Politique Française : nouveau danger boulangiste et son probable remède

Aujourd’hui, en France, il y a à nouveau un danger boulangiste.

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Boulanger credits USMC archives (licence creative commons)

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Politique Française : nouveau danger boulangiste et son probable remède

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 31 octobre 2014
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Par Philippe Fabry.

Boulanger credits USMC archives (licence creative commons)

Il y a quelques temps, en me fondant sur mon analyse de la dynamique du clivage gauche-droite (principalement dans mes premier et deuxième articles sur le sujet), j’ai évoqué la façon dont évoluait l’extrême-droite aujourd’hui et comment est en train de s’effectuer une sorte de défragmentation politique avec des déplacements d’électorat importants qui font venir dans les rangs lepénistes de forts contingents issus de la gauche extrême.

J’ai un peu réfléchi depuis lors et ai repensé à ce que je disais dans mon deuxième article sur le basculement à venir tel qu’il eut lieu au tournant du XXe siècle, avec la percée à gauche du socialisme en remplacement du républicanisme radical, repoussé vers le centre après avoir obtenu l’essentiel de ce qu’il voulait depuis un demi-siècle (le suffrage universel, la République laïque). Je me suis rappelé de deux choses : d’abord de ce qu’explique Philippe Nemo dans Les Deux Républiques françaises, à savoir que l’affaire Dreyfus a eu un rôle politique structurant en réétablissant une séparation nette entre extrême-droite et extrême-gauche ; et ensuite la cause de ce flou qui a existé, au début de la Troisième République, entre extrême-gauche et extrême-droite, lors de la crise boulangiste (1889-1891), qui précéda presque immédiatement l’affaire Dreyfus (1894-1906).

Le mouvement autour du général Boulanger, crise grave ayant menacé l’existence même du jeune régime républicain, est un cas typique de centrisme par addition des extrêmes, tel que le définit Fabrice Bouthillon, notamment dans son Nazisme et Révolution, Histoire Théologique du National-Socialisme, 1789-1989. L’historien explique qu’il y a deux moyens de prétendre dépasser le clivage gauche-droite : le centrisme « classique », qui tente l’union des modérés, les « deux Français sur trois », en excluant les extrémistes du gouvernement, d’une part, et d’autre part, découverte intellectuelle de Bouthillon, le centrisme par addition des extrêmes, qui cherche à créer l’unité nationale en réunissant les extrémistes, comme son nom l’indique. À l’appui de cette thèse, Bouthillon cite les cas de Napoléon, réunissant des partisans de la monarchie autoritaire alliant le trône et l’autel, idée plutôt d’extrême-droite au sortir de la Révolution, avec l’héritage jacobin de celle-ci, idée d’extrême-gauche, et celui d’Hitler qui, pour avoir été un leader issu des milieux d’extrême-droite, a pourtant séduit nombre d’électeurs issus de la gauche extrême (Cf. Benoît Malbranque, Le socialisme en chemise brune).

Ainsi, autour de Georges Boulanger, rendu populaire par son revanchisme et ses réformes améliorant le sort des soldats à une époque où, par le service militaire obligatoire, la question touchait tout le monde, s’agglomérèrent les mécontentements non seulement de l’extrême-droite, des monarchistes n’ayant pas admis la République et espérant profiter d’un coup d’État et d’une « révision » de la Révolution (suivant le mot du compagnon d’antisémitisme de Drumont, Jacques de Biez), mais aussi des anticléricaux radicaux et des blanquistes (vieux socialistes, les non-marxistes), ces derniers étant jusque-là plutôt alliés des républicains radicaux mais s’en éloignant depuis que ceux-ci se trouvaient quelque peu embourgeoisés dans leur République (un peu comme aujourd’hui le Front de Gauche tape sur le Parti socialiste, qui se contente de faire tourner un socialisme installé depuis plusieurs décennies sans chercher à aller plus loin dans la révolution).

En 1887, les électeurs de Boulanger venaient pour moitié des royalistes et bonapartistes (extrême-droite) et pour moitié des socialistes et gauche radicale. Devant les succès électoraux du général, la République survécut tant par sa fermeté, en lançant contre lui un mandat d’arrêt pour complot contre la sûreté de l’État, que grâce à l’irrésolution du premier intéressé, qui finit par se suicider, comme chacun sait, sur la tombe de sa maîtresse, en Belgique, le 30 septembre 1891.

Au plan analytique, la chose intéressante à noter est que le boulangisme, dans le fond, fut une crise provoquée précisément par la situation de pré-basculement idéologique du clivage : en 1887, les Républicains radicaux, désormais bien installés dans leur République, entendaient profiter de leur victoire et n’avaient plus à cœur de faire une révolution. Du côté de la droite modérée, on avait renoncé, dans l’immédiat, à voir revenir la monarchie et après quinze ans on commençait à s’accommoder de cet ordre établi républicain. L’extrême-droite, elle, ne lâchait pas le morceau.
Mais le critère déterminant fut bien cette extrême-gauche orpheline : ses membres n’avaient guère de corpus doctrinal unifié, puisque la période des années 1880 est encore pré-marxiste, en France. Abandonnée de la gauche, avec laquelle l’alliance semblait stérile pour les raisons ci-dessus évoquées, l’extrême-gauche ne se sentait aucun écho dans le spectre politique de cette décennie. Et c’est cette solitude qui permit qu’elle se donnât pour champion un militaire, chéri de l’extrême-droite royaliste et bonapartiste ; c’est l’unanimisme républicain prévalent entre les modérés de droite et de gauche qui, paradoxalement, a provoqué la pire crise de la première moitié de la Troisième République, en permettant une alliance ponctuelle des extrêmes, pratiquement par pur ras-le-bol, fédérés autour du rejet du « système », et ce quoique les uns et les autres aient pu en désirer le remplacer par des choses tout à fait différentes.

Pourquoi disserter sur Boulanger, me demandera-t-on ?

Précisément parce que je pense qu’aujourd’hui, en France, il y a à nouveau un danger boulangiste. Je ne reviendrai pas sur le tableau de l’unanimisme politique actuel, en France, entre la droite et la gauche, que j’ai déjà traité dans mon deuxième article, sus-cité. J’ajouterai simplement que la réalité de cet état de fait donne assez raison à Marine Le Pen quand elle parle de « l’UMPS », puisque tous sont désormais socialistes, ne différant que par leurs clientèles. L’encéphalogramme plat du débat politique actuel entre la droite et la gauche modérées en France en témoigne.

Mais encore, le trait principal de l’évolution de l’extrême-gauche, en particulier avec l’apparition du Front de Gauche, c’est la prise de distance avec le Parti socialiste et la convergence croissante du discours avec le Front National. Tout cela est trivial et déjà observé, je n’invente rien.

Ce que je remarque, cependant, c’est que le schéma, sur ce point précis, se rapproche plus encore de la situation de pré-basculement, avant que la doctrine marxiste ne pénètre à gauche en France, à la toute fin du XIXe siècle, et ne devienne progressivement la doctrine dominante.

La conclusion est que lors de la prochaine échéance électorale, nous ne sommes pas à l’abri de voir se cristalliser autour du Front National de Marine Le Pen un nouveau boulangisme qui siphonnerait suffisamment l’électorat d’extrême-gauche pour, sinon remporter l’élection de 2017, du moins arriver largement en tête au premier tour avec un tiers des suffrages, soit la somme des deux extrêmes. Un tel succès ne suffirait peut-être pas à porter Marine Le Pen au pouvoir, mais ferait cependant peser un certain danger sur les institutions républicaines, en particulier si une part de proportionnelle aux législatives donne de nombreux députés aux frontistes.
C’est la mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle, c’est ce qu’il pourrait se passer après.

L’espoir américain

Rand Paul (Crédits Gage Skidmore, licence Creative Commons)
Rand Paul

Depuis un an, Rand Paul connaît une montée en puissance impressionnante dans le paysage politique américain, au point que le Time en a récemment fait sa couverture.

Il apparaît aujourd’hui de plus en plus probable que Rand Paul sera le candidat républicain à la présidence de 2016. Ce qui me fait dire cela est non seulement sa capacité à séduire certains électorats démocrates (noirs, latinos) mais encore à séduire… des poids lourds du GOP, puisque voilà que John McCain assure qu’il soutiendra sa candidature !

Dans mon deuxième article sur le clivage, je rappelais que chaque basculement idéologique du clivage, quoique résultant d’un processus long et assez inexorable, avait à chaque fois été aidé par la pichenette événementielle : les révolutionnaires français furent motivés par la Révolution américaine, et le marxisme gagna un élan considérable avec la révolution russe de 1917 et le lancement de la IIIe internationale. Je notais que l’arrivée à la Maison-Blanche de Rand Paul pourrait avoir un effet voisin sur les idées libérales dans notre pays.

Il est impossible de dire aujourd’hui s’il sera élu. En revanche on peut dire en quoi son investiture pour le camp républicain serait une aubaine médiatique pour les libéraux français.

L’élection américaine est très commentée dans notre pays, puisqu’il s’agit un peu, dans l’inconscient collectif, de l’élection du « président du monde ». Un Rand Paul candidat, ce serait nécessairement un point régulier, dans les médias, sur ses idées. Mais surtout ce serait la répétition régulière de son nom, qui encouragera les spectateurs à se renseigner sur Internet. Ces gens tomberont sur des articles parlant de Rand, mais aussi sur les nombreuses vidéos de son père Ron, qui circulent sur internet et qui, pour beaucoup, sont très susceptibles de parler à la jeunesse, et notamment à la sensibilité politique « de gauche » dont je parlais dans mon dernier article.

Une campagne américaine dans laquelle Rand Paul serait l’un des candidats sera donc, probablement plus encore, paradoxalement, que l’état actuel de la politique française, l’occasion de déverser des flots d’idées libérales radicales dans le débat public français, en utilisant les médias « mainstream » comme relais. Certes, si en plus Rand était élu, ce serait le scénario idéal, car l’on profiterait d’une sorte de dynamique de victoire. Mais même en présence d’une défaite, avoir pu profiter de l’impact médiatique de cette candidature sera déjà un succès, et pourrait permettre sinon d’empêcher le possible séisme néo-boulangiste que j’ai décrit, du moins d’en préparer l’après voire, qui sait, de profiter du désarroi politique pour transformer l’impact médiatique en résultat politique.

