Des parents bilingues, des enfants plus éveillés…

Selon une récente étude scientifique, les enfants vivant dans un environnement bilingue seraient « plus éveillés » que les autres enfants.

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Des parents bilingues, des enfants plus éveillés…

Publié le 7 septembre 2014
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Par Jacques Henry.

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Crédit photo : GUSTO, Singapore Agency for Science, Technology and Research

 

La ville-État de Singapour, peut-être l’un des endroits les plus cosmopolites du monde, a quatre langues officielles : l’anglais, le malais, le mandarin et le tamil. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses familles soient bilingues car l’anglais est, si on peut le dire ainsi, la langue vernaculaire qui permet par exemple aux personnes parlant le malais de converser avec des Chinois ou des Européens. Singapour est aussi l’un des pays du monde avec le plus haut standard de vie et l’excellence de son système de santé est tel que le « tourisme médical » constitue une véritable industrie pour le pays. Mais ce dernier point n’est pas l’objet de ce billet. Tous les sujets relatifs à la santé des individus sont étudiés et la dernière étude réalisée sur une cohorte de 114 enfants suivis dès la naissance s’est intéressée au développement cognitif au cours des premiers mois de la vie. La moitié des enfants étaient issus de couples bilingues et l’étude a consisté à détailler les facultés cognitives des enfants à l’âge de six mois et comparer les résultats obtenus lors de tests visuels très simples sur la base du bilinguisme ou au contraire du monolinguisme.

Il est apparu que les enfants de ménages bilingues montraient dès cet âge précoce une plus grande curiosité quand on leur montrait des images et cette préférence pour les objets nouveaux est directement corrélée, selon des études précédentes, à des performances cognitives dans de nombreux domaines ainsi que l’apprentissage de plusieurs langues, avec plus tard des tests de QI plus performants.

L’étude a été entourée de toutes les précautions méthodologiques nécessaires pour pouvoir objectivement établir des différences significatives car il faut rappeler que cette étude a été réalisée sur des enfants âgés de six mois ! Un enfant de six mois dans un ménage bilingue n’apprend pas seulement deux langues différentes. Son cerveau doit s’habituer à faire la différence entre les deux langues parfois très différentes. On ne peut pas dire que le malais et l’anglais puissent présenter même des phonèmes communs… Les enfants doivent donc disposer très précocement d’une plus grande efficacité dans l’analyse cérébrale des informations et donc plus tard de facultés cognitives largement améliorées en comparaison des enfants de couples ne parlant qu’une seule langue.

Pour un adulte, apprendre une nouvelle langue peut constituer un véritable pensum. Et on a tendance à imaginer que, chez l’enfant, il doit régner une véritable confusion dans sa « petite tête » si ses parents ne parlent pas la même langue. Ce n’est absolument pas le cas comme le confirme le Professeur Leher Singh, coauteur de l’étude : ces enfants tirent d’immenses bénéfices de cette expérience qui leur est imposée par les faits pour leur avenir.

Parallèlement à ces évaluations des réactions cognitives, l’organisme appelé GUSTO impliqué en profondeur dans le suivi des enfants dès leur naissance a également développé des environnements favorables pour ces enfants afin de suivre par résonance magnétique nucléaire leur activité cérébrale sans qu’ils soient soumis à une quelconque sédation et également à les habituer à porter épisodiquement quelques heures par jour le complexe équipement permettant de suivre leur activité cérébrale par électro-encéphalographie, afin d’affiner les résultats obtenus toujours très difficiles à apprécier avec des sujets âgés de six mois.

Même si l’échantillon d’enfants était de faible taille, il ressort clairement que les enfants vivant dans un environnement bilingue étaient systématiquement « plus éveillés » que les autres enfants.

Source : Singapore Agency for Science, Technology and Research


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Voir les commentaires (18)

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    • je relativiserais. Les enfants sont peut être plus éveillés , mais leurs repaires sont confus et déroutants. Je ne sais pas si c’était à refaire , si je leur imposerais cela.

