Trains trop larges : à la racine de l’erreur

Le cafouillage dans les commandes de trains « trop larges » a des causes profondes. Décryptons, et voyons comment le système se protège.

Par Sylvain Jutteau.

quai en travaux

Pourquoi des trains trop larges ? Mais aussi pourquoi tant de retards, pourquoi des accidents si fréquents, pourquoi des grèves à répétition, pourquoi un déficit renfloué par de l’argent public ?

Ces tares sont le produit d’une culture de la « responsabilité collective ». La primauté donnée a priori à la « responsabilité collective » génère en contrepartie une irresponsabilité personnelle. « Rien n’est grave dans mon action, c’est la faute de tous ».

La culture de la responsabilité personnelle et du contrat passé avec le voyageur a certes existé dans les chemins de fer français… mais c’était avant qu’ils ne soient nationalisés en 1937. La nationalisation est alors réalisée pour des motifs d’idolâtrie d’une doctrine, et non pour des motifs de service aux voyageurs.

En effet, le gouvernement qui nationalise les chemins de fer est le « Front Populaire » issu des élections législatives d’avril et mai 1936. Le gouvernement de Front Populaire rassemble les radicaux socialistes, la SFIO (prédécesseur du Parti Socialiste actuel), et est soutenu par le Parti Communiste. Ils détestent la société du contrat et de la responsabilité personnelle. Ils glorifient la société de la contrainte  et de la responsabilité collective. C’est leur idéologie. On en connait mieux maintenant le coût économique et humain.

Aujourd’hui, pour le cas des trains qui sont trop larges (ou des quais trop étroits, au choix…) l' »entreprise » publique survivante de cette époque du Front Populaire, reconnait le couac : « Il y a eu un couac sur cette affaire. Cependant, il n’y a aucune conséquence sur le déploiement des Regiolis et des Regio 2N. Le calendrier des travaux, organisé depuis fin 2013, correspond au calendrier de livraison des nouvelles rames dans les régions : 300 quais ont déjà été traités à ce jour, 600 le seront à la fin 2014. Et 1 300 à l’horizon 2016. »

Ce mode de traitement de l’information est habile. D’ailleurs, cette pantalonnade des « trains trop larges » est déjà retournée en argument pour renforcer le projet en cours de reconstituer la SNCF rassemblant RFF (Réseau Ferré de France) et la gestion du matériel roulant. Ils s’autorisent toutes les fourberies. La survie du bastion idéologique est en jeu.

Enfin, autre conséquence de la culture d’irresponsabilité, notons que l’agence européenne de la sécurité ferroviaire montre que le chemin de fer français est plus accidentogène que, par exemple, le chemin de fer britannique, où la culture de la responsabilité personnelle l’emporte sur la culture de l’irresponsabilité généralisée.

Mais, à l’inverse,  la presse subventionnée a réussi à façonner les esprits pour faire croire que les chemins de fer britanniques ont plus d’accidents ! Là aussi, réussite diabolique de la propagande…

Il faut bien reconnaître en effet la puissance d’une propagande plus forte que les faits. Et pourtant, en 1990, par exemple, pour faire une longue distance en avion vous auriez préféré que votre chère maman prenne Aeroflot, la compagnie de la Russie communiste, ou bien British Airways ? Culture de la responsabilité collective, ou culture de la responsabilité personnelle ?

Nous avons en France en matière de chemin de fer un exemple du principe développé par Willy Munzenberg, le théoricien de la propagande socialiste : « En matière de communication vers les masses, le mensonge est égal à la vérité ».

Pour lutter contre les fruits de cette propagande, et revenir à une organisation saine et équilibrée, dépolluée d’idéologie, apprenons à nous informer par nous-même en recoupant les sources, et apprenons à autrui à le faire. Le mensonge a des jambes courtes, la vérité le rattrapera. Cultivons-en l’espoir.