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  • Puissiez-vous avoir raison, mais je ne suis pas aussi optimiste que vous… L’animosité est tellement forte entre extrême-gauche et extrême-droite, bien que les programmes du FN et du FG soient très proches (de la même façon qu’il y a l’UMPS, il y a le Front National de Gauche). Enfin peut-être me fie-je trop à ceux que je connais, qui sont plus anarchistes que supporters de Jean-Cul Méchancon.

    Pour Rand Paul, il pourra se passer tout ce qu’on veut, les médias mainstream français vont le caricaturer à un point tel qu’il y aura un rejet massif de l’opinion française. Donc je ne pense pas que ce soit un coup de pouce aux idées libérales, bien au contraire. Et pour convaincre l’électorat d’extrême gauche, il faut avoir une image fortement anti-système, être un « révolutionnaire », comme vous l’avez magistralement expliqué dans vos 2 premiers articles. En étant désigné candidat aux primaires ou « pire » en étant élu, il aurait instantanément dans l’opinion française peu au fait de la politique américaine une image profondément pro-système, puisqu’il ne faudrait pas compter sur nos merdias pour expliquer ses idées.

    • Je crois aussi que seule une victoire de Rand Paul pourrait amener quelques médias français à sortir de la caricature malveillante.

    • Cher Mateo,

      Je ne crois pas que les médias mainstream caricatureraient Rand Paul. Il n’a rien à voir avec les Santorum, Perry et Huckabee qui font vraiment « de droite ». Il n’a rien à voir avec un Romney richissime et à la religion bizarre. Rand est, comme son père, un médecin aux idées décoiffantes, et qui chez nous peuvent paraître très « de gauche » sur un tas de sujets : démilitarisation de la police, fin de la guerre contre la drogue, etc. Des positions très « antisystème » précisément ! Cela va confondre beaucoup de journalistes chez nous et je parie sur une sympathie, au moins curieuse, pour le personnage que tous les autres candidats républicains, depuis le père Bush jusqu’à Romney, ne pouvaient pas, par nature, obtenir. Rand a même un avantage décisif sur Reagan, vis-à-vis de nos médias, c’est qu’il n’a plus l’URSS en face, et n’aura donc pas un discours de confrontation que les médias de l’époque pouvaient trouver militaristes et inquiétants. Rand a un côté frais qui plaira à nos médias ; ils soutiendront peut-être Hillary parce que c’est une femme, mais ils ne taperont pas sur Rand comme ils l’ont fait sur ses prédécesseurs, j’en suis convaincu..

      • Et bien vous êtes définitivement de nature plus optimiste que moi ^^
        Et / ou j’ai une bien trop mauvaise opinion de nos médias. Il faut dire que j’ai ete vacciné depuis longtemps et que les rappels sont hyper réguliers.

        • Je vous comprends, mais c’est une chose de les prendre pour les pignoufs qu’ils sont, c’en est une autre de se focaliser sur la manière dont ils fonctionnent. Et cette manière, dans le cadre d’une candidature Paul, devrait nous favoriser. Les médias aiment la nouveauté, l’inattendu, le polémique. Randy leur offira ça.

      • Et puis Rand est quand même assez à droite. Il n’est d’ailleurs pas libéral sur les questions de société, ce qui l’aurait aidé à casser sa (future) image droiteuse en France. Ses positions caricaturales sur l’avortement vont faire jaser toutes les rédactions, et j’aurais pour une fois du mal à leur donner tort (sur ce point précis, parce-qu’ensuite ils vont partir de ça pour lui donner une image extrême-droiteuse, ils sont coutumiers de ce genre d’exactions).

        • Cette position droiteuse c’est pour gagner l’investiture du Parti. Quand les médias français s’intéresseront à lui, il en sera à s’adresser aux indécis. Pas exactement le même discours.

      • Votre enthousiasme m’est sympathique, mais je crains que tout cela ne soit un brin trop optimiste. Les médias relèveront surtout les propositions de Rand, telles que « liberté de défendre son plan de cannabis avec son arme ». Ils ferons le raccourci « drogue+commerce libre des armes » = extrême-droite, comme ils le font pour tout ce qui n’est pas socialiste-collectiviste. Tea-party, pour eux, c’est « l’extrême-droite la plus dure », Rand, ce sera pareil.
        Enfin, on verra bien. Faut déjà que Rand soit élu. Les Etats-Unis ont eux aussi leurs socialistes collectivistes, comme ces gouverneurs qui veulent empêcher les voitures Tesla d’être vendues sans passer par des succursales, au motif que ce serait « une concurrence déloyale ». Le socialisme est décidément une plaie, un cancer pour le monde.

  • La France n’a pas été Reaganienne lorsque Reagan a été élu.
    Alors un obscur Rand Paul…

    • La situation politique, l’état du spectre politique n’a rien à voir. Lisez mes premiers articles.

      • Reste que je vais vous prédire ce qu’on dira de Rand Paul quand on parlera de lui en France : c’est un extrémiste qui est pour la ségrégation raciale du moment qu’elle est privée.
        C’est certain, ça va faire rêver les jeunes.

        • Au risque de répéter ce que j’ai déjà dit dans l’article, ce n’est pas ce que vont dire de lui nos médias mainstream qui est important. Ce qui est important c’est qu’ils vont massivement parler de lui, que de nombreuses personnes chez nous iront sur Internet voir ce qu’il en est, et jugeront alors sur pièces. Tous ne seront pas convaincus, mais on aura un effet de levier important. C’est de cela que je me réjouis.

          • Un effet de levier sur qui ? Et en quoi ça changera la donne politique de notre pays ?
            Je ne vois vraiment en quoi ce serait un évènement d’importance.

            • Un effet de levier médiatique. Pour diffuser les idées libérales radicales telles que portées par Ron Paul, qui ressort souvent dans les recherches associées Google sur Rand. C’est une pénétration par la base, un combat des idées qui peut porter des fruits importants à termes, si l’on sait en profiter.

              • Je crains que Tom ait raison. Philippe, vous sous-estimez le degré de fourberie et « d’abjectitude » des médias français envers tout ce qui vient du GOP (pour eux, le GOP c’est l’équivalent de l’extrême-droite française).

                Et si c’est pour entendre une telle caricature de nos idées, je préfère encore qu’ils nen parlent pas.

              • Vous savez la lecture de Ayn Rand est loin de procurer l’illumination à tout le monde. Surtout que d’un point de vue littéraire Atlas Shrugged est un gros pavé indigeste.
                Bref, ne viendrons que les presque déjà convertis (et sachant lire l’anglais).

    • D’autant plus que le tsunami américain idéologique met en général 10 à 15 années à traverser l’Atlantique…

      Il faut voir par exemple comment la gauche s’entiche d’Obama alors qu’avec les mêmes idées et actes de sa présidence en France (uniquement les idées et les actes de sa présidence sauf son projet de sécurité sociale), il ne serait pas loin d’être traité ici d’extrême droite (Guantanamo, drones, barrières anti immigration entre le Mexique et les USA, peine de mort, assassinat de Ben Laden…). Surtout si on rappelle opportunément que son ancienne opposante à l’investiture (elle même ancienne première dame) n’y va pas de main morte contre le mariage gay, l’avortement et pour la peine de mort…

      Vouloir transposer l’expérience américaine en France aussi rapidement, c’est soit méconnaître les fondamentaux de nos rapports de collaboration/différence/complémentarité, soit les structures idéologiques très différentes de nos sociétés. Enfin chacun sait que le spectre des idées aux USA fait que Hillary là-bas n’est pas très loin de Marine quand Bayrou ferait figure là-bas d’extrême-gauche.

      Donc comparaison n’est pas raison.

      On peut faire des paris sur 2017 (c’est un peu osé compte tenu d’une conjoncture qui souvent peut se retourner rapidement pour X raisons, dont la conjoncture économique, qui peut s’empirer comme s’améliorer), mais je pense que le soufflet FN en France est plus lié à une évolution de la crise (avec un marqueur fort sur l’immigration) plus qu’à un enracinement idéologique. Dès que la crise économique sera dépassée ici, le FN rentrera à la niche. Il n’y a pas d’ancrage réel de l’extrême droite aujourd’hui en France, sauf anecdotique et culturel minoritaire (des anciens royalistes ou colonialistes…), sauf pour des raisons conjoncturelles de mauvaise politique économique et/ou immigrationiste (ces fameux marqueurs de l’extrême-droite). C’est un vote à immense majorité protestataire qui trouve dans quelques deux ou trois idées de Marine un écho. Pas sur le fond ni les solutions proposées.

      La preuve, le racisme n’a jamais été aussi bas dans notre pays, malgré la crise de l’État et économique qui en sont à leur presque apogée paroxystique. Les équipes de France n’ont jamais été aussi bigarrées, sous l’immense applaudissement du peuple réuni.

      De plus le militarisme n’est plus une idéologie française, pour l’instant. Les jeunes générations sont désormais formées au pacifisme et à la mondialisation (esprit Kho Lanta), et ne sont, soit plus patriotiques (sauf pour le foot et le sport en général), soit plus du tout nationalistes. Jusqu’à la prochaine déflagration mondiale peut-être ? Qu’il ne faut pas souhaiter, bien évidemment.

      L’hypothèse du besoin d’un chef fort à la mode impériale ou militaire n’est donc plus d’actualité, sous la seule réserve de l’occurrence ou non d’un conflit qui se produirait sur notre sol, par des armées d’occupation par exemple. C’est une hypothèse très possible avec l’idéologie d’envahissement d’un radicalisme actuel originaire de l’extérieur…

      Votre thèse boulangiste a donc très peu de chance, j’en ai bien peur, d’aboutir. Enfin, la France d’aujourd’hui n’est plus du tout la France des années 1890. Les Français se sont mélangés et sont partis en voyage, depuis 50 ans, partout dans le monde. 2,5 millions de Français vivent à l’étranger et 10 millions quittent la France régulièrement. Les français sont donc majoritairement un peuple ouvert et peu enclins à mettre un tel extrémisme au pouvoir, malgré les coups de semonces nécessaires.

