Définir le libéralisme : Hayek et la tradition de l’ordre spontané

David Hume credits Skara kommun (licence creative commons)

Quelle est la spécificité du libéralisme politique défendu par F. A. Hayek ?

Par Frédéric Mas.

David Hume credits Skara kommun (licence creative commons)

 

Le début des années 1970 annonce le renouveau intellectuel du libéralisme politique, après sa longue éclipse amorcée quelque part entre les deux guerres. Robert Nozick, David et Milton Friedman, John Rawls, James Buchanan ou encore Michael Oakeshott signent leurs principaux essais à cette période. Pour tous, l’ambition est de redéfinir et de clarifier le sens du libéralisme pour en proposer une version cohérente. Parmi eux, Friedrich Hayek (1899-1992) se distingue par son attachement aux Lumières écossaises. Héritier de David Hume, d’Adam Smith et d’Edmund Burke, il fait de l’ordre spontané des règles et des conventions humaines le cœur de sa définition du libéralisme politique :

Le concept central du libéralisme est que, par l’application de règles universelles de juste conduite, qui protègent le domaine privé individuel reconnaissable, un ordre spontané apparaîtra de lui-même dans les affaires humaines, d’une complexité plus grande qu’aucun arrangement délibéré n’aurait pu en produire, et que, par conséquent, les actions coercitives de l’État doivent être cantonnées à l’application de telles règles, quels que puissent être les autres services rendus par l’État dans l’administration des ressources particulières mises à sa disposition pour des buts précis.

Source : Friedrich A. Hayek, Essais de philosophie, de science politique et d’économie, Les Belles Lettres, p. 250.