Droit, législation et morale

Les citoyens doivent cesser de demander aux hommes politiques de réaliser leurs préférences et leurs intérêts particuliers.

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Droit, législation et morale

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 6 mai 2014
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Par Bertrand Lemennicier.

« Jamais, en vérité, au cours de l’histoire entière, les gouvernements n’ont été comme aujourd’hui dans la nécessité de se plier aux desiderata spéciaux d’un grand nombre d’intérêts particuliers. [….] Le résultat de cette évolution est que le concept de loi, lui-même, a perdu toute signification. »
— F. Hayek 1979, Law, Legislation and Liberty,  Routledge and Kegan Paul, London

droitEn ces temps d’avancées sociétales sous la présidence de François Hollande, il est bon de revenir aux fondamentaux de la république en empêchant tous les groupes de pression et aux hommes politiques qui servent leurs intérêts d’utiliser la législation pour imposer au reste de la population dans sa diversité ses propres convictions religieuses, politiques, économiques, artistiques et scientifiques. Le Droit n’a pas pour objet de décider du beau et du laid, du bien ou du mal, du vrai ou du faux, dans tous les domaines de la vie en société mais de résoudre des conflits « moraux » entre les citoyens à propos des services rendus par les choses ou les personnes.

Le Droit a pour objet de rendre compatible entre les individus la diversité de leurs conceptions morales, politiques, économiques, scientifiques ou artistiques. Il n’a pas pour objet d’engendrer les haines et les conflits en imposant à tous les conceptions de certaines minorités intellectuelles  qui sont, à un moment donné, politiquement puissantes. Les citoyens au nom desquels les hommes politiques qui nous gouvernent s’expriment n’ont aucune légitimité pour nous imposer leurs préférences ou leurs intérêts particuliers.

Les citoyens doivent cesser de demander aux hommes politiques de réaliser leurs préférences et leurs intérêts particuliers. L’homme politique ne peut atteindre cet objectif que par l’usage de la coercition ou de la violence dont il a le monopole légal. L’usage de la violence n’est jamais anodine, elle engendre la terreur et donc la haine de la victime (ou qui croît l’être) à l’égard de son agresseur. La violence politique n’échappe à cette loi. Servir les intérêts de quelques citoyens par la violence politique se fait au dépens des autres concitoyens.

C’est par lâcheté et anonymement par le vote secret  que nous, en tant que citoyens, agissons ainsi en attendant des autres qu’ils fassent les sacrifices que nous devrions faire nous-mêmes.

Nous devons réapprendre à régler nos affaires religieuses, économiques, artistiques, scientifiques, morales sans faire appel à la politique c’est-à-dire à la violence légale. Nous devons nous désintéresser de l’État et de son pouvoir même si, chez certaines de nos concitoyennes, on sait quelle fascination il exerce.


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  • Bon article mais pourquoi la dernière phrases est elle au féminin? La fascination du pouvoir ne concerne pas que les femmes.

    • Je me demande si ça n’était pas un clin d’œil malicieux aux ex-compagnes et maitresses de notre très séduisant Président de la République….

      Concernant cette brève mais lucide tribune, c’est par amour propre de vouloir d’abord m’en sortir par mes propres moyens que je me suis tourné vers le Libéralisme.

      Faisant référence à la hiérarchisation des besoins de Maslow, nous recherchons d’abord à satisfaire des besoins physiques et sécuritaires : s’alimenter, se loger, se chauffer. Ne pouvant vivre non seulement d’amour et d’eau fraiche, les citoyens en situation précaire se tourneront « naturellement » vers l’Etat (l’autorité publique) pour satisfaire ces besoins primaires et secondaires.

      Si la grande majorité de la population n’avait pas à se soucier de ces besoins physiologiques et sécuritaire, ils auraient à satisfaire un besoin d’appartenance (que ce soit à une communauté, la Nation, la République française) puis alors viendrait le besoin d’estime et le besoin de s’accomplir.

