporter comme une minorité de gens pour qui, finalement, peu importe le prétexte.

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