      Le libéralisme non plus pour finir ne viendra pas d’une réaction à la montée du FN mais bien par une conversion naturelle des français par le porte-monnaie, quand celui-ci deviendra de plus en plus plat.
      Le porte-monnaie : le principal moteur de la politique… Cent kilomètres devant toute autre considération philosophique !

      • Pour compléter ce que je disais hier, aujourd’hui les idéologies véhiculées par les marques, par les fondations et les mouvements philanthropiques ont remplacé les idéologies des partis telles que votre analyse les présente en essayant de plaquer sur 2014 une lecture de la fin du XIXè siècle, un peu dépassée. Les individus de maintenant se reconnaissent plus par les culture de marque ou de travail, par les lieux où ils vont faire leurs courses, par ceux où ils procèdent aux activités de loisirs ou extra professionnelles, enfin par les médias qu’ils choisissent dans un bouquet où l’offre est d’une telle vastitude qu’une vie entière ne suffirait à embrasser tous les programmes.

        Pourquoi ? C’est bien simple. Toutes ces offres commerciales ou d’intérêt n’existaient pas à l’époque historique dont vous parlez. Elles sont issues du XXème siècle. Le sport, la musique et le cinéma sont désormais retransmis et distribués en mondiovision. Ils sont les nouvelles religions subnationales qui ont enterré la vision étriquée de la politique dans ses archaïsmes typologiques.

        La politique dans tout cela, les analyses quantitatives et qualitatives véhiculés par des prismes antédiluviens pour les populations connectées ? C’est assez simple, ils ne s’y intéressent plus, ils les rejettent, les ignorent, les méprisent, ils votent de moins en moins dans les pays du G20. Le sommet du désintérêt électoral étant bien sur représenté par la nation dominante avec un taux de participation (donc de représentativité) rarement supérieur à 30%. Sachant de plus le peu de renvoi d’ascenseur que l’oligarchie constituée mettra dans les actions administratives ou législatives une fois l’élection passée, les peuples ne se sentent alors majoritairement plus représentés par ces édiles quand les partis politiques et les analystes restent aimantés par des divisions et polarisations d’un autre âge, alors qu’ils devraient coller aux préoccupations quotidiennes. Alors le peuple vote, peu, mais un peu par culpabilité plus que par devoir pour ne pas laisser choir l’idée républicaine et patriotique qui a quand même encore des ressorts certains dans le fond des consciences, mais c’est à reculons. Car ces hommes politiques et ces idées sont de plus plus en plus éloignés, comme chacun le sait, de la vie réelle, ayant abandonné les intérêts des peuples pour privilégier et conforter leurs positions dans la nomenklatura. Ses nouveaux dieux sont, pour le meilleur et pour le pire, les stars, les médiateurs en ligne.

        Pourquoi vouloir alors ramener la typologie idéologique et sociale à des fondamentaux qui ne sont plus les bases philosophiques d’un peuple, dorénavant totalement étranger à ces grilles d’analyses, qui ne sont que des bouées de sauvetage pour des politiciens et leurs experts, pour essayer de comprendre, d’induire ou de surfer sur les peuples alors que ceux-ci ont depuis longtemps dépassé ces trains de vagues.

        En cela, le cri de Nigel Farrage en UK est le plus authentique qui soit, une révolte non pour des idées, mais contre une caste européenne. Le FN mélange les deux et n’aura que peu d’échos politique, pas d’ancrage ni de résultats sur le terrain, malgré le nombre important de bulletins rassemblés sur ses propositions. On adhère pour protester mais on rejette localement comme nationalement pour administrer ou orienter philosophiquement ou législativement, telle est la leçon du vote extrême en France.

        Le libéralisme, en plus de l’onction du porte-monnaie, vient par les ondes et l’Internet. Il est déjà plébiscité dans les faits et les pratiques du quotidien par le consommateur friand de nouveautés, de l’extrême droite jusqu’à l’extrême gauche du spectre politique, les idées restant ce quelles sont, des vieilleries pérennes uniquement pour le théâtre des illusions et des vanités, une espèce de code vestimentaire éculé pour définir ses appartenances, dans ce brouillard d’offre médiatique. Le libéralisme est donc bien déjà là, déjà opérant bien plus qu’en gestation idéologique, déjà en opération puisque ayant inondé les marchés et les consciences, bien loin des circonvolutions alambiquées des anciennes structures mentales pré hertziennes.

        Bien plus loin que les freins des quatre pieds opposés par des politiciens dépassés à la marée montante libérale qui rend obsolètes toutes leurs idées d’un autre âge.

    • Allons, pendant les années Reagan, la France a autant fait de déficit et de dette que les USA.

  • Le FN est clairement un parti National Socialiste, ou Boulangiste comme vous voulez, et le mouvement que vous décrivez (l’exode des électeurs de gauche vers le FN) a déjà commencé et largement contribué aux derniers résultats électoraux de celui-ci.

    La promesse du FN est exactement la même que celle du marxisme : rétablir la justice, donner le pouvoir au peuple, établir un état providence. S’ajoute là dessus une composante nationaliste (la dictature du prolétariat oui, mais du prolétariat national) qui ne change rien le fait que ce parti soit bien un parti révolutionnaire socialiste.

    On peut se poser deux question : pourquoi ce parti est-il catalogué ‘extrème-droite’ ? et pourquoi ce parti est-il dénoncé comme la peste par la gauche ?

    Plusieurs réponses, dont la plus simple est que les adjectifs catégorisant le FN sont en grande partie originaires de la gauche, et que la gauche à part une haine pour la droite et les libéraux, n’a jamais vraiment compris ce qu’était la droite et l’a toujours caricaturée : (droite = capitalistes = riches et puissants = réactionnaires = traditionalistes = nationalistes)

    Mais une autre explication, consiste à considérer que l’extrême-gauche, comme l’extrême-droite sont juste deux variantes du national socialisme, mais pour lesquelles le nationalisme est différent : nationalisme des minorités pour l’extrême gauche (la France black blanc beur) et nationalisme des origines pour l’extrême droite (la France éternelle)

    Pour cette simple raison, l’eau ne se mélange pas à l’huile, et l’animosité entre les deux partis est avant tout communautariste. Mais reste que les deux pestes (brunes et rouges) sont aussi toxiques (socialistes) l’une que l’autre.

    • Le socialisme est toujours nationaliste.

      Le discours socialiste revendique toujours l’adéquation à la nation, les libéraux sont des étrangers :
      « Me voilà discrédité à tout jamais; et il est maintenant reçu que je suis un homme sans cœur et sans entrailles, un philosophe sec, un individualiste, un bourgeois, et, pour tout dire en un mot, un économiste de l’école anglaise ou américaine. », disait déjà Bastiat.
      Sarkozy avait « un passeport français ».

      Qui esquive le fisc est critiqué comme un traître à la patrie, par tous les socialistes du monde.

      Le socialisme est collectiviste, et cette collectivité est la nation.

  • J’aimerais être étatsuniens le temps de voter pour Rand Paul, dont je connais surtout lepère, le grand Ron Paul.
    Mais je ne suis que français avec le choix entre UMPS et FN …

    Ron Paul illustre à la perfection une perversité mortelle de la démocratie représentative:
    L’État n’attire que les personnes de mentalité socialiste, celles qui rêvent de « changer la vie » par la contrainte.
    Il répugne aux personnes de mentalité libérale, qui veulent le faire sans contraindre.

    Ron Paul est un politicien, mais par abnégation.
    Il est extrêmement libéral, et l’État lui répugne au plus haut point.
    S’il s’est engagé en politique, c’est pour contrer l’étatisme, parce qu’il avait fait le constat du phénomène que je dénonce.

    Que son fils soit présidentiable, qu’il ne soit pas diabolisé comme le Tea Party, comme la plupart des libéraux, est inexplicable et inespéré.
    Il est vrai que la constance et la probité de son père forcent le respect même chez les socialistes.

    Peut-il l’emporter ?
    Les USA sont engagés dans une spirale socialiste épouvantable, Obama et les Clinton tiennent des discours qui raviraient des gauchistes français.
    Les discours sur le salaire minimal sont ahurissants de stupidité.
    Les USA sont au bord de l’effondrement, il n’y a pas de limite à ce que le socialisme peut détruire.

    Plus généralement, ce constat sur la perversion de la démocratie représentative la condamne.
    Les USA ont eu Reagan, maintenant Rand Paul.
    Le R-U a eu Thatcher.
    Nous n’avons personne.

    La démocratie représentative est une spirale socialiste jusqu’à la guerre civile ou que surgisse un homme providentiel, qui l’interrompt provisoirement.
    Pouvons-nous nous en remettre à un tel aléa ?
    Il y a une meilleure solution: La démocratie directe.

    • La démocratie directe permet des dérives encore plus terribles que la démocratie représentative. Ce n’est pas le mode de scrutin, ni même la présence d’un état fort ou faible qui influence la privation de liberté : c’est la vision qu’à la collectivité de la liberté individuelle et de la responsabilité.

      La liberté fait très peur à de nombreuses personnes, qui laissées à elle-même, se sentent, se croient incapable de se prendre en charge. Notre monde moderne qui paradoxalement est bien plus sur que celui d’avant, génère bien plus de peurs.

      La principale cause du socialisme, c’est la peur.

      • J’aurais plutôt dit que c’est la flemme, mais bon, cela revient peut-être au même: la peur de devoir compter sur ses propres forces, ce qui est la flemme de se prendre en charge. Pas besoin de se battre, le gouvernemaman le fait pour moi. C’est pour cela qu’on attend la faillite totale de l’état, car dès lors une plus large proportion de gens ouvriront les yeux et se verront contraint de se prendre en charge.

        « Quand la nuit et le désordre régneront sur le royaume, les sujets reviendront d’eux-mêmes au civisme ».

        • Le fantasme révolutionnaire : la classe des profiteurs fainéants contre la classe des entrepreneurs méritants. Je suis désolé, mais je n’adhère pas du tout à cette logique marxiste absolument anti-libérale.

          Arrêtez d’avoir peur du socialisme et d’utiliser la logique socialiste/marxiste : vous faites le jeu de celui-ci.

          Quand les gens réaliseront que l’état n’a absolument plus aucun pouvoir face aux entreprises privées, l’état changera de lui-même : CA de Total : 200 milliards d’Euros, recettes fiscales de l’état : 284 milliard.

