Créer son entreprise en temps de crise : utopie ou opportunité ?

entreprise cadres manager CC pixabay

L’histoire du monde des affaires nous enseigne que la fortune sourit aux audacieux et que si un projet est bon et bien préparé, il a toutes ses chances pour réussir.

Par Sabrina Fodzo, Fondatrice de Diversity Target

entreprise cadres manager CC pixabayQuand tous les voyants économiques passent au rouge, est-il bien raisonnable de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ? Pari risqué pour les uns, opportunité de gagner des parts de marché pour les autres, les avis restent partagés. Pourtant, l’histoire du monde des affaires nous enseigne que la fortune sourit aux audacieux et que si un projet est bon et bien préparé, quelle que soit la conjoncture, il a toutes ses chances pour réussir.

La crise et son cortège d’incertitudes, a au moins eu le mérite d’amener les entrepreneurs et les créateurs, à repenser leurs vieux modèles pour s’adapter et continuer à avancer. C’est bien connu, c’est dans l’adversité que les meilleurs talents se révèlent. Créer son entreprise en plein marasme économique n’est donc pas si insensé et peut même se révéler payant. De nombreuses entreprises parmi les plus florissantes ont ainsi vu le jour sous des cieux orageux, de Microsoft à FedEx, en passant par Burger King, Procter & Gamble, McDonald’s, General Electric ou Apple, démontrant qu’une mauvaise conjoncture ne doit pas brider les ambitions. En France, une étude de Créditsafe révèle que deux tiers des entreprises créées en 2009 au plus fort de la crise financière – sur un total de 530 000 – étaient toujours actives en 2013. 66 % des micro-entreprises tiendraient la distance, contre 73 % pour les TPE et 76 % pour les PME.

Un moment propice aux idées nouvelles

Parce qu’il faut faire preuve, plus qu’à tout autre moment, de créativité pour se différencier, les périodes de crise favorisent l’émergence de nouveaux concepts et de nouvelles approches du consommateur. Ces dernières années, ont ainsi vu l’essor du low-cost, de l’économie d’usage et de la fonctionnalité, avec la location tous azimuts, du troc, du « fait maison » ou de la consommation collaborative. Autant de tentatives de sortir des schémas usés pour composer avec un pouvoir d’achat en berne et réinventer une autre façon de consommer, plus en phase avec les nécessités d’un développement durable. Gérer la pénurie est d’ailleurs l’un des créneaux les plus porteurs. C’est en période de crise que nous sommes tous à la recherche des bonnes pratiques pour optimiser ou réduire les coûts. En matière de financement aussi, l’imagination est au pouvoir : « business participatif » et « crowdfunding » sont en plein essor pour parer la méfiance des banques.

Une bonne dose d’expertise

créer son entreprise rené le honzecSi le projet est bon, bien préparé et que le produit répond à un marché, une conjoncture difficile n’est pas un obstacle infranchissable. En revanche, elle réclame des entrepreneurs une dose d’expertise supplémentaire. Pour passer avec succès le cap des fameuses trois premières années d’existence, il faut avoir pris dès le départ de bonnes habitudes de gestion, s’être entouré d’experts compétents comme les CCI ou les Chambres des métiers et être affilié à des réseaux d’accompagnement et de développement commerciaux efficaces. Le plus important, est d’avoir construit au préalable un prévisionnel soigneusement étudié, qui vous permette aussi de faire face aux imprévus. Enfin en période de crise il est plus facile, par une habile négociation, de réduire les frais généraux liés à la création d’entreprise, de s’entourer de talents aux meilleurs coûts ou de séduire des business angels moins sollicités. Et parce que la situation économique n’est pas uniforme, il subsiste des secteurs porteurs et de belles opportunités de croissance.

Une dynamique de création toujours vivace

Les milliers de créateurs qui se lancent dans l’aventure chaque année l’ont bien compris, et sont le signe qu’entreprendre en France est toujours possible. La crise aurait même réveillé les velléités d’entrepreneuriat de certains qui, confrontés à un licenciement économique ou désireux de devenir leur propre patron, n’hésitent plus à franchir le pas. La France demeure ainsi, selon une étude du réseau mondial d’audit RSM, l’un des pays les plus dynamiques pour la création d’entreprises. Entre 2007 et 2011, le nombre d’entreprises créées dans l’Hexagone a progressé quatre fois plus vite en moyenne que dans l’ensemble des pays du G7. Notre pays a enregistré 562.000 créations nettes d’entreprises, soit un taux de croissance annuel moyen de 4,5 % durant cette période. Et même si le rythme s’est ralenti ces derniers mois, la dynamique entrepreneuriale demeure forte, battant en brèche bien des idées reçues sur le prétendu divorce des français avec le monde de l’entreprise et leur manque d’ambition. Alors si vous avez dans vos cartons une idée géniale, c’est peut-être le bon moment pour la confronter aux attentes du marché. C’est d’ailleurs souvent en période de grande crise qu’émergent les innovations qui seront les moteurs des années de croissance à venir.