  • Une simple conséquence du fait que les parents ont l’esprit plus ouvert ?

  • Mouais, je ne connais pas Singapour, mais qu’en est-il des catégories socio-professionnel des parents?

  • Et pas seulement les enfants, parler des langues étrangères développerait également le cerveau des adultes et aiderait à retarder l’émergence d’Alzheimer 🙂

    Il est quand même dommage que les français soient si mauvais en anglais (j’ose même pas imaginer le carnage avec des langues très éloignées du français) car c’est incroyable utile et permets d’ouvrir le monde. Selon Education First nous serions les plus mauvais de l’UE dans ce domaine et notre niveau aurait même légèrement baissé en 2013..Principalement à cause des étudiants ayant fini la fac et dont le niveau chuterait automatiquement par la suite par manque de pratique. Il y a plusieurs années nous étions devant l’Espagne mais maintenant elle est devant et ne cesse de nous distancer, et ça pose problème car on justifiait notre mauvais niveau par le fait que notre langue vient du latin et on utilisait l’Espagne et l’Italie pour s’en convaincre, mais là ça marche pu ^^

    J’ai travaillé dur pour avoir un niveau presque équivalent au niveau des natifs éduqués en Anglais, et cette langue m’a ouvert au monde et m’a donné accès à un éventail de connaissances et d’informations beaucoup plus large que ce que le français aurait pu me donner et m’a permis de discuter avec des gens du monde entier, que ce soit des Américains, des Anglais, des Allemands, des Chinois, des Japonais, des Brésiliens ou des Indiens, c’est juste incroyable.
    Qu’il y ait une langue mondiale facilite grandement la tâche et rapports humains en plus d’être économiquement au top.

    J’apprends également l’espagnol et le portugais brésilien, celles-ci n’apportent pas plus que le français en termes de connaissances et sont très loin de l’anglais en termes d’utilité mais elles donnent un point de vue intéressant sur l’Amérique Latine en forte croissance, d’avoir un point de vue introspectif. L’espagnol a un futur brillant d’ailleurs grâce à cette région jeune et dynamique, sans oublier sa présence aux USA.

    • Pas d’accord sur « en terme de connaissances » car apprendre une langue c’est voir le monde d’un angle différent. En s’exprimant en plusieurs langues, l’on remarque que le même concept s’exprime différemment et surtout qu’un concept dans une langue peut ne pas exister dans une autre.
      Repérer ces différences, en les couplant avec une bonne connaissance de l’histoire et des usages du pays c’est se donner un atout extraordinaire avec son interlocuteur potentiel.

  • c’est justement quand l’enfant est encore un enfant qu’il peut assimiler le mieux l’apprentissage des langues ; il apprend sans s’en rendre compte ; c’est formidable de connaitre plusieurs langues , et je pense que cela apporte beaucoup plus de confiance en soi pour affronter l’avenir ;

  • Quand le sujet devient une marchandise pour aider la science
    Et les autres qui n’ont pas de parents bilingues?

    • Ils font leurs nuits.

    • Je n’ai pas de parents bilingues, ça m’a pas empêché d’apprendre 3 langues étrangères et d’en bénéficier.

    • Vous avez raison. Et d’ailleurs je vais de ce pas écrire à mon député pour lui proposer de faire une loi pour que, en cas de parents bilingues, un des deux parents se taise en présence de l’enfant. Il est totalement inadmissible que ces enfants bénéficient de facilités quelconques par rapport aux enfants normaux, en contradiction complète avec le 3e mot de la devise de notre République !

