Québec : cachez cette austérité que je ne saurais voir !

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weeping angel credits mike chernucha (licence creative commons)

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Québec : cachez cette austérité que je ne saurais voir !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 octobre 2014
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Par Pierre-Guy Veer, depuis le Québec.

L’apocalypse est à nos portes ! À lire plusieurs blogueurs du Huffington Post Québec, il semble que les coupures envisagées par le gouvernement Couillard vont mettre le Québec à feu et à sang. Nous devrions prendre exemple sur plusieurs pays européens chez qui les mesures d’austérité ont échoué.

L’ennui, c’est que l’austérité, dans le sens de modestie, n’a été appliquée presque nulle part. En effet, les gouvernements ont été très fastueux depuis 2007 en augmentant les dépenses publiques, ce qui a réduit le PIB. Que ce soit en France, en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en Italie, l’augmentation des dépenses publiques par rapport au PIB et la croissance du PIB sont presque un miroir ; l’augmentation du premier représente une baisse du second. Inversement, des pays qui ont diminué leurs dépenses (qui ont été « austères ») comme la Pologne, le Royaume-Uni, l’Estonie, la Suède et la Lettonie ont eu une reprise plus solide.

Je me suis livré au même exercice avec le Québec en utilisant les dépenses réelles des budgets et les données sur le PIB de l’Institut de la statistique. Malgré de probables disparités, la tendance des dépenses publiques au Québec en pourcentage du PIB est clairement à la hausse dans la province entre 2006 et 2012 (dernière année disponible pour les dépenses réelles).

L’argent des autres

Au-delà de cette « faustérité », il y a un problème fondamental dans cette insurrection (uniquement en paroles, pour l’instant) contre les possibles coupures budgétaires : elles révèlent le fort altruisme de ses tenants. Que ce soient les groupes sociaux, les étudiants ou les syndicats, tous s’entendent pour dire qu’ils ont droit à l’argent des autres en voulant une intervention massive des gouvernements.

Or, il n’en est rien. Toute personne prétendant avoir droit à l’argent des autres ne peut qu’être qualifiée d’esclavagiste. En effet, si prendre 100% du travail de quelqu’un est de l’esclavage, à partir de quel pourcentage n’en est-ce plus ? Aux marxistes qui voudraient parler de l’extraction de la plus-value : sachez que les théories de votre gourou ont été falsifiées depuis belle lurette. La valeur étant subjective, il est presque impossible de dire combien « vaut » un travailleur, sinon par la « valeur » qu’il apporte, c’est-à-dire l’utilité de son travail et de sa difficulté. Un cardiologue gagnera toujours plus qu’un concierge à cause de cela, et un entrepreneur – qui risque son propre argent – gagnera toujours plus que ses travailleurs.

De plus, à trop vouloir prendre l’argent des autres, ces derniers trouvent les moyens d’éviter cette taxe sur leur effort. Soit qu’ils travaillent moins, soit qu’ils travaillent au noir, soit qu’ils déménagent – aussi connu sous le nom de courbe de Laffer. L’achat par Burger King de Tim Hortons et le manque à gagner « surprise » lors du dernier budget Marceau en sont deux bons exemples. Dans le premier cas, nous voyons une entreprise exaspérée de payer presque 40% de ses revenus à l’État aller vers une juridiction plus clémente. Dans le second cas, nous avons une preuve vivante que trop d’impôt tue l’impôt, comme le dit si bien Laffer.

Ces gens ne sont pas des traîtres, ce sont des héros. Ils osent se tenir devant le Léviathan et refusent de se prosterner devant lui. Ils osent affirmer qu’ils sont égoïstes, c’est-à-dire qu’ils ont le droit de poursuivre leurs intérêts rationnels et d’être une fin en eux-mêmes plutôt qu’un moyen pour les fins des autres. En « votant avec leurs pieds », ils montrent qu’ils demeurent maîtres de leur destin et de leur production. Car n’en déplaise à Elizabeth Warren, ils ont vraiment « construit ça ». Sans le gouvernement, tout ce dont ils avaient besoin (ou presque) aurait pu être donné par échange volontaire, c’est-à-dire sur le marché. Au 19e siècle, l’entreprise privée aux États-Unis fournissait de l’éducation, des routes, des chemins de fer et une panoplie d’inventions qu’aucun gouvernement ne peut accoter côté efficacité et rentabilité.

Bref, ignorez le chant des sirènes des opposants à une austérité qui n’existe pas encore. Quand elle arrivera, nous nous en porterons tous mieux. En effet, si les dépenses publiques étaient la clé de la croissance économique, l’URSS existerait encore et le Québec serait la plus grande puissance économique au Canada.

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