Terrorisme et liberté : la victoire de Ben Laden

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Terrorisme et liberté : la victoire de Ben Laden

Publié le 21 septembre 2014
- A +

Par J. Sedra

Osama_bin_Laden_making_a_video_at_his_compound_in_Pakistan-2 CC wikipedia

En octobre 2001, dans une interview diffusée sur Al Jazeera et traduite par CNN, Oussama Ben Laden expliquait en détail son objectif réellement poursuivi (l’abolition de la domination américaine sur le monde, et la division du monde occidental en morceaux discordants et désunis), et en particulier par quels moyens il l’estimait en bonne voie d’être atteint :

Les événements de mardi 11 septembre, à New York et Washington, sont grandioses à tous les niveaux. Leurs répercussions continuent. L’effondrement des tours jumelles est déjà énorme en soi, mais les évènements qui l’ont suivi, et je ne parle pas seulement des répercussions économiques, qui perdurent, ces évènements qui l’ont suivi sont encore plus dangereux et énormes que la seule destruction des tours.

Les valeurs de cette civilisation occidentale sous la direction des USA ont été détruites. Ces magnifiques tours symboliques qui évoquent la liberté, les droits de l’homme et l’humanisme ont été détruites. Ces valeurs sont parties en fumée.

Par bêtise, par agrippement crispé au pouvoir, par déformation professionnelle de parasite de carrière, ou encore peut-être par folie des grandeurs – car les humains sont naturellement dotés d’une capacité infinie à se bercer d’illusions, surtout quand ils sont en position d’autorité – l’État français a voté une loi dite « antiterroriste » qui m’oblige à me trouver, moi qui suis humaniste, moi qui sais l’importance des valeurs de liberté portées par la civilisation occidentale, à me trouver entièrement d’accord avec ce monstre de Ben Laden. Mieux encore, moi qui suis à fond dans la défense du libéralisme et du capitalisme, je me trouve aujourd’hui entièrement d’accord avec les journalistes de Libération. Ouch.

Mais le plus fort, croyez-le ou non, c’est que, en citant (même à titre posthume) un célèbre terroriste, et en me déclarant d’accord avec lui, je me trouve automatiquement condamnable par cette loi toute fraîche. J’attends donc avec impatience le blocage administratif de mon blog, l’espionnage complet de toutes mes communications, et pourquoi pas carrément mon arrestation et maintien en garde à vue (prolongeable à merci) pour « délit de provocation » voire « apologie d’actes de terrorisme ». Avec les outils d’espionnage généralisé de surveillance dont ils disposent aujourd’hui, parfois même au mépris de leurs propres alliés, les agents de la DCRI savent certainement déjà où j’habite. C’est quand vous voulez, les mecs.


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  • « I tell you freedom and human rights in America are doomed. The U.S. government will lead the American people and the West in general will enter an unbearable hell and a choking life »

    Mission accomplie

  • bon ben , bienvenu au club ; je vais préparer une petite valise au cas ou …..

  • Quand on lit ce genre de billet de mauvaise humeur on comprend pourquoi le libéralisme est tellement rejeté. Il faut savoir ce qui est le plus important. Même les droits « naturels » ne sont pas juste des droits qu’on a, ils sont des conditions indispensables pour une certaine fin. Notamment de permettre de vivre sa vie, donc de rester en vie. Le droit ne ne pas être espionné pour empêcher la police de trouver et de mettre hors d’état de nuire des criminels, ne pèse pas lourd quand des vies sont en jeu, et c’est tant mieux.

    Il y a 2 ou 3 jours la police australienne a arrêté 15 ou 18 personnes ayant reçu des instructions pour enlever un type au hasard et l’égorger devant des caméras. Je suppose que la police a du espionner ces gens pour les arrêter avant le passage à l’acte. N’ont ils ps eu raison ?

    De même, si l’Allemagne de Weimar avait censuré davantage les écrits nazis, ne peut-on pas penser que des millions de vies auraient été épargnées ? Idem dans d’autres cas?

    • Vous approuvez les méthodes de ‘Precrime’ façon « Minority Report » ?