          La crise actuelle n’est rien d’autre que le passage d’une courbe (celle de l’influence de l’état) en dessous d’une autre (celle de l’influence des entreprises) – une fois la distance entre les deux irrattrapable, le libéralisme s’imposera de lui-même et l’état comprendra de lui-même qu’il faut qu’il change son rôle.

          • J’adhère totalement à votre analyse. La confrontation des courbes d’influence est de toute évidence un mécanisme imparable. Il faut juste nuancer cette vision par la tentation permanente qu’ont les forces extrêmes d’empêcher le marché de prendre le dessus, en mettant la peur comme principal moyen de perception mais aussi en créant du terrorisme pour détruire la confiance naturelle en l’économie, qui est la mère de toutes les batailles.

            Il faut aussi que les mécanismes de concurrence des entreprises (et des états dans leur stratégie économique), qui ont tant de qualités pour résoudre les problèmes et augmenter la qualité de la vie, n’oublient jamais qu’il ne faut pas abandonner des peuples ou des régions détruites par le mécanisme de la concurrence, car ainsi elles se tireraient une balle dans le pied.

            La richesse créée et accumulée a donc l’obligation morale permanente ainsi que l’intérêt stratégique bien compris (pour maintenir la confiance au niveau mondial) de réinvestir dans les pays appauvris par la concurrence ou l’aveuglement des gouvernements.

            • La concurrence ne détruit pas les peuples ou les régions, c’est l’absence de concurrence (par monopole, par étouffement du marché ou par usage de méthodes délinquantes) qui détruit. La concurrence est un puissant mécanisme créateur de richesses et d’innovation.

              Encore un élément de logique marxiste, pour Marx, la production étant ‘propriété’ du travailleur, la concurrence revient à du gâchis et de la lutte des travailleurs les uns contre les autres, dans un but d’aliénation accrue.

              La vision libérale est exactement l’inverse : la concurrence crée de la richesse pour plusieurs raison : elle empêche la création d’obèses inactifs (les monopoles), elle multiplie les marges, elle force à la différentiation et donc augmente les efforts de recherche, d’innovation …

              Le problème arrive quand une entreprise se trouve dans (ou crée) une situation de monopole : elle peut alors profiter de mécanismes destructeurs de richesses pour s’enrichir : arrêter d’investir pour se différencier, ne plus innover, réduire ses coûts, etc…

              • Ce n’est pas tout à fait vrai. Une TPE (beaucoup de PRE le sont) pourra être en état de concurrence avec une multinationale sur une très petite niche et sera dans ce cas détruite par le principe des économies d’échelles, ne pouvant avoir la même productivité et alors sera tuée par la concurrence, malgré son positionnement technologique avancé; ce n’est pas du marxisme, ou de la théorie, c’est la réalité. Sinon, je suis comme vous tout à fait shumpeterien sur le reste, « toutes choses égales par ailleurs ». Je connais particulièrement le problème y étant confronté personnellement. L’exemple est aussi pérenne entre l’Afrique et les pays de l’OCDE, car il y a énormément de créativité en Afrique mais les deux entités globales vivent sur deux planètes différentes, ce qui laisse peu de chance à l’Afrique dans la compétition mondiale malgré d’énormes potentiels humains et techniques.

                • On est d’accord : le cas dont vous parlez est soit un soit abus de position dominante (visées monopolistiques de la multinationale), soit que la TPE n’arrive pas à se différencier, parce que sa valeur ajoutée n’est pas discriminante (étouffement), soit de la triche. Donc des manques ou disparition de concurrence.

                  Quand à l’Afrique, je pense que le problème est différent : la créativité n’est rien sans la capacité de production et le commerce. Quand l’Afrique s’éveillera 🙂

                  • Il y a aussi le vol du savoir faire quand la TPE ne peut se payer des brevets ou la rapidité de production pour avoir un cycle d’avance. Les multinationales (les oligopoles) ont toutes des visées de position dominante et de monopole, c’est le propre même de leur modèle. Même quand elles sont à deux sur un même créneau et un même marché, elles continuent à se faire la guerre jusqu’à extinction de l’une ou de l’autre, le processus est sans fin. Je l’ai vu dans la musique avec les restructurations infernales qu’on a vécues depuis 10 ans, à la suite de l’ambiance sur le piratage Internet. Je ne sais plus si je dois le regretter ou le promouvoir, parce qu’un nombre incalculable de métiers et de talents disparaissent alors.

                    Vous me direz à juste titre que ce processus de concurrence permet, contrairement à la situation monopolistique d’engager des processus de productivité et d’amélioration des produits et des services… Oui mais jusqu’à une certaine limite, car dès que la position dominante est acquise ou en passe de l’être, la situation de quasi monopole fait que le processus d’excellence repart à la baisse.

                    Je n’ai pas la solution. Mas il est navrant quelquefois, comme pour les biotopes, que les très petites entreprises ne soient pas protégées face aux mastodontes. Je sais, je prêche dans le vide. L’espace n’est pas cloisonné. Mais souvent, il faudrait donner aux micro entreprises la possibilité de ne pas vivre dans la même dimension que les mammouth, comme on projette de le faire entre deux zones de l’Europe, car on a bien vu que l’Euro n’était pas fait pour tous les pays.

                    L’Afrique n’est faite dans l’immense majorité que de micro entreprises, ce qui correspond à sa culture. Dès qu’un mammouth arrive, les caisses des États corrompus se remplissent mais les petites entités sur le même créneau ferment.

                    « la créativité n’est rien sans la capacité de production et le commerce ». Que faites-vous des écrivains, des peintres, des artisans, des créatifs souvent spoliés parce qu’un appareil photo est passé par là et a repris l’idée. Le sujet n’est pas facile, j’en conviens, mais tous les droits ne sont pas dévolus aux prédateurs, aux tyrannosaures, à la puissance de frappe, sinon, c’est la jungle ! Je suis d’autant mieux placé que j’ai travaillé dans deux multinationales, dans 2 PME et que j’ai une TPE. Je connais les business models des trois. La concurrence n’est pas tout. Et l’excellence poussée à son extrême n’est pas l’apanage des plus gros systèmes, qui eux ont des stratégies médianes.

                    • L’abus de position dominante est un vrai problème, je suis entièrement d’accord. dès qu’une société se trouve en position de monopole, les problèmes commencent. C’est un des rares interventionnismes d’état qui a un sens : supprimer les monopoles.

                      On en est loin 🙂 l’état est le plus gros créateur de monopoles du marché, entre les services publics et les secteurs subventionnés (genre le marché de la formation professionnelle, des secteurs entiers de l’agro alimentaire … ) ou régulés faussement concurrentiels (genre le logement, le secteur bancaire, la santé, les assurances, l’énergie, les télécoms …)

                      Si ca bouge : taxez le, si ca bouge encore : régulez le, quand ca ne bouge plus : subventionnez le.

                    • Je vous rejoins sans mal.

                    • On ne peut pas parler de monopole en l’absence de coercition. Il est absurde de donner à l’Etat un rôle pour casser les monopoles puisque les monopoles sont précisément un résultat de l’action de l’Etat, qui use de son pouvoir de contrainte pour interdire la concurrence.

                      L’Etat n’a pas à lutter contre les « abus de position dominante ». S’il le fait, il ne fera que fausser le système des prix qui ne rendra pas compte de la réalité du marché.

                      Le rôle de l’Etat dans l’instauration de la « concurrence » est un cheval de Troie socialiste. Cf. http://www.contrepoints.org/2014/09/25/182341-professions-liberales-derriere-la-dereglementation-la-technocratie

                    • @Philippe Fabry : j’ai parlé de l’état, pas de l’administration. L’administration étant elle même un monopole, et étant ultra conservatrice sur ce monopole, il n’y a rien à attendre d’elle, je suis d’accord.

                      L’état dans ma vision n’a rien à voir avec l’administration publique. Lier les deux est une conception socialiste, un reste de subconscient marxiste (bon ok, qui date d’avant en France, mais on oubliera les Colbert et consorts, la fonction de l’administration dans une monarchie absolue où l’état est incarné (l’état c’est moi) n’ayant que peut de chose à voir avec celle de l’administration dans une démocratie où l’état est légiféré)

                    • Stéphane Boulots,

                      L’Etat, c’est l’Etat, peu importe qu’il soit représenté par une administration ou pas.

                      Si vous estimez qu’une autorité politique a un rôle d’instauration de la concurrence, c’est faux.

                    • Pas d’instauration de la concurrence : de recours en cas d’abus de position dominante.

                      Un exemple très simple : si une société exploitant une autoroute, crée une filiale de transport et ne fait pas payer à ses camions le péage qu’elle fait payer aux autres, c’est un abus de position dominante. Et il doit y avoir un recours contre cet abus.

                      Je n’ai pas parlé d’autorité politique (de gouvernement) mais d’état. Je pense que vous avez ne détachez pas la notion d’état de celle de gouvernement et de l’administration : l’état est statique, passif, rationnel, il représente les règles du jeux et son respect. Le gouvernement est en mouvement, actif, concret, il met en œuvre des actions politiques via l’administration publique.

                      Je ne souscrit pas à la logique Hégélienne comme quoi « ce qui est rationnel est réel, et ce qui est réel est rationnel  » : il existe des milliards de choses réelles qui n’ont pas été rationalisée et des milliard de concept rationnels qui n’ont pas encore été concrétisé. Je sépare donc Etat et gouvernement/administration. Sinon, il n’y aurait d’autre solution que le socialisme.

                    • Vous avez bien parlé d’autorité politique. Je me permets de rappeler que politique désigne tout ce qui a trait à la gestion de l’Etat (en grec polis, la cité).

                      Et, je le répète, l’abus de position dominante n’existe pas.

                      Déjà, l’exemple que vous donnez n’est pas un abus de position dominante. Si l’entreprise qui gère l’autoroute en est propriétaire, elle peut bien décider de faire payer qui elle veut, et tant mieux pour elle. Si elle la gère pour une collectivité, alors effectivement c’est répréhensible, mais on est dans un comportement voisin de l’abus de confiance, du détournement de la chose, pas d’un abus de position dominante.

