Droit, législation et morale

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Les citoyens doivent cesser de demander aux hommes politiques de réaliser leurs préférences et leurs intérêts particuliers.

Par Bertrand Lemennicier.

« Jamais, en vérité, au cours de l’histoire entière, les gouvernements n’ont été comme aujourd’hui dans la nécessité de se plier aux desiderata spéciaux d’un grand nombre d’intérêts particuliers. [….] Le résultat de cette évolution est que le concept de loi, lui-même, a perdu toute signification. »
— F. Hayek 1979, Law, Legislation and Liberty,  Routledge and Kegan Paul, London

droitEn ces temps d’avancées sociétales sous la présidence de François Hollande, il est bon de revenir aux fondamentaux de la république en empêchant tous les groupes de pression et aux hommes politiques qui servent leurs intérêts d’utiliser la législation pour imposer au reste de la population dans sa diversité ses propres convictions religieuses, politiques, économiques, artistiques et scientifiques. Le Droit n’a pas pour objet de décider du beau et du laid, du bien ou du mal, du vrai ou du faux, dans tous les domaines de la vie en société mais de résoudre des conflits « moraux » entre les citoyens à propos des services rendus par les choses ou les personnes.

Le Droit a pour objet de rendre compatible entre les individus la diversité de leurs conceptions morales, politiques, économiques, scientifiques ou artistiques. Il n’a pas pour objet d’engendrer les haines et les conflits en imposant à tous les conceptions de certaines minorités intellectuelles  qui sont, à un moment donné, politiquement puissantes. Les citoyens au nom desquels les hommes politiques qui nous gouvernent s’expriment n’ont aucune légitimité pour nous imposer leurs préférences ou leurs intérêts particuliers.

Les citoyens doivent cesser de demander aux hommes politiques de réaliser leurs préférences et leurs intérêts particuliers. L’homme politique ne peut atteindre cet objectif que par l’usage de la coercition ou de la violence dont il a le monopole légal. L’usage de la violence n’est jamais anodine, elle engendre la terreur et donc la haine de la victime (ou qui croît l’être) à l’égard de son agresseur. La violence politique n’échappe à cette loi. Servir les intérêts de quelques citoyens par la violence politique se fait au dépens des autres concitoyens.

C’est par lâcheté et anonymement par le vote secret  que nous, en tant que citoyens, agissons ainsi en attendant des autres qu’ils fassent les sacrifices que nous devrions faire nous-mêmes.

Nous devons réapprendre à régler nos affaires religieuses, économiques, artistiques, scientifiques, morales sans faire appel à la politique c’est-à-dire à la violence légale. Nous devons nous désintéresser de l’État et de son pouvoir même si, chez certaines de nos concitoyennes, on sait quelle fascination il exerce.


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