      • Désolé, je ne connais pas ce livre, je ne peux pas répondre. D’un point de vue général, toutes les méthodes ne sont pas admissibles. C’est une affaire de principes mais aussi de circonstances, les moyens employés ne doivent pas être en eux même destructeurs de la fin recherchée. Durant une guerre par exemple, il faut minimiser le nombre de civils ‘ennemis’ tués, mais certainement pas s’empêcher de frapper des cibles militaires importantes si on sait que des innocents seront probablement atteints.
        Si vous êtes père ou mère, peut-être avez-vous giflé votre enfant (donc violé ses droits naturels ?), dès lors que compte tenu de son entêtement c’était le seul moyen de lui enseigner une leçon salutaire pour lui. Mais quand votre enfant a 20 ans, vous ne le feriez peut-être plus.

    • Le Fils de l'Homme
      22 septembre 2014 at 1 h 40 min

      Cher ami fasciste,

      Une vie d’esclave vous intéresse peut-être, mais pas à moi. La peste pour s’épargner le choléra? Non merci. Gardez votre État policier pour vous. Je préféré garder mes libertés civiles et assumer les risques que cela comporte -très peu en fait-, et je suis sûr que beaucoup en feraient autant, si seulement l’État leur en donnait le choix.

      Les dommages prévenus par votre solution liberticide sont de loin inférieurs aux bénéfices.

      • Cher monsieur,

        Heureusement que je ne suis pas votre ami. Quant à traiter les gens de fascistes, dès lors qu’ils acceptent certaines limites à la liberté, cela prouve votre inconscience. A ce compte, il doit bien y avoir en France 99 % de fascistes. Que ferez-vous lorsque vous serez confrontés au véritables fascistes ? Vous ne pourrez plus crier au loup.

        Vous préférer garder vos libertés que de vivre esclave, dites-vous. Pourtant, si vous vivez en France, à vous comprendre, M. Caseneuve a déjà fait de vous un esclave, à moins que vous ayez émigré. Et je ne parle pas du Code général des impôts.

        Je note d’ailleurs que vous estimez utile de préciser que dans ce qui est en question, les « risques » ne sont pas bien grands. C’est bien un début de retraite vers l’utiltarisme. Permettez-moi une question, comme vous refusez d’être esclave. Si le coût financier et affectif de quitter la France liberticide était nul, émigreriez-vous dans un pays sans Etat liberticide, comme la Somalie, avec un niveau de vie par hypothèse comparable ?

        Parce que si vous refuseriez, ceteris paribus sauf les lois françaises liberticides, c’est que vous avez choisi l’esclavage (votre terme, bien sûr).

        • Je ne suis, heureusement, pas français.

          Et je suis bien content d’ailleurs quand on voit l’état de vos libertés civiles.

  • Il est vrai que certaines des nouvelles lois anti-terrorisme vont trop loin dans, non pas tellement la surveillance, mais dans la répression. Ceci dit, cet article de J. Sedra est vraiment outrancier et limite paranoïaque. De même qu’il est normal et non attentatoire aux libertés qu’on subisse des contrôles d’identité, de même, certains autres contrôles électroniques sont normaux et ne sont pas liberticides.

  • Vous avez raison, il faut donc arrêter de surveiller les réseaux djihadistes, ne plus faire de controle dans les aéroports, ne pas arrêter des terroristes avérés tant qu’ils ne sont pas passés à l’acte, tout cela au nom d’une conception infantile de la liberté.

    https://software.intel.com/sites/default/files/race.jpg

  • PhilippeMurrayRothbard
    21 septembre 2014 at 16 h 54 min

    Merci a J.Sedra de nous rappeler au travers de sa prose toute la noblesse et la maturité de la pensée libérale; et surtout que la fin ne dois jamais, au grand jamais justifier les moyens.

    On ne doit pas transiger avec les droits naturels et pour un peu donner suite a ce texte, je dirais que le premier devoir d’un gouvernement libéral élu est – au delà de l’annulation pure et simple de ces lois iniques faisant part a l’inversement de la charge de le preuve – de traduire en justice ceux et celles qui les ont mis en place.

