Multiplication d’actes antisémites en France

Facade de la synagogue de la rue de la roquette à Paris (crédits Groume, licence Creative Commons)

Plusieurs nouvelles attaques contre des synagogues ont eu lieu en France ce week-end.

Par Alexis Vintray.

Alors que de nouvelles violences ont éclaté entre le Hamas et Israël au Proche Orient, les actes antisémites se sont multipliés en France ces derniers jours. Ainsi, dans la nuit de vendredi à samedi, c’est un cocktail molotov qui a été lancé contre la synagogue d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, causant de légers dégâts. Réagissant à cette attaque dans un communiqué, le Parti Socialiste a condamné une « agression contre le vivre-ensemble dans notre République », qui est une « [attaque envers] la liberté religieuse donc à la liberté », avant de « demander au gouvernement de tout faire pour retrouver et punir les auteurs de cet acte ».

Facade de la synagogue de la rue de la roquette à Paris (crédits Groume, licence Creative Commons)
Façade de la synagogue de la rue de la roquette à Paris

Le lendemain, cette agression a été suivie d’une nouvelle attaque envers une synagogue dans le 11e arrondissement de Paris, rue de la Roquette, à la suite d’une manifestation de soutien à la Palestine. Une centaine de jeunes, portant pour beaucoup les couleurs du Hamas ou le drapeau palestinien, ont tenté d’attaquer la synagogue qui se trouve dans cette rue mais ont été repoussés par les CRS présents sur place. L’attaque a fait plusieurs blessés, parmi les forces de l’ordre ou des membres de la communauté juive qui eux aussi s’interposaient. Selon de nombreuses sources, les cris de « Morts aux juifs » ont été entendus à plusieurs reprises, lors de cette attaque ou pendant la manifestation qui l’a précédée jusqu’à la Bastille :

La B’nai B’rith France, plus ancienne organisation juive au monde, a réagi par un communiqué dimanche après-midi, dans lequel elle « condamne cette attaque dans les termes les plus forts ». Selon la B’nai B’rith, « la violence antisémite atteint un nouveau palier, celui de la violence en bande organisée, bandes qui instrumentalisent le conflit au Moyen-Orient pour exprimer leur haine antisémite et semer trouble et violence dans Paris. » L’organisation juive a également diffusé quelques photographies des incidents :

Photographie de l'attaque contre la synagogue de la rue de la Roquette à Paris le 13 juillet 2014 (Crédits B'nai Brith France, licence Creative Commons)
Photographie de l’attaque contre la synagogue de la rue de la Roquette à Paris le 13 juillet 2014 (Crédits B’nai Brith France, licence Creative Commons).

 

Le premier ministre Manuel Valls a « condamné avec la plus grande fermeté les violences qui ont eu lieu en fin d’après-midi aux abords des synagogues. De tels actes qui visent des lieux de culte sont inadmissibles. Ils sont d’une extrême gravité et trouveront toujours face à eux une réponse déterminée de la part des pouvoirs publics ». De même, le maire de Paris Anne Hidalgo a « [condamné] fermement ces actions qui ont visé des lieux de culte ».

Toutefois, à gauche, plusieurs élus ont choqué ces derniers jours, par des propos antisémites ou leur soutien à ces actes de violence : après un élu PS il y a quelques jours, c’est un responsable du parti écologiste EELV qui a déclenché la polémique, en justifiant dans un tweet extrêmement polémique ces violences contre plusieurs synagogues :

Le même élu, aux positions radicalement anti-israéliennes qualifiait François Hollande de « honte de la France » parce que l’ambassade de France en Israël avait maintenu un bal du 14 juillet dédié aux populations israéliennes frappées par les tirs de roquette du Hamas dans le sud du pays :

À ce jour, ni le PS ni EELV n’ont retiré aux élus concernés leurs responsabilités ou ne les ont exclu de leurs partis. Toutefois, nombreux sont les élus du parti écologiste comme Emmanuelle Cosse ou Vincent Placé à avoir réagi pour condamner les propos tenus par Pierre Minaert qui a refusé de revenir sur ceux-ci.

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