Les Suisses récupèreront-ils leur or ?

Le 30 novembre, les Suisse votent pour rapatrier l’or national sur le sol suisse. S’agit-il d’un pas de plus pour un contrôle plus étroit des banques centrales par le peuple ?

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Ron Paul (Crédits : US House of Representatives, Image libre de droits)

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Les Suisses récupèreront-ils leur or ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 septembre 2014
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Par Ron Paul.

Ron Paul (Crédits : US House of Representatives, Image libre de droits)Le 30 novembre, les électeurs suisses se rendront aux urnes pour voter pour une initiative populaire sur l’or. L’objectif de la mesure est d’interdire à la Banque nationale suisse (BNS) de nouvelles ventes d’or, de rapatrier l’or suisse appartenant à la Suisse, et d’exiger que l’or représente au moins 20 pour cent des actifs de la BNS. Cette initiative fait écho aux sentiments populaires que l’on perçoit de plus en plus aux États-Unis, en Allemagne et aux Pays-Bas. Cette initiative est une tentative pour responsabiliser et contrôler la BNS, la banque centrale de la Suisse.

L’initiative suisse est la conséquence de l’insatisfaction à l’égard de la conduite non seulement de la politique monétaire suisse, mais aussi de la politique de sa banque centrale. La Suisse est peut-être un petit pays, mais elle est une nation fière de son indépendance et de son histoire de lutte contre la tyrannie. La célèbre légende de Guillaume Tell incarne l’essence du caractère national suisse. Mais aucun régime tyrannique de l’histoire n’a intimidé la Suisse avec autant d’ardeur et de réussite que le gouvernement des États-Unis ces dernières années.

La tradition suisse du secret bancaire est légendaire. La réalité cependant est que le secret bancaire est mort. Plusieurs pays, comme les États-Unis, ont refusé de contrôler les dépenses de leur gouvernement et sont aujourd’hui à court de moyens pour les financer. Comme la taxation de leurs populations devient politiquement difficile à soutenir, que l’émission massive de dette publique a saturé les marchés obligataires, il était plus facile de s’attaquer à de petits pays comme la Suisse, qui ont acquis la réputation d’être des «paradis fiscaux». Rappelez-vous que paradis fiscal est juste un terme pour un pays qui permet aux gens de conserver une plus grande part de leur argent que ce que font les États-Unis ou l’UE. Ces pays ne cherchent pas à piller les citoyens ou les titulaires de comptes étrangers. Mais les dernières années ont vu une tentative concertée des États-Unis et de l’UE pour punir ces petits pays. Ils ont utilisé leur énorme pouvoir financier pour les obliger à remettre les données des comptes, le tout pour extraire plus de recettes fiscales.

Les États-Unis ont utilisé leur système judiciaire pour extorquer de l’argent de la Suisse, accusant les filiales américaines des banques suisses d’avoir abrité les contribuables et leur avoir permis de conserver leurs comptes cachés des autorités fiscales américaines. Des pays de l’UE comme l’Allemagne sont même allés jusqu’à acheter à des employés de banque peu scrupuleux des informations volées aux institutions bancaires suisses. De plus, avec la mise en œuvre récente de la Foreign Account Tax Compliance (FATCA), les banques suisses vont maintenant être obligées de divulguer à l’IRS toutes les informations qu’elles ont sur les clients susceptibles de payer des impôts aux États-Unis.

Au sujet de la politique monétaire, la BNS a vendu dans les années 2000 environ 60 pour cent de ses réserves d’or. La BNS a également mis en place ces dernières années un taux de change fixe avec l’euro. Les effets se sont déjà manifestés sous la forme d’une bulle immobilière croissante, les prix des logements ont augmenté dangereusement. Compte tenu de l’action de la Banque centrale européenne (BCE) de se livrer à un nouvel assouplissement quantitatif, la persistance de la BNS à cette politique dangereuse signifie qu’elle continuera à lier sa politique monétaire à celle de l’UE et à être forcée d’importer plus d’inflation en Suisse.

Tout comme les États-Unis et l’UE, la Suisse au niveau fédéral est dirigée par des élites plus préoccupées par leur propre statut, leur bien-être et leur réputation internationale que du bien-être du pays. L’initiative sur l’or, si elle aboutit, sera comme une bonne claque pour elles. Les Suisses apprécient le travail de leurs ancêtres qui ont longtemps eu une politique monétaire conservatrice, possédant de grandes réserves d’or, qui a permis la construction d’une monnaie forte, respectée et d’avoir un système bancaire solide et indépendant. Ils ne veulent pas voir des siècles de lutte gaspillés par une banque centrale. Les résultats de l’initiative en novembre seront un indicateur permettant de sentir à quel point les mouvements populaires peuvent parvenir à rétablir les responsabilités des banques centrales et rendre à l’or son rôle d’étalon monétaire.

Traduction de « Will The Swiss Vote to Get Their Gold Back? » par Frédéric Jollien.

