Coupe du Monde, les grands enjeux du dernier carré

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Que peuvent espérer, et que risquent, les quatre dernières équipes encore en lice dans la coupe du monde de football 2014 ?

Par Nick de Cusa

Logo de la Coupe du Monde de Football Brésil 2014 (Tous droits réservés)La fin de la compétition arrive pour la Coupe du Monde 2014 de football au Brésil. Le premier tour fut excitant et pétillant, et la suite a vu la disparition intégrale des surprises, bien que presque tous les matches aient été serrés, et un jeu beaucoup plus contrôlé et bien moins risqué.

La France est tombée contre plus expérimentée qu’elle, et avouons qu’il s’agit d’un tournoi où l’expérience compte pour beaucoup. L’Algérie a été vaillante au possible. La Belgique a certainement manqué d’un brin d’audace, peut-être du fait de l’enjeu.

Et maintenant il n’en reste que quatre. Et ce n’est rien de dire que nous avons là à faire à des nations spécialistes, voire expertes, tant on a l’habitude de les voir à ce niveau : l’Allemagne, l’Argentine, les Pays-Bas et le pays hôte, le Brésil. Les petits Poucets des demi-finales passées, Uruguay, Corée, Turquie, Croatie, Belgique, et autres, brillent par leur absence.

Quels sont les enjeux pour ces quatre-là ?

Argentine, Messi géant ?

Pour l’Argentine, nous l’avons déjà écrit, il s’agit de savoir si Messi ajoutera le titre indispensable pour entrer parmi les plus grands. Pour le reste de l’équipe, une victoire finale signifierait de rattraper l’Allemagne au palmarès, et de se confirmer ainsi comme le plus grand des petits pays du football – par la population s’entend.

Pays-Bas, enfin ?

Pour les Pays-Bas, c’est très simple : gagner enfin. Cruyff n’y est pas arrivé en 1974 face à l’Allemagne de Beckenbauer ; en 1978, des vilaines langues prétendent qu’il a renoncé à y aller à cause d’intimidations. Van Basten, Gullit et Rijkaard, pas plus, Bergkamp a échoué aux tirs au but en 1/2 finale en 1998, et bien sûr, Robben et Sneijder ont chuté face à une Roja simplement trop forte en finale de la dernière édition. De bien des points de vues, on pourrait dire que c’est leur tour. Dans le cas contraire, ils risquent de se trouver coincés dans le role de Poulidor du football. Étrangement, ce sort guette aussi un peu la grande Allemagne.

Allemagne, Poulidor ?

L’Allemagne, Poulidor ? Le pays dont Lineker disait qu’il gagne toujours à la fin ? Eh bien oui. Depuis sa dernière victoire en 1990 (et même à l’euro en 1996), le temps se fait long. C’est une impressionnante accumulation de demi-finales, de podiums. Pour ce qu’on a vu jusqu’ici, elle est, de toutes les équipes, celle qui présente le moins de lacunes dans le jeu. Toutes les autres ont dévoilé des points faibles clairs ; elle, pas tant que ça. Du point de vue de l’analyse globale, elle fait figure de favori logique. Mais sinon, gare à la sinistrose : une longue sécheresse, l’Argentine qui pourrait la rattraper au palmarès avec trois titres, l’Italie qui resterait devant avec quatre, ou le Brésil qui pourrait s’échapper très loin.

Brésil, sixième ?

Car bien sûr, la plus grosse question est de savoir si la superpuissance mondiale du football international va arriver à remporter, non seulement sa coupe du monde « à la maison », mais encore sa sixième. Au début, on ne l’aurait pas cru, mais il faut souvent éviter dans ce tournoi de se fier aux premières impressions. Le vainqueur final peut monter régulièrement en puissance, et finir bien plus fort, au bout de quatre semaines, qu’il n’a commencé. Bien sûr, le Brésil a perdu son meilleur élément, le talentueux et turbulent Neymar, d’une lamentable agression qui lui a tout de même cassé une vertèbre. N’excluons pas que ce drame (à l’échelle du jeu) galvanise l’équipe, et qu’elle y parvienne en son honneur.

Une fois tout ceci dit, qui va gagner ? Puisque les surprises ont soudainement disparu depuis les huitièmes de finale, je prends le risque d’annoncer le Brésil ou l’Allemagne. Bien malin qui pourrait choisir entre les deux. Pour trancher, disons que l’élan national fera la différence et que ce Brésil qui n’est pas – jusqu’ici – un grand cru, y arrivera quand même.

J’espère me tromper, car mon équipe du cœur, elle, c’est les Pays-Bas. Et ça n’engage que moi.

Que le meilleur gagne.