                      Il y a (soi-disant) abus de position dominante quand une entreprise cherche à utiliser sa position pour dicter ses conditions sur un marché. Par exemple : je suis le pratiquement la seule enseigne de grande distribution dans une région, j’en profite pour grossir mes marges en imposant à mes fournisseurs d’écraser leurs prix, et surtout pour leur dire « attention, si vous fournissez ceux qui tentent de me faire concurrence, je ne vous achète plus rien et donc vous perdez un client vital et vous crèverez la dalle ».
                      Cela est interprété par les technocrates avides d’intervention étatique comme une entrave à la concurrence contre laquelle il faut lutter par la réglementation.

                      C’est une ânerie car il n’y a aucune violence, simplement la réalité d’un marché. Une entreprise a le droit de demander l’exclusivité à ses fournisseurs, à eux de voir si leur position sur le marché leur permet de trouver un meilleur deal ou pas. Si le distributeur est en position dominante sur cette région, c’est peut-être parce qu’il a été le premier à prendre le risque de s’y installer et cherche à rentabiliser son investissement. Et dans ce cas ses fournisseurs bénéficient de sa présence, puisque sans lui il n’y aurait pas de distributeur pour écouler leurs produits.

                    • Je n’ai jamais dit qu’il faut lutter par la réglementation, mais proposer une voie de recours.

                      L’abus de position dominante ne porte pas sur la pression d’un client sur ces fournisseurs, mais sur un acteur du marché quand il utilise sa position de monopole pour supprimer sa concurrence sur un autre secteur.

                      Dans votre exemple, il ne s’agit pas d’abus : le supermarché n’empêche pas les autres supermarchés de s’installer sur le même territoire. Ce serait le cas, si le supermarché (en situation de monopole) créait un business concurrent de celui de ses fournisseurs et interdisait aux autre fournisseurs de faire de la pub dans son magasin, ou ponctionnerait une marge plus importante sur les autres produits que les siens…

                      Après, rien ne l’empêche de faire accepter cet état à ses fournisseurs. Je dis juste que si un fournisseur se fait mettre sur la paille par ce genre de pratique, il peut pouvoir avoir droit à un recours : si il prouve que le supermarché est en position dominante et qu’il a utilisé sa position dominante pour supprimer la concurrence.

                    • Si, de plus en plus l’APD se définit comme un peu n’importe quoi, c’est le couteau suisse de l’interventionnisme étatique.

                      Vous avez un truc qui s’appelle la « rupture brutale des relations commerciale établies ». Exemple : vous êtes un hypermarché qui a un fournisseur de chou depuis vingt ans et vous êtes un client vital pour lui. Au bout de vingt ans vous trouvez enfin un autre fournisseur moins cher et vous le lâchez. Eh bien vous pouvez être condamné pour rupture brutale… alors que vous avez juste choisi un fournisseur moins cher sans rompre aucun contrat.

                      Et si, vous êtes considéré comme empêchant les autres de s’établir si vous ne contractez avec vos fournisseurs qu’à la condition qu’ils ne vendent pas à l’autre.

                      Et je suis désolé, mais vous dites : « Ce serait le cas, si le supermarché (en situation de monopole) créait un business concurrent de celui de ses fournisseurs et interdisait aux autre fournisseurs de faire de la pub dans son magasin, ou ponctionnerait une marge plus importante sur les autres produits que les siens…

                      Après, rien ne l’empêche de faire accepter cet état à ses fournisseurs. Je dis juste que si un fournisseur se fait mettre sur la paille par ce genre de pratique, il peut pouvoir avoir droit à un recours ».

                      Dans ce cas vous êtes favorable à ce qu’un petit fournisseur puisse faire condamner en justice un gros producteur-distributeur au motif que sa concurrence l’a mis sur la paille ? Mais cela, monsieur, ce n’est pas protéger la concurrence, c’est protéger le petit fournisseur de la concurrence, le contraire de ce que vous prônez.

                      Et de toute façon, pourquoi devrait-il y avoir un recours alors qu’il n’y a nulle violence ? Quelle est cette manie de prétendre pouvoir demander un dédommagement quand on est victime d’aucune agression ?

                    • Ok, je recommence 🙂

                      Ce que je dit, c’est qu’il faut prouver qu’il y est position dominante ET abus (abus voulant dire que la position dominante est utilisée volontairement pour s’affranchir des règles du marché, pas pour se démarquer de la concurrence, l’abus de position dominante n’est pas l’avantage concurrentiel) ET dans le but de supprimer la concurrence.

                      Dans mon exemple, ce n’est pas parce que la filiale du distributeur a mis le petit fournisseur sur la paille, c’est parce que le distributeur a traficoté les règles du marché à son avantage (en taxant les concurrents) dans le but de supprimer toute concurrence.

                      Là où je vous rejoint sur votre article, c’est que certains gouvernements utilisent cette excuse pour faire du pseudo libéralisme dirigiste qui en fin de compte n’est que de l’interventionnisme caché. Le problème ici étant le rôle du gouvernement, qui se permet de se confondre avec l’état et l’escroquerie de ces même gouvernements qui détournent un principe libéral pour tenter de prouver leur capacité à micro-manager l’économie et imposer le socialisme.

                    • Vous ne pouvez pas parler de taxe s’il n’y a pas de violence.
                      Si je vous trouve dans un désert et que je vous demande un diamant contre mon verre d’eau, je ne commets aucune violence, j’agis seulement en tenant compte de la réalité du marché.
                      Si moi, mes enfants et vous êtes dans un désert et que j’ai une gourde, je peux décider que la gorgée est gratuite pour mes enfants mais payante pour vous et les vôtres. Ce ne sera pas une « taxe », je n’exercerai aucune violence contre vous.

                      Si je suis le distributeur dominant et que j’ai une filiale productrice, j’ai le droit de lui acheter deux fois plus cher qu’aux autres. Ce n’est pas une taxe.

                      Il n’y a rien à réguler là dedans.

                    • La seule chose qui serait répréhensible, c’est d’envoyer des types avec des armes dire aux fournisseurs : alors voilà : vous ne vendez qu’à notre boîte, et vous divisez vos prix par trois, ou on vous marrave. Et de les envoyer voir les concurrents et leur dire : » tu plie boutique et tu te casse ou on te pète les jambes ». Voilà, ça c’est anticoncurrentiel. C’est violent. Cela s’appelle du racket, de l’agression, tout ce que vous voulez. Mais ce n’est pas un APD. L’APD c’est une invention pour sanctionner des comportements qui n’ont pas lieu de l’être.

                    • Vous mélangez abus de position dominante et avantage concurrentiel :

                      « Si je suis le distributeur dominant et que j’ai une filiale productrice, j’ai le droit de lui acheter deux fois plus cher qu’aux autres. Ce n’est pas une taxe. »

                      Non ce n’est pas une taxe.

                      l’APD serait de distribuer gratuitement les produits de sa filiale, histoire de couler les concurrents. Et une fois l’abus consommé, de profiter de la position de monopole pour vendre plus cher que la concurrence.

                      Et encore, à condition que les concurrents trouvent cette action dommageable.

                    • Je ne mélange rien, c’est vous qui mélangez.Je répondais à ce que vous avez dit :  » Ce serait le cas, si le supermarché (en situation de monopole) créait un business concurrent de celui de ses fournisseurs et interdisait aux autre fournisseurs de faire de la pub dans son magasin, ou ponctionnerait une marge plus importante sur les autres produits que les siens… »

                      Evidemment que ce n’est pas un APD mais un avantage concurrentiel.

                      Vous dites encore : « l’APD serait de distribuer gratuitement les produits de sa filiale, histoire de couler les concurrents. Et une fois l’abus consommé, de profiter de la position de monopole pour vendre plus cher que la concurrence. »

                      Mais ce n’est pas non plus un APD ! Casser ses propres marges pour couler ses concurrents en espérant ensuite y trouver un avantage en remontant les prix (stratégie très risquée, soit dit en passant) est une manoeuvre commerciale comme une autre. Il n’y a aucune espèce d’agression, et il n’y a là absolument rien à réguler.

                    • Philippe Fabry, si l’abus de position dominante n’existe pas en droit, comment les USA ont-ils condamné Microsoft pour ces mêmes raisons ? Alors, comme le commerce est devenu international et que les USA importent/exportent sur ce marché comme les autres pays, l’abus de position dominante a tout pour exister même ici. Il est d’ailleurs acté par l’Europe qui sanctionne des entreprises se livrant à cette pratique (Google?). Le droit européen étant supérieur aux droits nationaux, l’abus de position dominante est donc juridiquement une situation existante, en France en particulier.

                    • Dans votre exemple du verre d’eau dans le désert, il n’y a pas de marché : il n’y a qu’une seule offre et une seule demande, donc aucun marché, mais un rapport de force. Les rapports de force n’ont rien à voir avec le libéralisme. De plus cet exemple est extrêmement violent : si vous ne me donnez pas ce que je veux, vous mourrez de soif, le prix fixé n’est pas mutuellement consenti, mais imposé.

                      Favoriser un tel ou un tel dans le but de détruire le marché (c’est à dire empêcher l’offre et la demande de se rencontrer) est profondément anti-libéral. Utiliser une position dominante pour transformer un marché en rapports de force est anti-libéral.

                      Un avantage concurrentiel ne détruit pas le marché, il l’infléchit.

                    • Fraserve : le fait que les USA aient légiféré là-dessus ne signifie pas que cela existe, c’est juste une manip technocratique.

                      Stéphane Boulots :

                      L’exemple est violent si vous voulez, comme bien souvent la réalité.

                      Mais en vérité, tout comme les technocrates qui parlent d’APD, vous ne vous demandez pas comment il se fait qu’il n’y ait qu’un seul individu pour venir avec un verre d’eau, quels sont les dangers qu’il a dû affronter, les précautions qu’il a dû prendre pour venir là, en plein milieu du désert. Vous demandez-vous si, au fond, s’il n’y a « pas de marché », c’est précisément que les éventuels concurrents n’ont pas estimé l’investissement intéressant et ont jugé plus sûr d’aller servir des verre d’eau contre une pièce dans la rue d’une grande ville ? En vérité, il y a un marché : simplement il est réduit à deux individus qui ont chacun un seul bien, qui est ce que l’autre veut. Et dans ce cas vous pouvez tenir tous les raisonnements constructivistes que vous voulez, cela ne changera rien.
                      D’ailleurs, vous ne vous êtes pas demandé non plus ce que fait l’homme avec un diamant en plein milieu du désert, tout seul. N’a-t-il pas été imprévoyant ? N’a-t-il pas pris un risque exagéré en n’emportant qu’une gourde pour traverser tout le désert, parce qu’il refusait de vendre son diamant pour traverser le désert avec une fortune plus réduite ? N’a-t-il pas pris un risque exagéré en partant seul ?
                      Tout cela, vous ne pouvez pas le savoir, donc vous êtes totalement illégitime, comme le sont les technocrates, et l’Etat, à prétendre venir parler à ce sujet d’APD.