      Ceux qui se tournent vers l’Etat sont bien entendu d’abord ceux qui craignent d’un frigo vide, d’une facture d’électricité à payer chaque mois.

      Il n’y a qu’un pas pour oser avancer que certains politiciens font leurs carrières et maintenant justement une grande partie de la population aux abois.
      La trouille au ventre, vous réfléchissez moins bien, faites surement preuve de beaucoup moins d’altruisme. Angoissé de perdre votre boulot, votre pouvoir d’achat, votre logement, vos capacités cognitives et de réflexion diminuent naturellement. Vous tendez par réflexe de survie (nous sommes des mammifères !) par vouloir sauver votre propre peau.
      Comme je l’ai entendu ce matin sur BFM TV, une auditrice au chômage demanda au Chef de l’Etat « qu’est ce que vous allez faire pour MOI ». Pas pour les chômeurs, les français, les femmes aux foyers, pour ELLE.
      Elle s’est exprimé très naturellement. Elle n’est surement pas plus égoïste que vous et moi.

      A croire qu’ils vous gardent la tête hors de l’eau, sans vouloir vous noyer mais ne cherchant pas à vous sortir de l’eau ! Sinon on voudrait alors apprendre à nager !

  • Oui, c’est vrai. Mais si….l’Etat faisait tout pour nous interdire justement de faire des choses pour nous, ou par nous même.

    SI l’Etat avait une fâcheuse habitude à considérer que les services, les biens marchands, la pensé, l’assiette, etc….devait passer par la case Etatique.

    Et si cela était le fruit d’une lente évolution et de déviance de l’appareil d’Etat.

    La conclusion est que dans tous les cas, l’individu devient illégal face au pouvoir sacro saint Etatique. Il est logique qu’en dernier recours les individus réclament la bénédiction de l’Etat pour exister, plutôt que de se cacher dans la misère sociale crée par ce système.

    C’est un peu le but du truc en fait. Enlever l’autonomie, rendre dépendant, asservir, faire croire à des solutions, inventer de nouvelles contraintes, etc….créant à nouveau de nouvelles misères.

    C’est une sorte de fidélisation politique grâce à la misère. Et ça marche ! Très, très bien.

  • L’Etat est une abstraction. Comme toutes les abstractions, l’état ne représente rien de réél. C’est une projection mentale qui a été insunée dès le plus jeune âge dans les cerveaux excitant les convoitises les plus viles et les vilainies les plus abjectes de l’être humain. Je pèse mes mots.

    On peut vivre sans Etat. Merci à M Lemennicier de le rappeler si justement !

  • Le « devoir » suppose un effort moral contraire à notre inclination naturelle ou à notre intérêt.
    Il suppose une « vertu ». Et la vertu est rare.
    Il est bien clair que la plupart des gens ne feront pas ce qui est proposé par l’article. Ils demanderont aux politiciens, à la politique, de favoriser leurs intérêt, de régler leurs problèmes, etc. Et même, beaucoup se réjouiront encore plus si c’est au dépend de leurs concitoyens qu’ils voient comme leur ennemi : dites à Dupond qu’on lui donne 100 mais qu’on les a pris à des anonymes, il sera vaguement contrarié ; dites lui que pour lui donner 100 il a fallu prendre 200 à Durand, le voisin qu’il hait parce que plus riche, plus habile, plus séduisant (etc.), et non seulement il ne sera pas contrarié mais il se réjouira deux fois plus !
    Ajoutez, en bon libéral, qu’il n’y a rien de gratuit, et que par suite Durand, pour maintenir sa situation, facturera 200 de plus les services qu’il rend, et Dupond ne conclura pas que la manœuvre de départ était inutile, il conclura qu’elle était insuffisante et qu’il faut en rajouter une couche dans la connerie.

    Au fond, tragiquement, cet article prophétise l’impossibilité du libéralisme. Dommage …
    Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur à dort et que le « Devoir » n’est pas nécessaire.

  • Les commentaires sont fermés.

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