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  • Les français devrait en faire de même. La réalité c’est que toute cette masse financière ne correspond plus à rien de concret. L’idée de base que pour un billet de 100 euros ou une pièce de 2 euros je devais avoir la possibilité de ma banque de demander l’équivalent en or était une bonne chose.

    • CF Frédéric Bastiat, « Maudit argent ».

      L’étalon-or est une technique pour empêcher le populisme.
      Mais la Suisse illustre une solution politique à ce problème politique: La démocratie semi-directe.

      C’est pour cela qu’il faut militer.

      • Cependant, faisant cela, la solidité (et sa demande) du Franc sera décuplée aux yeux du monde. L’industrie exportatrice ira – à nouveau – pleurer dans le giron de la BNS, que les emplois suisses sont menacés par la concurrence des prix bulgares.
        Un referendum infirmera les 20%…

        Le terme démocratie-directe n’est donc pas pas une solution en soi.

        La solution politique serait dans l’argumentaire justifié qu’une monnaie forte ne nuit pas particulièrement à l’industrie nationale à moyen terme

        • La solution politique serait dans l’argumentaire justifié qu’une monnaie forte ne nuit pas particulièrement à l’industrie nationale à moyen terme

          Une monnaie forte ne nuit ni à moyen terme ni à long terme. Les prix des matières, des services, des biens importés baissent.
          L’économie « faible » peut toujours tenter de payer en EUR, la « forte » en CHF.

  • Excellent article de Ron Paul. Par contre concernant l’initiative populaire je me questionne: En parlera t#on en France? J’en doute…

    • Bien sûr qu’on en parlera.
      On lira que l’extrême-droite est à l’origine d’une initiative conservatrice rétrograde, capable de détruire l’économie suisse et le système bancaire mondial par effet déflationniste à double carburation.

    • Non, ils n’en parleront pas : ils veulent touiller la monnaie à volonté. La planche à billet, c’est si commode pour rester au pouvoir, on peut financer toutes les lubies démagogiques.

  • J’espère que cette initiative passe.
    Cependant, à Genève Neuchâtel et Vaud, cela ne devrait pas passer : trop de socialistes.

  • Pour une fois les Suisses ont raison…Toute devise devrait être au minimum soutenue par de l’or…
    .

  • Très bonne idée ,mes economie sont en Suisse ,déclarée ,si l euro dégringole je fais de la plus value ,elle est pas belle la vie …!

  • La planète ne connaitra pas la liberté économique avant que l’empîre Américain élimine le système des monnaies fiduciaires rétablisse sa monnaie sur des valeurs réelles, comme les métaux précieux et les ressources naturelles. Le monde entier est forcé de suivre la mascarade menée par la plus grande force militaire.

    La fermeture de la FED nécessiterait un énorme sacrifice de pouvoir de la part des riches et de la classe politique, ce qui rend invraisemblable que cette idée se propage à travers les médias de masse (qui appartiennent aux riches). Malgré tout, Ron Paul réussit à rallier beaucoup de gens sur les réseaux sociaux. Le problème, c’est que seule la population américaine a le pouvoir de faire fermer la FED et le courant politique en faveur de celà demeure marginal.

    De plus, il fauit ajouter que même dans le mouvement libertarien il y a des distortions. Par exemple les frères Koch ont tenté de capitaliser sur la popularité du mouvement avec leur projet de créer une autre réserve de monnaie fiduciaire pour compétitionner la FED, tandis que les puristes comme Rothbard militent fermement pour la monnaie représentative.

    • Si l’État est minimal, la monnaie est saine.
      Mais s’il est populiste (État-providence), la monnaie ne peut pas être saine, car il contrôle trop de ressources.

      L’étalonnage sur une monnaie naturelle n’est pas une solution mais le signe d’un État raisonnable.
      En soi c’est un sujet disjoint de la monnaie.
      Par exemple un État mobilisant au plus 5% du PIB annuellement pourrait à mon avis avoir une monnaie fiat, et même se financer par création monétaire exclusivement, avec une prospérité insolente.

      On ne résout pas un problème politique avec la monnaie.
      La monnaie est une technologie de l’information, sa manipulation/destruction/perversion est un choix politique: Le populisme.
      Pour résoudre un problème politique il faut une solution politique:
      La démocratie semi-directe

  • Encore une fois la Suisse frappe en offrant la preuve que le réalisme politique est possible.
    Soit par la pertinence d’un référendum (qui peut imaginer un tel débat en France ?), soit par le rejet de mesures populistes (6 semaines de congés payés, salaire minimum).

    Il ne se passe pas un semestre sans que les regards du monde se tournent vers la Suisse pour constater que la liberté fonctionne.