                      Vous ai-je dit que l’homme au verre d’eau avait empêché par la force d’autres de venir donner un verre d’eau contre un simple éclat du diamant ? Non. Dans ce cas seulement, vous pourriez parler de violence.

                    • @Philippe Fabry : non je ne me suis pas posé ces questions, parce que je ne suis pas marxiste : pour moi le travail n’est pas une part indissociable du travailleur, la valeur d’un travail n’est pas influencée par la difficulté ou complexité de celui-ci : la valeur d’un travail ne peut être estimer que lorsque ce travail est mis sur le marché, son prix étant alors fixé par l’offre et la demande lors de libres échanges.

                      L’absence de liberté vient de l’absence de choix. La liberté, c’est la possibilité de choisir.
                      Pour moi, toute absence de liberté est violente.

                    • Je ne vous parle pas de valeur travail.

                      Je vous parle précisément de marché libre. Et je vous dis : si l’individu est tout seul à avoir besoin d’une chose en un endroit isolé, c’est précisément la loi de l’offre et de la demande qui impose un prix démesurément élevé.

                      Dire « toute absence de liberté est violente », est absurde.
                      Ce n’est pas l’absence de liberté qui est violente, c’est la privation de liberté.

                    • Si l’individu est tout seul à avoir besoin d’une chose en un endroit isolé, ce n’est pas la loi de l’offre et de la demande qui prime, c’est la loi du plus fort, du plus gentil, du plus baratineur, du plus empathique, du plus manipulateur, qui sait … la notion de prix n’a alors plus aucun sens.

                      Le prix provient d’un équilibre entre offre et demande, mais c’est un équilibre mutuel, ca ne marche pas avec une seule offre: la personne peut autant donner le verre d’eau gratuitement que demander toute la fortune du consommateur, comme le consommateur n’a pas d’alternative, il est bien obligé d’accepter si il en a vraiment besoin, quelque soit les conditions.

                      Vous avez vraiment une conception marxiste du capitalisme: la personne possédant le capital possède le pouvoir.

                    • Bien sûr que si la notion de prix a un sens. Il relfète le marché, et dans l’exemple que je vous donne le marché c’est une offre quasi-nulle.
                      Et je note que vous ne vous demandez même pas si l’homme qui n’a que son diamant et se voyait mort en plein désert ne sera pas heureux d’échanger son diamant contre un verre d’eau. C’est précisément le principe de l’échange libre que de n’échanger que si l’on estime y gagner.

                      Vous, vous me dites que l’homme qui a le verre d’eau pourrait se contenter de le donner. Soit, mais c’est pareil pour tout. Votre boulanger pourrait vous donner votre pain, après tout vous avez besoin de manger, non ? Sauf que s’il fait cela votre boulanger va fermer, et ses clients n’auront plus de pain. Ils iront demander la même chose à un autre boulanger et, de proche en proche, il n’y aura plus du tout de pain.

                      La loi de l’offre et de la demande n’est pas une demi-mesure, qui ne s’applique que dans le cas où…

                      En vérité, vu l’état du marché dans l’exemple, si l’homme au verre d’eau est obligé de le donner, ou le donne par charité, cela lui coûte. Et la prochaine fois que vous vous perdrez dans le désert, vous mourrez de soif.

                    • Ce que je dit, c’est qu’en position de monopole, le marché n’a plus aucun sens : il n’y a plus de marché, dans le sens où le prix n’est plus fixé par le marché, mais par les intervenants. C’est la même chose en cas d’absence d’acheteur.

                      Le marché n’est pas une chose abstraite. Dans mon exemple du distributeur : le marché des fournisseurs, c’est lui (le super-marché)

                      Le libéralisme se focalise sur cet élément de l’économie, alors que le capitalisme selon la vision de Marx l’occulte complétement.

                      Et oui, vous avez raison, si on ne considère que l’offre et la demande, on a deux extrêmes : l’économie dirigée ou l’économie capitaliste. Le libéralisme introduit une régulation intermédiaire par le marché (d’où ma boutade d’extrême centre)

                      Mais le marché n’est pas neutre : il a besoin d’un certain nombre de règles pour fonctionner, sinon vous retournez à l’économie dirigée (quand il y a trop de règles) où à l’impérialisme capitalistique (quand il n’y a aucune règle)

                      Le monde est en tain de construire ces règles : pas pour réguler l’économie et les gens, mais pour réguler le marché : règles sur les monnaies (et avec les nouvelles monnaies genre bitcoin, ca n’est pas simple) règles sur la concurrence et les monopoles, règles sur le marché financier : dans le but d’éviter les crises débiles, comme celles de 2008, où des petits malins avaient trouvé comment tordre le marché.

                      Libre à vous de prôner le capitalisme marxiste, on sait clairement que cela ne marche pas, que cela amène des excès et que cela paralyse l’économie à terme.

                    • Pour la énième fois : IL N’Y A PAS DE MONOPOLE S’IL N’Y A PAS DE VIOLENCE.

                      Et la crise de 2008 n’est pas advenue parce que des « petits malins » on trouvé le moyen de « tordre le marché » mais parce que LA VIOLENCE ETATIQUE A TORDU LE MARCHE. Cf. http://www.wikiberal.org/wiki/Crise_financi%C3%A8re_de_2007-2008

                      Il n’y a aucune autre espèce de règle à construire que le respect du droit de propriété et le principe de non-agression.

                      Il n’y a pas à réglementer le Bitcoin. Bitcoin se donne ses propres règles et si elles plaisent aux gens, ils achèteront du Bitcoin. Si Bitcoin fait n’importe quoi, le Bictoin perdra toute valeur.
                      Et c’est pareil pour tout le reste.

                    • @ Stéphane Boulots

                      Je ne veux pas dire, mais Philipe Fabry a raison. Enfin c’est en tout cas la ligne libérale classique. Votre vision semble plus néo-classique, école de pensée en désaccord avec les écoles de pensée libérales comme l’école autrichienne, celle de Chicago ou l’école des choix publics. Philippe Fabry expose une vision autrichienne. Vous ne pouvez avoir plus faux en disant qu’il a une vision marxiste du capitalisme.

                      Vous devriez vous documenter un peu plus sur le libéralisme. Lisez du Rothbard, du Hayek, du Von Mises (mais c’est chiant à lire), du Pascal Salin, du Bastiat évidemment etc. Car sans vouloir vous offenser, vous ne vous battez pas à armes égales avec l’auteur.

                      « il n’y a plus de marché, dans le sens où le prix n’est plus fixé par le marché, mais par les intervenants »
                      Celle-là quand même elle est pas mal 😉

                    • Excellents conseils de lecture, Mateo.

                      Stéphane Boulots, je vous conseille de les suivre. Je pensais comme vous jusqu’à il y a deux ans. Et puis j’ai pris connaissance de ces auteurs. Spécialement, il faut dépasser Hayek et son idée du rôle de l’Etat dans la concurrence. Il faut prendre Mises et aller vers Rothbard.

                    • Ce que je dit, c’est que les monopoles (dont le monopole du gouvernement sur les services de l’état) peuvent entrainer des dérèglements, quand les monopoles abusent de leur avantage concurrentiel, pour modifier les règles du marché :

                      Un gouvernement qui déciderait que la dette qu’il possède ne vaudrait plus rien en fabriquant des billets pour renflouer ses comptes, mais que celle des autres reste valable, abuserait de sa position dominante (son monopole de battre monnaie).

                      Un concessionnaire d’autoroute qui ferait payer des péages à toutes les entreprises sauf à ses filiales, abuserait de sa position dominante (son monopole sur l’autoroute)

                      Un distributeur en position de monopole qui déciderait de ne distribuer que les produits fabriqués par sa filiale abuserait de sa position dominante (son monopole de marché de distribution)

                      La société qui gère la bourse, qui déciderait de faire payer les transactions ou de taxer les dividendes réinvestis, sauf pour les entreprises qui lui appartiennent, abuserait de sa position dominante (son monopole de marché des titres)

                      Dans tout les cas, si il n’y a pas monopole (si il y a plusieurs contrats d’exploitation de l’autoroute, si la monnaie est régulée par une autorité indépendante du gouvernement, si le distributeur n’est pas le seul sur son territoire, si il y a plusieurs bourses…) ou que ces pratiques n’aboutissent pas à la destruction d’un libre marché, alors il n’y a pas lieu d’avoir une possibilité de recours.

                    • J’ai très bien compris ce que vous dites. Il n’empêche que c’est faux.

                      Vous parlez de monopole pour des choses totalement différentes. Rien à voir entre le monopole légal de l’Etat de battre monnaie, qui est un authentique monopole, fondé sur la violence ou la menace de la violence, et la situation dominante d’une entreprise qui, si elle a été acquise sans violence (et donc sans violence directe mais aussi sans le concours de l’Etat, qui implique la violence) est parfaitement légitime et ne saurait justifier contre elle la moindre espèce de « recours ».

                      Si une entreprise a construit une route et décide de ne pas faire payer les camions de sa filiale qui passent dessus, ce n’est pas un abus, c’est un usage parfaitement légitime du droit de propriété ; si les autres ne veulent pas payer, ils peuvent à leur tour investir dans leur propre route.

                      Un distributeur qui n’accepte de distribuer que ses propres produits est parfaitement légitime : il fait ce qu’il veut de son circuit de distribution. Si les autres ne sont pas contents, qu’ils montent une coopérative de distribution.

                      Etc.

                    • Parler « d’avantage concurrentiel » au sujet du monopole d’émission de la monnaie par l’Etat, c’est un peu fort.

