L’espérance de vie (aux USA) va-t-elle diminuer ?

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Passé un certain âge, le cumul de maladies chroniques diminue l’espérance de vie.

Par Jacques Henry

vieillessePlus on cumule de maladies chroniques passé un certain âge, plus notre espérance de vie diminue. C’est une lapalissade que d’écrire cela encore qu’aucune étude sérieuse n’a jamais pu quantifier précisément l’effet d’une accumulation de maladies comme le diabète, l’obésité ou encore les troubles cardio-vasculaires sur l’espérance de vie. C’est maintenant chose faite grâce à l’open data médical qui est constitutionnellement institué aux États-Unis. Pour la France, on attendra la fin des tergiversations du ministère concerné. Une équipe de médecins de la Johns Hopkins University a dépouillé 1.372.272 dossiers de suivi médical de personnes âgées de 67 et plus depuis le premier janvier 2008 jusqu’à ce jour. Cet échantillon ne représente que 5% du total des personnes bénéficiant du « Medicare », un genre de sécurité sociale réservée aux troisième et quatrième âges. Pour de multiples raisons dont l’augmentation de l’obésité alarmante aux États-Unis, l’espérance de vie croît dans ce pays beaucoup plus lentement que dans tous les autres pays de l’OCDE. Mais il n’y a pas que l’obésité maintenant reconnue comme une maladie, l’accumulation d’autres pathologies réduit cette espérance de vie au risque de me répéter.

Statistiquement une femme âgée de 75 ans ne souffrant d’aucune maladie chronique vivra 17,3 années de plus, soit jusqu’à 92 ans. Mais une femme du même âge, souffrant de 5 maladies chroniques ne vivra « que » jusqu’à 87 ans et si les pathologies réunies atteignent le nombre record de 10, son espérance de vie ne sera que de 5 ans, elle aura toutes les chances de ne pas survivre au-delà de l’anniversaire de ses 80 ans ! La nature des maladies a son importance, par exemple une personne ayant des problèmes cardiaques à 67 ans vivra encore, toujours statistiquement, 21,2 années supplémentaires alors qu’au même âge un sujet souffrant de la maladie d’Alzheimer déclarée ne vivra pas plus de 12 années supplémentaires.

En moyenne, chaque pathologie chronique considérée individuellement réduit l’espérance de vie de 1,8 années mais l’effet de leur addition n’est pas linéaire, en d’autres termes accumuler diabète et troubles cardio-vasculaires, par exemple, diminue l’espérance de vie de 7 années, toujours statistiquement. L’accumulation de la prise de médicaments joue également un rôle négatif sur la morbidité mais l’étude n’a fait qu’effleurer cet aspect qui, de toute évidence, devra être sérieusement étudié en détail lors d’un second volet d’investigation qui est en cours.

Cette étude entre dans le cadre d’un vaste programme dont le but est de maîtriser les dépenses de santé et d’optimiser les traitements prescrits aux personnes du troisième âge et plus vieilles encore. En effet, 60% des Américains de plus de 67 ans souffrent d’au moins trois maladies de longue durée selon ce qui ressort de l’étude. Et les progrès de la médecine ne peuvent apparemment plus s’adapter à cette situation car plus on vieillit plus le risque de souffrir de plusieurs maladies augmente. C’est encore une lapalissade mais il fallait le souligner avant que l’espérance de vie commence à diminuer dans ce pays.

La situation est probablement similaire en Europe mais aucune étude précise n’a encore jamais été orientée en ce sens. On peut raisonnablement espérer que des pays comme l’Allemagne, la Suède et aussi la France procéderont à ce type d’analyse afin de réduire les coût inexorablement grandissants de la prise en charge des personnes âgées par la société.

Il faut noter que dans cette étude les cas de cancer n’ont pas été pris en considération puisque par définition le cancer n’entre pas dans la catégorie des maladies chroniques.

Source : Johns Hopkins University


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