  • Le symbole véhiculé par cette initiative et sa possible acceptation est fort, et sans doute très bon pour l’économie suisse, sa stabilité, et la confiance qui y sont liées au niveau suisse, européen et même mondial. (Même si je doute qu’un investisseur asiatique décide de s’établir ou d’étendre son secteur d’activité en Suisse pour les réserves d’or de sa banque centrale.
    Toutefois, je souhaiterais nuancer quelques points de cet article qui sont tout bonnement inexacts, ou du moins imprécis. Rappelons que le taux plancher introduit par la banque nationale suisse (BNS) en 2011, et qui ne permet pas à la monnaie unique de descendre en-dessous de CHF 1.20 de valeur, a permis de sauver une part conséquente des exportations suisses ces dernières années ~52% du PIB (http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NE.EXP.GNFS.ZS)dont environ 60% vers l’Europe, sans mentionner les presque 80% d’importations (http://www.swissworld.org/fr/economie/contexte_international/)).
    Ajoutons à cela le tourisme, avec la Suisse comme destination privilégiée pour le ski (On ne se défait pas des stéréotypes…). Grâce à ces chiffres, n’importe quelle personne un minimum sensée comprend qu’il était dans l’intérêt suisse de ne pas laisser le franc s’envoler face à l’Euro, même si l’idée était tentante pour montrer aux européens la relative faiblesse de leur monnaie, et l’urgence d’agir. Les élites en charge, en bons adeptes du fameux « Après moi le déluge » n’ont pas vraiment l’air motivés, mais passons.

    En second lieu, j’aimerais souligner que la bulle immobilière qui se développe dans certaines régions suisses est antérieure au taux plancher, les prix de l’immobilier commencent à s’envoler entre le milieu et la fin des années 1990 (http://www.infrarouge.ch/ir/289-logement-crise-sans). Pour le rapport avec les réserves d’or de la banque nationale, je ne vois pas vraiment d’effet direct, à moins qu’une paranoïa générale s’installe et rende plus attractifs des bien immobiliers en pleine situation de bulle, plutôt que la détention de monnaie suisse, mais j’ai toutefois quelques doutes de ce côté-là. Dans certaines régions où des bulles avaient tendance à poindre, celles-ci ont visiblement diminué ou disparu (http://www.bilan.ch/economie/spectre-de-bulle-immobiliere-sestompe-suisse-selon-une-etude)

    Pour ce qui est de mon avis personnel, les Etats-Unis et autres pays mal gérés depuis des années sont effectivement contraints d’aller piocher de l’argent chez ceux qui s’en tirent mieux, car c’est plus facile, que c’est facilement justifiable moralement, et surtout, que ça ne met pas en cause la gestion budgétaire absolument désastreuse de ces états.
    De plus, l’inflation, dont la Suisse se passe, ou presque, depuis une dizaine d’années (http://fr.inflation.eu/taux-de-inflation/suisse/inflation-historique/ipc-inflation-suisse.aspx) n’est visiblement pas un grand handicap, et encore moins un fléau à combattre (http://www.contrepoints.org/2014/08/13/176957-degonfler-le-mythe-de-la-deflation), la confédération n’a juste pas besoin d’un impôt, car l’inflation en est un, pour se financer.

    • @ Romain

      « Rappelons que le taux plancher introduit par la banque nationale suisse (BNS) en 2011, et qui ne permet pas à la monnaie unique de descendre en-dessous de CHF 1.20 de valeur, a permis de sauver une part conséquente des exportations suisses ces dernières années »

      C’est un sophisme collectiviste. La politique délirante de la BNS a handicapé le 100% de la population suisse, pour éviter au 52% de se remettre en question… 

      Déjà, la plupart des produits suisses sont dans le haut de gamme ou le luxe, où les marges étant élevées, une augmentation du franc suisse n’auraient pas eu de conséquences dramatiques.

      Ensuite, la Suisse importe également beaucoup, si les bénéfices de l’exportation avaient baissé, ils auraient pu être en partie compensés par une baisse du prix des matières importées ou par de nouveaux investissements à l’étranger.

      Enfin, au pire des cas, les entreprises auraient pu simplement baisser les salaires des frontaliers qui représentent une grande part de la masse salariale et pour lesquels cette baisse n’aurait pas eu d’impact sur leur pouvoir d’achat, puisque compensée très directement par la hausse du franc suisse.

      Cela est valable aussi pour le domaine du tourisme.

      Bref, la Suisse aurait bien plus gagné à laisser le franc se renchérir, car en attendant, le franc suisse suit la perte de valeur de l’euro et ce sont tous les avoirs financiers des Suisses (et des Européens) qui perdent en valeur.

      La bulle immobilière suisse est le résultat d’une politique de limitation drastique de la construction, mais également des manipulations monétaires de la BNS qui encouragent à épargner sur de l’immobilier plutôt que sur de la monnaie.

      La baisse récente pourrait s’expliquer par deux facteurs: les restrictions récentes pour empêcher d’investir son deuxième pilier en fond propre et l’aboutissement de l’initiative pour remettre des quotas sur le nombre d’étranger, qui rend l’établissement en Suisse moins attractif.

      Niveau impôts, la confédération empoche déjà toute la TVA ainsi que l’impôt fédéral direct et des taxes (comme Billag), c’est déjà bien trop, sans compter l’inflation… 

  • De Gaulle l’a dit en son temps : la seule vraie monnaie est l’Or !

    Appamée

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