                      L’Etat vous fait passer en Cour d’assises si vous battez monnaie à sa place. Ce n’est pas un avantage concurrentiel, c’est de la violence.

                    • Dans tous les exemples que je prend, vous détournez la situation : c’est clair que quand il n’y a pas de position dominante, il n’y a pas d’abus : le concessionnaire a le monopole de l’exploitation d’une autoroute qui ne lui appartient pas, sinon ce n’est pas un monopole (exclusivité de commercialisation) mais de la propriété privée (exclusivité de propriété), le distributeur ne peut avoir de monopole de commercialisation que si il n’y a aucun moyen de commercialiser autrement que par lui, etc….

                      De plus, l’abus implique l’usage d’autre moyens que ceux de la concurrence, alors que vous reprenez systématiquement des moyens concurrentiels.

                    • Je ne détourne pas la situation. Vous me parlez d’APD et je vous dis que ça n’existe pas. Du coup il est évident que quand vous me donnez des « exemples » d’APD, je vous explique que ça ne correspond à rien en réalité, que c’est une fiction inventée pour justifier des interventions étatiques.

                      Et le distributeur n’aura de monopole non pas s’il n’est possible de commercer que par lui, mais seulement si il est interdit de commercer autrement que par lui. Dans le premier cas c’est une situation de fait, économique, qui veut qu’un acteur du marché est tellement gros qu’il est incontournable. Dans l’autre cas c’est une situation par laquelle est posée, positivement, une entrave à la libre entreprise d’autrui, et là c’est de la violence.

                      Donc je résume : sans violence, pas de monopole.

                      Pour vous aider à y voir plus clair, prenez les choses à l’envers : une technologie apparaît qui n’est d’abord maîtrisée que par une seule entreprise, qui fait qu’au bout de vingt ans elle capte 99% du marché. Eh bien CE N’EST PAS UN MONOPOLE pour autant qu’il n’est pas interdit à de nouveaux entrants de lui faire concurrence. Et si il profite de sa situation largement prédominante pour imposer des prix élevés, il sera d’autant plus facile pour le nouvel entrant, quoique petit, de lui piquer ses clients et de gagner rapidement des parts de marché.

                      La seule chose nécessaire à la concurrence, c’est la libre entreprise. La concurrence ne s’obtient pas par des lois. Cf. mon précédent article, que je vous ai linké mais dont je ne suis pas certain que vous l’ayez lu. http://www.contrepoints.org/2014/09/25/182341-professions-liberales-derriere-la-dereglementation-la-technocratie

                    • Ok, j’abandonne, vous modifiez tout exemple que je vous donne, tout argument, pour prouver que vous avez raison, que votre version de la définition du monopole (forcément contraint et/ou étatique) est vraie.

                      Monopole : « situation dans laquelle un offreur se trouve détenir une position d’exclusivité sur un produit ou un service offert à une multitude d’acheteurs »

                      (une multitude, pas un seul acheteur – offert, pas demandé – position d’exclusivité, pas contrat d’exclusivité – exclusivité, pas unicité – etc…)

                    • Je ne modifie rien. Je vous explique simplement qu’il n’y a pas de monopole sans coercition. Cela a été expliqué par d’autres que moi.

                      Allez faire un tour à l’article « monopole » sur Wikiberal. Extrait :

                      « Le terme « monopole » est utilisé de manière inappropriée lorsque que l’un des vendeurs occupe la première place d’un marché loin devant ses concurrents (par exemple Microsoft). Il est toujours possible de concurrencer le premier vendeur d’un produit. Soit en investissant dans la même activité, soit en investissant pour produire des marchandises substituables. Lorsque cet investissement nécessaire pour concurrencer le premier vendeur est très coûteux, on utilise aussi fautivement le terme ‘monopole’. Lorsque les substituts disponibles sont rares, on utilise tout aussi fautivement le terme de « monopole ».

                      Un oligopole est un monopole partagé par plusieurs producteurs.

                      L’accès est difficile soit à cause de causes externes comme des règlements du pouvoir soit des raisons internes qui vont de celles légitimes — car d’une meilleure efficacité — aux pires lorsque la complexité est une véritable attitude machiavélique.

                      Les libertariens considèrent qu’un monopole provient nécessairement d’un privilège de l’Etat. Ils réservent donc ce mot à ce seul usage d’une activité choisie par l’Etat pour être un monopole. Les libertariens soutiennent ainsi qu’il n’existe pas d’autres monopoles que des monopoles d’Etat.

                      Il existe ainsi des monopoles « de droit » ou monopoles « politiques » (monopoles illégitimes imposés par l’État, par exemple jusqu’à récemment celui de la Sécurité sociale en France). Certains désignent fautivement par monopole « de fait », légitimes, le meilleur vendeur sur un marché. Cette situation particulière d’un acteur du marché, se trouve être le seul dans son secteur à un moment donné. Ainsi le seul boulanger d’un petit village n’a aucun monopole. En faisant 5 km de plus en voiture, on achètera son pain au super marché. « 

                    • OK, si vous ne voulez pas entendre que les monopoles (ou positions dominantes) peuvent créer des problèmes, libre à vous.

                      Libre à vous de penser que les octrois aident l’économie, que la ségrégation aussi, que la SNCF est une réussite, etc… Le monde médiéval reposait entièrement sur la notion de propriété privée sans état, je ne suis pas sur que se soit votre idéal.

                      Encore, je pense que vous mélangez état et gouvernement (technocrates, administration, régulation, réglementation)

                    • @ Stéphane

                      Sans vouloir vous offenser, vraiment, c’est vous qui mélangez un peu tout, on sent un manque de maîtrise des concepts. Wikiberal est une très bonne source d’information.

                      PS: la technique de l’homme de paille a peu de chances de marcher sur Contrepoints, elle est connue comme le loup blanc

                    • Un manque de mâîtrise des concepts, en effet.

                      Où ai-je dit que les monopoles ne créent pas de problèmes ?
                      Bien sûr qu’ils en créent, mais à condition de parler des vrais monopoles, les monopoles légaux.
                      Vous me parlez de la SNCF… mais précisément, c’est un monopole légal.

                      Les octrois aident-ils l’économie ? Tout dépend de ce dont vous parlez.
                      Si vous me parlez des péages étatiques, il s’agit de prédation, donc évidemment non.

                      Par contre, si vous me parlez du droit que vous fera payer un propriétaire pour traverser sa propriété (qu’il s’agisse d’une route qui lui appartient, d’un champ, d’un parking ou d’un jardin), alors il n’est pas un obstacle à l’économie.
                      Ou alors il vous faut considérer que sont aussi un obstacle à l’économie les loyers, les abonnements, bref toute contrepartie financière à l’usage d’une propriété privée… et donc considérer, en bout de chaîne, que la propriété privée est un obstacle à la bonne marche de l’économie.

                      Cela fera de vous un curieux libéral.

                      En tout cas ce ne sera pas moi qui aurai mélangé quoi que ce soit. Depuis le début j’essaie de vous expliquer la distinction importante entre vrai monopole (d’Etat, fondé sur la violence) et simple situation dominante sur un marché, dont il ne saurait être « abusé » en l’absence de violence.

                    • Ah, et ne venez pas m’expliquer que le monde médiéval reposait sur la notion de propriété privée sans Etat : il n’y avait guère de propriété privée au Moyen Age, essentiellement des droits d’usage : tenure, saisine.

                    • @Mateo : OK, je me suis pris les pieds dans le tapis en essayant d’expliquer mon point de vue, en essayent de trouver un angle d’explication de ce que je voulais dire qui soit compris.

                      Mais après autant d’échange, j’en ai juste marre de la rhétorique qui consistait à chaque fois que je tentais d’expliquer ce que je voulais dire, de modifier l’exemple pour expliquer que celui-ci n’avait pas de sens.

                      Je pense sincèrement que Philippe mélange l’état (monopole de l’arbitrage final) et le gouvernement (système qui dirige l’état) pour reprendre les définitions de wikiberal, c’est son droit, mais je pense que c’est incorrect, c’est donner trop d’importance et de légitimité aux gouvernement, ce qui aboutit à des abus.

                      Et,

                      Je me fiche pas mal de savoir pourquoi un monopole ou une position dominante existe, ce que je voulais expliquer, c’est qu’en cas de litige, de problème, il faut qu’il y ait un recours possible pour déterminer si il y a abus (cohéritions, violence ou autre, là n’est pas mon point) ou non, que seul l’état (en tant qu’arbitre) pouvait tenir ce rôle, que la meilleure solution dans ce cas, n’était pas la coercition, mais la suppression du monopole, et que les situations de monopole (que les gouvernements sont friands de créer) posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.

                      C’est tout.

                      Je n’ai jamais parlé de réglementation, ni de théorie sur le monopole et son origine, juste d’un point de vue pratique : le fait que la SNCF soit en situation de monopole, en abuse et qu’il n’y ait aucun recours me fait chier (entre autre)

                    • Stéphane Boulots,

                      Je ne crois pas avoir « retourné vos exemples ». Je vous expliquais seulement que seuls les monopoles d’Etat sont des vrais monopoles.

                      A partir de là, je vous disais qu’il n’y a pas à créer d’APD, il suffit de ne pas créer de monopoles légaux et de laisser faire le marché, c’est tout.
                      D’autant plus que l’APD tel qu’il existe sert surtout à intervenir dans l’économie contre telle ou telle grosse entreprise privée. C’est au nom de ce genre de principes qu’on fait des lois anti-amazon. C’est pour cela que je dénonce l’APD comme une construction technocratique qui n’a aucune espèce d’existence réelle.

                      En disant qu’il y a besoin de l’Etat comme arbitre comme recours contre les monopoles, vous faites exactement ce que veulent les gouvernements : vous leur donnez encore un peu plus de pouvoir au nom de la lutte contre… ce qui est déjà un abus de pouvoir : la création d’un monopole légal. Ce faisant c’est vous qui donnez trop de légitimité au gouvernement.

                      Moi je dis qu’il ne devrait y avoir ni gouvernement, ni Etat.

