L’inertie de la dette publique en France

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L’inertie de la dette publique en France

Publié le 10 octobre 2014
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Par Sylvain Fontan.

dette secu rené le honzecLa France vient de passer le cap des 2 000 milliards de dette publique. En 2015, la dette publique française s’approchera de 100% de sa richesse nationale. Le pays confirme ainsi année après année son incapacité à juguler sa fuite en avant budgétaire. Derrière cette somme abstraite il y a des réalités pratiques que certains dirigeants politiques feignent d’ignorer.

Des implications pratiques

Le montant de la dette publique française renvoie à une réalité implacable. En effet, un taux d’endettement à 100% du PIB, soit 2 000 milliards d’euros pour simplifier, implique que la France doit trouver quotidiennement 800 millions d’euros par jour à emprunter pour répondre aux impératifs de financement (salaire des fonctionnaires, allocations chômage, pensions de retraites…). Sur ces 800 millions d’euros, 200 millions proviennent de prêteurs français mais les 600 millions restants proviennent de prêteurs étrangers. Dès lors, la dépendance de la France aux marchés financiers est évidente car sans le soutien de ces derniers le pays ne pourrait pas faire face à ses engagements financiers et elle ne pourrait pas continuer à vivre au-dessus de ses moyens comme elle le fait depuis maintenant environ 35-40 ans.
La réalité des enjeux financiers quotidiens est incontournable. De façon très pratique, si la France n’arrive pas un jour à trouver les 800 millions d’euros dont elle a quotidiennement besoin, cela implique le fait que le lendemain son besoin sera de 1’600 millions d’euros (800 millions d’euros multiplié par deux) et ainsi de suite. Un des problèmes de ce phénomène est que plus le montant à trouver est élevé, plus il devient cher de se financer. Dès lors, la somme que la France devra rembourser suite à cet emprunt sera plus élevée car le taux d’intérêt demandé sera lui aussi plus haut, soutenant alors un phénomène de cercle vicieux appelé effet boule de neige.
La charge du remboursement de la dette pèse sur les finances publiques. En effet, la France emprunte en moyenne sur les marchés financiers pour financer ses déficits à un taux de 2% depuis le début de l’année 2014. Autrement dit, la France affecte 2% de son PIB (richesse nationale produite) aux frais financiers. Or, avec une croissance économique nominale (prise en compte de l’inflation) proche de 1% en 2014, le différentiel fait que le montant de la dette augmente mécaniquement. En d’autres termes, la dette publique ne peut qu’augmenter car la charge de la dette (2%) est plus élevée que le rythme d’accumulation des richesses (1%).

L’importance majeure du niveau du taux d’emprunt de la France

Le taux d’emprunt est la clef de voûte de l’édifice financier français. Bien que ce taux soit rarement mis en avant, il constitue, avec celui de la croissance économique, l’indicateur clef à partir duquel il convient d’analyser la viabilité du budget de la France et la soutenabilité de sa dette. Si le taux est faible, les intérêts que la France devra à ses créditeurs seront faibles. Inversement, si le taux est élevé les intérêts dont la France devra s’acquitter seront élevés.
Les projections de taux d’emprunts prennent une importance capitale. En effet, le seul remboursement de la dette, autrement dit le remboursement du capital emprunté plus le paiement des intérêts, représente à lui seul le premier poste du budget de l’État (hors dépenses de sécurité sociale), devant l’éducation nationale, les retraites et la défense nationale, qui sont les trois postes de dépenses les plus coûteux après les engagements financiers de l’État. Dès lors, une hausse des taux viendrait compromettre l’équilibre financier de la France. Une hausse de seulement +1% du taux d’emprunt de la France, se traduirait immédiatement par la nécessité de trouver au minimum 30 milliards d’euros supplémentaires au titre du refinancement de la dette.
La France bénéficie actuellement de conditions de financement exceptionnelles. Alors que la France emprunte traditionnellement aux alentours de 5% sur le long terme, le taux moyen de 2% sur l’année 2014 est à ce titre particulièrement exceptionnel. La situation est d’autant plus exceptionnelle au regard du taux très favorable avoisinant les 1,35% dont bénéficie la France depuis l’été 2014. Cette « performance » meilleure que prévue tempère les tensions financières qui pèsent sur le pays. Toutefois, ces taux d’emprunt ne reflètent pas une bonne situation économique mais renvoient à un contexte international totalement indépendant de la France.

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  • La France vit encore dans l’illusion que des taux nominaux bas sont avantageux, mais ces taux ne sont pas spécialement bas une fois l'[absence d’]inflation déduite. La baisse de l’euro est attendue comme devant relancer l’inflation, c’est en fait extrêmement dangereux puisqu’on va d’abord importer cette inflation, donc faire remonter les taux sans garantie que les recettes suivent. Le remboursement de la dette, à supposer qu’on veuille s’y mettre, semble plus facile parce qu’il coûtera moins cher, il ne le sera pas parce qu’on gagnera beaucoup moins.

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