  • J’avais aussi l’intention de parler dans ce billet du cas de mes deux petits-enfants franco-japonais vivant à Tokyo, trilingues. Leurs parents conversaient en anglais, je parle d’ailleurs toujours en anglais avec ma belle-fille. Ma petite-fille comprend parfaitement l’anglais, le français et parle japonais. Depuis que mon fils s’est mis à parler japonais avec l’aide de sa fille qui a été son meilleur professeur et de quelques cours payés par son employeur, il a décidé de ne parler que français avec son fils. Quand je suis à Tokyo, mon petit-fils, deux ans et demi, comprend parfaitement ce que je lui dis en français et ma petite-fille, six ans, traduit en japonais à son grand-père ce que je dis en anglais à sa mère ou ce que je dis en français à son père ! Epoustouflant

    • Voilà, mais il y a encore des « imbéciles » qui vous diront que les enfant doivent d’abord correctement apprendre leur langue maternelle avant de passer à autre chose! Je me considère trilingue, mais mes parents ne parlaient qu’une langue. J’ajoute que j’ai fréquenté l’école en Suisse romande et non en France, cela fait toute la différence! 😉

      • C’est clair, ça m’agace ces gens fermés d’esprit qui ne parlent pas de langue étrangère et balancent ça par jalousie car sur le terrain de la langue natale ils aiment se sentir supérieurs, mais forcément ils sont frustrés si ces jeunes parlent plus d’une langue, surtout l’anglais.

        • il s’agit d’une étude réalisée sur un échantillon d’enfants. M. Jacques Henry a pris appui sur sa famille pour conforter le sens de son billet.

  • pas flagrant dans nos banlieues.

  • Les enfants bilingues semblent avoir initialement plus de difficultés avec l’apprentissage de la conjugaison que les unilingues de leur classe. (Etude non publiée)

    • Désolé Schirren, mais les seules études qui aient une véritable valeur sont celles qui sont internationales et publiées par une revue scientifique digne de ce nom et reconnue par une majorité de scientifiques de tous pays.

      Demain, n’importe quel irresponsable bien payé peut pondre n’importe quelle « étude » (déjà vu avec l’industrie du tabac).

      Et que les multilingues aient plus de soucis avec la conjugaison me semble relativement normal: après tout, intégrer tout cela pour plusieurs langues nécessite un effort supplémentaire, non?); reste à voir comment les choses se déroulent jusqu’à terme – eg: mon cousin n’a parlé que vers 3.5 ans et a commencé en mélangeant anglais et français; il a maintenant (à 30 ans) des orthographes et grammaires irréprochables dans les 2 langues qui lui permettent de travailler dans un environnement international où il rédige dans ces 2 langues d’une façon journalière.

      Par ailleurs, faut-il rappeler ce que ce pays pensait de l’apprentissage un tant soit peu poussé pour les enfants au début du XXème siècle? (paraphrasé avec un inénarrable humour dans les écrits de Marcel Pagnol;-p)

      Pour faire écho à l’intervenant Suisse de ce thread (que je salue), voici ce qu’en dit « sa » science, avec de très nombreuses références internationales et publiées à l’appui, puisqu’elles ne représentent pas moins de 20% de l’article: https://sprachenkonzept.franz.unibas.ch/Annexe_8.html

      Et pour finir, eun ch’tite anecdote: il y a une trentaine d’années, je me trouvais en montagne, dans un bar d’altitude; les quatre jeunes (17-18 ans) derrière nous parlaient français, puis ça a viré sur l’anglais, l’italien et l’allemand, et nous fûmes tous rapidement largués. Nous leur avons donc demandé d’où ils venaient, ils étaient Suisses et changeaient de langue en fonction des concepts à exprimer, plus compréhensibles dans une langue que dans une autre. Langues qu’ils écrivaient tout aussi parfaitement qu’ils les parlaient.

      C’est comme ça que j’ai élevé mon fils, et j’ai pu constater que plus il en apprenait, plus il en voulait, une véritable éponge! (Ce qui explique peut-être qu’il travaille maintenant à haut niveau hors la france, et n’ait absolument aucune envie d’y remettre les pieds autrement que pour de courtes vacances… et encore).

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