                    • Je comprends, je comprends. En fait, ce qui cause votre incompréhension mutuelle et que Philippe Fabry est un libéral « pur jus », et donc le point de départ de toute sa réflexion est ce qu’est le libéralisme: une philosophie du droit (et non une théorie économique).
                      Il analyse donc les faits économiques non en fonction de leur efficacité, mais en fonction de leur caractère « juste » du point de vue libéral. Est « juste » du point de vue libéral ce qui n’atteint pas au droit naturel d’autrui (liberté, propriété, « non-agression »). C’est pour cela que du point de vue libertarien, il n’y a monopole que lorsque celui-ci est imposé par la violence (en général de l’État, mais cela englobe aussi les comportements « mafieux »), car il n’y a atteinte au droit naturel d’autrui (usage de la violence, menace d’usage de la violence etc.) que dans ce cas. Pour les libertariens, l’État n’a pas à intervenir s’il n’y a pas d’atteinte aux droits naturels.
                      D’où la critique de Philippe Fabry envers les lois sur l’APD qui selon lui vont à l’encontre du Droit.

                      PS: la SNCF est bien un monopole légal, donc un monopole au sens libertarien: l’État interdit par la loi la concurrence contre la SNCF

                    • Et surtout ne prenez pas mal ce que je vous dis. Comme je l’expliquais plus haut, je me perdais un peu dans tout cela il y a deux ans. J’ai eu la chance de tomber sur quelqu’un de suffisamment patient pout m’ouvrir les yeux. J’estime de mon devoir de faire de même.

                    • @Mateo : Merci !

                      Oui vous avez raison, je vois cela d’un point de vue pratique, concret et non philosophique.
                      Ce qui m’intéresse dans le libéralisme, c’est plus ses bienfaits que les méandres de sa logique, son système appliqué au réel, sa mise en place, plutôt que la théorie.

                      (D’ailleurs, s’il faut apprendre wikiberal par cœur pour pouvoir en discuter, c’est qu’il y a un petit problème …)

                      @Philippe :

                      Continuez à être aussi ‘pur jus’, même si c’est super énervant, il en faut.

                      Par contre, déjà que réduire le pouvoir de nuisance des gouvernement me semble ardu : supprimer l’état me semble utopique (mais ca l’est peut être, auquel cas, cela doit le rester : les utopies ont trop fait couler trop de sang de la part de ceux qui ne les ont pas pris pour ce qu’elle sont)

                    • Cher Stéphane,

                      Je suis un anarcho-capitaliste asymptotique, c’est-à-dire que je pense que le but ce doit être l’absence d’Etat, vers laquelle on doit tendre, sans être sûr que ce soit réalisable (position proche de celle de François Guillaumat http://www.wikiberal.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Guillaumat )

                      Ce qui est sûr, c’est que l’on sait mieux vers quoi il faut aller en ayant quelques principes solides, de bons repères théoriques. Cela évite de se faire avoir par le langage technocratique qui vole les concepts libéraux pour en faire un instrument de pouvoir. Et je ne saurais trop vous conseiller, ne serait-ce que par plaisir intellectuel, d’en prendre connaissance. Pas besoin de lire tout Wikiberal. Picorez un peu les entrées Rothbard, Hans-Herman Hoppe, anarcho-capitalisme, vous aurez l’essentiel. Et vous verrez, c’est la pente naturelle du libéral rationnel.

                      Vous pouvez aussi écouter les émissions de Guillaumat sur Rothbard, HHH et Ayn Rand, sur Lumière 101 : http://lumiere101.com/?s=guillaumat

                    • @Philippe : merci pour les pointeurs.

                      Je comprend mieux votre attrait pour l’extrême gauche dans un de vos précédent article. J’ai fait un exposé sur Bakounine alors que j’étais en 1° dans un lycée catholique … ca date.

                      Depuis, j’en suis arrivée à la conclusion que la liberté (et la foi, la créativité … ), c’est un peu comme le principe d’incertitude d’Heisenberg : au plus on veut s’en approcher pour l’observer, au plus on s’en éloigne…

                      L’état, comme les autres éléments de la société (la famille, l’entreprise collective, l’argent, la propriété privée, la propriété collective, etc…) se sont des merveilleuses inventions, mais ce ne sont que des inventions : elles sont profondément immorales, dans le sens où elles ne donnent pas de sens à la vie, mais prennent le sens qu’on leur donne et nous le restituent.

                      Enfin, c’est ce que mon sens de la liberté me laisse penser : qu’être libre c’est d’abord une attitude, avant d’être un état. Je ne sais pas si vous vous êtes un jour perdu dans le désert : c’est d’abord une expérience, un sentiment à la fois de puissance et de peur, avant d’être un détachement de toute contrainte. C’est notre peur et nos capacités qui limitent notre liberté, pas les éléments extérieurs. A mon avis.

                    • @Philippe :

                      Oui, c’est déplorable, et en plus complétement inutile.

                      Mais encore, je pense que cela vient en grande partie du fait que l’état et le gouvernement sont liés, en plus du fait qu’il n’y a aucune législation qui empêche le gouvernement d’abuser de sa position (c’est même l’inverse)

                      Si l’état était séparé du gouvernement, on pourrait avoir un recours contre la sécu, la française des jeux, la SNCF, les retraites, la police, le gouvernement lui-même, etc… quand ils abusent de leur situation de monopole.

                      Pour moi, l’état c’est le juge de paix, si on découpe la structure jacobine actuelle ‘je fais de la fiction) : ca voudrait dire que la justice ultime (le conseil d’état et constitutionnel), une toute petite partie du ministère de la culture et de l’intérieur (pour la liberté des arts et des cultes), les organes législatifs, font partie de l’état. La défense et la diplomatie font partie de la nation. Le reste (y compris la justice) compose le gouvernement et l’administration.

                      Et le gouvernement devrait être soumis aux mêmes règles que le privé, il n’y a aucune légitimité à part historique pour que le gouvernement fasse ce qui lui plait (ou plutôt ne fasse pas grand chose).

                      Je vous accorde que depuis Louis XIV suite à la Fronde et ensuite à cause de la révolution, tout a été mélangé dans un fourbi état-nation-gouvernement-administration obèse et incompétent.

                    • On peut aussi parler d’un bel abus de position dominante dans le système de la loterie et des jeux de hasards (ridiculement appelé la Française des Jeux alors qu’elle est une excroissance de Bercy ) qui a vu cette semaine la justice condamner une vieille grand-mère à plus 300.000 € de sanctions financières pour avoir osé « organiser un système de loto » non habilité par l’État, car ce dernier a le monopole « exclusif » (redondance) de ce genre de pratique, via le Ministère des Finances, car ce système est évidemment un impôt supplémentaire déguisé. De surcroit volontaire, un des seuls !

                    • Philippe Fabry « anarcho-capitaliste asymptotique », cela doit signifier, derrière les mots dont on peut facilement faire dire n’importe quoi (asymptotique ?), que vous êtes en fait plus intéressé (en vous lisant c’est criant) par la théorie et les livres, par les belles constructions mentales que par la réalité sur le terrain. Ce libéralisme théorique et extrémiste n’intéresse personne, car il ne sera jamais appliqué. Il est de plus dangereux car il nécessiterait l’usage de la force ou la mise en place de l’anarchie pour advenir.

                      Vous ne vous en cachez pas par ailleurs. Au moins vous êtes honnête avec vos convictions et vous savez avec qui vous associer, l’extrême gauche, pour que vos idées aboutissent ! J’ai peur que dans ce cas ce ne soit pas un gage de confiance pour vous faire des émules ou des amis.

                      Mais que vous restiez dans vos rêves est votre droit le plus absolu !

  • La politique française est incontestablement engluée dans des stéréotypes très nombreux sur le libéralisme. D’ailleurs, l’utilisation fréquente du terme « ultralibéral » dénote une certaine ignorance sur le sujet. Ignorance peut-être volontaire, pour verrouiller le système en prônant une sorte d’immobilisme culturel, et éviter toute autocritique de la part de la classe politique. Les médias sont aussi coupables dans la mesure où ils n’invitent en priorité que les représentants des gros partis dits « traditionnels » et conservateurs. Il faut dire que depuis la mort du Général de Gaulle, les élites françaises ont toutes en commun d’être dans une philosophie antilibérale virulente. Et on se rend compte que les libertés sont à présent de plus en plus attaquées, d’une part, sur l’autel de la sécurité, et d’autre part, celui de l’égalitarisme. Et comme le disait Benjamin Franklin, dans le premier cas, aucune des deux n’en sort vivante. Idem pour le second cas selon moi, qui débouche sur la soviétisation, ou, plus généralement, le totalitarisme. C’est pourquoi nos élites politiques ont tendance à penser que pour être républicain, être égalitariste suffit et est même obligatoire. Ainsi, tous ceux qui n’adhèrent pas à leur vision sont exclus de la République. Parallèlement, la notion même de « liberté » est vidée de son sens. J’ai d’ailleurs trouvé particulièrement hypocrite la récupération du drame de Charlie Hebdo par ces mêmes leaders, qui veulent nous tenir en respect par l’émotion, et qui sautent sur toutes les occasions pour « maccarthyser » la France. Il est vrai que la liberté est une notion vaste, non définie réellement, mais si elle fait partie de notre devise nationale, elle devrait pouvoir être étudiée, et d’autant moins être ignorée ou saccagée.

    Une recomposition de la politique est certes nécessaire, elle doit s’effectuer des partis les plus radicaux aux moins radicaux. Le FN et le Front de Gauche font plutôt partie, pour moi, du centrisme collectiviste, car leurs programmes politiques respectifs contiennent à la fois des éléments de gauche et de droite, mais tous axés sur une intervention radicale de l’Etat.

    Étant donné la crise actuelle, l’alternance officielle de plus en plus visible est « nationaliste / mondialiste », alors qu’officieusement, elle est « libéral / étatiste ».

    Les libéraux révolutionnaires sont ceux qui prônent une extension et une consolidation des libertés dans tous les domaines, soit économique, politique, social et culturel. En cela, les libertariens des USA sont des pionniers potentiels, qui peuvent impulser une nouvelle dynamique dans les pays-alliés. À condition, encore une fois, de pouvoir briser le bipartisme qui sévit aussi bien à l’Europe de l’Ouest qu’outre-atlantique, et celui-ci prospère pour le moment sur la corruption des politiques et le déficit démocratique de notre système.

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