Une initiative populaire pour « Sauvez l’or de la Suisse »

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Lingot d'or (Crédits Bullion Vault, licence Creative Commons)

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Une initiative populaire pour « Sauvez l’or de la Suisse »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 2 novembre 2014
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Par Francis Richard, depuis la Suisse.

Lingot d'or (Crédits Bullion Vault, licence Creative Commons)

Le 30 novembre prochain le peuple aura à se prononcer sur trois objets. L’un d’eux est l’initiative sur l’or, intitulée « Sauvez l’or de la Suisse ». Commençons ce jour par cet objet.

Cette initiative, lancée le 20 septembre 2011, a abouti le 20 mars 2013, avec 106.052 signatures valables. Cette initiative, si elle est adoptée, introduira dans la Constitution fédérale helvétique un nouvel article, l’article 99a, libellé comme suit :

Réserves d’or de la Banque nationale suisse :
1. Les réserves d’or de la Banque nationale suisse sont inaliénables.
2. Elles doivent être stockées en Suisse.
3. La Banque nationale suisse doit détenir une part importante de ses actifs en or. La part de l’or ne doit pas être inférieure à 20%.

D’emblée, il faut préciser que tout le monde politico-médiatique est contre cette initiative – elle remettrait en cause bien des situations acquises par d’aucuns (notamment la banque centrale, les banques commerciales, le gouvernement…) aux dépens du plus grand nombre. Cette belle unanimité ne veut pas dire qu’elle ne sera pas adoptée par le peuple suisse à l’échéance des prochaines cinq semaines…

Quels sont les faits ?

– Au cours des années 2000, la Banque nationale suisse, BNS, a vendu 60% de son stock d’or. Elle en détenait 2.600 tonnes, elle n’en détient plus que 1.040, dont 70% se trouvent en Suisse, 20% en Angleterre et 10% au Canada.

– En 1999, les réserves d’or représentaient 43% des réserves de la BNS et en 2009 18% ; elles n’en représentent aujourd’hui plus que 7,6% (l’or vendu à bas prix entre 2000 et 2005 représente une perte de 27,5 milliards de francs, évaluée au cours actuel).

– Le montant des réserves de la BNS s’élève aujourd’hui à 500 milliards de francs contre 100 milliards de francs en 2008.

Dans ces conditions, comment les réserves ont-elles pu augmenter de 400 milliards de francs en six ans ? Élémentaire Docteur Watson :

– La BNS a créé de la monnaie fiat, c’est-à-dire des francs suisses, ex-nihilo, pour acheter des euros et autres monnaies. Autrement dit elle a échangé de l’or contre du papier, voué à ne plus valoir grand chose à terme, comme cela s’est toujours vérifié depuis l’invention du papier monnaie ou équivalent…

– Au cours de cette période a été prise la décision par la BNS de fixer à 1,20 franc le cours plancher de l’euro. Autrement dit elle a lié le sort du franc suisse à une monnaie faible correspondant à une zone économiquement faible et instable…

Il résulte de cette création monétaire, sous couvert d’une politique de même métal, que le pouvoir d’achat du franc a singulièrement baissé pendant la dernière décennie. La conséquence en est que des prix ont fortement augmenté et que d’autres sont restés stables, alors qu’ils auraient dû baisser.

Car si l’indice des prix à la consommation est bas pendant toute la période, les prix de l’immobilier et des actifs financiers ont fortement augmenté, grâce à cette création monétaire déraisonnable combinée à des intérêts artificiellement bas. Une hausse des intérêts hypothécaires à un niveau naturel, c’est-à-dire déterminé par le marché, serait fatale à cette bulle…

Ce sont les réserves d’or (qui a une valeur intrinsèque) détenues par la BNS, qui ont permis à la Suisse jusqu’à une époque récente (1999) de bénéficier d’une monnaie, qui a perdu moins de pouvoir d’achat que les autres au cours des cent dernières années et qui était donc relativement saine, stable, sûre et indépendante, ce qui allait de pair avec une économie saine et forte.

En obligeant la BNS à ne plus vendre d’or, le peuple suisse l’empêchera à l’avenir à dilapider ses avoirs tangibles.

En obligeant la BNS à rapatrier en Suisse l’or qui se trouve à la Banque d’Angleterre et à la Banque du Canada, le peuple suisse ôtera toute tentation aux banques de ces pays soi-disant amis de se comporter inopportunément en prédatrices.

En obligeant la BNS à détenir au minimum 20% de réserves en or (qui peut le moins, peut le plus), le peuple suisse l’obligera par là même à se comporter plus vertueusement que dernièrement, pour complaire à d’aucuns.


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  • Il serait intéressant de comprendre pourquoi l’UDC est maintenant pour une augmentation des réserves d’or alors que c’est la même UDC qui avait réclamé la vente d’or pour distribution des bénéfices aux cantons…

    • Stéphane Montabert
      6 novembre 2014 at 11 h 16 min

      L’UDC s’était opposée à la vente d’or au bénéfice des administration cantonales – elle préférait l’AVS, qui était dans son esprit une meilleure façon de rendre les bénéfices « au peuple suisse » plutôt que de l’attribuer aux dépenses courantes des fonctionnaires.

      C’était évidemment un pis-aller et la meilleure solution aurait évidemment été de ne pas vendre d’or du tout. Cependant, dans les années 2000 et sur ce sujet comme de nombreux autres, il faut garder à l’esprit que l’UDC est composée comme tous les partis politiques d’une certaine masse de crétins qui ne comprenaient rien à la monnaie fiduciaire et au processus en cours.

      Nul n’est infaillible.

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