Par Jean-Baptiste Noé
L’origine des grands vins fascine les vignerons. Pourquoi ici, pourquoi cette terre produit-elle des vins dignes d’acquérir la qualification de mythe ? Olivier Bernard et Thierry Dussard, l’un vigneron, l’autre journaliste viticole, essayent de répondre à cette question récurrente en proposant un facteur explicatif : la magie du 45e parallèle. C’est en effet sur une bande de terre allant de 40° à 50° de latitude que se trouvent les grands vignobles et les grands vins, aussi bien dans l’hémisphère nord que sud.
À la suite d’un long entretien, Olivier Bernard explique ses méthodes de culture et de vinification, son travail de vigneron, qui implique de travailler aussi bien la vigne que le jus. Cet entretien de plusieurs pages est passionnant pour appréhender la réalité du travail de vigneron et pour mieux comprendre comment ces hommes essayent de mettre en valeur leur terroir.
L’autre intérêt du livre est de donner la parole à 26 personnalités du vin, vignerons, œnologues, dégustateurs, géographes, négociants, qui s’expriment tous sur la notion du 45e parallèle et sur ce qui fait un grand vin. À travers ces interventions multiples, qui concernent aussi bien des spécialistes français qu’étrangers, le lecteur fait un tour du monde du vin et de sa complexité, aussi bien dans cette bande du 45° parallèle qu’au-delà. Avec ce livre on quitte à proprement parler la terre et le lieu pour entrer en contact avec des hommes du vin.
Enfin, il faut mentionner l’effort particulier d’édition qui fait de ce livre un bel objet à lire et à manier. Un beau papier, une typographie choisie, des portraits au crayon des différents intervenants. Le vin a besoin de bons verres pour s’exprimer pleinement, la lecture elle aussi gagne à se faire sur des supports de bonne qualité.
— Olivier Bernard et Thierry Dussard, La magie du 45e parallèle, Féret Editions, 2014, 160 pages.
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Sur le web.
je ne dirais qu’une seule chose : ” vin dieux “
C’est un peu réducteur de choisir son vin en fonction de sa latitude. Je reviens du Cap-Vert où j’ai eu l’occasion de goûter les vins produits sur les sommets volcaniques de l’île de Fogo (latitude 16° !). Le vin rouge qui y est produit est bon, mais à mon avis ne se distingue pas vraiment d’un vin typique des pays chauds (type boulaouane), ce qui peut à la rigueur accréditer la thèse du livre.
Le vin blanc de Fogo en revanche est franchement surprenant. Malgré ses 14° affichés, il est sec en bouche tout en étant fruité et minéral. Ce vin sublime n’a rien à envier à un Riesling de qualité ou un blanc de Bourgogne. Dommage que ce vin n’est pas exporté chez nous, d’autant plus que son tarif local est d’environ 7€.
Complètement réducteur, je connais bien des bons vins au-dessus et en-dessous de ce vignoble. Et personnellement je vais choquer mais je n’apprécie pas autant les vins de Bordeaux que la doxa, ni les vins d’Italie du nord .
A mettre en parallèle (c’eest le cas de le dire…) avec la liste des vins les plus chers du moment : http://www.wine-searcher.com/most-expensive-wines.lml
Je vous laisse chercher ceux se trouvant dans le 45° parallèle. (indice, ce ne sont pas les premiers.)
Bon, sinon, dans le fond, il faut bien reconnaître que vitis vinifera ne pousse pas partout bien entendu.
Oui, faut descendre au 12eme pour trouver le Petrus, sur le 45°. C’est sûr qu’il y a un tropisme bordelais ici.
Cela dit, la Romanée Conti, et toutes les cotes de Beaune (qui trustent le haut du classement avec quelques vins allemands, à peine plus au nord), c’est 47°09′ Nord, pas franchement loin du 45° parallèle.
Voilà un article agréable à lire : intéressant, positif, enthousiasmant.
On en redemande. Surtout dans cette publication négativo-négative qu’est contrepoints.