    Concernant la menace terroriste, loin d’être un bisounours et de la considérer comme inexistante , il me semble déjà pertinent dans un premier d’arrêter de nous mêler des affaires de contrées qui ne sont pas les nôtres , histoire d’arrêter de nous faire de nouveau ennemis. La politique étrangère se doit d’être responsable afin de limiter les effets pervers aux coûts faramineux qui ne manquent pas à diminuer la défense de notre territoire ainsi que notre économie . Avoir une population en mesure de se défendre – en autorisant le port d’arme – est un autre élément vital.

    • Même si je me suis éloigné de lui, j’admire beaucoup Murray Rothbard. D’ailleurs, il aimait à se moquer de ceux qui critiquaient la maxime de la fin qui justifie les moyens, car rappelait-il, qu’est ce qui, sinon la fin, peut justifier les moyens ? L’important est que les moyens employés ne soient pas destructeurs de la fin.

      Quelle est la fin d’un gouvernement ? Dans le contexte actuel, technologique, médiatique et de fanatisme, quels sont les moyens nécessaires, et du point de vue de la violation des droits, n’est-ce pas pire de fermer les yeux devant une violation « définitive » (une fois mort on est mort, pas de rattrapage, n’est-ce pas ?) pour ne pas avoir à « espionner » les communications pour trouver des complots meurtriers, que de faire ce qu’il faut pour empêcher des meurtres ?

      David Friedman est aussi un anarchiste que j’admire. Dans son Machinery of Freedom, il pose une un dilemme. Vous assistez à une scène : un sale type veut violer, et pourquoi pas, égorger ensuite, une femme, le tout devant un autre qui, bien qu’armé, ne veut pas bouger ni vous prêter son fusil. Préférez-vous laissez faire (vous n’êtes pas de taille pour lutter à main nues) ou voler le fusil pour abattre le criminel ?

      A propos des bisounours, cela me rappelle une histoire que m’avait raconté ma vieille mère, qui se déroula au début des années 1970. A la caisse d’un supermarché, une femme, devant approcher la cinquantaine, et d’origine algérienne, tenta de passer devant tout le monde. Ma mère (une femme profondément de gauche) lui signale poliment qu’il faut faire la queue. L’autre se fâche et lui dit que bientôt ils seront les maîtres ici (que veut dire pour les gens de culture maghrébine bientôt, je n’en suis pas sûr, il parait qu’ils voient le temps long). Je ne crois pas que les questions de politique étrangère lui importaient. Vous aurez beau ne pas défendre vos intérêts au moyen-orient, je ne crois pas que cela changera la haine de certains minoritaires contre vous, qui, ayant réussi, êtes une insulte permanente pour eux, d’autant plus que vous avez des moeurs libérés (dépravés diraient vos ennemis).

      Richard Epstein a des podcasts et des articles sur le site de Hoover qui sont très intéressants, au sujet des assoiffés de sang de l’EI, de M. Obama et du sénateur Rand Paul. Vous trouverez les liens ici :
      http://www.hoover.org/profiles/richard-epstein

      Il y a la liste des articles. Voyez :
      – Rand Paul’s Fatal Pacifism : http://www.hoover.org/research/rand-pauls-fatal-pacifism
      – “Libertarianism and Terrorism” : (audio) http://www.hoover.org/research/libertarian-libertarianism-and-terrorism
      – Presidential Indecision : http://www.hoover.org/research/presidential-indecision
      – “Confronting ISIS” : (audio) http://www.hoover.org/research/libertarian-confronting-isis
      – The Pax Americana is Dead : http://www.hoover.org/research/pax-americana-dead
      – Barack Obama’s Foreign Policy Failures (audio) : http://www.hoover.org/research/barack-obamas-foreign-policy-failures

      Pour une opinion contraire, voir l’excellent David Henderson qui critique Epstein ici : http://original.antiwar.com/henderson/2014/09/17/richard-epsteins-faulty-case-for-intervention/

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